Ses derniers mots …

J’y suis tombée un peu par hasard…

De dérives en dérives.

Je pensais fort à mon ami dont je venais tout juste d’apprendre le décès de son père. Un battant, littéralement.

Mais, il n’y a pas de hasard, écrivait Paul Auster… Et puis, j’ai pensé au "comment" je voudrais conclure mon chemin si on m’octroyait la chance et le temps de choisir… car il y a souvent urgence devant l’inéluctable. Et surtout, comment donner sens à ce qui soudain file entre nos doigts et n’en a plus …

Voyager ? Peut-être. Écrire ? Sans doute. Parce qu’écrire pour moi ça toujours été se battre. Et aller à la rencontre de la réalité.

Parce qu’on ne peut rien devant l’impermanence de toutes choses, pas même choisir la cadence du pas qui nous y mène.

Parfois nous avons la possibilité, souvent bien courte, de choisir la manière dont on porte et oriente son regard. Et peut-être écrire, pour se faire plus conscient et rendre par le fait même les autres tout aussi conscients.

Parce que c’est par ce moyen qu’un condamné a choisi de parcourir les derniers milles de sa route …

Et parce que ça fait terriblement réfléchir.

Sur 58 ans de vie, j’en aurais passé 35 à me lever tôt pour pouvoir me jeter dans 45 minutes d’embouteillages, à m’asseoir devant un bureau gris en buvant d’infects cafés, à m’énerver avant de refaire, en sens inverse, les 45 minutes de bouchons. Et tout cela pour un plan pension. Mon apport à la société ? Nul ! Mon travail ne se justifie que par l’immobilisme propre à toute grosse société. J’ai déjà pris conscience que toute mon équipe pouvait être entièrement remplacée par un ingénieur un peu compétent équipé du matériel adéquat. Par égard pour mon plan pension, je n’ai jamais osé le dire. Mon chef est un crétin. Je le hais. J’ai toujours eu des rapports cordiaux avec lui, j’ai toujours baissé là tête quand il le fallait.

Ce fameux plan de pension dont il ne bénéficiera pas.

Je vous invite à l’accompagner. Le lire tout en demeurant silencieux. Attention, terriblement touchant.

Et il ne vous répondra pas. Le temps lui est trop compté.

Blog d’un condamné

***

Ajout Janvier 2014 : J’ai réalisé dernièrement que ce site était en réalité un coup de marketing pour faire porter attention et mousser la carrière littéraire d’un individu. Je ne sais trop comment me positionner par ce coup d’éclat. Je me sens dérangée, trahie dans ma confiance qu’on ne m’ait pas positionner devant un narrateur, mais qu’on ait joué sur le fil ténu entre vérité fiction. N’empêche, l’écrivain aura su trouver un excellent moyen de faire tourner les caméras et les maisons d’éditions vers lui …

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Un nouveau panorama new-yorkais à l’horizon

Un nouveau panorama de New York se dessine tranquillement et se modifiera au cours des années avec l’ajout des autres tours constituant le complexe du nouveau World Trade Center. Dès maintenant, on peut admirer en totalité la plus plus grande tour des États-Unis avec ses 541 mètres. En guise de repère, la Tour du CN culmine à 553 mètres.

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Bien qu’on en ait aucunement l’impression sur cette photo, c’est bien la One World Trade Center, qui dépasse l’Empire State de près de 100 mètres, que l’on voit se profiler au loin. Les grues étaient encore présentent il y a quelques jours alors que l’installation de l’antenne était en grande partie complétée et les nombreux travaux du chantier donnaient de plus près des photos qui ne rendaient pas encore compte de la prestance de l’édifice. L’observatoire du 100e étage sera accessible au public à compter de 2015 et promet d’offrir un point de vue des plus spectaculaires sur la ville.

Voici de quoi devrait avoir l’air la nouvelle fierté des états-uniens d’ici quelques années :

World Trade Center

D’ici  là, je vous invite à visionner cette vidéo de l’installation de la flèche argentée, réalisée en grande partie par le groupe ADF, une compagnie québecoise de Terrebonne.  De quoi rendre bien des jambes molles…

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Petites cartes postales états-uniennes …

Les mois d’avril et de mai riment pour moi avec attente aux postes frontaliers, fatigue extrême, départs trop hâtifs et nuits trop courtes, kilomètres et kilomètres de routes et longue balade à pied dans les grandes villes états-uniennes ou canadiennes parfois.  Les haltes sont courtes, la grippe et les microbes au rendez-vous (ce n’est pas la pluie qui va arrêter un guidage …) et mes fantasmes de bain chaud aux chandelles forcément très présents.  Quoique je ne pars jamais bien loin et très longtemps, la saison de guidage est intense, l’objectif principal étant de faire voir le plus possible en peu de temps…

Il y a des moments plutôt monotones (j’ai vu les chutes Niagara plus d’une quinzaine de fois en trois ans … ), d’autres qui demeurent tout aussi surprenants (je verse encore des larmes devant les monuments en hommage aux guerres du Vietnam et de la Corée à chaque fois à Washington) et de belles découvertes (Chicago en est une très belle cette année !)  Comme l’escale est rapide et que je pars à nouveau demain vers New York, j’engrange mes mots et laisse ici quelques photos en guise de cartes postales des paysages croisés sur la route depuis les dernières semaines.

Niagara Falls, Ontario

Niagara Falls, Ontario

Détroit, Michigan

Détroit, Michigan

Millenium Park, Chicago, Illinois

Millenium Park, Chicago, Illinois

Le splendide Jay Pritzker Pavilion de l'architecte Frank Gehry, Chicago

Le splendide Jay Pritzker Pavilion de l’architecte Frank Gehry, Chicago

Magnolia jaune, Essex (Burlington), Vermont

Magnolia jaune, Essex (Burlington), Vermont

Trump Tower, Chicago

Trump Tower, Chicago

Boston, New York et Toronto suivront …

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En attendant : "Autoplogue" de mon moi-même du moment … Je me suis prêtée dernièrement au jeu des entrevues où je regarde ma timidité en face et me dévoile davantage.  Pour les intéressés, j’ai eu la chance de répondre au questionnaire de Proust voyageur de l’auteure Anne Becel sur son superbe site Correspondances, me suis livrée au 13 questions sérieuses et 13 plus légères sur la Page à Pageau et raconté le récit de mon périple mère-fille au Costa Rica dans la revue Espaces.

