Escapade de filles dans les Laurentides

Par moment, j’ai le préjugé facile.  Comme tous et chacun j’imagine. Mais je me parle. Et sais m’exposer à la différence. En fait, j’adore ça, me confronter… J’ai parfois donc le préjugé facile, mais consciente que ça se soigne, que c’est aisé à faire bifurquer et que le jugement se fait malheureusement le porte étendard d’un ego qui croit savoir ce qui est « mieux » … Tssiit, tssitt ! À travailler…

Depuis des années, je snobais le Mont-Tremblant, le regardais sans doute un peu trop de haut, lui et ses installations, dont j’étais avant tout inconsciente de la diversité et de la pluralité de l’offre. Le parc National de Tremblant oui, mais le Mont, vraiment ?  Peut-être était-ce une question d’argent. On ne se le cachera pas, un weekend à la station est réputé pour être relativement cher. Ou simplement une question de méconnaissance. Un peu comme ces hôtels cinq étoiles et ces tout-compris que je snobais dans mes jeunes années de backpacker avant d’apprendre à en apprécier les avantages.  Et surtout, avant d’apprendre qu’il y a de tout pour tous et chacun, du touriste à l’aventurier, et que c’est très bien comme ça ! (Voir ma montée de lait sur la snobitude voyageuse). J’étais donc tout de même curieuse quant au Mont et l’occasion d’amalgamer road trip de copines jouant les filles de bois et de lacs en combinant diverses activités s’est présentée.

J’étais épuisé. Littéralement. Le mot fatigue je l’entends un peu trop sortir de ma bouche, le vois chaque matin dans les cernes qui s’allongent, dans cette énergie que je cherche de plus en plus, moi qui la croyais sans fond. Un beau gros projet de recherche et d’écriture, un guide, plusieurs contrats et des voyages à Philadelphie, Washington, Virginie et une nuitée en Outaouais ont occupé mon dernier mois intensément. Alors, j’ai chargé mollement la voiture après trop de courtes nuits ce printemps… Mais au matin, j’ai emballé la petite, me suis installée derrière le volant et puis voilà, j’étais profondément bien. Heureuse. Littéralement. J’avais balancé dans ma zone de confort, derrière le volant de mon jeep.  Là où je pourrais me nourrir infiniment de paysages qui défilent, roulant seule dans le silence durant des jours sans m’ennuyer. Cette fois, en intense, folle et très belle compagnie, avec Marie-Julie et nos filles. Beau duo explosif de filles intenses qui aiment mordre dans la vie.

Tandis que celle dont l’avatar représentatif est Technomade s’efforce à sortir de sa zone de confort et affronter sa peur des ours et son hantise des moustiques, (voir son billet sur Taxi-Brousse; tellement à son honneur!) pour moi revêtir mon vieux bandana, rouler des kilomètres dans ma voiture bordélique, jouer dans la terre et dans le feu, c’est comme y plonger. Cela me ramène illico à ma nature un peu sauvage qui se fout un brin d’avoir les cheveux sales et de prendre des douches froides. Depuis toujours, je suis assez bohème sur la route, dors pas mal partout, dans diverses conditions et les moustiques la plupart du temps m’ignorent (ou j’ai appris à les ignore, je ne sais trop..)

Ainsi donc, une première virée au Mont Tremblant à y essayer tout un éventail d’activités avant de dormir dans les bois. Évidemment, les télécabines panoramiques, pour contempler la vue du haut de la montagne. Mais aussi pour sentir mes mains moites et mes jambes devenir molles en entendant le sifflement qu’émet le roulement de la poulie du nouveau Ziptrek. Un parcours de 5 tyroliennes qui semble offrir des vues époustouflantes sur les Laurentides.  À essayer … une autre fois, quand j’aurais amassé suffisamment de courage, mais peut-être bien cet été ! Le parcours étant offert accompagné d’un guide pour les jeunes dès 7 ans, je devrais sans doute arriver à surmonter ma peur. N’empêche, c’est haut !

(©Tremblant.  Intense hein !?! Ça vous donne envie d’essayer ? )

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Télécabine panoramique, Mont Tremblant

@Marie-Julie Gagnon

@Marie-Julie Gagnon

Pour le moment, me contenter de la luge, une glissade sèche, m’allait à merveille et entendre les grands éclats de rire de ma fille de 4 ans qui me sommait d’aller plus vite a grandement contribué à mon bonheur. J’en aurais fait encore ! L’eurobungy, une version plus douce que le bungee, une activité où l’on saute sur une trampoline et défie la gravité grâce à un harnais et un système d’élastique, nous a valu de grands rires. Destiné avant tout aux enfants,  il est aussi accessible aux grands de 160 livres et moins ;-)

Filles dans l'action !

Filles dans l’action !

Eurobungy, Mont Tremblant

Eurobungy, Mont Tremblant

Eurobungy, Mont Tremblant

Eurobungy, Mont Tremblant

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Qui a dit que ce n’était que pour les enfants ?!?

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Délire d’après-Luge ©Marie-Julie Gagnon

Une panoplie d’activités est donc proposée tels qu’un mur d’escalade, un aquaclub au centre La Source avec piscines, corde à Tarzan, jeux d’eaux et bains tourbillons, un mini-golf et une plage. J’ai été agréablement surprise de la variété de l’offre et de l’ambiance du village et de ses restaurants. Nous sommes également aller pique-niquer auprès d’un paisible lac, le Lac Miroir, niché au pied du village et idéal pour s’éloigner de la foule. Certes, une journée ne s’avère pas toujours ce qu’il y a le plus abordable si l’on calcule le prix des activités séparément. N’empêche, Tremblant propose une formule de combinaison sur des carnets d’activités qui me semble une option honnête, et qui est encore plus avantageuse lorsque l’on se procure les carnets à l’avance sur internet.

Première journée qui s’est conclue par une nuitée au tout nouveau Refuges Perchés à Saint-Faustin du Lac-Carré. Ces toutes nouvelles cabanes perchées ou nichées auprès des arbres sont entièrement équipées et conçues pour être utilisables 4 saisons. On y trouve un poêle à bois, tout le nécessaire pour la cuisine, réchaud à gaz, matelas et oreillers. L’emplacement et le lac sont magnifiques et paisibles, pas l’ombre d’un chalet ou de gros bateaux à moteur à l’horizon.

Bon à savoir tout de même : Les Refuges Perchés sont situés dans le Centre touristique et éducatif des Laurentides situé à 50 minutes du Mont-Tremblant (et non à Tremblant en tant que tel) donc à 1h30 de Montréal. Il faut de plus ajouter au coût de votre séjour les frais d’accès du CTEL (17$ par jour pour une famille). Un chariot est émis à votre disposition afin d’apporter vos effets, arrivez donc préparé et léger ! Un sentier étant trop boueux pour se rendre à notre refuge, nos bagages ce sont donc rendus en canoë tandis que nous avons emprunté les sentiers pédestres jusqu’à notre hébergement pour la nuit. Une super belle expérience, qui s’avérerait davantage profitable pour au minimum de deux nuitées quant à moi et pour profiter pleinement des attraits naturels et de la forêt environnante.

Chariot mis à disposition pour emporter nos bagages ©Marie-Julie Gagnon

Notre refuge, Refuges Perchés

Notre refuge, Refuges Perchés

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Ricochets sur le lac Cordon

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Balade dans les sentiers, Refuges Perchés

Lac Cordon, Saint-Faustin-Lac-Carré

Le magnifique lac Cordon, Saint-Faustin-Lac-Carré

Petite escapade le lendemain à l’entrée du Parc National de Tremblant (si vaste ce parc !) où j’étais déjà allée quelques fois seule et avec ma fille camper dans le secteur de la Diable. Nous avons donc essayer les fameuses tentes Huttopia qu’offre la Sépaq dans divers parc nationaux au Québec. J’ai beau adoré jouer à la fille des bois, je ne snoberai jamais plus le prêt-à-camper à l’occasion ! D’abord, on ne se le cachera pas, des roadtrip de camping à travers la belle province ça devient par moment éreintant, surtout quand on change régulièrement d’emplacement. J’en effectue à chaque année seule avec ma fille depuis ses 6 mois et je continue d’adorer ça ! Néanmoins, monter et démonter la tente seule, organiser la logistique de la nourriture, les déplacements, les randos et excursions, fatiguent…. alors je trouve la formule glamping plutôt commode par moment, lorsqu’on à seulement envie d’un feu, de l’odeur de la forêt et d’un bon verre de vin tranquillo !

Tente Huttopia, Lac Chat, secteur la Diable, Parc National Tremblant

Tente Huttopia, Lac Chat, secteur la Diable, Parc National Tremblant

©Sépaq

©Sépaq

Montée sur une plateforme de bois, la tente Huttopia comporte des divisions internes (deux chambres), une cuisinette (avec mini réfrigérateur) et une salle à manger. Entièrement équipée, elle a tout ce qu’il faut pour passer plusieurs nuits en pleine nature. Ne manque que votre sac de couchage et votre nourriture. Formule idéale, notamment pour les touristes en vacances ou encore pour ceux plus frileux qui veulent se tremper dans l’univers du camping en nature sans avoir à s’équiper et en bénéficiant d’un certain confort, la tente Huttopia se retrouve maintenant à travers de 24 parcs nationaux au Québec. J’avais également essayé cette formule l’année dernière au Parc National d’Oka  qui s’était avérée gagnante après une journée à la plage !

