Dernier week-end pour le Festival canadien des tulipes à Ottawa

Tulipe Festival canadien des tulipesIl reste tout juste un week-end à la 59e édition du Festival canadien des tulipes qui se terminera le 23 mai prochain dans la capitale canadienne.  Plus d’un million de tulipes de 50 variétés différentes longent actuellement le canal Rideau face au Pavillon du lac Dow ou embaument le parc Major’s Hill.  Plus grand festival de tulipes au monde, il commémore la participation des soldats canadiens à  la libération des Pays-Bas lors de la Deuxième Guerre mondiale.  Ainsi, le festival s’est donné comme principal mandat de reconnaître la tulipe comme un symbole de l’amitié internationale.

C’est donc sous le signe de la diversité culturelle que le festival a retenu le kaléidoscope comme thème principal, Peintre et tulipesautant à travers les couleurs, les cultures que les communautés.  Plus de 20 ambassades partenaires et groupes culturels présentent  donc lors de cette occasion leurs marchandises et font découvrir leurs origines aux festivaliers.  Le festival se réclame également d’être « sans frontières »…de fait, toutes les activités dans les parcs sont gratuites.


Roukie et TulipeJ’y ai passé une journée entière l’année dernière en compagnie de Roukie. Besoin de préciser combien ces couleurs vives ont tenu en haleine ma caméra et mon petit bébé de cinq mois?  Vous avez envie de changer d’air samedi ou dimanche si le beau temps le permet ? Une petite virée à Ottawa aller-retour est de mise !

Festival canadien des tulipes, jusqu’au 23 mai 2011

Nicolas Ruel, capteur de l’insaisissable

Photographe à l’âme d’un grand globe-trotter, Nicolas Ruel sillonne le monde et tente de rendre compte de sa perception singulière qui en découle par le médium de l’image photographique.  Contrairement à bien des photographes, son travail ne s’arrête pas là.

Son exposition 8 secondes met en scène de magnifiques photographies prises dans une trentaine de villes à travers le monde.  L’originalité de son travail repose sur une approche photographique qui relève d’une technique bien particulière : une longue exposition, de 8 secondes, permet de mettre en relief le mouvement et de l’accentuer.  S’y ajoute une ouverture en travelling qui permet de juxtaposer plusieurs plans à la fois.

Chicago, Nicolas Ruel

Chicago © Nicolas Ruel

Fasciné par l’impermanence et le mouvement, le montréalais tente d’appréhender le réel dans des lieux de transit comme les gares, les parcs, les chantiers et autoroutes.  Sa démarche artistique questionne quant à la permanence des êtres, des lieux et des choses.  En mettant ainsi en relief divers paliers de réalités, elle pose un regard sur l’évolution, le changement et l’éphémère, tout en nous offrant une vision qui frôle l’onirique et qui semble jaillir de son imaginaire.

New York Central Park Nicolas Ruel

Central Park © Nicolas Ruel

Retiro, Buenos Aires © Nicolas Ruel

Retiro, Buenos Aires © Nicolas Ruel

Midnight Stand, Tokyo © Nicolas Ruel

Midnight Stand, Tokyo © Nicolas Ruel

Ces photographies sont également présentées de manière non-traditionnelle.  Évoquant les anciens procédés, Ruel a recours à une impression sur de l’acier inoxydable :  « je dois composer avec une présence sculpturale comme s’il s’agissait d’une image à cristalliser. Je photographie la ville en sachant que le métal, agissant comme un prisme, modifiera à son tour la réalité. Ainsi s’ordonnent les villes imaginaires que j’inventorie. »

En tant que photographe amateur qui s’intéresse à l’imaginaire, à l’éphémère et aux rêves (principalement dans ses écrits) j’admets être complètement envieuse et charmée par l’originalité et l’excellente maîtrise de ce procédé mis de l’avant par Ruel.  La pertinence de son concept est de plus en adéquation avec son rendu sur métal.  Cette seconde distorsion de la réalité, qui fait apparaître ou disparaître selon notre perception, nous donne l’impression d’être devant un monde que l’on épluche ou que l’on effiloche bien plus qu’on ne l’observe.  Sous nos yeux, Ruel fige ce qui justement ne se fige pas, le mouvement, et déploie le temps qui s’écoule comme un bien grand rêve versicolore.

Si vous passez par Paris d’ici le 11 juin, rendez-vous à la Galerie Seine 51 pour admirer ces superbes photographies.  Sinon, les expositions 8 secondes et Brasília seront à l’honneur dès septembre à la Galerie Lacerte à Montréal.

Absolument, à voir !