Allez hop ! Assez de "je-me-moi", je vais refaire ma valise pour vous revenir avec de beaux récits sur la route !

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De la plume au pinceau … Mise en mots de Kahlo

Je viens encore vous agacer avec mes amours mexicaines. ;-)

Celle-ci remonte à plusieurs années.  Je la porte en moi depuis que j’ai dévoré sa biographie par Hayden Herrera.  Elle ressurgit parfois au détour d’une chanson de Chavela Vargas.  Une passion admirative et pleine d’ardeur pour une femme.

On connait presque tous les circonstances qui ont fait de la vie de Frida Kahlo une lutte continuelle et souffrante face à son corps meurtri et brisé. Néanmoins, je crois qu’il faut plonger plus loin que son oeuvre artistique et aller au-delà du mythe qu’on en a fait pour comprendre à quel point cette femme se livrait en toute sincérité.  J’ai longtemps cru qu’elle avait besoin de peindre pour extirper entièrement ses blessures, que la douleur qui transparaissait dans les tableaux et les autoportraits durs et lucides se devait de s’échoir là, au travers des intenses couleurs.  Le besoin allait bien au-delà.  Au travers des mots aussi.

J’avais pourtant lu plusieurs de ses lettres écrites de sa main dans la casa azul à Coyoacan.  Même pour ceux qui ne comprennent pas l’espagnol, il serait possible de comprendre la portée lucide et violente de sa plume. Vous savez, lorsque le papier parle, que l’encre suinte et que les pattes mouchetées et entremêlées sur elles-mêmes évoquent d’emblée ce qui y est à décoder?  Néanmoins, lorsqu’on a la chance de lire ses lettres et de les comprendre, on saisit vite que le pinceau et les couleurs étaient insuffisants pour cette femme.  On le saisit encore mieux lorsqu’une comedienne choisit de les faire revivre ces mots et de nous les faire entendre…

Excessivement troublante et touchante était Sophie Faucher hier soir au MBAM dans Correspondance, une mise en scène composée de lettres, de poèmes et d’extraits de journaux intime de la peintre.  Excessivement comme l’était Frida dont l’art était "un ruban autour d’une bombe" comme l’a souligné Breton.  Excessivement découvrir que l’expression des émotions dures à même les couleurs de ses toiles, Frida savait tout autant les manier à même les mots, tout autant qu’elle pouvait regarder la douleur en face et la nommer, ajoute une dimension importante au portrait qu’on se fait de l’artiste.

D’une mise en simple simple et épurée, où les cadres suspendus évoquent non seulement le portrait que Faucher dresse d’elle par son choix de textes, mais aussi une mise en abyme évidente, mais combien juste, Correspondance m’a tout simplement séduite.  J’y ai redécouvert la femme forte et fragile qu’on a tristement transformée en icône commerciale, la sensible et dure, mais aussi celle qui fait preuve d’autodérision.  La femme festive avec sa volonté farouche de vivre. Et la femme brisée de toutes parts qui aime avec passion et qui aime la passion aussi…

© Musée des Beaux-Arts de Montréal

© Musée des Beaux-Arts de Montréal

La lucidité de sa plume est implacable.  L’interprétation de Sophie Faucher, passionnée, tendre, admirative et respectueuse.  Frida n’y est pas présentée comme une victime de son accident ou de son mari volage, mais bien comme une femme courageuse, avec ses doutes, ses grandes déceptions, ses colères et ses peines et bien sûr son amour toujours si puissant et fidèle pour Rivera.  Un amour dévorant qui la détruit par moment et rythme sa vie longuement;  on découvre aussi l’immense abnégation dont elle a fait preuve. Ajoutez à la lecture théâtralisée la présence de quatre magnifiques mariachis qui ponctuent et colorent la scène de leurs airs nostalgiques et festifs… comment ne pas être conquis ?

Correspondance, un tableau vrai, sincère et intime que nous dépeint puissamment la lecture théâtralisée de Sophie Faucher et qui est absolument respectueux de l’artiste.

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De Acapulco à Huatulco … autre regard sur le Mexique.

J’arrive tout juste de Chicago. Mais deux mois plus tôt, j’arrivais tout juste d’un endroit que j’aurais presque eu envie de garder pour moi… J’ai hésité longuement avant d’en parler ici. J’hésite encore un peu. Un endroit qui m’a réconcilié avec le Mexique que j’aime tant, ce Mexique visité à quelques reprises pour de longs comme de plus courts séjours au cours des dernières années, et dont la culture, la musique, le rythme et ses habitants exercent un charme continu chez moi.

Il y a trois ans, je logeais dans la baie de Puerto Marques, tout juste à côté d’Acapulco. Première grande bouffée d’air pour la toute nouvelle maman que j’étais devenue et qui demandait à flirter avec sa liberté de mouvement et sa liberté d’être. Je profitais de mon avant-dernière soirée lorsqu’un commando d’un cartel mexicain est descendu de la capitale mettre des points sur des «i » en étêtant quelques têtes … Résultat : plus de quarante cadavres. Évidemment, plusieurs dans le port qui sert de porte d’entrée à la cocaïne provenant d’Amérique du Sud depuis des années, et plusieurs décimés un peu partout aux quatre coins de la ville. Selon les autorités mexicaines, la tuerie aurait eu lieu vers les 4 heures du matin. À cette heure-là, je quittais le bar où j’avais dansé toute la nuit, passais tout juste à côté du port chercher mon bébé de 2 mois chez son grand-père pour me retrouver ensuite à Puerto Marques où l’on avait trouvé deux autres corps non loin de notre hôtel. Voilà pour la fin de mon dernier petit périple au Mexique avec ma fille… Joyeux, hein ?

La baie d'Acapulco

La baie d’Acapulco

Évidemment, tout cela, on n’en a aucunement entendu parler ici… À l’instar d’une panoplie d’événements du genre qui ne se produisent plus seulement aux environs de Ciudad de Juarez et de la frontière états-unienne depuis un bon moment.