Lac Chat

Lac Chat

Roukie, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant

Roukie, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant

Je campe depuis des années dans divers parcs et pays, dans une tente ou à la belle étoile (et je ne cesse d’adorer ça !), mais plus je vieillis, plus je trouve qu’une expérience de glamping constitue un excellent moyen de rapprocher de la nature quelqu’un désireux de ne pas trop se préparer question matériel ou de rendre une expérience familiale un peu plus aisée. C’est aussi idéal pour les touristes qui veulent s’immerger dans la nature québécoise et vivre un trip de guimauves sans avoir à s’équiper entièrement. De plus, il ne faut pas oublier qu’une journée de camping entièrement sous la pluie peut être assez démoralisant et qu’en cela, la tente Huttopia peut constituer un avantage avec sa salle-à-manger à l’abri de la pluie (et des moustiques ;-))

Observation de la faune tout juste à côté de notre tente Huttopia.

Observation de la faune tout juste à côté de notre tente Huttopia.

Randonnée en kayak 2013, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant.

Randonnée en kayak 2013, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant.

Finalement, ce qu’il y a de beau dans l’humain, c’est sans aucun doute de voir sa perception et son regard changer, se transformer et s’ouvrir à la différence. D’aller puiser dans l’expérience ce qui le nourrit et d’en garder à l’esprit ce qu’il y a de plus beau. Je reviens de cette petite virée dans les Laurentides avec à l’esprit un beau trip de mamans-filles qui n’ont pas peur de mêler les expériences et d’aller y puiser plaisir et amusement.

Avec à l’esprit, l’écho pétillant de francs éclats de rire de deux fillettes en quête de découverte et d’épanouissement …

Deux ? Peut-être bien quatre finalement …

** Mes propos et impressions sont entièrement miennes et ne sont en rien altérés de par certaines invitations.

** Merci à Marie-Julie Gagnon pour la belle et pétillante énergie et complicité ! On remet ça pronto !? ;)

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Une nuitée au parc Oméga : un tuyau originial pour l’été au Québec !


IMG_4384J’ai eu la chance de vivre le mois dernier une superbe nuitée avec Roukie en plein coeur de la forêt auprès des loups et des ours noirs. D’emblée, quelle fabuleuse expérience, nous sommes revenues l’une et l’autre ravies du Parc Oméga en Outaouais !

La nuitée est une nouvelle offre qui complète réellement bien une journée de visite de ce parc qui gagnerait tellement à être davantage découvert. Le parc Oméga est un parc animalier à Montebello qui met en lumière la faune québécoise dans son environnement. Les animaux sauvages y vivent en liberté et y évoluent au fil des saisons ; on y circule lentement en voiture sur 15 kilomètres de routes au travers des lacs, forêts et vallons pour y croiser boeufs musqués, wapitis, bisons, sangliers, loups, bouquetins des bois et j’en passe !

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On y rencontre une kyrielle d’animaux magnifiques évoluant pour la plupart en liberté, qu’on peut parfois toucher de l’intérieur de la voiture ou à certains endroits autorisés.

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Vraiment, un endroit superbe, aisément accessible de Montréal, environ 1 heure, qui se consacre réellement à la faune québécoise dans son habitat. En famille c’est simplement super, mais j’ai visité également l’endroit il y a quelques années avec un ami français qui ne cessait de s’extasier devant le caractère sauvage du parc et les animaux qu’on pouvait y croiser.

Le parc Oméga dispose donc maintenant de Wi-tentes, tentes prospecteurs et maison sur pilotis. Sis dans une zone réservée près de l’entrée ouest du parc, ces hébergements sont situés tout juste auprès de réserves animalières où une passerelle surplombe la meute des loups gris et des ours noirs.

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Nous avons eu la chance d’essayer une Wi-Tente pour la nuit. Basée sur des modèles traditionnels (tipi sioux, yourte, etc), la Wi-Tente est un hybride constituée de matériaux modernes. Hyper chaleureuse et confortable, celle que nous avons essayé était vraiment joliment aménagée. On y trouve un large puit de lumière à son sommet. Les Wi-Tente disposent d’une alimentation électrique alimentée à l’aide de panneau solaire pour les premières nécessités, autrement dit café et charger ses batteries d’appareil photo.

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Le site où sont situé les hébergements est en retrait du parc si bien qu’il y règne une belle quiétude et que les daims plus curieux s’approchent et viennent nous visiter le matin tandis que la nuit on se réveille au hurlement des loups. Pas de quoi faire peur, bien qu’intimidée au départ, ma fille de 4 ans fut impressionnée, puis riait allègrement en entendant la meute. Un bon moyen de combattre ses peurs et de les apprivoiser pour les enfants et d’en apprendre plus sur les habitudes des animaux. (Non Roukie, faut pas donner de Gummy Bear aux ours ;-))

J’ai trouvé l’expérience absolument extraordinaire et la recommande chaudement, avec ou sans enfant. N’en demeure qu’il est nettement propice à une expérience familiale pour voir de près à la fois les animaux et l’étonnement dans le regard des enfants ravis ;-) Le parc étant ouvert durant les 4 saisons, je me propose également de m’y rendre cet hiver pour y faire de la raquette…

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Pour plus d’informations sur le parc et l’hébergement, c’est par ici.

Pour me suivre sur Twitter @Mawoui et Facebook c’est par ici.

 

 

 

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¡ Feliz Cinco de Mayo !

Non, ce n’est pas la fête de l’indépendance du Mexique tel que beaucoup le croit … Celle-ci est plutôt célébrée le 16 septembre de chaque année pour commémorer le fait que le prêtre catholique Miguel Hidalgo invita ses paroissiens à prendre les armes contre le gouvernement espagnol ce matin-là en 1810. Les amateurs de Tequila Reposado (la meilleure!) « cul sec » comprendront maintenant pourquoi on dit boire la Tequila à la Hidalgo, et pourquoi on trinque en évoquant le nom de ce personnage important. ¡Al Hidalgo!

Le Cinco de Mayo souligne plutôt la victoire des Mexicains sur l’armée française lors de la bataille de Puebla,  le 5 mai 1862. L’année précédente, le Royaume-Uni, l’Espagne et la France avaient adopté la Convention de Londres, qui s’engageait à régler la question de la dette mexicaine de plus de 80 millions de pesos. Des négociations eurent lieu mais n’aboutirent pas. Et la Convention mit pour cadre l’Expédition du Mexique. Ce dernier souffrant d’une économie instable depuis l’indépendance, devenait une belle opportunité pour la France d’essayer d’y installer un régime à sa solde.  Elle débarqua avec 6500 hommes près de Puebla où c’était retranchée l’armée mexicaine de 4500 hommes. Malgré son infériorité et un manquement d’armes évident, l’armée mexicaine sous les ordres d’Ignacio Zaragoza réussit à repousser les Français.

Étonnamment, le Cinco de Mayo est célébré davantage aux États-Unis par le peuple mexicain qu’au Mexique lui-même. Certes, quelques villes mexicaines et Puebla sont en fête et célèbrent la détermination mexicaine  : parades, danses, mariachis, costumes traditionnels, feux d’artifices, gastronomie mexicaine, Dos Equis et Corona sont distribués dans les rues. Pour avoir eu la chance de fêter avec le peuple mexicain quelques fois dans les rues de petites villes lors de fêtes religieuses, c’est vraiment très festif ! (Il faudrait au Québec ou en France s’imaginer les célébrations de la Saint-Jean ou de la Bastille avec plateaux de nourriture et alcool offerts en abondance et gratuitement dans les rues …)

Même si cet événement ne nous touche pas de près, n’en demeure que c’est une belle occasion pour plonger dans la culture mexicaine. Pour une amoureuse du Mexique et de ses habitants comme moi, le Cinco de Mayo est un bon prétexte pour plonger dans mes amours mexicaines. Chez moi, Chavela Vargas, Lola Beltrán et les grands mariachis pleurent avec intensité leur passion et leur douleur tandis que ça sent la guacamole, le pozole, à défaut de savoir apprécier le Mole poblano à sa juste valeur, la cholula et le cilantro à plein nez.

¡ Al Zaragoza !

Maguey espadin, Agave de laquelle on tire le jima pour la fabrication de la Mezca, près de Matatlán, Oaxaca.

Maguey espadin, agave de laquelle on tire le jima pour la fabrication du Mezcal, près de Matatlán, Oaxaca.

 

Amours mexicaines : De Acapulco à Huatulco, autre regard sur le Mexique, Como te extraño Mexico Querido¡ Cozumel me espara !, De la plume au pinceau, mise en mots de Kalho, Là où tout nait et tout s’estompe

 

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Matin de mer

Matin de mer.

Seule avec le bruissement des vagues, l’air frais et salin gorgé d’odeurs poissonneuses, le cri familier des mouettes.

Pardonnez-moi, j’ai écris quelques mots dans un carnet, mais je préfère nettement la contempler en silence.

Doux bonheur.

 

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Au-delà du tout inclus, comprendre Cuba

Roukie et moi rentrons tout juste de Cuba.  Petite escapade qui ressemblait davantage à de véritables vacances qu’à un voyage. Moi qui tenait en horreur les tout inclus et les jugeais certainement trop rapidement il y a quelques années, je n’y vois maintenant pas de mal à m’y tremper les pieds une semaine par année. Certes, je préfère bourlinguer, mais cette formule m’apparaît par moment idéal pour le repos, pour se mettre le cerveau complètement à « off » et s’offrir par le fait même une détox numérique (la connexion précaire et incertaine cubaine favorisant nettement le tout).

