Frida & Diego

Pour les amoureux des arts, des grandes histoires passionnées ou simplement pour les romantiques pures laines amoureux de l’amour,  une petite escapade est de mise au Art Gallery of Ontario de Toronto dans les prochaines semaines.  Réunissant pour la première fois les toiles de deux grands génies de la peinture mexicaine, l’exposition «Frida & Diego: Passion, Politics and Painting» fort appréciée depuis quelques semaines met de l’avant tant l’oeuvre que la relation passionnée des deux icônes.

Roukie et moi y étions lors de l’ouverture de l’exposition.  Pas compliqué : j’ai adoré !

L’espace d’un instant, j’ai eu le sentiment de me retrouver dans la Maison Bleue (la fameuse Casa Azul !) que j’avais visité il y a quelques années dans le quartier Coyoacán à Mexico. J’y avais passé un moment superbe et unique à me laisser imprégner de l’univers de ces peintres dans ce qui fût durant plusieurs années leur paisible cour intérieure.

Casa Azul

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Certes, vous ne retrouverez pas l’odeur de la mangue et le bruissement environnant des quartiers mexicains, mais le dialogue et le ton qui sont rapidement posés entre le muraliste et la peintre intimiste valent amplement l’escale torontoise.

Tandis que Roukie sommeillait dans sa poussette, j’ai pu tranquillement déambuler de galerie en galerie. À même les toiles ou les photographies, belles et abondantes, il est aisé d’y ressentir toute la complicité et passion déchirante traversant les deux amants.  La très connue douleur ponctuant plus qu’à son tour la vie de Frida y est palpable, le libertinage entre les deux peintres assumé, les célèbres liaisons sont également abordées.

Un incontournable pour les amoureux de l’amour et les passionnées de la passion … Absolument à voir avant la fin du mois de janvier.

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Montréal à table : première édition

MTL à TABLE © Tourisme Montréal

Cette année, Montréal se joint à d’autres grandes villes américaines afin de célébrer son tout premier "Restaurant Week".  Initiée par Tourisme Montréal, MTL à Table se veut une occasion de célébrer et de découvrir la diversité gastronomique montréalaise.  Une centaine de restaurants participent à cette première édition en offrant pour l’occasion des tables d’hôte à prix d’ami, 19$, 29$ ou 39$. Des circuits culinaires de type 5 à 7 sont également proposés par VDM Global (on découvre un quartier, ses tables et ses habitants !) et des soupers aux chandelles seront offerts dans 6 restaurants de l’avenue Mont-Royal.

Une belle occasion de découvrir une fois de plus le talent et la créativité de nos chefs et de partager une belle tablée entre amis à des prix plus qu’abordables.

Pour la liste des restaurants participants, des prix et des disponibilités, c’est par ici.

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Montée de lait sur la snobitude voyageuse

J’ai le grand défaut de refouler …

Longuement.  Trop longuement.  Ça forge en partie mon caractère de feu, explosif à ses heures et qui déconcerte ceux qui ne croit qu’en l’image timide et posée que je projette parfois. Ainsi, je réagis bien souvent après coup, au grand désarroi de ceux qui m’entourent.

Cette fois-ci, j’aurais franchement dû exploser sur le coup.  D’accord, en canalisant efficacement ma colère (il faut bien que mes trop nombreuses lectures de psycho-pop servent), mais en émettant sur-le-champ mon point de vue.  Mais me voilà, quelques semaines s’étant écoulées, ruminant toujours cette phrase, ce commentaire émis par une personne alors que j’étais non loin …

-  Tsé, moi, je voyage vraiment avec mon enfant. C’est pas des petites vacances ou des p’tits séjours de trois-quatre semaines là… On va à … , etc …

C’est pas compliqué,  j’exècre par-dessus tout trois choses dans la vie :  l’arrogance, le mépris et la manipulation… Et ce que je souhaite par-dessus tout : toucher les gens qui m’entourent avec mes mots et déconstruire les mythes qui trop souvent freinent.  Certainement pas d’en construire. En me taisant, j’ai l’amère impression de m’être faite complice d’une espèce de snobitude qui tend à se répandre et tourne de plus en plus dans le fait de voyager.

Sincèrement, je crois qu’il y a autant de manière de voyager que de manière d’être. J’en épouse souvent différentes formes, apprenant à me confronter et à remettre en question mes propres jugements.  Par exemple, j’ai moi aussi jadis juré que par mon backpack, jugé les voyages d’affaires, la valise à roulette et les tout-inclus. Après avoir flirté avec ceux-ci, j’y vois maintenant une vaste panoplie d’avantages. M’y confrontant, j’ai compris qu’il y avait tant de manière d’appréhender l’ailleurs et d’aller à sa rencontre. Qu’il n’y a certes pas une manière de voyager qui est "mieux", mais bien une qui nous est propre, qui nous convient mieux à un moment donné.