Lors d’un précédent séjour de quelques semaines, j’avais ressenti certains endroits du Guerrero violents, durs, agressifs. Eu vraiment peur à un moment lorsque je m’étais retrouvée seule sur une plage quasi déserte avec trop de gars de l’armée mexicaine… Seulement une immense frousse, des sueurs froides, bien du baragouinage et de l’aide d’un jeune mexicain pour m’en sortir, heureusement. Mais, deux années plus tard, j’imagine que c’est le fait de me retrouver là, avec un bébé naissant à protéger, les hormones, les émotions, la fatigue et l’instinct dans le tapis, que je m’étais promis en quelque sorte de laisser passer bien du temps avant d’y retourner. Avec un enfant, tout jeune bébé, on devient plus conscient, plus alerte. L’instinct prend le dessus. J’avais donc mis une croix à sillonner le pays en sac-à-dos au lendemain de la tuerie ; hormis un séjour à Cozumel, qui n’était pas exactement, du moins pour moi, aller à la rencontre du Mexique …

Clavadista s'étant lancé dans le vide après avoir fait sa prière ...

Clavadista s’étant lancé dans le vide après avoir fait sa prière …

Depuis, j’ai suivi tristement la situation quant à la guerre des narcotrafiquants qui sévit dans ce pays. "Acapulco, paradis perdu", titrait récemment l’Express. De fait, la perle du Pacifique n’est plus. Déjà le pouls avait changé tout près de la Quebrada, là où les clavadistas plongent depuis des années au grand bonheur des touristes et au grand malheur de leur famille parfois. Mes frousses mexicaines, j’en ai eu quelques autres, ne m’ont ensuite pas empêché de voyager, ni d’aimer ce pays. Bien que la violence qui marque certains états plus que d’autres soit le fait d’une guerre ciblant des membres de cartel précis, j’avais pensé qu’il suffisait être à la mauvaise place au mauvais moment. J’avais choisi d’éviter certaines régions de ce pays pour un moment. J’ai donc eu les larmes aux yeux tout récemment en apprenant le viol de 6 Espagnoles dans une villa sur la plage de Barra Vieja que je connais bien. Davantage en apprenant que des suspects avaient été arrêtés, doutant des méthodes musclées et rapides utilisées afin d’essuyer le plus rapidement l’affaire en ciblant des coupables, et probablement en évitant le plus possible d’entremêler des membres du gouvernement ou des corps policiers à cette affaire. Sourciller en écoutant les déclarations du maire tenter de minimiser l’événement, craignant inévitablement d’autres retombées négatives quant à l’achalandage touristique.

Attention, je ne tente pas de faire de la généralisation ici. Surtout pas d’isoler un événement pour dramatiser. Ni devenir alarmiste.   Néanmoins, il est difficile d’éviter de soulever la réalité d’une ville qui a tristement eu son heure de gloire et où la corruption est en train de prendre le dessus là où on s’y attendait le moins. On ne peut également nier que plusieurs états mexicains sont devenus beaucoup plus dangereux qu’ils ne l’ont jamais été.  Que la corruption policière s’est généralisée et étendue, comme en fait foi de récents événements à Playa Del Carmen ou encore à Mazatlan.  Le contexte de violence et d’insécurité est encore bien présent dans certaines régions alors que d’autres villes connaissent une nouvelle accalmie et tentent de redorer le blason touristique du pays. Les gens hésitent à écrire sur ce qui se passe présentement dans certains états mexicains. La situation est ambigüe et on a peur de se perdre en généralisation.  N’en demeure pas moins qu’il existe plusieurs régions sécuritaires pour le tourisme et qu’il ne faut pas non plus instaurer un régime de peur.

Zipolete, Oaxaca

Zipolete, Oaxaca

Alors, imaginez, quand dans ce contexte vous découvrez un genre de coin paradisiaque et perdu sur la même côte Pacifique … Si près de Zipolete que j’avais adoré, idylle du hippie voyageur. Un bout de paradis avec des plages sauvages, préservées. Et d’autres typiquement mexicaines avec ses palapas, ses tacos al pastor au coin des rues dénuées de trop de touristes …  Bonus : l’âme mexicaine y est partout et on s’y ballade avec le sentiment de se trouver en sécurité.

Seulement, on pressent que d’ici quelques années ce bout de paradis ne le sera peut-être plus… Les chaises en plastique auront envahi les plages, les hôtels auront pullulé… devrais-je alors vraiment garder ce lieu rien que pour moi ou le partager? … ;-)

bahia de cacalutta

Une des 9 Baies de Huatulco …

Cette plage déserte et sauvage fait saliver ? D’accord, je vous tracerai donc prochainement un portrait de Las 9 Bahias de Huatulco.

D’ici là, je continuerai à porter cette plage secrètement au creux de mon coeur ..

***

Pour un portrait de la situation à Acapulco c’est par ici.

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Don’t try too hard to catch the winds

Parce que c’est une vidéo superbe qui met de l’avant cette tension entre le mouvement et l’ancrage; la nuance entre s’accrocher, le désir de ne pas prendre racines, de les porter avec soi et de perpétuer l’exploration.

Parce qu’il pose une question nécessaire quant à nos attachements:

Who are we without the ones we love ?

Parce que parfois il vaut mieux perdre, que de rester immobile.

Surtout, parce qu’il est vain d’essayer d’avoir du contrôle devant ce qui nous dépasse.  Au même titre qu’il est vain de tenter d’attraper le vent…

 

 

N.B. Merci Julie Philippon pour la découverte de ce baume de douceur ce matin via ton Facebook.  Son Twitter : @mamanbooh

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Du rêve caressé à la réalité …

La vie et ses contingences… Il y a quelques jours je pensais m’envoler vers Panama City mettre en branle un projet que je caresse depuis longtemps. Le temps de préparation me manquant, j’ai changé de cap en quelques minutes pour me retrouver finalement avec un billet vers ce pays que je chéris tant, question d’approfondir le sud de Oaxaca, province mexicaine magnifique découverte il y a 5 années. On retourne toujours vers ces premiers amours semble-t-il …

Ainsi, tandis que j’emplissais mon backpack la veille de mon départ, je pensais à Jennifer qui n’avait toujours pas terminé le sien et qui, elle, allait prendre ce vol pour le Panama au même moment où je filerais vers Huatulco… Le Panama étant la première destination dans la foulée de bien d’autres ; prémisse d’un projet qui a germé en elle depuis bien des années. Un rêve un peu fou qu’elle a longuement caressé et viré dans tous les sens, devant se confronter continuellement et faire au quotidien des choix de vie difficiles en ce sens, travaillant fort pour que son tour du monde puisse passer du rêve à la réalité.