N’en demeure qu’à chaque tentative, je suis incapable de rester confiner à l’hôtel. Quelques jours et puis hop, je me dois d’aller à la rencontre du peuple et de l’autre, comme si j’étais incapable de demeurer avec une vision bien irréelle par rapport à ce qui se trame tout juste à côté. Ainsi, la voyageuse prend repos, mais se promet chaque fois de brèves excursions et balades photographiques dans quelques petites villes non loin. (En évitant les excursions proposées par les chaînes hôtelières, qui elles m’apparaissent vraiment comme des attrapes touristes au coût inutilement onéreux).

Cette fois-ci, petite virée à la Havane pour la seconde fois. Et pour pallier davantage à ce besoin de ne rien faire et de ne pas « bronzer idiot », j’ai traîné sur la plage des lectures en ce sens.

La Havane, Cuba

La Havane, Cuba

Dans mes bagages donc, Les veines ouvertes de L’Amérique latine de l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, un incontournable quant à l’exploitation de l’homme par l’homme et que j’adore relire, et une petite plaquette qui vient tout juste d’être publiée aux Éditions Ulysse, Comprendre Cuba par Hector Lemieux. Une centaine de pages tout au plus qui se lisent comme un charme et qui permettent de prendre le pouls sur l’histoire et la réalité actuelle d’un Cuba incertain.

On y approfondit évidemment ses origines, de la perle de l’Empire espagnol, en passant par les guerres de libération et celle hispano-américaine, jusqu’à la Révolution.  Y décortique aussi les mythes et les clichés : le Cuba actuel se promènerait plus en Lada et en voitures européennes ou asiatiques que dans des Chevrolet des années 50, environ 30 % des importations proviendraient des États-Unis de manière détournée malgré l’embargo ou encore on se défait quelque peu d’une vision encensée du Che qui semble n’être devenu qu’une icône ou un produit dérivé. On découvre un pays profondément figé depuis la Révolution de 1959 avec la libreta, un carnet de rationnement toujours en vigueur, dont on retrouvait l’équivalent ici lors de la Seconde Guerre Mondiale, et qui permet de se procurer du sucre, des haricots, du café et du picadillo* gratuitement tous les mois ; finalement, on comprend mieux la mainmise du gouvernement cubain à chaque tentative d’émancipation et qui de par son contrôle, lié notamment aux permis d’exploitation onéreux dans les paladares (restaurants cubains) et les casas particulares (gites), rend ceux-ci difficilement exploitables.

L’auteur y aborde un pays à la vie quotidienne à la fois riche et par moment miséreuse, où malgré tout personne ne meurt de faim, et où au-delà du fait que le rhum soit le meilleur des remèdes, la pelota (le baseball), les dominos et évidemment la musique occupent une place essentielle à la richesse de l’âme. On saisit mieux la présence de plus en plus notoire des cubains et cubaines dans les complexes hôteliers : pratiquant le jineterismo, une forme de tourisme sexuel où ils font davantage office de cavalier ou de cavalière, d’escorte exclusive finalement, le fait d’enregistrer leur présence dans les registres hôteliers permet au gouvernement de récupérer l’argent d’une pratique qui se faisait déjà illégalement et où c’était plutôt les gardiens qui empochaient discrètement quelques pesos. On comprend également mieux en quoi les remesas (remises en argent de familles cubaines expatriées) qui parviennent de la Floride à chaque mois et les mules, tout ce qui provient de l’Occident dans nos valises, sont actuellement essentielles afin de favoriser une économie de survie qui se débrouille et revend comme elle peut. Finalement, on constate comment la chute de l’URSS a fait profondément mal au pays et comment celui-ci a dû se tourner après le soutien soviétique vers des partenariats avec le Vénézuéla et la Chine, notamment. (Pas étonnant par la suite de faire un lien, dès qu’on se promène près de La Havane et qu’on prend conscience de l’ampleur de la présence asiatique dans les écoles, avec une ouverture états-unienne qui se trame tranquillement…). Une belle plaquette incontournable me semble-t-il et qui donnera certainement envie de découvrir cette île profondément métissée autrement…

Suffit ensuite pour le touriste moins aventureux de sortir un brin de son hôtel pour palper un Cuba en transition, et dont l’avenir semble incertain, en allant discuter avec ses habitants. Un pays qui ne sait pas lequel de ses pesos, convertibles ou cubains, disparaîtra au cours des prochains mois, où l’égalité des salaires sera bientôt abolie afin de cesser cet exode grandissant de médecins et d’ingénieurs qui se convertissent en barmans et où le droit de voyager est maintenant possible, mais où le simple coût des passeports rend le tout pratiquement inaccessible… Finalement un pays qui se prépare tranquillement à accueillir de plus en plus de touristes états-uniens en provenance de Miami en construisant ports, marinas et condos sur la pointe de la péninsule de Varadero et à La Havane…

Certainement à suivre.

Comprendre Cuba, Hector Charland

Comprendre Cuba, Hector Charland

À lire : 

Comprendre Cuba, Éditions Ulysse, Montréal, février 2014, 112 pages, 2e édition

Les veines ouvertes de l’Amérique latine, Eduardo Galeano, 1971, Éditions Terre Humaine, 446 pages (ouvrage MAJEUR sur le pillage des ressources naturelles de l’Amérique latine ; un chapitre important consacré à l’usurpation du sucre cubain par les Euuropéens)

À suivre : 

Yoani Sanchez @yoanisanchez

Une des rares blogueuses vivant à la Havane qui relate la réalité actuelle d’une génération née entre les années 70-80 cubaine sur son blogue Generacion Y et qui dénonce son pays socialiste sur le site Cuba Libre. Elle réussi à publier de La Havane, où évidemment l’accès à son blog est bloqué, grâce à l’aide de plusieurs mécènes internationaux qui financent ses sites. Plusieurs détracteurs ne comprennent pas comment elle parvient à être autant active sur le réseau social Twitter notamment et se questionne sur les intérêts dissimulés derrière ce personnage dissident.

http://lageneraciony.com/

http://blogs.elpais.com/cuba-libre/

 

 * mélange de boeuf haché et de soja

 

 

 

 

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Un guide de voyage pour enfants sur Montréal en gestation… et si vous participiez à sa création ?

J’ai tout récemment été choisie pour être l’auteure d’un super beau projet de guide touristique familial quant à Montréal et au Québec par une maison d’édition française pour leur collection Graines de voyageurs. Ce sera le premier guide canadien de ce type a être publié en France et agrandira la collection de guides de voyage pour enfants de cette maison d’édition qui compte une panoplie de belles destinations, principalement européennes, si ce n’est que de New York.

Super heureuse de porter avec eux ce beau projet, d’en être l’auteure et ayant en tête tellement de beaux endroits à partager ! Le guide sera distribué dans les pays francophones, mais également ici au Québec. Vous pourrez en jugez par vous-même, ces guides qui s’adressent aux familles et ciblent plus particulièrement les enfants de 7-12 ans sont super BEAUX et ÉDUCATIFS ! Bref, je suis conquise !

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Comme le coût de ce projet est important (pour payer notamment illustrateurs, maquettes, impression, mise en marché, etc.) et afin de pouvoir publier ce guide plus rapidement, la maison d’édition souhaite tester, et mettre de l’avant, un financement participatif (crowfunding) novateur et proposé par le site Ulule, 1ère plateforme de ce type en Europe.

Ici au Québec, nous avons fait l’équivalent avec plusieurs projets en démarrage avec certains magazines et films, comme c’est le cas notamment du magazine Nouveau Projet. Il s’agit d’un moyen à la fois d’encourager le démarrage d’un projet et de s’engager à le « pré-acheter » avant son éclosion final. Si m’encourager et si le guide Montréal / Québec pourrait vous intéresser ou intéresser vos amis, familles et proches, je vous invite à participer à l’évolution de ce projet! Évidemment en cas de non réalisation de l’objectif et si le projet ne s’avère pas financé, vos sous vous seront rembourser. Dans ce cas, le guide sera publié, mais plus tard. Il ne s’agit donc pas là de donation, mais bien de dotation en échange d’un futur produit ; il s’agit finalement de s’engager.

Comment faire : C’est très simple : découvrez le projet de guide de voyages pour enfants à l’adresse suivante http://fr.ulule.com/voyageurs-enfants/qui vous explique notamment ce que permettra de couvrir le financement participatif. Ensuite choisissez le montant de votre participation, à partir de 5€. A chaque participation correspond une dotation, et vous pouvez ainsi pré-acheter le guide Graines de Voyageurs Montréal, la collection (qui est superbe !) ou même vous réservez un espace publicitaire. (Outre l’achat du guide, vous pouvez même choisir de passer une journée moi !! ;-))

C’est également l’occasion de vivre et de suivre avec nous l’évolution de ce projet et de mieux en comprendre les rouages, défis et enjeux !

Que vous contribuez ou non, n’hésitez donc pas à partager l’info !

Graines de voyageurs

Pour en savoir plus sur le projet de financement participatif du guide de voyage Montréal et sur le Québec et l’historique de la maison d’édition.

Pour mieux comprendre la démarche, une entrevue avec Marie Lemaire, chargée d’édition.

Pour découvrir la collection, plusieurs entrevues sur le web, notamment sur Un monde d’aventures et Bouger en famille, et sur leur site.

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Fort Pierce et le Comté de Ste-Lucie

J’ai laissé décanter quelque peu l’air salin de la côte est floridienne. Le laisser reposer pour trouver une certitude : aurais-je envie de le retrouver? Moi qui ai toujours soif d’ailleurs et de nouveau, je me dis que oui, certainement, j’y retournerais.