C’est le fait de mettre une majuscule, un grand "V" au verbe "voyager" qui m’exècre : d’abord cela sous-entend une manière, lire ici une bonne manière ; suggère des destinations propres, tendances, in, peu importe, mais des destinations qui cautionneraient le sens du "vrai" voyage, des destinations mieux que les autres ; finalement un temps, une durée qui légitimerait en quelque sorte la notion même de voyage…

Certes, les figures du grand voyageur, de l’explorateur et de l’aventurier existent et ont toujours existé.  Au-delà de la manière d’être, plusieurs en font leurs carrières et des nuances s’imposent parfois question terminologie.  Néanmoins, cessons donc de tenter d’enfermer le voyage dans une définition à la vision limitée.  Définition qui tristement relève parfois de la condescendance…

Il me semble que les jugements de voyageurs n’ont pas de place là où la nature même du voyageur se doit d’être ouvert à l’autre, à la rencontre, à la différence et surtout à la pluralité …

***

Vrac de pensées liées à ma montée de lait du moment :

- Lorsque je vois le pétillement ardent et ébahi dans les prunelles des jeunes que j’accompagne sur la route, je vois bien qu’il ne s’agit pas pour eux de "vacances".  Pour certains, ce sont les premiers balbutiements de la découverte de l’ailleurs.  Et quand ils entrevoient au loin le Washington Monument, le One Liberty Place, le skyline new-yorkais, la CN Tour ou encore qu’on traverse l’impressionnant pont Leonard P. Zakim Bunker Hill avant de pénétrer dans la ville de Boston, croyez-moi, le regard de ces jeunes-là dit tout ! Et, à ce moment précis, et pour 3 ou 4 jours, ils voyagent vraiment !

- (Re)plogue du moment : voilà sans doute pourquoi j’aime tant l’approche des Aventuriers Voyageurs et de leurs films souvent réalisés par des personnes pour la première fois.  Ainsi, ils tendent à rendre le fait de réaliser des films sur les voyages accessible et à rendre le tout plus près du possible que du simple fait de rester là, à rêver passivement de ce qui nous apparaît inatteignable. Revêtir de possible plutôt que de contribuer à rendre hors d’atteinte ;-) J’aime !

Leonard P. Zakim Bunker Hill Memorial Bridge…
Créons donc des ponts entre les visions plutôt que de les cloisonner …

- Mise à jour : Je viens tout juste de réaliser que j’ai lu un billet récemment qui allait en ce sens.  Je viens de le relire et me dois de le citer car il m’a sans doute inspiré inconsciemment mon titre ;-) … Merci M-J ! : Assumons notre "touristitude"

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Ici et là…

Tandis que de nouveaux projets germent tranquillement en moi et que je me fais ici plus discrète, je ne chôme pourtant pas.  J’écris ça et là, collabore avec Moi, mes souliers, le portail des Globe-trotteurs, réalise quelques piges dans le domaine du tourisme, tout en prenant plaisir à renouer avec la culture artistique montréalaise, tant littéraire que musicale. Je renoue aussi avec de grands comme de méconnus auteurs mexicains, nicaraguayens et autres, flirte avec une panoplie d’écrivains et explorateurs, me faisant ainsi bien plus voyageuse littéraire qu’écrivain voyageur… C’est bon !

Mes longues absences de ce blogue s’explique aussi par le fait que j’ai eu la folle idée de retourner sur les bancs universitaires afin d’aller plancher sur des cours en guise de préparer la rédaction de mon mémoire.  Le sujet ? Toujours imprécis et à l’état embryonnaire, mais consacré certainement à un écrivain voyageur méconnu (ben quin !)

Je ne vous cacherai pas la difficulté de renouer avec cette pensée intellectuelle et par moment bien élitiste … que voulez-vous, je m’y suis toujours drôlement sentie, artiste et communicatrice plus qu’intello.  Je me perçois plutôt comme une baroudeuse qui aime le  lyrisme et qui appréhende l’univers qui l’entoure de manière poétique et sensible.  Le poétique et le sensible ont certes une petite place dans les études supérieures… mais en autant que tout soit "pensé", "scientifisé" pour paraphraser un professeur… ouais, ouch.. je sais ;-(  M’enfin, je vais tenter de garder le cap sur mon projet sans trop me perdre dans ses méandres bien tordus de la pensée par moment… A ver !

Je m’amuse donc et joue un brin à la touriste chez moi avant de retourner au printemps sur la route aux États-Unis et en Europe.  Cette année en tant que guide, j’ajouterai Chicago à mon arc ;-).  Finalement, je tente de créer en conciliant mon rôle de maman à temps plein avec une petite exploratrice que j’ai bien hâte de ramener à nouveau avec moi dans mes bagages.  Pour pallier à l’envie d’ailleurs on compense par de petites escapades.  Je prépare d’ailleurs aussi une petite conférence sous la thématique du voyage avec les enfants qui sera présentée en novembre  par les Aventuriers Voyageurs. Sans prétention, elle se veut le fruit de réfléxions et d’expériences pour donner l’envie d’oser…

C’est donc la raison pour laquelle vous me retrouverez d’autant plus ici.  Contradictoire hein dans ce flot de projets qui cumule ? La raison est simple : cet exutoire est absolument nécessaire à la conservation de mon équilibre mental !

Finalement, je vous suggère fortement un livre pour votre plaisir ou à offrir cet hiver dans vos bas de Noël : La Bible du Grand Voyageur de Lonely Planet. Co-écrit par Anick-Marie Bouchard, une jeune québécoise qui n’a pas froid aux yeux et qui gagne à être découverte.  Je n’en ferais pas tout de suite une critique ici (elles pullulent, notamment Gary Lawrence en a fait selon moi une très juste lecture), mais si j’avais eu un seul livre à lire avant quelques voyages ou entreprendre mon trip seule en camping dans les Rocheuses canadiennes, cela aurait été certainement celui-là ! Un must pour le voyage alternatif responsable et plus écolosensible, pour méditer sur le voyage au féminin et pour entrevoir la route autrement ! Pour en savoir un
peu plus sur Anick-Marie et ses milliers de kilomètres parcourus en stop au travers de la planète, découvrez son site ou cette entrevue de Marie-Julie Gagnon.