8 secondes, Nicolas Ruel.

Et pourquoi donc la « Grosse Pomme » ?

On l’utilise à toutes les sauces, et pourtant !

En écrivant mon précédent billet, j’ai pris conscience qu’à chaque fois que j’évoquais la ville de New York, je n’hésitais aucunement à emprunter cette expression de « Grosse Pomme ». Cependant, j’ai réalisé que je n’avais absolument aucune idée du pourquoi et du comment de ce surnom! Un brin gênée, je l’avoue, mais je suis convaincue que je suis loin d’être la seule, non ? :-)

J’ai donc fait quelques recherches. Mondialement reconnue, l’expression « Big Apple » semble depuis toujours faire l’unanimité.  Néanmoins, l’origine de ce surnom ne la fait, quant à elle, absolument pas.  Ainsi, plusieurs versions officieuses ou encore issues de légendes populaires diffèrent les unes des autres et se disputent la place de premier pépin…

Voici celles que j’ai retenues :

  • La plus « officielle »…

Celle qui est principalement mise de l’avant par l’office du tourisme états-unien et reprise par la majorité des guides et des sites.  L’expression « Big Apple » aurait été utilisée la première fois dans un article de 1921 par John FitzGerald, chroniqueur des courses de chevaux pour le New York Morning Telegraph. En reportage à la Nouvelle-Orléans, il aurait entendu deux garçons d’écurie afro-américains, impressionnés par le champ de courses de la métropole, utiliser l’expression « big apple » pour le désigner. Le terme plut au chroniqueur qui l’utilisa ensuite dans sa chronique.

  • La jazzy

On dit que les jazzmen des années 1920 et 1930 avaient l’habitude de parler en terme de « pomme » lorsqu’ils décrochaient un contrat.  Jouer dans une boite s’était en quelque sorte se dénicher une bonne pomme ! Ainsi, on disait : « There are many apples on the success tree, but when you pick New York City, you pick the Big Apple. » Par ricochet, le quartier d’Harlem où se produisaient les plus grands jazzmen de l’époque se fit affubler de l’expression « Grosse Pomme » (on y trouva même ensuite un bar portant ce nom).  L’expression fut ensuite étendue à l’ensemble de la ville.

  • La coquine et salace (ma préférée !)

Une dernière explication daterait du début du XIXe siècle.  Moins connu que les précédentes, cette dernière relate que l’origine de l’expression serait en quelque sorte à l’image du fruit … disons-le pulpeuse ! En 1803, une aristocrate française, du nom de Mlle Évelyne Claudine de Saint-Évremond, aurait émigré aux États-Unis.  Après que son fiancé John Hamilton ait décidé d’annuler leur mariage à la dernière minute, elle aurait ouvert un « salon » au 142 Bond Street (dans Brooklyn), alors à l’époque un quartier embourgeoisé et rempli d’intellectuels.  Ève, telle qu’on la surnommait, et ses demoiselles cultivées, ses belles « pommes irrésistibles » telles qu’elle les désignait, accueillaient dans leurs quartiers l’élite masculine new-yorkaise.  Loin d’être un bordel miteux comme on en trouvait à l’époque, cette maison close de qualité attirait les jeunes hommes de bonne famille qui allaient goûter aux « pommes d’Ève » … !

De plus, avant le Lonely Planet New York Encounter Guide, il existait le Gentleman’s Directory of New York City.  Ce petit guide de poche, publié anonymement en 1870, n’évoquait pas encore Central Park comme principale destination touristique, loin de là ! Il était plutôt consacré au bon plaisir de ses Messieurs… Les attractions principales consistaient surtout à de discrètes adresses où il était bien mentionné que « de par leur fraîcheur, leur douceur, leur beauté et leur fermeté, les pommes de New York étaient supérieures à toutes celles du Nouveau Monde et même de l’Ancien ! » New York était d’autant plus reconnu à l’époque comme la ville des États-Unis où se trouvaient en densité le plus de maisons de débauche…

Quand on connaît les problèmes de corruption et de déchéance qu’a longuement connus la ville au début du 19e et même du 20e siècle, l’expression dotée d’une origine sulfureuse ne serait franchement pas étonnante !  Néanmoins, je comprends pourquoi la plupart des États-Uniens nient parfois avec fermeté cette possibilité… Connaissant leur pudeur, ils n’ont certainement pas envie qu’une des plus célèbres paraphrases du monde ait comme origine une coquine connotation sexuelle.  Nombre d’entre eux seraient certainement outrés de réaliser que l’excentrique et démesurée Big Apple renverrait finalement à une bien belle « grosse pute » ! :)