Situé entre la familiale Space Coast* au nord et les condos plus huppés de West Palm Beach et de Boca Raton au sud, le comté de Saint-Lucie émerveillera quiconque s’étant fait une idée d’un état où les plages ne seraient que brunes, le sable sentirait trop la noix de coco et les chaises de plastiques pulluleraient sous les corps huilés. Secret bien gardé ? Du moins, les plages quasi désertes par endroits et restaurants de bord de mer à l’âme sympathique détonnent et étonnent.

Hutchison Island

Hutchison Island

Siège du Comté, Fort Pierce est une petite ville de 40 000 habitants que l’on surnomme « Sunrise City ». À l’origine village de pêcheurs, elle servit durant la Seconde Guerre Mondiale comme base d’entraînement à l’armée états-unienne. On retrouve d’ailleurs le National Navy UDT-SEAL Museum sur la partie nord de Hutchinson Island, musée militaire qui met de l’avant cette force spéciale qu’est l’armée de guerre de la mer, de l’air et de la terre (SEAL étant un acronyme de Sea, Air, And Land ). Pour les amateurs … Outre cet important musée, un aquarium et l’Institut Océanographique de Harbor Branch octroient à la région un caractère propice à l’étude du milieu marin.

L’ensemble des résidents du comté sont répartis non loin de la mer et côtoient condominiums, maisons d’hébergement, petits hôtels. Rien à voir avec les villes au sud, on se croirait davantage en Virginie, un brin plus riche tout de même, ou en Caroline, l’air frais en moins.

Inlet, Fort Pierce

Inlet, Fort Pierce

Fort Pierce Inlet, State Park

Fort Pierce Inlet, State Park

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Celle que l’on nomme Treasure Coast est l’un des endroits les moins développés de la côte est. Les plages tranquilles de Hutchinson Island en font foi ; on peut aisément y pratiquer la pêche, le surf, kit-surf ou encore l’équitation. On y retrouve aussi une Floride consciente et impliquée : entre mai et août, la luminosité près des plages est réglementée afin de favoriser la ponte des tortues. Et la végétation de bord de mer est grandement préservée, on doit constamment emprunter les accès spécifiquement identifiés à cette fin. Les gens y vivent de la cueillette des agrumes, c’est de fait un centre florissant de l’agrumiculture depuis quelques années, ou encore de la vente de produits maraichers. Quelques tours à condos, mais si peu, ont poussé ça et là et côtoient des maisons de bords de mer et petits et bas complexes. C’est une Floride pas tout-à-fait sauvage comme peut l’être la côte ouest, mais si loin de l’idée qu’on s’en fait.

Frederick Douglas Beach

Frederick Douglas Beach

Vue sur le Inlet (bras de mer), Fort Pierce

Vue sur le Inlet (bras de mer), Fort Pierce

Bluewater

Bluewater

Le bord de mer est agréable au regard, les récifs naturels et artificiels propices à la pêche et à la plongée abondent; on retrouve des ambiances latines, reggae ou typiquement costariciennes dans certains restos, comme au Bluewater où l’on déguste des calmars frits et des plats accompagnés de riz et fèves noires traditionnels, le fameux Gallo Pinto !, sur des tables en planche de surf. Cette Floride goûte oui le soleil, mais surtout elle apparaît comme dénuée de touristes. Certes, plusieurs États-Uniens y possèdent des condos et s’y passionnent pour le golf; n’empêche on ressent davantage de familiarité, d’esprit de communauté que dans bien d’autres villes plus au sud…

On y fait doucement le plein d’énergie, d’activités et de repos bien loin des gros centres urbains et des grosses chaînes hôtelières. Et qui sait, vous pourriez être là au bon moment et admirer comme moi fortuitement le ciel s’illuminer et s’éventrer au début de la nuit, attablée sur la terrasse sablée du restaurant On the Edge. Cap Canaveral étant tout près, il n’est pas rare d’assister au lancement d’une fusée…

***

Y aller …

Ce n’est pas le choix qui manque : 5 aéroports sont situés à deux heures et moins : MCO, PBI, MIA, FLL, MLB…

Pour les vols directs, j’ai essayé Allegiant, dont j’étais l’invitée, qui décollait de Plattsburgh, et qui atterrissait à Fort Lauderdale. Les départs sont également possible de Burlington. Selon mes comparatifs, et pour ce temps précis de la mi-février, le même vol direct d’une compagnie aérienne quittant YUL au même temps de l’année aurait aisément coûté le double…

Hébergement :

Plusieurs petits hôtels longent la côte ça et là, mais la location de condominium demeure sans doute ce qu’il y a de plus rentable question rapport qualité / prix et vous reviendra en général moins dispendieux la nuitée que l’hôtel.  Considérant que vous avez accès en tout temps à une cuisine, c’est nettement à considérer. Vous trouverez plusieurs condos sur le site http://fr.homeaway.ca/ .

Plogue / Coup de coeur : Néanmoins, j’ai un parti pris, et ma préférence va au condominium récemment acquis et décoré avec goût par un couple d’amis. Idéal pour les familles et retraite de golf ou d’écriture ;-)  Plus d’infos ici.

*Un tout récent article de Gary Lawrence dans le Devoir traite justement de la Space Coast ici.

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Prémisses de petits bonheurs floridiens

Et voilà, quelques jours passés récemment en Floride, pas suffisamment pour palier à mon besoin de longs et lents matins de mer, mais assez pour l’assagir, m’y poser et longer la côte un brin… Me tremper les orteils dans trop de choses à faire: des rencontres professionnelles, écrire un article, dormir plus de 6 heures en ligne, me reposer et sillonner la plage, grappiller ça et là les brefs moments de solitude et de lecture, faire le plein de silence et se délester d’un quotidien que je partage normalement avec une véritable pie, peindre le condo d’une copine, visiter quelques villes, rédiger pour un projet embryonnaire, tester les Piña colada américains (ben quin ?) et le vin californien à 2.57$ la bouteille et surtout, surtout, trouver le temps de jouer à la rêveuse écrivant et la photographe de petits bouts de rien salins. Mission réussie, sauf pour la correction d’un vieux manuscrit, encore une fois, je l’ai trimballé absolument pour rien…

Dès l’aurore je me réveillais, trop excitée d’aller à sa rencontre. Sa rencontre, évidemment c’est Elle. C’est toujours ainsi, je le sais d’avance : l’aube se pointe le bout du nez et je n’arrive plus à dormir, alors que je pourrais rattraper les centaines d’heures de sommeil perdues depuis les dernières années. Perdues, elles le resteront. Car je m’éveille et je vais écrire sur elle. Que sur elle. J’ai soudain l’âge mental d’une fillette de 4 ans ou encore je me retrouve jeune femme timide qui se rend à une première « date ». Devant elle, ce n’est pas mieux : je souris béatement à chaque déferlement de vagues, m’abreuve de chaque brise comme on écoute un amoureux nous dire n’importe quoi lors des premiers moments.

Pétillement et papillons dans le ventre. Peu importe, il n’y a que les pêcheurs comme témoins.

Donc, je l’ai écrite tout en la contemplant. Mais ça, c’est pour un tout autre projet …

« Il n’y a pas que la mer en Floride », me direz-vous, « reviens-en donc ». Puisqu’il le fallait, j’en suis donc revenue et je suis allée à sa rencontre … Elle, c’est maintenant l’État, plutôt la côte, et non plus la mer, vous l’aurez compris. Rapidement, j’ai pris conscience que je portais toujours en moi une tonne de jugements quant à cet endroit qu’on affuble souvent du sobriquet « Sunshine State ». État soleil, certes, mais État soleil que tel qu’on l’entend avec ses bikinis kitsch, ses corps huilés de coco et ses roulottes cordées dans de drôles d’enclos non loin de la mer ?

C’était ma cinquième fois en Floride. J’aurais voulu découvrir la côte ouest, plus sauvage et déserte, qui m’intrigue depuis longtemps. J’y retournerai. Je suis pourtant plus indulgente, dénuée de cette vision exiguë qui a accompagné mes années de backpackeuse. Depuis un moment, je ne jure plus que par mon sac à dos, l’expérience et l’aventure : j’ai aimé à deux reprises Acapulco (oui, oui, cette ancienne station balnéaire kitsch et hyper mexicaine grandement méconnue), foulé le sable blanc de Cayo Coco, déniché des forfaits cheap à Holguin et Varadero, m’insurgé devant l’escroquerie des marchands à Playa del Carmen, mangé au pied d’une fausse tour Eiffel à Las Vegas, cueilli des citrons à Hollywood, dormi dans des hôtels de luxe pour le boulot à Orlando, été plus de 15 fois au pied des Chutes Niagara, guidé les circuits touristiques conventionnels de New York, Boston, Washington et bien d’autres…

Bref, elle est par moment loin l’aventurière qui était allée camper seule dans les Rocheuses, avait dormi dans les Calanques ou dans son hamac mexicain durant des semaines. Et en a fait du chemin question snobitude. D’ailleurs, maintenant je la porte plutôt en horreur …

Néanmoins, je l’admets, je portais toujours quelque part une certaine réticence à retourner fouler la côte est. S’ajoutait au boulot un bon prétexte : Quoi, ma grande amie qui a travaillé en Angleterre, à Banff, habité l’Australie, visiter le Japon, les Iles Canari, etc. (bref pas le genre qu’à se crémer vous l’aurez compris…) s’est achetée un condo en Floride avec son mari ?!? À 32 ans !?! La connaissant, il ne pouvait que s’agir que d’un endroit bien loin de Fort Lauderdale, Hallandale et Hollywood Beach où l’on entend l’accent québécois à chaque pouce carré. Pas compliqué, chaque fois que je pense à la Floride, j’entends Rémi Girard lancer à Pauline Lapointe son épique et tout autant gracieux : «Envoye dans l’lit, maudite chanceuse ! »*.