C’est donc ici et là que vous me trouverez tout en continuant de m’accoster ici parfois, venir vous confiez (pfff…) états d’âmes et petites et vitales escapades…

* Psst … désolée pour les erreurs de typo et incongruences … j’apprivoise WordPress sur mon téléphone et ce n’est vraiment pas le top ;-)

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Pour rêver d’ailleurs … à Montréal

Bon moyen de pallier à la grisaille automnale et d’aller rêver un peu (beaucoup !) de l’ailleurs : encore une fois cette année, le Salon international tourismes voyages aura lieu du 19 au 21 octobre 2012 à la place Bonaventure à Montréal.  Se présentant comme "un appel à tous les sens", le salon mettra de l’avant un volet "Saveurs du monde" où un chef de l’Académie Culinaire concoctera un menu fusion de différentes régions: Caraïbes, Asie, Afrique du Nord, etc.

Une autre nouveauté cette année, le Salon D-Clic, présenté par Lozeau, sera partie intégrante du SITV. Vous y trouverez tous les grands noms de l’industrie avec leurs toutes dernières nouveautés, au grand bonheur des photographes amateurs comme des professionnels.

Belle occasion de faire le plein d’informations pour préparer votre prochain voyage ou simplement pour vous divertir en assistant à des spectacles de danses, à des conférences sérieuses ou encore d’aventures plus cocasses…

Moi, mes souliers vous propose d’ailleurs un petit concours sur son site afin d’obtenir une réduction sur votre entrée … attention, le concours se termine demain ;-)

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Des roses, des fées et des ruelles

 

Premier été entièrement passé à Montréal depuis de nombreuses années. Et voilà, déjà septembre.

Aucune escapade pour apaiser la soif d’ailleurs.

Rien.  Niet.  Nada.

Isch … !

Un besoin ou une nécessité de m’ancrer dans cette ville où un peu malgré moi j’y ai pris racines pour plusieurs mois.  Mettre de l’avant de nouveaux projets qui me tiennent à coeur et qui ont toujours comme angle principal cette soif d’ailleurs et de l’autre. Comme une envie folâtre de tour du monde … un brin autrement.

Restons-nous toujours nomade dans le cœur malgré tout ? Oui, je le crois.  Que le désir vif d’ailleurs me rattrapera dans un détour, bien souvent alors que je ne m’y attendrai pas. Les livres et l’imaginaire ne suffisent parfois pas.  Néanmoins, comme un besoin de me poser pour reprendre mon souffle.  Parfois, le voyageur doit savoir faire le tour de lui-même pour paraphraser le Mahatma Gandhi.

*

Cet été, je n’ai pas parcouru le monde à me trouver et me perdre comme j’aime intensément. Pas même le Québec que j’aime tant.  Ni folle aventure, ni rencontre, ni découverte. Une pause.  Longue pause emplie de silences, de rosiers, de carillons d’églises, de rires d’enfants, de colimaçons et de chenilles.  De bruit des mots que j’ai eu envie de garder pour moi.  Je me suis contentée à demeurer là, à les écouter.  Sinon, à réaliser maints et maints allers-retours de ruelles… Surtout, apprivoiser celle qui est derrière mon nouveau chez moi.

Une ruelle qui m’a plût.  Immédiatement.  Peut-être un peu trop proprette, trop organisée par rapport à toutes ces autres ruelles que j’ai aimé dans leurs fouillis, avec leurs folles mauvaises herbes, leurs vêtements délavés suspendus sur les cordes sans gêne, leurs voix qui s’élèvent un peu trop fortement emplies d’incompréhensions, de certitudes ou de peine.

Peut-être que cette ruelle évoque malgré tout dans son essence même ces nombreuses balades tardives de ma vingtaine. Les ruelles montréalaises sont si belles la nuit.

Une nostalgie comme un repère.

Ainsi, la nuit, j’y cherchais le silence et la lune trop de bleue.  Le jour, je humais l’odeur des potagers, épiant négligemment ces intimités autres, coquine et fureteuse sans trop vraiment savoir quoi y chercher.

Cet été, la vie m’a aussi apporté avec cette ruelle, un grand brin de cour.  Un grand brin de cour pour poser mes pénates et y retourner comme l’animal blessé cherche un refuge. Grand brin de cour montréalais pour voir s’épanouir ma fille et jouer dans la terre.  Mais surtout, une dense et fleurie ruelle où les histoires d’amours pullulent et les contes fleurissent.  Où dansent les nains et les fées lors des nuits trop de bleue.  Une ruelle à parcourir, comme une histoire à inventer, un livre à écrire.  Inépuisable en petits bonheurs à créer pour âmes rêveuses, trop vagabondes, qui doivent, du moins pour un moment, ralentir le pas et s’arrêter.

 

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Là où tout nait et où tout s’estompe.

Il a de ces voyages, si brefs, et qui pourtant nous mènent au coeur de nous-même.  Qui s’éclipsent comme la vague qui se retire et s’estompent aussi rapidement que les mots que l’on esquisse du bout des doigts sur le sable.  En soi, sentir enfin l’impuissance comme une force et une certitude, le passé et le futur se confondre, l’inutilité de tenter d’arracher au présent les choses et les événements qui suivent leur cours.