Je ne tracerais pas ici un portrait d’elle. Vous la devinerez aisément courageuse, fonceuse, caractérielle. Pas du tout du genre à se laisser intimider. Passionnée, indépendante, hyper curieuse. Déterminée. Avec le temps, l’éditrice de Moi, mes souliers est devenue une amie. Une femme de qui émane une force tranquille apaisante et qui rassure.

Ainsi, ce matin-là, nos routes se sont à nouveau croisées…

Son amoureux était aussi là, très ému, de l’autre côté de la sécurité à l’aéroport, envoyant la main à sa copine qui avait fait son premier grand saut … La chance inouïe d’être au cœur de ce moment d’intimité ne s’explique pas ici. Je garderais longtemps dans mon cœur l’émotion unique et bien palpable que j’ai ressenti allant rejoindre brièvement ma copine qui faisait ses premiers pas pour se retrouver seule, partout et à la fois au coeur d’elle-même, durant une année.

De l’autre côté, son tendre chéri a disparu… Il s’est éclipsé, confiant, après l’avoir longuement encouragé à aller jusqu’au bout de son rêve malgré les doutes et les défis incontournables s’y rattachant. Je me rappelle m’être dit que c’était ça aimer. Aimer vraiment.

20130208-071030.jpgPuis, durant quelques instants, j’ai pu entrevoir la femme fragile qui laissait le doute la traverser. Si touchante cette fille toujours si sûre d’elle et qui s’était promis de ne pas pleuré. -Bien voyons, j’ai pleuré ma vie lorsque je suis partie pour la première fois seule avec mon sac à dos en Europe, t’as bien le droit à quelques larmes ma belle! C’est gros se lancer comme ça dans la vie, loin des gens qu’on aime durant tout ce temps ! J’ai pensé combien était précieux ce bref instant de vulnérabilité que me dévoilait cette femme si courageuse et si forte. Pleine d’assurance, mais consciente des peurs à effleurer du bout des doigts pour aller de l’avant et avancer.

Nous nous sommes laissées à la porte d’embarquement de son avion. J’aurais pu être morte d’envie et de jalousie, mais non, j’étais plutôt sincèrement et profondément heureuse pour elle. Consciente avec elle de l’ampleur du défi. Quelques minutes, puis elle avait déjà retrouvé sa force, son calme et sa solidité. Humblement, le sourire aux lèvres et emplie d’émotions, elle est partie rejoindre son rêve longuement peaufiné.

Bonne route Jennifer! Qu’elle te soit douce, aventureuse (mais pas trop ;-) ), dans le respect du rythme et du souffle que tu souhaites donner à chacun de tes pas …

x

Pour suivre son tour du monde d’une année :

http://www.voyageries.com (en anglais)
http://www.moimessouliers.org

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Sur la route de la création avec Martin Léon

Certains trouvent que c’était un pari risqué.  Personnellement, j’admets que c’était pour moi en quelque sorte gagné d’avance. J’ai toujours aimé le chanteur, le poète contemplatif. Je le porte dans mon cœur au même titre que Desjardins et Ferré. Ses mots, sa pénétrante poésie, son esprit vif, ses mélodies douces et par moment suaves, son regard sagace et ses textes sensibles m’ont toujours absolument séduite.

Ajoutez-y une invitation au voyage, sur la route, là où une rencontre devient le possible balbutiement d’une chanson, d’un questionnement ou d’une prise de conscience.  Une scène épurée, si ce n’est que de quelques fanaux rougeoyants, trois guitares, un écran projecteur et un homme sympathique et discret à la batterie. L’ambiance rouge feutrée et très intime du Quat’sous.  Difficile alors de ne pas suivre Martin Léon dans ses pérégrinations asiatiques, quantiques et à la fois métaphysiques de ce spectacle qui débute sur les prémisses d’un vol d’avion …  Et nous voilà plongés dans ce « Show Laboratoire Exotique » à la teneur à la fois intime et frétillante.

Avec finesse, humour, charme, intelligence et simplicité, l’artiste nous invite dans l’univers de la création du dernier album les Atomes. S’y juxtaposent et s’entrelacent images asiatiques, chahuts environnants issus de la jungle, anecdotes délirantes et savoureuses, rencontres riches et trouvailles cocasses, tous des prétextes qui deviennent des germes d’idées qui s’entrechoquent comme des électrons libres pour former une chanson.

De la Baie D’Halong dans le sud du Vietnam, en passant par tous ces trains qui arrivent et repartent de Bangkok, on décortique les pistes vocales et instrumentales qui se superposent de la pièce « Invisible », empruntant avec lui les quelques détours obligés de l’inconnu qui mènent bien souvent là où on s’y attend le moins. Darbouka arabo-mulsulman et gamelan javanais surgissent au détour du processus de création d’une pièce à l’inspiration asiatique ? C’est joli, alors pourquoi ne pas les garder ?

On saisit aussi un peu mieux les quelques délires de l’album, du moins si on n’en comprend pas le sens on peut ensuite se faire une cocasse image du chanteur aux prises avec une forte fièvre et des hallucinations dans une jungle après avoir bu avec confiance un potage ancestral au sein d’une tribu laotienne ; on revisite autrement de superbes pièces telles que « Je le veux » et « le Phalène » ; rencontre le sympathique Phong Ké Toan, "Funkytown" pour faire plus simple, et sa fascination pour les atomes ; se questionne avec eux sur ce qu’il advient de ceux-ci après notre mort, Léon clôturant son show en proposant en guise de réponse sa magnifique chanson « Je redeviens le vent ».

On n’a qu’à discuter avec lui quelques minutes pour que le pétillement plein de vie du regard se propage. C’est contagieux.  Absolument. L’homme est un véritable passionné de voyages, de vie, de rencontres et de l’Autre.

Du passage du vent en demeure la profondeur, l’intelligence sensible, poétique et si étonnamment accessible, qui a enveloppé les spectateurs comme une caresse. C’est bon.  L’expérience est une réussite, un baume de douceur sur la scène montréalaise.

On repart comprenant mieux ce lien profond qui s’est tissé sous nos yeux : créer et voyager c’est en quelque sorte une seule et même chose… une rencontre de ce qui est déjà en nous vers l’inconnu qu’on va puiser chez l’autre.