Long préambule pour dire que je croyais m’être absous de tout jugement et que j’en portais tout de même encore quelques traces …

Je reviens donc du Comté de St-Lucie, le grand sourire aux lèvres. Le regard empli de plages blondes et brunes dénuées de chaises de plastique. De restos de bord de mer sympathiques et authentiques qui n’ont pas le goût et le prix du tourisme. De mer aux accents turquoises des Caraïbes par moment. Et oui, aussi de palmiers et de couchers de soleil. Cela va de soit.

Le tout est à suivre. D’ici là, je vous laisse entre ciel et mer écumés.

Puisqu’il qu’avant tout, il importe simplement de rêver.

Mer

À suivre …

* Cette phrase splendide et élégante est issue d’un film québécois des années 90, tourné à Hollywood Beach, La Florida.

Pour ce voyage, j’étais en autre l’invité de la compagnie aérienne américain Allegiant Airlines, afin de tester les départs de l’aéroport de Plattsburgh. J’en parlerai abondamment dans un second billet et dans un article, mais je peux d’emblée dire que je reviens très satisfaite de leur service.

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Carte postale floridienne

Fort Pierce, Floride

Fort Pierce, Floride

Une simple image de l’océan Atlantique avant de revenir ici et ailleurs avec des articles plus étoffés quant à la côte est floridienne.  Moins sauvage que ne l’est la côte ouest, elle demande tout de même par endroit à être démythifier : elle n’est pas partout bondée de « snowbirds » venus se sauver de l’hiver, qu’on se le dise !

Avant d’explorer et de revenir en écriture ici, je prends quelques jours face à la mer pour m’y perdre et m’y retrouver, l’apprivoiser dans un carnet …

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Peter Doig et activités créatives en famille à Montréal

Ma fille et moi sommes allées se perdre une petite heure au Musée des Beaux-Arts de Montréal le week-end dernier. L’exposition Nulle terre étrangère consacrée au peintre Peter Doig m’intriguait, pour ne pas dire m’appelait.

Retraçant principalement la période de sa production artistique depuis qu’il est retourné vivre à Trinidad, l’exposition du peintre écossais, mais montréalais d’adoption, est un lent cheminement au travers d’une centaine d’œuvres, dont une quarantaine de toiles.

Figures in Red Boat, 2005-2007, Private Collection, © Peter Doig

Figures in Red Boat, 2005-2007, Private Collection, © Peter Doig

Le parcours se jalonne de galerie en galerie présentant de grands formats vivement colorés et structurés. Personnages fantomatiques, évoquant le réalisme magique et rappellant l’art romantique allemand, évoluent dans des paysages exotiques, parfois sauvages ou villageois.  Plusieurs toiles montrent également la fascination du peintre pour les formes géométriques et comment il intègre son art à l’environnement trinidadien. Des esquisses et dessins permettent également de mieux saisir le cheminement propre à la réalisation de certaines œuvres.

Pelican, 2003, Michael Werner Gallery, © Peter Doig.

Pelican, 2003, Michael Werner Gallery, © Peter Doig.

Bien que l’influence de Rothko, Matisse, Much et Gauguin soit palpable, j’avoue être restée quelque peu sur ma faim, seulement deux ou trois toiles m’ayant véritablement touchées. Malgré que je n’arrive pas à comprendre l’encensement à l’égard du peintre et qu’il touche peu ma sensibilité, n’en demeure pas moins que Peter Doig est une tête d’affiche mondiale de la peinture contemporaine qui gagne à être découvert. Son univers, qui en appelle aux grands espaces, demande en quelque sorte à être apprivoisé et laisse planer quelque chose de mystérieux et de fascinant qu’on a envie d’approfondir… On y ressent une quête, un questionnement de l’homme quant à sa place dans l’environnement.  Je me propose d’y retourner prochainement et de faire le voyage plus lentement, et ce sans enfant.  Néanmoins, Doig, avec ses couleurs vives et ses atmosphères, me semblait être une deuxième bonne introduction (les sujets de Kahlo étaient certainement trop intenses….) à l’appréciation de l’art de la peinture pour une enfant.

Je suis donc repartie avec quelque part au coin du cœur cette citation de Stevenson, que j’avais oublié, et qui ouvrait de manière prometteuse l’exposition : « Il n’y pas de terres étrangères. Seul le voyageur est étranger ». Et j’en ai profité pour découvrir avec Roukie les ateliers offert par le MBAM au sous-sol de celui-ci. La réalisation d’un paysage au crépuscule ainsi que la peinture à quatre mains avec ma fille se sont avérées des activités géniales ! Une kyrielle d’enfants, dès deux ans, et leurs parents prenaient le temps de réaliser des ateliers artistiques dans les différents studios du musée. Les week-end en famille me semble constituer une excellente proposition qu’offre le musée le samedi et dimanche et permet par la même occasion d’immerger les enfants dans l’univers artistique des expositions muséales. À noter que les ateliers sont en lien avec l’exposition vedette et changent à tous les mois.

Pssiitt : Parents,  c’est gratuit ! ;-)

**

Nulle terre étrangère, Peter Doig, jusqu’au 4 mai 2014 au MBAM

Les week-end en famille, tous les samedis et dimanches, de 10h-16h (Laissez-passer requis pour certaines activités) + d’infos par ici.

J’ai également fait un saut du côté de l’exposition « La BD s’expose au musée » où l’on retrouve 15 artistes de la Pastèque. Amateurs, ça vaut le détour, notamment pour y contempler quelques planches d’Isabelle Arsenault.  Allez y faire un tour, c’est gratuit !

Aparté | Publié le par | Tagué , , , , , | 3 commentaires

Des coups de pinceaux pour mots

Quel est le chemin? «Il y a un but, mais pas de chemin», nous dit la sagesse orientale. L’aventure toujours, à traquer, à scruter l’inconnu, et au bout, la lumière.

Fernand Leduc, peintre québécois
(1916-2014)

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Foulées réflexives : écriture, voyage et maternité.

Pluralité de courriels qui me ramènent à mes silences et mes absences. J’aime ta plume, c’est une belle source d’invitation à la poésie et la rêverie, ça serait dommage qu’elle se tarisse… – Touchée, suis-je …merci.

Quand donc vas-tu retourner à l’écrit ?

Retourner à l’écrit ? Mais je ne l’ai jamais quitté ! Il est là, partout, dans les notes et courriels que je m’envoie à moi-même, griffonné sur le dos de factures, d’enveloppes, de bouts de cartes d’affaires. Dans des cahiers, épars sur ma table de travail, et dans trop de documents Word que je me plais parfois à mettre dans un fichier nommé « Épaves » lorsque le fouillis se fait trop intense et que je me dois de classer. Des bouts d’écrit comme des bouts de moi, bouts d’un vieux roman qui datait et que j’essaie de peaufiner et rendre plus cohérent, à temps perdu et bien discrètement ; encore faut-il le créer ce temps lorsqu’on se surprend à écouter cette envie qui se fait foisonnante, parfois criarde à force de l’avoir négligée, tandis qu’une autre voix en sourdine –vous savez, cette voix du doute et de la peur qui fait mourir n’importe quel projet ?, ainsi, tandis que cette voix nous chuchote avec un brin de malice qu’on devrait faire de l’alimentaire. De l’alimentaire…

Pas pour nourrir l’âme, évidemment que non. De l’alimentaire, c’est ce qui sert à calmer l’angoisse la nuit venue, qui pose un baume sur les insomnies lorsque ça fait trop longtemps qu’on fait du surplace et qu’on devient en somme automate. L’alimentaire, c’est ce qui me permet de payer un loyer, évidemment trop cher le loyer, la garderie de ma fille, remplir le frigo, de l’alimentaire, du vrai qu’on ingurgite et se met dans le ventre sans prendre le temps de déguster. Du carburant en somme pour faire rouler la routine. De payer le minimum sur une carte de crédit et d’un tant soit peu me permettre de m’octroyer quelques plaisirs. De l’alimentaire. Qui ne m’aidera en rien et sera insuffisant si ma fille tombe malade, si j’ai un accident de voiture, si je me fais voler ma caméra ou encore mon portable…

Si. Si. Si.

On devient malheureux, me semble-t-il, à vivre entre deux « et si » …

*

À l’esprit, cet essai de Nancy Huston, Désirs et réalités, où elle titrait avec justesse un chapitre traitant de cette dichotomie relative au travail créatif et au rôle de maman : « Le dilemme de la romamancière ». Écriture et maternité sont antinomiques et difficilement conciliables, ça frôle l’évidence. Il suffit de penser à Woolf et à son essai une Chambre à soi*, à cette intimité d’avec soi-même qui disparaît lorsqu’on cohabite et derechef lorsqu’on enfante. Ou au récent essai Les tranchées, chapeauté par la talentueuse Fanny Britt, qui démontre bien ce sentiment coupable qui parcourt la mère contemporaine en quête d’épanouissement. Entre la superwoman autonome avec une carrière, la femme qui souhaite s’épanouir bien simplement, l’artiste qui ressent le besoin de créer et ce sentiment d’être incompétente propre à toute mère qui n’offre pas à son enfant l’anniversaire avec LE gâteau, LE clown, L’activité pour les amis, etc., la pression me semble immense. D’autant plus qu’avec cette douceur printanière qui se pointe le bout du nez à Montréal, scindant soudain l’hiver en deux, et ma valise à roulettes qui s’empoussière dans un coin de ma chambre, je réalise que j’arrive bien difficilement à changer, ici lire à me conformer.