Une vague qui nous berce sur le rythme de l’acceptation, de l’équilibre.

Pas tant qu’ils nous marquent ces voyages.  Il ne s’agit pas des grands voyages initiatiques, d’aventures, de rencontres ou de découvertes.  Simplement, ils nous ramènent à l’essentiel : notre infime petitesse devant ce mouvement de la vie qui fourmille à l’improviste au creux de soi et qui est appelée à disparaitre.  Qui surgit dans toute sa véhémence et son mystère et se retirera momentanément, sans crier gare, dans toute son inhérente vérité.

Et puis, ne nous reste plus qu’à repartir en demeurant attentif au mouvement de la vague que l’on sait désormais porter en soi.  Là où tout nait et où tout s’estompe.

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¡ Cozumel me espera !

En maya-yucathèque, son nom veut dire "terre des hirondelles"… Tiens, ça m’a rendu curieuse. Plus grande île habitée du Mexique, la plus grande étant en réalité Isla Tiburón, une réserve naturelle située dans le golf de Californie, l’île de Cozumel est réputée pour ses récifs coraliens magnifiques et ses plages de sable blanc.

Pour une habituée des périples de type backpack et pour une grande amoureuse du Mexique et de sa culture, de ses habitants et des pescadillas, je suis fortement conscience que je plonge dans autre chose.  Non que j’exècre les tout inclus, loin de là, j’en ai déjà fait quelques uns à Cuba, mais je sais que je serais loin de retrouver la chaleureuse ambiance d’une pozole, le goût de la coriandre et de la salsa verde dans tous mes plats et la possibilité d’humer les odeurs bien particulière du marché.  N’empêche, même si je suis convaincue qu’il y a bien meilleure manière de découvrir un pays, mon côté aventurier ne crache pas non plus sur la formule tout compris une fois de temps en temps … Surtout actuellement où il est possible de trouver des prix très bas ! Pour moi, il s’agit d’un très bon moyen de me contraindre à m’arrêter (en refoulant difficilement mon désir d’exploration) et de recharger ses batteries.  Disons que la maman monoparentale très active et remplie de projets en a présentement crûment de besoin.  Il faut savoir écouter son corps pour ne pas aller à contre-courant lorsque celui-ci nous parle…

Je sais néanmoins que même isolée sur cette île en grande partie touristique, j’aurais plusieurs pensées pour les horreurs qui se trament dans les provinces du Chihuahua, du Guerrero et de bien d’autres depuis quelques années. Je ne crois pas qu’actuellement je repartirai seule avec mon sac-à-dos comme je l’ai déjà fait.  Moins par manque de courage ou par envie que par conscience que l’ampleur des tueries et de la corruption nous dépasse et qu’il suffit parfois d’être à la mauvaise place au mauvais moment …

C’est donc avec pour principalement objectif de diminuer mes cernes, de faire un plein d’énergie et de NE RIEN FAIRE (marcher longuement dans le sable, méditer devant des levers de soleil, écrire 2-3 lignes dans un carnet, dévorer un livre, faire des mots croisés, trier des coquillages et me balader appareil photo à la main = NE RIEN FAIRE), que je troque mon sac contre une valise à roulettes et que je pars ce matin vers cette prometteuse île mexicaine.  Une petite semaine de pur plaisir à me faire servir et à découvrir un autre angle de la mer des caraïbes…  Et ce, sans Roukie !

Évidemment, m’entretenir aussi au passage avec elle, ma grande chum.

Mais ça, vous le saviez déjà …

Cuba 2011

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Merci Gide …

J’ai dévoré son journal.  Oui, le journal d’un intellectuel aux tendances pédérastes dont plusieurs ont aussi déploré l’égocentrisme fini. Je sais. Juré pendant longtemps que par Les Faux-monnayeurs, un roman qui a posé les assises de mon écriture et qui a fait germer des préoccupations quant aux faux-semblants, la notion de vérité, de doute, de quête de sincérité profonde. Cette crise de liberté individuelle, ou encore cette insoutenable légèreté de l’être pour paraphraser un célèbre écrivain tchèque.

J’étais une littéraire finie qui appréhendait le monde que dans les livres.  Et puis un jour, alors que je relisais les Nourritures Terrestres, je suis tombée sur cette phrase si simple.

Si simple et criante de vérité.

« Il m’est égal de lire que les sables des plages sont chauds, je veux que mes pieds nus le sentent ».

Le reste a suivi.

Quelques semaines plus tard, j’éclatais de sanglot devant son masque funèbre au Musée d’Orsay.

J’étais partie.  Seule.  Délaissant les livres pour des carnets et un sac à dos. 

Évidemment, à ma rencontre.

Et puis, la même semaine, j’appréciai avec satisfaction la portée et la puissance d’une seule et infime petite phrase en observant mes orteils s’enfoncer dans le chaud sable d’une plage espagnole.


*

De littéraire à aventurière, il n’y a parfois qu’un pas.  Le voyage n’est-il pas le prolongement de l’aventure parfois entamée dans les livres, en somme ?  Littéraire, je le suis toujours.  Autrement. 