Et puis, on imagine le chanteur reprendre sa route, guitare à la main agissant à titre du plus merveilleux des passeports…

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Frida & Diego

Pour les amoureux des arts, des grandes histoires passionnées ou simplement pour les romantiques pures laines amoureux de l’amour,  une petite escapade est de mise au Art Gallery of Ontario de Toronto dans les prochaines semaines.  Réunissant pour la première fois les toiles de deux grands génies de la peinture mexicaine, l’exposition «Frida & Diego: Passion, Politics and Painting» fort appréciée depuis quelques semaines met de l’avant tant l’oeuvre que la relation passionnée des deux icônes.

Roukie et moi y étions lors de l’ouverture de l’exposition.  Pas compliqué : j’ai adoré !

L’espace d’un instant, j’ai eu le sentiment de me retrouver dans la Maison Bleue (la fameuse Casa Azul !) que j’avais visité il y a quelques années dans le quartier Coyoacán à Mexico. J’y avais passé un moment superbe et unique à me laisser imprégner de l’univers de ces peintres dans ce qui fût durant plusieurs années leur paisible cour intérieure.

Casa Azul

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Certes, vous ne retrouverez pas l’odeur de la mangue et le bruissement environnant des quartiers mexicains, mais le dialogue et le ton qui sont rapidement posés entre le muraliste et la peintre intimiste valent amplement l’escale torontoise.

Tandis que Roukie sommeillait dans sa poussette, j’ai pu tranquillement déambuler de galerie en galerie. À même les toiles ou les photographies, belles et abondantes, il est aisé d’y ressentir toute la complicité et passion déchirante traversant les deux amants.  La très connue douleur ponctuant plus qu’à son tour la vie de Frida y est palpable, le libertinage entre les deux peintres assumé, les célèbres liaisons sont également abordées.

Un incontournable pour les amoureux de l’amour et les passionnées de la passion … Absolument à voir avant la fin du mois de janvier.

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Montréal à table : première édition

MTL à TABLE © Tourisme Montréal

Cette année, Montréal se joint à d’autres grandes villes américaines afin de célébrer son tout premier "Restaurant Week".  Initiée par Tourisme Montréal, MTL à Table se veut une occasion de célébrer et de découvrir la diversité gastronomique montréalaise.  Une centaine de restaurants participent à cette première édition en offrant pour l’occasion des tables d’hôte à prix d’ami, 19$, 29$ ou 39$. Des circuits culinaires de type 5 à 7 sont également proposés par VDM Global (on découvre un quartier, ses tables et ses habitants !) et des soupers aux chandelles seront offerts dans 6 restaurants de l’avenue Mont-Royal.

Une belle occasion de découvrir une fois de plus le talent et la créativité de nos chefs et de partager une belle tablée entre amis à des prix plus qu’abordables.

Pour la liste des restaurants participants, des prix et des disponibilités, c’est par ici.

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Montée de lait sur la snobitude voyageuse

J’ai le grand défaut de refouler …

Longuement.  Trop longuement.  Ça forge en partie mon caractère de feu, explosif à ses heures et qui déconcerte ceux qui ne croit qu’en l’image timide et posée que je projette parfois. Ainsi, je réagis bien souvent après coup, au grand désarroi de ceux qui m’entourent.

Cette fois-ci, j’aurais franchement dû exploser sur le coup.  D’accord, en canalisant efficacement ma colère (il faut bien que mes trop nombreuses lectures de psycho-pop servent), mais en émettant sur-le-champ mon point de vue.  Mais me voilà, quelques semaines s’étant écoulées, ruminant toujours cette phrase, ce commentaire émis par une personne alors que j’étais non loin …

-  Tsé, moi, je voyage vraiment avec mon enfant. C’est pas des petites vacances ou des p’tits séjours de trois-quatre semaines là… On va à … , etc …

C’est pas compliqué,  j’exècre par-dessus tout trois choses dans la vie :  l’arrogance, le mépris et la manipulation… Et ce que je souhaite par-dessus tout : toucher les gens qui m’entourent avec mes mots et déconstruire les mythes qui trop souvent freinent.  Certainement pas d’en construire. En me taisant, j’ai l’amère impression de m’être faite complice d’une espèce de snobitude qui tend à se répandre et tourne de plus en plus dans le fait de voyager.

Sincèrement, je crois qu’il y a autant de manière de voyager que de manière d’être. J’en épouse souvent différentes formes, apprenant à me confronter et à remettre en question mes propres jugements.  Par exemple, j’ai moi aussi jadis juré que par mon backpack, jugé les voyages d’affaires, la valise à roulette et les tout-inclus. Après avoir flirté avec ceux-ci, j’y vois maintenant une vaste panoplie d’avantages. M’y confrontant, j’ai compris qu’il y avait tant de manière d’appréhender l’ailleurs et d’aller à sa rencontre. Qu’il n’y a certes pas une manière de voyager qui est "mieux", mais bien une qui nous est propre, qui nous convient mieux à un moment donné.

C’est le fait de mettre une majuscule, un grand "V" au verbe "voyager" qui m’exècre : d’abord cela sous-entend une manière, lire ici une bonne manière ; suggère des destinations propres, tendances, in, peu importe, mais des destinations qui cautionneraient le sens du "vrai" voyage, des destinations mieux que les autres ; finalement un temps, une durée qui légitimerait en quelque sorte la notion même de voyage…

Certes, les figures du grand voyageur, de l’explorateur et de l’aventurier existent et ont toujours existé.  Au-delà de la manière d’être, plusieurs en font leurs carrières et des nuances s’imposent parfois question terminologie.  Néanmoins, cessons donc de tenter d’enfermer le voyage dans une définition à la vision limitée.  Définition qui tristement relève parfois de la condescendance…

Il me semble que les jugements de voyageurs n’ont pas de place là où la nature même du voyageur se doit d’être ouvert à l’autre, à la rencontre, à la différence et surtout à la pluralité …

***

Vrac de pensées liées à ma montée de lait du moment :

- Lorsque je vois le pétillement ardent et ébahi dans les prunelles des jeunes que j’accompagne sur la route, je vois bien qu’il ne s’agit pas pour eux de "vacances".  Pour certains, ce sont les premiers balbutiements de la découverte de l’ailleurs.  Et quand ils entrevoient au loin le Washington Monument, le One Liberty Place, le skyline new-yorkais, la CN Tour ou encore qu’on traverse l’impressionnant pont Leonard P. Zakim Bunker Hill avant de pénétrer dans la ville de Boston, croyez-moi, le regard de ces jeunes-là dit tout ! Et, à ce moment précis, et pour 3 ou 4 jours, ils voyagent vraiment !