Car l’envie d’ailleurs est toujours là et elle culmine…

Négligerais-je mes autres besoins alimentaires ?

Ma nature aventurière se trouve donc elle aussi en proie à ce profond paradoxe, entre désirs et réalités. D’un côté, l’envie d’expérience, d’ailleurs, de découvrir. D’espaces. Boulimique, je lis et me projette dans mille et un ailleurs. Ce ne sont pas les projets de destinations qui manquent. De l’autre, la fatigue et la pression de ceux qui m’aiment, mais veulent avant tout se sécuriser eux-mêmes. Autour de moi donc, de la pression pour m’ancrer et la réalité d’un enfant qui avait besoin d’un peu plus de stabilité, et qui pourtant je sens toujours profondément prête à me suivre dans n’importe quelle aventure. Folle envie de Vietnam aussi.

Après quatre années de monoparentalité (ouf…je savoure quelques instants un sentiment furtif de fierté qui me traverse), le besoin de faire le plein d’autres se fait ressentir. Apprivoiser l’autre et sa route, aussi. La solitude propre aux premières années d’apprentissage de la vie de parent en solo est tristement bien réelle et décuplée lorsqu’on se pose un brin. Encore faut-il le vivre pour le comprendre. Beaucoup de soirées à ne pouvoir sortir, énormément de contraintes, de défis à devoir relever seule qui fatiguent, peut-être davantage lorsqu’on est du genre à aimer repousser les limites. Alors, je déambule donc depuis quelques mois dans mon bain moussant et assouvi mes envies par des voyages littéraires. Me fais raquetteuse lorsque l’occasion s’y prête. Contemplative d’arbres nus et de rivières gelées. Reprendre des forces tranquillement.

Le romancier et le voyageur qui apprivoisent la maternité ont sans doute ceci en commun que pour respecter leur essence ils doivent apprendre à se faire violence… Et ça prend beaucoup d’énergie tout ça. Un entêtement tenace pour ne pas se heurter aux jugements faciles. Combien de « enfin, elle va se caser », « avoir une vie normale », « un boulot plus payant », « se faire responsable », « avoir des REER », « se mouler à la normalité» aie-je entendu depuis les derniers mois…

Hish … j’ai beau être bourrée de contradictions, avoir flirté avec le 9 à 5, les activités extérieures et culturelles « familiales » la fin de semaine, la bouteille de vin le samedi soir (dans mon cas dès le jeudi), chasser le naturel et il revient au galop. Mon tempérament profondément rêveur, artiste et aventurier ne disparaîtra pas parce que la réalité me contraint à me poser davantage… Alors, comment jongler avec tout ça ?

Il n’y a pas de juste moitié pour le voyageur tenace qui a en horreur le compromis… ni pour l’artiste. Être individualiste, sauvage, « libre », traçant sa route… À l’antipode même de la maternité. Voilà sans doute pourquoi j’ai toujours aimé voyager en solo, éviter le compromis. Je peux enfin me permettre d’être égoïste sur la route, m’octroyer ce rare plaisir de ne penser qu’à moi, de choisir et tracer mon itinéraire sans me sentir coupable, sans m’attacher et surtout sans regard. Me gaver de ce dont j’ai réellement envie… Depuis mon premier voyage en solo en Europe, j’ai compris qu’au travers de cette expérience, je m’octroyais enfin le droit de me permettre d’être entièrement moi ; j’y ai trouvé cet équilibre qui contrecarre avec une nature par moment trop altruiste, désireuse de se faire aimer et de plaire.

Tout comme dans l’activité créatrice, il n’y a pas d’attentes auxquelles on doit se soustraire sur la route. C’est bon. Très.

*

Ainsi, pseudo ancrée depuis quelques mois, en mode recul et recharge. Pendant ce temps, ma soif de mer n’est toutefois pas étanchée… Soif de déambulations citadines, de paysages neufs pour le regard non plus. De nouvelles odeurs à apprivoiser. De tambourinements du cœur inattendus par des rencontres impromptues.

Mais avant tout, terrible soif de mer.

Pour la tarir et me satisfaire, je me fais donc rêveuse écrivant. Avec mes mots, je la peins.

Je puise à gauche et à droite, du moins comme je peux, des moments solitaires et quelques bouffées d’air. Griffonne et peaufine donc loin d’ici un plus grand projet. Et deviens, à l’instar de bien d’autres, une mère ingrate qui a profondément besoin de penser à elle. Prendre soin d’elle pour mieux prendre soin de l’autre… en théorie, ça va de soi. En pratique, ça demeure le défi d’une vie.

J’ai partagé ma solitude avec un bébé durant les premières années. C’était de l’ordre de l’apprivoisement et de l’abnégation comme il en va de toutes formes d’amour, j’imagine. Ponctuant ces années de quelques escapades pour me sentir vivre intensément mais aussi, sans doute, pour me donner furtivement l’impression d’échapper à cette abnégation. Préserver la femme sauvage en somme. Mon impatience grandissante, ma soif de moi-même et de me retrouver dans ma « bulle » me font comprendre que cette solitude je ne la partage plus tout à fait avec ce petit bout de moi. Ce petit bout de moi est devenu une petite fille bien distincte qui prend beaucoup de place. Mais voilà, j’ai fais le choix d’apprendre depuis un moment les pas de danse d’une vie à deux et j’assume (et ce n’est pas toujours moi qui mène la danse, croyez-moi). Où la nature même du rôle de mère appelle bien souvent à l’oubli. La fillette grandissant, je ne peux qu’apprendre à tenir sa petite menotte par la main et me faire guide. Faire de même avec la petite fille qui m’habite aussi et la laisser jouer avec la couleur et les mots lorsque ses envies d’ailleurs culminent. Y consentir parfois aussi. J’imagine que c’est ça bifurquer tranquillement vers le monde des adultes : apprendre à doser entre désirs et possibilités.

J’apprends donc à jongler avec toutes ces contradictions propre à tout être humain ; me disant de plus en plus que malgré toutes leurs polarités, une voyageuse, une femme sauvage, une rêveuse écrivant et une maman c’est aussi par moment une seule et même personne. Une créatrice qui avance et tâtonne l’inconnu tout en se faisant funambule afin de tracer une route qui lui ressemble…

Quint Buchholz, Giacomond

Quint Buchholz, Giacomond

*Merci Sabrina Dumais d’avoir évoqué ce petit bijou de livre cette semaine … Tu m’as donné envie d’y retourner ;-)

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Le son des moulins à café

J’avais envie et besoin de recul.  Du recul comme une nécessité.

Sans avoir à me justifier, ni à expliquer le pourquoi du comment.  Alors, je me suis éloignée d’ici, pour retourner vers l’intime de l’écrit ; j’ai ralenti le rythme, épousé celui qui sied à la tranquillité et la sécurité du moment présent.  Panser de vieilles plaies aussi.  Extirper la douleur.  Je porte encore en moi cette propension du mélancolique, de celui qui tient farouchement à son affliction et qui doit apprendre à s’en départir pour se permettre ultimement de rêver mieux.  Autrement. Faire de nouveaux petits pas.  Nouveaux petits pas de danse, plus légers. Peindre de blanc les couleurs parfois trop vives du tableau. Oui, je m’amuse, je peins.  Comme une gamine de sept ans, mais au bout du compte je m’en fou, j’adore ça, littéralement.

J’avais aussi envie d’apprivoiser Montréal, ma méconnue.  C’est ce que j’ai fait. Intense soif de bain de foule harmonique, où j’aime le plus souvent être seule et anonyme, pour satisfaire la mélomane en moi. Montréal si vivante et chatoyante l’été… Le Festival de Jazz, les Francofolies, Nuits d’Afrique, Le Festival de Flamenco, Quartiers Danses, le Festival international de Littérature.  Je les ai tous faits.  J’aurais pu me faire ici critique ou témoin, j’avais envie égoïstement de tout garder pour moi. De ne pas me sentir contrainte à en rendre compte quelque part. Laisser le tout me traverser.

Un besoin d’ancrage, de rivières et de terre aussi.  Un besoin plus qu’une envie. Quelques escapades dans les sentiers de pin humide ou de bouleau séché qui parsèment mon Québec ça et là.  J’ai toujours pris chaque route intensément.  En fait, mes sauts de vie sont toujours intenses. Très intenses. Prendre un réel recul nécessite j’imagine un temps proportionnel à l’intensité que j’y ai déversé auparavant.  Bien souvent, sans compter. Et disons que j’en avais en banque … Les aiguilles mouillées et l’écorce sèche ne se pouvaient plus de m’attendre.

Ainsi, j’apprends de mieux en mieux à ne pas précipiter les choses. À vivre un peu plus lentement. Et doucement. À continuer à m’exposer, tout en me faisant discrète à la fois. C’est tout nouveau.  Et réelle cette plongée en terrain inconnu. Une suite sans aucun doute.

Goûter à tout, bien autrement.

M’assumer dans mon “je-me-moi” m’est encore difficile. J’ai pourtant publié plusieurs billets ou textes ici et là qui sont davantage de l’ordre de mes réflexions personnelles et intimes que de l’écrit initiatique ou journalistique.  Du voyage littéraire. J’avais cessé, je ne sais plus trop pourquoi.  Peut-être sans doute parce que j’avais senti qu’on associait de plus en plus cet espace à un blogue que de type “voyage” et que je me suis sentie contrainte en quelque sorte d’y répondre.  Alors n’ayant pas envie de faire des listes d’incontournables et des comptes-rendus d’expériences, je me suis tout simplement éclipsée.  Plutôt qu’assumer entièrement cet espace que je souhaitais libre, je suis allée flirter ailleurs, avec la littéraire qui aime à se jouer des mots. Mais voilà, il y a un moment que j’ai choisi de ne plus répondre aux attentes. Et je me dois de le respecter. Je m’étais engagée à être ici transparente.