Parce qu’avant d’être assaillie de cette soif d’humain et de rencontres, j’avais choisi d’apprivoiser le monde de par les mots … Et comme cette part de moi tend de plus en plus à rejaillir, j’ai décidé de lui offrir un lieu qu’elle pourra habiter lorsqu’elle en sentira le besoin.  Et ce, comme bon lui semble.  Un terrain de jeu plus intime de réflexions artistiques ou littéraires qui ne trouvait pas sa place ici.  Néanmoins, toujours un brin teinté de mon âme vagabonde.  C’est par ici.


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Pensées de route

Petit clin d’oeil de Washington D.C simplement pour dire que je suis toujours bien en vie, sur la route aux États-Unis, au prise à ma saison de guidage touristique… je reviens "pronto", le coeur léger, le corps éreinté et le sac à dos empli de chroniques …

Question de mieux repartir ;-) !

Le Jefferson Memorial, Washington D.C.

Note : Hormis cette belle vue sur le Jefferson Memorial, ce n’est peut-être pas le moment idéal pour ceux désireux de découvrir la capitale états-unienne pour la première fois … la ville est un véritable chantier, principalement l’immense parc du "Mall" devant le Capitole, et le Reflecting Pool est à sec.  Ça confère à la ville un ensemble véritablement pas joli, joli… Déjà vu beaucoup, beaucoup mieux …

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Éclipse printanière au Vermont

Chaque année, des milliers de Québecois quittent pour le long week-end de Pâques.  Accessibles et au climat agréable, les villes de la côte est américaine sont toujours bien en vogue lors de cette période.  Plutôt que de me perdre dans la folie new-yorkaise (qui nécessite toute une organisation en tant que guide lors de ces journées où la ville se fait assiégée) ou de humer les magnifiques magnolias et cerisiers en fleurs à Washington, j’ai choisi la douceur et privilégié la présence d’une amie à la cohue des attroupements urbains.

Éclipse momentanée à la fermette dans cette campagne que j’aime et où j’ai appris la méditation en action … Et longue virée au travers des campagnes vallonneuses, des villages charmants et des montagnes Vertes de l’État du Vermont .

Saint-Félix-de-Kingsey, Centre-du-Québec

Ferme québecoise, Saint-Félix-de-Kingsey, Centre-du-Québec

Derby, Vermont

Campagne, Vermont

Shelburne, Vermont

Middlebury, Vermont

Middlebury, Vermont

Sur la route, Vermont

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Des monuments se drapent de vert pour la Saint-Patrick

Alors qu’à Montréal, New York, Londres, Dublin et dans des dizaines d’autres villes, des centaines de milliers de personnes s’assemblent afin d’assister au défilé traditionnel du 17 mars, la fête nationale irlandaise est aussi soulignée différemment un peu partout à travers le monde. Certes la Guinness coule à flot dans les pubs, mais c’est surtout en arborant la couleur de l’Île d’Émeraude que chaque pays souligne à sa manière la Saint-Patrick.

Pour l’occasion, de nombreux sites, édifices et symboles urbains ou naturels d’importance se parent de vert. En voici quelques uns :

Le Burj Al Arab à Dubaï

La Sky Tower, Auckland, Nouvelle-Zélande

La célèbre Tour de Pise en Italie

La Puerta de Alcalá, Madrid

Le très connu Empire State Building, New York

La Tour du CN, Toronto

D’autres édifices, tels que le Fernsehturn, la célèbre TV Tower, de Berlin, et les 5 Hötorget skyscrapers à Stockholm seront illuminés de vert aujourd’hui pour la première fois.

À Chicago, on ne lésine pas avec la Sainte-Patrick.  Pour l’occasion, la Chicago River est littéralement teinte en vert … Il en est de même pour des fontaines connues, notamment celle de la Maison-Blanche ou du JFK Plaza (le Love Park) à Philadelphie, ou encore pour des richesses naturelles qui sont mis de l’avant par un éclairage conséquent.

Niagara Falls, Ontario, Canada

La Chicago River, Chicago, USA

Maison Blanche, Washington, Usa

Ma préférence va indéniablement à Table Mountain qui surplombe la ville du Cap en Afrique du Sud.  Bien que la population d’origine irlandaise y soit certainement infime, l’éclairage du célèbre massif en hommage aux Irlandais est une réussite qui tient de l’art.  Tout-à-fait époustouflant !

Table Mountain, Afrique du sud
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Des villes sous la pluie …

Il y a un moment que je ne vous ai pas entretenu d’un coup de coeur pour un photographe.

Cette semaine aux matins plutôt moroses, j’avais furieusement envie de me balader à Paris.  Et de fil en aiguille, j’ai pu satisfaire un brin mon désir (du moins, l’atténuer) en plongeant dans une superbe série du photographe français Christophe Jacrot, Paris sous la pluie.

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© Christophe Jacrot

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© Christophe Jacrot

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© Christophe Jacrot

© Christophe Jacrot

Son exploration du climat, il parle même de sublimation, est superbe et originale.  On sent au travers de ces clichés toute la texture, le grain et les subtilités de la lumière.  Romanesque, il utilise une approche picturale et émotionnelle.  Il sillonne présentement le monde à la recherche d’expériences placées sous le signe des intempéries : neige, pluie, mauvais temps … Un photographe de l’éphémère à découvrir.

Paris sous la pluie, © Christophe Jacrot

Hong-Kong in the rain, © Christophe Jacrot

Hong-Kong in the rain, © Christophe Jacrot

Pour voir la température autrement, l’univers de Christophe Jacrot.