- (Re)plogue du moment : voilà sans doute pourquoi j’aime tant l’approche des Aventuriers Voyageurs et de leurs films souvent réalisés par des personnes pour la première fois.  Ainsi, ils tendent à rendre le fait de réaliser des films sur les voyages accessible et à rendre le tout plus près du possible que du simple fait de rester là, à rêver passivement de ce qui nous apparaît inatteignable. Revêtir de possible plutôt que de contribuer à rendre hors d’atteinte ;-) J’aime !

Leonard P. Zakim Bunker Hill Memorial Bridge…
Créons donc des ponts entre les visions plutôt que de les cloisonner …

- Mise à jour : Je viens tout juste de réaliser que j’ai lu un billet récemment qui allait en ce sens.  Je viens de le relire et me dois de le citer car il m’a sans doute inspiré inconsciemment mon titre ;-) … Merci M-J ! : Assumons notre "touristitude"

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Ici et là…

Tandis que de nouveaux projets germent tranquillement en moi et que je me fais ici plus discrète, je ne chôme pourtant pas.  J’écris ça et là, collabore avec Moi, mes souliers, le portail des Globe-trotteurs, réalise quelques piges dans le domaine du tourisme, tout en prenant plaisir à renouer avec la culture artistique montréalaise, tant littéraire que musicale. Je renoue aussi avec de grands comme de méconnus auteurs mexicains, nicaraguayens et autres, flirte avec une panoplie d’écrivains et explorateurs, me faisant ainsi bien plus voyageuse littéraire qu’écrivain voyageur… C’est bon !

Mes longues absences de ce blogue s’explique aussi par le fait que j’ai eu la folle idée de retourner sur les bancs universitaires afin d’aller plancher sur des cours en guise de préparer la rédaction de mon mémoire.  Le sujet ? Toujours imprécis et à l’état embryonnaire, mais consacré certainement à un écrivain voyageur méconnu (ben quin !)

Je ne vous cacherai pas la difficulté de renouer avec cette pensée intellectuelle et par moment bien élitiste … que voulez-vous, je m’y suis toujours drôlement sentie, artiste et communicatrice plus qu’intello.  Je me perçois plutôt comme une baroudeuse qui aime le  lyrisme et qui appréhende l’univers qui l’entoure de manière poétique et sensible.  Le poétique et le sensible ont certes une petite place dans les études supérieures… mais en autant que tout soit "pensé", "scientifisé" pour paraphraser un professeur… ouais, ouch.. je sais ;-(  M’enfin, je vais tenter de garder le cap sur mon projet sans trop me perdre dans ses méandres bien tordus de la pensée par moment… A ver !

Je m’amuse donc et joue un brin à la touriste chez moi avant de retourner au printemps sur la route aux États-Unis et en Europe.  Cette année en tant que guide, j’ajouterai Chicago à mon arc ;-).  Finalement, je tente de créer en conciliant mon rôle de maman à temps plein avec une petite exploratrice que j’ai bien hâte de ramener à nouveau avec moi dans mes bagages.  Pour pallier à l’envie d’ailleurs on compense par de petites escapades.  Je prépare d’ailleurs aussi une petite conférence sous la thématique du voyage avec les enfants qui sera présentée en novembre  par les Aventuriers Voyageurs. Sans prétention, elle se veut le fruit de réfléxions et d’expériences pour donner l’envie d’oser…

C’est donc la raison pour laquelle vous me retrouverez d’autant plus ici.  Contradictoire hein dans ce flot de projets qui cumule ? La raison est simple : cet exutoire est absolument nécessaire à la conservation de mon équilibre mental !

Finalement, je vous suggère fortement un livre pour votre plaisir ou à offrir cet hiver dans vos bas de Noël : La Bible du Grand Voyageur de Lonely Planet. Co-écrit par Anick-Marie Bouchard, une jeune québécoise qui n’a pas froid aux yeux et qui gagne à être découverte.  Je n’en ferais pas tout de suite une critique ici (elles pullulent, notamment Gary Lawrence en a fait selon moi une très juste lecture), mais si j’avais eu un seul livre à lire avant quelques voyages ou entreprendre mon trip seule en camping dans les Rocheuses canadiennes, cela aurait été certainement celui-là ! Un must pour le voyage alternatif responsable et plus écolosensible, pour méditer sur le voyage au féminin et pour entrevoir la route autrement ! Pour en savoir un
peu plus sur Anick-Marie et ses milliers de kilomètres parcourus en stop au travers de la planète, découvrez son site ou cette entrevue de Marie-Julie Gagnon.

C’est donc ici et là que vous me trouverez tout en continuant de m’accoster ici parfois, venir vous confiez (pfff…) états d’âmes et petites et vitales escapades…

* Psst … désolée pour les erreurs de typo et incongruences … j’apprivoise WordPress sur mon téléphone et ce n’est vraiment pas le top ;-)

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Pour rêver d’ailleurs … à Montréal

Bon moyen de pallier à la grisaille automnale et d’aller rêver un peu (beaucoup !) de l’ailleurs : encore une fois cette année, le Salon international tourismes voyages aura lieu du 19 au 21 octobre 2012 à la place Bonaventure à Montréal.  Se présentant comme "un appel à tous les sens", le salon mettra de l’avant un volet "Saveurs du monde" où un chef de l’Académie Culinaire concoctera un menu fusion de différentes régions: Caraïbes, Asie, Afrique du Nord, etc.

Une autre nouveauté cette année, le Salon D-Clic, présenté par Lozeau, sera partie intégrante du SITV. Vous y trouverez tous les grands noms de l’industrie avec leurs toutes dernières nouveautés, au grand bonheur des photographes amateurs comme des professionnels.

Belle occasion de faire le plein d’informations pour préparer votre prochain voyage ou simplement pour vous divertir en assistant à des spectacles de danses, à des conférences sérieuses ou encore d’aventures plus cocasses…

Moi, mes souliers vous propose d’ailleurs un petit concours sur son site afin d’obtenir une réduction sur votre entrée … attention, le concours se termine demain ;-)

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Des roses, des fées et des ruelles

 

Premier été entièrement passé à Montréal depuis de nombreuses années. Et voilà, déjà septembre.

Aucune escapade pour apaiser la soif d’ailleurs.

Rien.  Niet.  Nada.

Isch … !