Je me suis donc demandé quelle voie donner à ce blogue, étant prise avec cette fameuse dichotomie d’une fille qui a faim de route mais qui doit de plus en plus se faire sédentaire.  Je suis allée à une conférence de blogueurs voyage, y ai puisé beaucoup de bon, réalisé de très belles rencontres, mais avant tout pris conscience que l’angle général qui se dégageait de cette industrie (on ne se cachera, ça en est maintenant une) ne m’intéressait pas. Avec le recul, je préfère et choisi de conserver une plume plus personnelle.  Advienne que pourra.

Des tops 5 de quoi faire à New York ou à Paris, vous en trouverez des kyrielles et de très bons sur la toile. Il y en a en abondance et d’excellents réalisés par des collègues que je respecte et estime infiniment. Moi, la seule chose que j’ai d’unique et qui m’appartient, c’est ma plume, mon ton. Pas nécessairement mes préférences, qui peuvent être partagées, mais pourquoi je me priverais d’en parler ?, ni ma feuille de route.  Ce qui me distingue, c’est aussi mes angoisses (trop), mon anxiété (hish), mes insomnies (heurk) et ma grande peur de la stabilité (ouach !)…
Pourquoi le taire et le cacher ?

Le défi est grand.  Premier pas pour sortir de l’image. Un 180 en quelque sorte. Ne pas répondre à des attentes. D’aucune sorte. Un lifting ? Pourquoi pas.

Ainsi, depuis quelques semaines, j’ai renoué avec cet écrit que j’aime.  Cette écriture au son des moulins à café dans les lieux du même nom.  En conservant cette envie, besoin et par moment nécessité urgente de pouvoir venir m’échouer ici sans avoir par la suite à me justifier de mes silences et de mes absences.  Puisque d’autres projets tranquillement sommeillent ; certains s’enracinent comme d’autres avorteront.

Intense et aventurière, je le suis tout autant tout en demeurant immobile, poète, observatrice discrète. Et je garde cette conviction : c’est toujours lorsqu’on croit qu’elle s’est éteinte, qu’on découvre que la passion était tout simplement là, endormie.

La passion de la route ainsi demeure.  Néanmoins, elle sommeille. J’ai maintenant envie d’y apprivoiser la lenteur.  Ma lenteur.

Celle qui me créer et qui me permet de créer au son des moulins à café.

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Un champ de lavande comme un carré de sable …

Un champ de lavande comme un carré de sable ...

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Montréal, ma belle méconnue

Tout comme le cordonnier mal chaussé, j’ai réalisé dernièrement qu’on pouvait être par moment très mauvais guide chez soi…  Il y a certes nos endroits incontournables qu’on aime partagés, les coups de coeur propres au quotidien de chacun dans notre environnement immédiat, là où l’on va bruncher le dimanche matin ou encore prendre une pinte de bière accoudé au bar en discutant avec le barman le jeudi soir. Mais il y aussi ces endroits parfois dits touristiques que l’on croit connaitre et qu’il est bon par moment de redécouvrir avec un nouveau regard…

Montrez-moi un panorama new-yorkais, je n’aurai aucun mal à y repérer le Chrysler Building, le Ge ou le Hearst Magazine Building. Du JFK Library à Boston, je distingue aisément la Prudential Tower du Hancock Place.  Même aisance pour vous parler des architectes, ces « archistars », qui ont contribué récemment au plan de restauration de la ville de Toronto. À Washington, aucun problème pour vous parlez de long en large des divers mémoriaux en vous donnant un petit cours d’histoire et de politique états-uniennes. Mais là, vraiment, dans ma propre ville, j’ai eu la honte.

C’est en haut du Belvédère du Parc du Mont-Royal en compagnie d’une copine blogueuse française, Sarah du blog du même nom,  que j’ai réalisé à quel point je méconnaissais ma propre ville par endroit.  Non seulement, j’ai confondu la Place Ville-Marie avec le 1000 de la Gauchetière, j’ai hésité entre le pont Victoria et le Pont Mercier pendant quelques secondes, mais, outre la Place Desjardins aisément discernable à cause du sigle à l’effigie de ma caisse, j’arrivais bien mal à nommer les édifices constituants le centre-ville montréalais. Pour ajouter au tout, c’est Lucie, ma copine photographe française, et installée ici seulement depuis quelques années, qui palliait à mes hésitations … Ouain !

Vue de la ville du Parc Mont-Royal

Vue sur le centre-ville de Montréal du Parc Mont-Royal avec Sarah autour du monde ©Lucie Bataille

À ma pauvre défense, Montréal je l’ai a priori apprivoisée sous ses airs festifs, de nuit et à l’aube durant plusieurs années. Boulots de barmaid et de serveuse obligeaient, c’est Montréal la sauvage et sans limites que j’ai d’abord connue. Montréal et ses sympathiques chauffeurs de taxi, ses autobus de nuit remplis à craquer et ses rues bondées où il fait bon de danser lors des festivals. Montréal et sa rue Saint-Catherine avec sa vie étudiante éclatée, là où j’allais parfois suivre mes cours universitaires de communication et de littérature, le sourire en coin, en haut d’un sex shop et devant un bar de danseuses. Montréal et ses salles de spectacles que j’ai aimées même lorsqu’elles étaient enfumées.  Montréal et ses quartiers. Et ses vies de quartiers.  Et surtout, Montréal et ses ruelles que j’ai toujours aimé follement parcourir la nuit.

Parc de l'Île-de-la-Visitation, Montréal © Lucie Bataille

Parc de l’Île-de-la-Visitation, Montréal © Lucie Bataille

Montréal et ses lieux pour reconnecter aussi : le parc de l’Île-de-la-Visitation où je vais régulièrement marcher avec ma fille, le marché Jean-Talon (en semaine s’il-vous-plait !) pour faire le plein d’odeurs et de couleurs selon les arrivages et les saisons, Montréal, ses terrasses et ses superbes bières de microbrasseries artisanales. Montréal et les Portugais du quartier Villeray qui balaient chaque jour les trottoirs comme s’il s’agit du centre du monde…

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Entrée du Pub Ste-Elizabeth où l’on ne peut deviner la magnifique terrasse arrière qu’il abrite …

Et le Montréal que j’ai détesté, si près de mon chez moi actuel, mais dans son recoin trop résidentiel et plus près d’une pseudo banlieue mal assumée, alors que je n’avais pas encore effectué le deuil de ma vie de quartier …

Et puis voilà, il y a aussi ces lieux qu’on oublie.  Qui sont là depuis des lunes, juste à côté,  et où on ne prend pas trop soin d’aller voir ce qu’on pourrait y trouver.  Ainsi, en est-il du Parc du Mont-Royal, littéralement un immense boisé qui nous coupe de cette sensation de ville et qui nous ramène à chaque fois un peu plus près de soi.  Le Montréal que l’on fuit, avec ses rues trop branchées lors du Grand Prix ou ses restos un brin dispendieux de son Vieux-Port.  Celui trop à l’Est ou à l’Ouest et que l’on néglige de découvrir avec ses parcs et magnifiques points de vue sur le fleuve.

Cet été, je me propose donc de sillonner mon Québec, mais aussi d’apprivoiser autrement ma ville. Là où j’ai posé mes pénates et où je m’ancre de plus en plus.  Tandis que je laisse doucement se tapir cette envie d’Asie naissante et la laisse mûrir avant d’y répondre, je ralentis le pas et ouvrirai les yeux pour regarder autrement tout autour de moi …

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Mise à jour mars 2014 : J’ai depuis grandement approfondi mes connaissances de Montréal ;-) J’y accompagne parfois des groupes pour leur partager ma passion de ma ville.

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Je t’aime gros comme l’océan !

D’abord il y a le titre du projet. Difficile de ne pas imaginer en le lisant cet enfant qui vous regarde dans les yeux et qui vous tend les bras grand ouverts, sourire aux lèvres. « Toi, je t’aime gros comme l’océan! », croirait-on entendre.  On le sait, l’océan c’est vaste, sans limites, du genre de cet amour inconditionnel dont tout le monde rêve.

Ensuite, le défi ! Parce qu’il s’agit d’un défi à la fois marin et personnel : traverser l’Atlantique nord à la voile durant environ deux semaines.  Un défi de vie pour Sébastien Guy, passionné de voile et directeur marketing.  Un premier grand défi de ce type pour un homme qui a navigué deux fois le fleuve et qui sera accompagné de son ami, et capitaine à bord, Pierre de Ruelle qui lui en sera à sa onzième traversée… Un duo d’amis comme équipage pour mener de St-Jean de Terre-Neuve à Brest ce voilier de 43 pieds du Café de la Compagnie des Mers du Sud, la compagnie de M. de Ruelle.  Et une traversée exigeante qui comporte sa part de risques et nécessite de judicieuses préparations.

Puis, la cause.  Parce qu’à un défi personnel et sportif aussi grand, il fallait allier une cause qui évoque en elle-même des défis quotidiens encore plus grands.  Les enfants handicapés.  5000 en réalité ayant un déficit moteur et / ou un trouble du langage et qui doivent bénéficier de soins particuliers au Centre de réadaptation Marie Enfant du Chu Saint-Justine.