Aparté | Publié le par | Tagué , , , , | 6 Commentaires

Tandis que je cuvais mon vin … dichotomie et projets

J’en ai déjà parlé, je doute beaucoup (quoique de mieux en mieux, mais ça c’est une autre histoire).  Je jongle, soupèse, me questionne, fais un petit pas, recule, hop, un 180 degrés, autre petit pas, puis un coup de tête… bref ma vie est plus qu’à son tour ponctuée de bien de ces 180 degrés.  J’ai d’ailleurs longuement parlé du pouvoir du doute dans mon premier billet

Ainsi, j’hésitais récemment à donner un tout autre angle à ce blogue… surtout lorsque je fais de petites pauses.  La passion de l’ailleurs demeure, c’est le corps pour le moment qui suit un peu moins. J’hiverne et je tente de me refaire des énergies pour affronter une autre saison de guidage sur la route.  Beaucoup plus légère.  Et mettre en place d’autres projets. J’ai néanmoins de plus en plus conscience comment le corps a ses limites.  Avec une jeune chipie, ces éventuelles réserves d’énergie demeureront du domaine de l’utopie, je le crois bien ;-)

J’ai toujours tout autant envie d’alimenter Como la espuma, mais j’ai en quelque sorte peur que mes rêveries d’intellectuelle romantique finie et désillusionnée n’y trouvent pas réellement leur place et viennent alourdir le tout. Alors que je ne devrais peut-être pas, j’ai décidé d’assumer cette dichotomie (la spontanée admirative et passionnée est toujours là en moi!) et de trouver un lieu autre pour exprimer mes préoccupations plus intimes et personnelles d’une "écrivaine voyageuse" ou du moins d’une littéraire malgré moi.  Un endroit où je puisse épancher mes grands mots d’universitaire (et en rire !) sans venir faire chier personne… Où j’aurais tout autant la liberté de faire ressortir cette part de moi plus réfléchie et profonde (oui, oui, c’est de l’ordre du possible) que de me faire tour à tour taquine et snob des mots, critique chiante, admirative ou frustrée, nombriliste incomprise, etc..

Le projet est toujours à l’état embryonnaire.  Mais si je prends la peine d’en parler rapidement ici, c’est sans doute parce que les tous premiers voyages, on les réalise bien souvent, d’abord et avant tout, dans les livres …

*

Malgré l’hivernation qui se perpétue (c’est presque fini !!), je me suis tout de même balader un brin dernièrement … un passage rapide dans deux vignobles de la vallée de Niagara m’a convaincu ! J’ai bien envie d’y trimballer mes pénates et ma fille cet été !  Me manque toujours le vélo, le siège d’enfant et la manière idéale de transporter nos bagages.  D’ici là, j’ai le temps de me creuser la tête sur le comment, mais des conseils seront plus qu’appréciés … J’en trouverai certainement également dans la superbe revue de plein air Espaces avec laquelle j’ai la joie de collaborer ;-) !

Vignoble Peller Estates, Niagara-on-the-Lake, février 2012.

Imaginez comment ça doit être beau lorsque le temps dégrise !?!?

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Cristallisation

Cristallisation et solitude

Quelque part au Québec aujourd’hui …

 

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Un brin de moi vers vous …

Je déserte quelque peu l’univers de la blogosphère depuis quelques semaines … M’en voulez-vous ?

Ça vous arrive par moment ce besoin, profond le besoin, presque viscéral, de couper pour un moment les ponts avec les gens autour de vous ? Se nourrir que de soi ? Une soif de soi-même comme une urgence ?

Bien qu’en général de tempérament assez sociable, j’ai toujours eu en moi cette propension farouche et sauvage qui est là, tapie quelque part, et qui peut ressurgir à tout moment sans que je ne m’en aperçoive.  Plus je tente de la refouler au loin, plus elle devient criarde.

J’aime me plaire à croire que nous sommes tous un peu ainsi.  Qu’un moment, une parole précise, une lassitude grandissante, un sentiment de tourner en rond ou encore une impression de trop-plein se présente subrepticement et puis, soudain, tout se met à dérailler autrement.  Isolement, fatigue, colères exacerbées, désir de nature et d’espaces ouverts, verts de préférence, se pointent le bout du nez et se présentent en urgence, clamant leur absolue nécessité…

Ces symptômes féroces et épisodiques me traquent bien plus souvent qu’à mon tour.   Et soudain je me réveille, au pied du mur, essouflée, vide et esseulée, ou encore pleine et envahie, cherchant tant bien que mal une tanière pour penser mes plaies et mes émotions fourbues.

La "dynamique de l’éponge", c’est assez commun comme explication.  Quelques jours de solitude (ou d’isolement, c’est selon) où je frôle alors la crainte de m’être choisie, la culpabilité de ne plus y être, la peur qu’on se lasse de moi et de mon besoin implacable auquel je ne peux plus me soustraire.  Par moment, j’aimerais bien être une passoire… ou un filtre.  Du moins, assez forte pour tout laisser glisser, ne rien retenir et surtout ne pas m’y enliser.