Un besoin ou une nécessité de m’ancrer dans cette ville où un peu malgré moi j’y ai pris racines pour plusieurs mois.  Mettre de l’avant de nouveaux projets qui me tiennent à coeur et qui ont toujours comme angle principal cette soif d’ailleurs et de l’autre. Comme une envie folâtre de tour du monde … un brin autrement.

Restons-nous toujours nomade dans le cœur malgré tout ? Oui, je le crois.  Que le désir vif d’ailleurs me rattrapera dans un détour, bien souvent alors que je ne m’y attendrai pas. Les livres et l’imaginaire ne suffisent parfois pas.  Néanmoins, comme un besoin de me poser pour reprendre mon souffle.  Parfois, le voyageur doit savoir faire le tour de lui-même pour paraphraser le Mahatma Gandhi.

*

Cet été, je n’ai pas parcouru le monde à me trouver et me perdre comme j’aime intensément. Pas même le Québec que j’aime tant.  Ni folle aventure, ni rencontre, ni découverte. Une pause.  Longue pause emplie de silences, de rosiers, de carillons d’églises, de rires d’enfants, de colimaçons et de chenilles.  De bruit des mots que j’ai eu envie de garder pour moi.  Je me suis contentée à demeurer là, à les écouter.  Sinon, à réaliser maints et maints allers-retours de ruelles… Surtout, apprivoiser celle qui est derrière mon nouveau chez moi.

Une ruelle qui m’a plût.  Immédiatement.  Peut-être un peu trop proprette, trop organisée par rapport à toutes ces autres ruelles que j’ai aimé dans leurs fouillis, avec leurs folles mauvaises herbes, leurs vêtements délavés suspendus sur les cordes sans gêne, leurs voix qui s’élèvent un peu trop fortement emplies d’incompréhensions, de certitudes ou de peine.

Peut-être que cette ruelle évoque malgré tout dans son essence même ces nombreuses balades tardives de ma vingtaine. Les ruelles montréalaises sont si belles la nuit.

Une nostalgie comme un repère.

Ainsi, la nuit, j’y cherchais le silence et la lune trop de bleue.  Le jour, je humais l’odeur des potagers, épiant négligemment ces intimités autres, coquine et fureteuse sans trop vraiment savoir quoi y chercher.

Cet été, la vie m’a aussi apporté avec cette ruelle, un grand brin de cour.  Un grand brin de cour pour poser mes pénates et y retourner comme l’animal blessé cherche un refuge. Grand brin de cour montréalais pour voir s’épanouir ma fille et jouer dans la terre.  Mais surtout, une dense et fleurie ruelle où les histoires d’amours pullulent et les contes fleurissent.  Où dansent les nains et les fées lors des nuits trop de bleue.  Une ruelle à parcourir, comme une histoire à inventer, un livre à écrire.  Inépuisable en petits bonheurs à créer pour âmes rêveuses, trop vagabondes, qui doivent, du moins pour un moment, ralentir le pas et s’arrêter.

 

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Là où tout nait et où tout s’estompe.

Il a de ces voyages, si brefs, et qui pourtant nous mènent au coeur de nous-même.  Qui s’éclipsent comme la vague qui se retire et s’estompent aussi rapidement que les mots que l’on esquisse du bout des doigts sur le sable.  En soi, sentir enfin l’impuissance comme une force et une certitude, le passé et le futur se confondre, l’inutilité de tenter d’arracher au présent les choses et les événements qui suivent leur cours.

Une vague qui nous berce sur le rythme de l’acceptation, de l’équilibre.

Pas tant qu’ils nous marquent ces voyages.  Il ne s’agit pas des grands voyages initiatiques, d’aventures, de rencontres ou de découvertes.  Simplement, ils nous ramènent à l’essentiel : notre infime petitesse devant ce mouvement de la vie qui fourmille à l’improviste au creux de soi et qui est appelée à disparaitre.  Qui surgit dans toute sa véhémence et son mystère et se retirera momentanément, sans crier gare, dans toute son inhérente vérité.

Et puis, ne nous reste plus qu’à repartir en demeurant attentif au mouvement de la vague que l’on sait désormais porter en soi.  Là où tout nait et où tout s’estompe.

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¡ Cozumel me espera !

En maya-yucathèque, son nom veut dire "terre des hirondelles"… Tiens, ça m’a rendu curieuse. Plus grande île habitée du Mexique, la plus grande étant en réalité Isla Tiburón, une réserve naturelle située dans le golf de Californie, l’île de Cozumel est réputée pour ses récifs coraliens magnifiques et ses plages de sable blanc.

Pour une habituée des périples de type backpack et pour une grande amoureuse du Mexique et de sa culture, de ses habitants et des pescadillas, je suis fortement conscience que je plonge dans autre chose.  Non que j’exècre les tout inclus, loin de là, j’en ai déjà fait quelques uns à Cuba, mais je sais que je serais loin de retrouver la chaleureuse ambiance d’une pozole, le goût de la coriandre et de la salsa verde dans tous mes plats et la possibilité d’humer les odeurs bien particulière du marché.  N’empêche, même si je suis convaincue qu’il y a bien meilleure manière de découvrir un pays, mon côté aventurier ne crache pas non plus sur la formule tout compris une fois de temps en temps … Surtout actuellement où il est possible de trouver des prix très bas ! Pour moi, il s’agit d’un très bon moyen de me contraindre à m’arrêter (en refoulant difficilement mon désir d’exploration) et de recharger ses batteries.  Disons que la maman monoparentale très active et remplie de projets en a présentement crûment de besoin.  Il faut savoir écouter son corps pour ne pas aller à contre-courant lorsque celui-ci nous parle…

Je sais néanmoins que même isolée sur cette île en grande partie touristique, j’aurais plusieurs pensées pour les horreurs qui se trament dans les provinces du Chihuahua, du Guerrero et de bien d’autres depuis quelques années. Je ne crois pas qu’actuellement je repartirai seule avec mon sac-à-dos comme je l’ai déjà fait.  Moins par manque de courage ou par envie que par conscience que l’ampleur des tueries et de la corruption nous dépasse et qu’il suffit parfois d’être à la mauvaise place au mauvais moment …

C’est donc avec pour principalement objectif de diminuer mes cernes, de faire un plein d’énergie et de NE RIEN FAIRE (marcher longuement dans le sable, méditer devant des levers de soleil, écrire 2-3 lignes dans un carnet, dévorer un livre, faire des mots croisés, trier des coquillages et me balader appareil photo à la main = NE RIEN FAIRE), que je troque mon sac contre une valise à roulettes et que je pars ce matin vers cette prometteuse île mexicaine.  Une petite semaine de pur plaisir à me faire servir et à découvrir un autre angle de la mer des caraïbes…  Et ce, sans Roukie !