Encore aujourd’hui, cette soif de moi-même se présente avec avidité.  Et je ne sais plus trop qui de la sauvage, de l’hypersensible, de l’enfant blessée ou de la femme esseulée clame ainsi d’être écoutée…

*

Je sais que mon amour profond pour le voyage et l’ailleurs va exactement en ce sens : bien avant de tendre vers l’autre, il est en quelque sorte profondément égoïste. Il répond d’abord autant à un désir de fuite qu’à un besoin de se retrouver, seule au monde et à la fois absolument entière dans le regard de l’autre. Pour moi, je l’ai appris un peu par hasard, c’est bien souvent dans le regard d’un inconnu qu’il m’est possible d’entreprendre ce voyage intérieur et solitaire. S’y dévoiler.  Et s’y confondre.  Car le regard de l’inconnu est sans attente.  Et c’est en dehors de toute attente qu’il est possible de retrouver son pas, créer sa propre cadence, tracer sa route.  Définir et redéfinir une quête qui nous est propre.

C’est drôle, ce besoin d’aller vers moi qui tend de plus en plus vers vous …

Vous, des inconnus, pour la plupart.

 

 

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Droit au coeur

À l’instar de plusieurs, je suis encore profondément bouleversée du témoignage de Isabelle Gaston lors de son passage à TLMEP hier soir. Sa capacité de résilience et l’ampleur de son courage pour regarder la douleur en face sont sans égal et me laisse absolument sans mots.

Devant mon impuissance, je n’ai su qu’aller signer sa pétition … Je vous invite à en faire autant.

Note : Je n’ai ni envie de lancer ici un débat, ni envie de commenter, ça m’ébranle trop.  Ça se fait en abondance ailleurs. Simplement témoigner que je porte à cette femme toute ma considération admirative.
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Where’s Wallace ou le ruban rose ?

Je l’ai découvert un peu par hasard cette semaine. Sa vidéo est d’emblée sympathique. Elle ne tire pas dans le pathos larmoyant et on n’y sort pas les violons.  Sa cause est noble.  Il marche à travers le Royaume-Uni afin d’amasser des fonds pour la recherche pour le cancer.

J’ai aussi adoré les deux petites phrases introductives de son site.  C’est si simple.  Mais ça dit tout. Ça donne le ton.  En fait, ça donne le pas …

On my 30th birthday I quit my job, packed up all of my posessions into storage, handed the keys back for my flat, and walked away from the life I had.

And I’m still walking now.

*

Durant la journée, je me questionnais quant à ces associations "cause-voyage".  Je ne doute pas de la sincérité de la démarche de Wallace, aucunement.  On voit bien qu’il voyage bien plus que modestement avec l’aide des locaux.  Il met aussi bien de l’avant comment son parcours est ponctué d’arrêts dans les 16 centres de recherche sur le cancer du Royaume-Uni.  Je réaliserai moi-même un voyage au Pérou avec pour objectif préliminaire d’amasser un montant considérable pour la Société des enfants handicapés du Québec. Tant qu’à réaliser un voyage pourquoi ne pas le transformer en projet à vertu humanitaire et y donner sens ? C’est d’autant plus motivant !

Néanmoins, je m’interrogeais sur ce fait bien simple :  la frontière entre la démarche qui tient du coeur et celle d’une autopromotion de son ego ou de son entreprise est tristement par moment bien mince.  Et à peine dissimulée parfois…

Drôle de coïncidence, une amie m’envoya un lien en soirée. Un article avec la bande-annonce du nouveau film de Léa Pool, L’industrie du ruban rose. On y dénonce les abus du marketing social des grandes entreprises entourant l’usage de ce ruban qu’on attribue mondialement à l’effigie du cancer du sein…  Il faut absolument visionner cette bande-annonce sur le site de l’ONF.

Ensuite on se dit que c’est bien beau de marcher.  Mais encore faut-il savoir pour qui l’on marche …

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Pour aider Wallace dans son projet, Where’s Wallace

L’industrie du ruban rose, réalisé par Léa Pool, dès le 3 février.

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La fois où je n’ai pas dormi dans un igloo …

J’ai flanché.

Seulement trente minutes de marche dans la neige et je savais déjà que j’allais flancher.  Le vent glacial provenant du fleuve et la neige poudreuse m’avais exténuée.  Il faut dire que je souffre d’insomnie qui écourte considérablement mes nuits, mais n’empêche.  Il était seulement cinq heures, j’étais sur la majestueuse île d’Orléans et j’aurais dormi comme un bébé bien au chaud…

Pourtant, il y a cinq années, je n’avais pas hésité à passer près d’un mois dans les Rocheuses canadiennes, seule sous la tente à dormir en compagnie des ours, des coyotes et des grizzlis.  Néanmoins, outre le froid, l’igloo a ceci de différent dont il est difficile de faire abstraction :  le poids de la neige est certainement bien loin de celui d’une tente dans la possibilité où l’habitation s’effondrerait sur soi …

Étais-ce vraiment le froid ? Un sentiment de claustrophobie naissant ? Je ne sais plus.

Le matin, j’avais téléphoné à l’auberge afin de m’assurer qu’il y avait une chambre disponible au cas où.  Je sortais tout juste d’une vilaine grippe.  Et j’hésitais.

Puis lorsque je les ai vus, petits monticules de neige se confondant presque avec l’ensemble du paysage, j’ai compris que c’était loin d’être l’Hôtel de glace. Que les effets de lumière magnifiques (et surréalistes….) à même la glace qu’on voit dans les magazines y seraient absents.  Que ça s’approchait beaucoup plus de la réalité d’Agaguk que de celle du maire de Québec ou du Parc Jean-Drapeau … Finalement, qu’il y ferait noir.  Très noir.