Évidemment, m’entretenir aussi au passage avec elle, ma grande chum.

Mais ça, vous le saviez déjà …

Cuba 2011

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Merci Gide …

J’ai dévoré son journal.  Oui, le journal d’un intellectuel aux tendances pédérastes dont plusieurs ont aussi déploré l’égocentrisme fini. Je sais. Juré pendant longtemps que par Les Faux-monnayeurs, un roman qui a posé les assises de mon écriture et qui a fait germer des préoccupations quant aux faux-semblants, la notion de vérité, de doute, de quête de sincérité profonde. Cette crise de liberté individuelle, ou encore cette insoutenable légèreté de l’être pour paraphraser un célèbre écrivain tchèque.

J’étais une littéraire finie qui appréhendait le monde que dans les livres.  Et puis un jour, alors que je relisais les Nourritures Terrestres, je suis tombée sur cette phrase si simple.

Si simple et criante de vérité.

« Il m’est égal de lire que les sables des plages sont chauds, je veux que mes pieds nus le sentent ».

Le reste a suivi.

Quelques semaines plus tard, j’éclatais de sanglot devant son masque funèbre au Musée d’Orsay.

J’étais partie.  Seule.  Délaissant les livres pour des carnets et un sac à dos. 

Évidemment, à ma rencontre.

Et puis, la même semaine, j’appréciai avec satisfaction la portée et la puissance d’une seule et infime petite phrase en observant mes orteils s’enfoncer dans le chaud sable d’une plage espagnole.


*

De littéraire à aventurière, il n’y a parfois qu’un pas.  Le voyage n’est-il pas le prolongement de l’aventure parfois entamée dans les livres, en somme ?  Littéraire, je le suis toujours.  Autrement. 

Parce qu’avant d’être assaillie de cette soif d’humain et de rencontres, j’avais choisi d’apprivoiser le monde de par les mots … Et comme cette part de moi tend de plus en plus à rejaillir, j’ai décidé de lui offrir un lieu qu’elle pourra habiter lorsqu’elle en sentira le besoin.  Et ce, comme bon lui semble.  Un terrain de jeu plus intime de réflexions artistiques ou littéraires qui ne trouvait pas sa place ici.  Néanmoins, toujours un brin teinté de mon âme vagabonde.  C’est par ici.


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Pensées de route

Petit clin d’oeil de Washington D.C simplement pour dire que je suis toujours bien en vie, sur la route aux États-Unis, au prise à ma saison de guidage touristique… je reviens "pronto", le coeur léger, le corps éreinté et le sac à dos empli de chroniques …

Question de mieux repartir ;-) !

Le Jefferson Memorial, Washington D.C.

Note : Hormis cette belle vue sur le Jefferson Memorial, ce n’est peut-être pas le moment idéal pour ceux désireux de découvrir la capitale états-unienne pour la première fois … la ville est un véritable chantier, principalement l’immense parc du "Mall" devant le Capitole, et le Reflecting Pool est à sec.  Ça confère à la ville un ensemble véritablement pas joli, joli… Déjà vu beaucoup, beaucoup mieux …

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Éclipse printanière au Vermont

Chaque année, des milliers de Québecois quittent pour le long week-end de Pâques.  Accessibles et au climat agréable, les villes de la côte est américaine sont toujours bien en vogue lors de cette période.  Plutôt que de me perdre dans la folie new-yorkaise (qui nécessite toute une organisation en tant que guide lors de ces journées où la ville se fait assiégée) ou de humer les magnifiques magnolias et cerisiers en fleurs à Washington, j’ai choisi la douceur et privilégié la présence d’une amie à la cohue des attroupements urbains.

Éclipse momentanée à la fermette dans cette campagne que j’aime et où j’ai appris la méditation en action … Et longue virée au travers des campagnes vallonneuses, des villages charmants et des montagnes Vertes de l’État du Vermont .

Saint-Félix-de-Kingsey, Centre-du-Québec

Ferme québecoise, Saint-Félix-de-Kingsey, Centre-du-Québec

Derby, Vermont

Campagne, Vermont

Shelburne, Vermont

Middlebury, Vermont

Middlebury, Vermont

Sur la route, Vermont

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Des monuments se drapent de vert pour la Saint-Patrick

Alors qu’à Montréal, New York, Londres, Dublin et dans des dizaines d’autres villes, des centaines de milliers de personnes s’assemblent afin d’assister au défilé traditionnel du 17 mars, la fête nationale irlandaise est aussi soulignée différemment un peu partout à travers le monde. Certes la Guinness coule à flot dans les pubs, mais c’est surtout en arborant la couleur de l’Île d’Émeraude que chaque pays souligne à sa manière la Saint-Patrick.

Pour l’occasion, de nombreux sites, édifices et symboles urbains ou naturels d’importance se parent de vert. En voici quelques uns :

Le Burj Al Arab à Dubaï

La Sky Tower, Auckland, Nouvelle-Zélande

La célèbre Tour de Pise en Italie

La Puerta de Alcalá, Madrid

Le très connu Empire State Building, New York

La Tour du CN, Toronto

D’autres édifices, tels que le Fernsehturn, la célèbre TV Tower, de Berlin, et les 5 Hötorget skyscrapers à Stockholm seront illuminés de vert aujourd’hui pour la première fois.

À Chicago, on ne lésine pas avec la Sainte-Patrick.  Pour l’occasion, la Chicago River est littéralement teinte en vert … Il en est de même pour des fontaines connues, notamment celle de la Maison-Blanche ou du JFK Plaza (le Love Park) à Philadelphie, ou encore pour des richesses naturelles qui sont mis de l’avant par un éclairage conséquent.

Niagara Falls, Ontario, Canada

La Chicago River, Chicago, USA

Maison Blanche, Washington, Usa

Ma préférence va indéniablement à Table Mountain qui surplombe la ville du Cap en Afrique du Sud.  Bien que la population d’origine irlandaise y soit certainement infime, l’éclairage du célèbre massif en hommage aux Irlandais est une réussite qui tient de l’art.  Tout-à-fait époustouflant !

Table Mountain, Afrique du sud
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