Au souper, je me suis retrouvée attablé en compagnie de Marianne, Cécile et Vincent, trois Français fort sympathiques.  Cécile et Vincent m’ont raconté qu’ils venaient de perdre leur belle bête, un magnifique voilier dans lequel ils comptaient passer l’hiver dans les Caraïbes, quelques semaines plus tôt en Jamaïque.  Ils se sont fait avoir par les pluies tropicales. Sans mauvais jeu de mots, leur projet était pour ainsi dire à l’eau … Les aventures caraïbéennes des Grenoblois ont inévitablement pris un tout autre angle.

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- Alors on s’est dit pourquoi pas rappliquer au Québec et passer la nuit dans un igloo?, m’a lancé Vincent d’un ton qui tenait de la raillerie.

On pouvait tout de même y sentir une pointe d’amertume. Mais sagement, il remarqua qu’il était inutile de perdre ses énergies à fulminer contre la marina qui n’avait pas pris ses responsabilités et qui avait contribué à la perte du Hunter.

Je me suis rappelé que la vie était franchement drôlement faite et que notre force résidait certainement dans notre capacité d’adaptation aux imprévus. Arrêter de se prendre la tête et prendre un tout autre chemin parfois. Pour eux, il les avait mené cette année de la mer des Caraïbes à cet igloo.

Le soir-là, j’ai dormi bien au chaud dans une petite chambre tandis que je me demandais à quel moment de la nuit la triade allait rappliquer dans le dortoir de l’auberge.

Je les ai retrouvé le lendemain au petit déjeuner. Ils étaient frigorifiés, mais ils avaient passé la nuit complète dans leur igloo.  Cécile avait un peu mal à la gorge, Marianne n’avait presque pas dormi et Vincent avait le dos entier complètement transi.  Le temps ressenti cette nuit là était de plus de -25 degrés.

Chapeau bas !

C’est une très belle leçon de tenacité et de courage que m’ont donné ces trois, ou presque, sexagénaires ce matin-là… ;-)

**

Je me suis promis d’y retourner.  Chaudement emmitouflé.  Auprès d’un Agaguk serait encore mieux …

Et parce que l’île d’Orléans, en toute saison, c’est magnifique …

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Peru te espera et les Aventuriers Voyageurs

J’ai bravé le vent glacial mercredi soir (et refoulé mon envie de cocooning hivernal auprès du feu  -quoique mon appartement est absolument dénué de foyer, peu importe, l’image était belle ;-)) afin de satisfaire ma curiosité et ma soif d’ailleurs, d’humains et d’images.

Malgré la froideur, il avait foule au Cinéma Beaubien pour la diffusion du documentaire Peru, te espera.  Près de trente minutes avant la représentation, une centaine de curieux faisait déjà la queue dans l’attente de visionner le résultat de ce projet social.  Question de nous faire goûter un brin au pays en patientant, on nous servait une lampée d’Inca Kola afin d’étancher notre soif et d’apprécier cette populaire boisson nationale péruvienne.

C’est après être revenu d’un premier voyage humanitaire au Pérou, et constatant qu’ils demeuraient toujours sur leur faim, que Yoann et Samuel ont décidé de lancer un projet d’échange culturel à l’étranger où ils pourraient enfin poser une action concrète.  Huacho, un petit village andin, fût leur point de mire : avec son manque de matériel académique flagrant, les deux complices en quête d’apprentissage et de sens ont vu en Huacho l’endroit idéal où poser leurs pénates afin de mettre la main à la pâte.

C’est donc accompagnés d’étudiants en éducation à l’enfance, et emportant plus de 2000 livres achetés dans la capitale, que le groupe réalisera durant deux semaines la mise en place d’une bibliothèque pour répondre au grand besoin des élèves et de l’école.

C’est avec finesse et humour que les deux jeunes hommes mettent en scène les particularités propre à la différence culturelle et aux rencontres   : des malaises parfois bien palpables qu’on vécu les jeunes devant les danses traditionnelles exécutées à 10h le matin au dégoût devant le tranchage de gorge d’un poulet, on immerge en leur compagnie dans le quotidien des péruviens. Un trek bien particulier nous permet également de découvrir les ossements sacrés des ancêtres de la communauté qui, afin de contrer les problèmes de surpopulation et de manque de nourriture, étaient devenus cannibales…

C’est avec regret que je n’ai pu assister qu’à la première partie de ce sensible documentaire.  Mais il y avait déjà là beaucoup à méditer.  Notamment quant à l’accessibilité des missions et des projets qui font la différence lorsqu’on prend le temps de les initier et de les mettre bien en place.   Avec un montage et une réalisation qui tient du coeur, de l’humour et de la sincérité, plutôt que dans une tentative de faire le "grand" film qui renverse,  auquel s’ajoutent quelques petites embûches à la caméra lors du tournage, le documentaire nous rapproche d’autant plus de l’expérience possible que du rêve.  On leur pardonne ainsi aisément ces petites imperfections qui rendent le tout d’autant plus humain et qui mettent de l’avant, à l’instar des ciné-conférences des Aventuriers Voyageurs, toute l’accessibilité du rêve et des projets à l’étranger.

Ne suffit plus que de les initier.  Et d’entamer les premiers pas …

Peru te espera, 15 mars, 11-18-19 avril

Programmation des Aventuriers Voyageurs

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