Sans oublier, les gens.  Le coeur sur la main.  D’abord, tous les employés d’une entreprise, l’entreprise Portes JPR à Laval, qui ont lancé cette collecte au profit de la Fondation Mélio et ont amassé 7500 $ pour cette collecte de fonds qui a comme objectif d’en atteindre 25000 $.  Ensuite des clients, fournisseurs, amis, restaurateurs. « On réalise que ça touche de près ou de loin la réalité de tout le monde lorsqu’on parle de la cause et des soins spécialisés et sur-spécialisés en réadaptation pédiatrique » mentionne Roseline, la conjointe de Sébastien.  Elle ne saurait mieux dire.

Finalement, le départ. Imminent. Entre le 15 et le 30 juin.  Départ qui doit être soigneusement préparé et tributaire de la température. « Quitter les côtes, c’est le plus dangereux à cause des rochers, des vents et du trafic maritime ; il faut s’assurer d’avoir un minimum de trois journées de « beau temps » devant nous.  C’est dame nature qui va décider », souligne Sébastien Guy.

L’aventure sur l’océan n’est pas encore entamée que déjà Sébastien, indéniablement touché par ses rencontres, semble réaliser que bien avant cette traversée, c’est sans doute les enfants qui l’auront, en réalité, lui, bien davantage traversé…

@Sebastien Guy

@Sebastien Guy

Des gens qui allient le coeur à l’aventure … Comment ne pas les aimer eux aussi, gros comme l’océan ?

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Vous pouvez suivre leur traversée de l’Atlantique nord à bord du War Eagle sur la Page Facebook du projet (N’oubliez pas « d’aimer » la page, c’est essentiel pour la visibilité auprès des grands commanditaires ;-) )

Pour faire un don c’est par ici ou vous pouvez aussi contribuer en vous procurant du café des Mers du sud dans la plupart des IGA ou Métro.

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Ses derniers mots …

J’y suis tombée un peu par hasard…

De dérives en dérives.

Je pensais fort à mon ami dont je venais tout juste d’apprendre le décès de son père. Un battant, littéralement.

Mais, il n’y a pas de hasard, écrivait Paul Auster… Et puis, j’ai pensé au « comment » je voudrais conclure mon chemin si on m’octroyait la chance et le temps de choisir… car il y a souvent urgence devant l’inéluctable. Et surtout, comment donner sens à ce qui soudain file entre nos doigts et n’en a plus …

Voyager ? Peut-être. Écrire ? Sans doute. Parce qu’écrire pour moi ça toujours été se battre. Et aller à la rencontre de la réalité.

Parce qu’on ne peut rien devant l’impermanence de toutes choses, pas même choisir la cadence du pas qui nous y mène.

Parfois nous avons la possibilité, souvent bien courte, de choisir la manière dont on porte et oriente son regard. Et peut-être écrire, pour se faire plus conscient et rendre par le fait même les autres tout aussi conscients.

Parce que c’est par ce moyen qu’un condamné a choisi de parcourir les derniers milles de sa route …

Et parce que ça fait terriblement réfléchir.

Sur 58 ans de vie, j’en aurais passé 35 à me lever tôt pour pouvoir me jeter dans 45 minutes d’embouteillages, à m’asseoir devant un bureau gris en buvant d’infects cafés, à m’énerver avant de refaire, en sens inverse, les 45 minutes de bouchons. Et tout cela pour un plan pension. Mon apport à la société ? Nul ! Mon travail ne se justifie que par l’immobilisme propre à toute grosse société. J’ai déjà pris conscience que toute mon équipe pouvait être entièrement remplacée par un ingénieur un peu compétent équipé du matériel adéquat. Par égard pour mon plan pension, je n’ai jamais osé le dire. Mon chef est un crétin. Je le hais. J’ai toujours eu des rapports cordiaux avec lui, j’ai toujours baissé là tête quand il le fallait.

Ce fameux plan de pension dont il ne bénéficiera pas.

Je vous invite à l’accompagner. Le lire tout en demeurant silencieux. Attention, terriblement touchant.

Et il ne vous répondra pas. Le temps lui est trop compté.

Blog d’un condamné

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Ajout Janvier 2014 : J’ai réalisé dernièrement que ce site était en réalité un coup de marketing pour faire porter attention et mousser la carrière littéraire d’un individu. Je ne sais trop comment me positionner par ce coup d’éclat. Je me sens dérangée, trahie dans ma confiance qu’on ne m’ait pas positionner devant un narrateur, mais qu’on ait joué sur le fil ténu entre vérité fiction. N’empêche, l’écrivain aura su trouver un excellent moyen de faire tourner les caméras et les maisons d’éditions vers lui …

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Un nouveau panorama new-yorkais à l’horizon

Un nouveau panorama de New York se dessine tranquillement et se modifiera au cours des années avec l’ajout des autres tours constituant le complexe du nouveau World Trade Center. Dès maintenant, on peut admirer en totalité la plus plus grande tour des États-Unis avec ses 541 mètres. En guise de repère, la Tour du CN culmine à 553 mètres.

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Bien qu’on en ait aucunement l’impression sur cette photo, c’est bien la One World Trade Center, qui dépasse l’Empire State de près de 100 mètres, que l’on voit se profiler au loin. Les grues étaient encore présentent il y a quelques jours alors que l’installation de l’antenne était en grande partie complétée et les nombreux travaux du chantier donnaient de plus près des photos qui ne rendaient pas encore compte de la prestance de l’édifice. L’observatoire du 100e étage sera accessible au public à compter de 2015 et promet d’offrir un point de vue des plus spectaculaires sur la ville.

Voici de quoi devrait avoir l’air la nouvelle fierté des états-uniens d’ici quelques années :

World Trade Center

D’ici  là, je vous invite à visionner cette vidéo de l’installation de la flèche argentée, réalisée en grande partie par le groupe ADF, une compagnie québecoise de Terrebonne.  De quoi rendre bien des jambes molles…

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Petites cartes postales états-uniennes …

Les mois d’avril et de mai riment pour moi avec attente aux postes frontaliers, fatigue extrême, départs trop hâtifs et nuits trop courtes, kilomètres et kilomètres de routes et longue balade à pied dans les grandes villes états-uniennes ou canadiennes parfois.  Les haltes sont courtes, la grippe et les microbes au rendez-vous (ce n’est pas la pluie qui va arrêter un guidage …) et mes fantasmes de bain chaud aux chandelles forcément très présents.  Quoique je ne pars jamais bien loin et très longtemps, la saison de guidage est intense, l’objectif principal étant de faire voir le plus possible en peu de temps…

Il y a des moments plutôt monotones (j’ai vu les chutes Niagara plus d’une quinzaine de fois en trois ans … ), d’autres qui demeurent tout aussi surprenants (je verse encore des larmes devant les monuments en hommage aux guerres du Vietnam et de la Corée à chaque fois à Washington) et de belles découvertes (Chicago en est une très belle cette année !)  Comme l’escale est rapide et que je pars à nouveau demain vers New York, j’engrange mes mots et laisse ici quelques photos en guise de cartes postales des paysages croisés sur la route depuis les dernières semaines.

Niagara Falls, Ontario

Niagara Falls, Ontario

Détroit, Michigan

Détroit, Michigan

Millenium Park, Chicago, Illinois

Millenium Park, Chicago, Illinois

Le splendide Jay Pritzker Pavilion de l'architecte Frank Gehry, Chicago

Le splendide Jay Pritzker Pavilion de l’architecte Frank Gehry, Chicago

Magnolia jaune, Essex (Burlington), Vermont

Magnolia jaune, Essex (Burlington), Vermont

Trump Tower, Chicago

Trump Tower, Chicago

Boston, New York et Toronto suivront …

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En attendant : « Autoplogue » de mon moi-même du moment … Je me suis prêtée dernièrement au jeu des entrevues où je regarde ma timidité en face et me dévoile davantage.  Pour les intéressés, j’ai eu la chance de répondre au questionnaire de Proust voyageur de l’auteure Anne Becel sur son superbe site Correspondances, me suis livrée au 13 questions sérieuses et 13 plus légères sur la Page à Pageau et raconté le récit de mon périple mère-fille au Costa Rica dans la revue Espaces.

Allez hop ! Assez de « je-me-moi », je vais refaire ma valise pour vous revenir avec de beaux récits sur la route !

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De la plume au pinceau … Mise en mots de Kahlo

Je viens encore vous agacer avec mes amours mexicaines. ;-)

Celle-ci remonte à plusieurs années.  Je la porte en moi depuis que j’ai dévoré sa biographie par Hayden Herrera.  Elle ressurgit parfois au détour d’une chanson de Chavela Vargas.  Une passion admirative et pleine d’ardeur pour une femme.

On connait presque tous les circonstances qui ont fait de la vie de Frida Kahlo une lutte continuelle et souffrante face à son corps meurtri et brisé. Néanmoins, je crois qu’il faut plonger plus loin que son oeuvre artistique et aller au-delà du mythe qu’on en a fait pour comprendre à quel point cette femme se livrait en toute sincérité.  J’ai longtemps cru qu’elle avait besoin de peindre pour extirper entièrement ses blessures, que la douleur qui transparaissait dans les tableaux et les autoportraits durs et lucides se devait de s’échoir là, au travers des intenses couleurs.  Le besoin allait bien au-delà.  Au travers des mots aussi.

J’avais pourtant lu plusieurs de ses lettres écrites de sa main dans la casa azul à Coyoacan.  Même pour ceux qui ne comprennent pas l’espagnol, il serait possible de comprendre la portée lucide et violente de sa plume. Vous savez, lorsque le papier parle, que l’encre suinte et que les pattes mouchetées et entremêlées sur elles-mêmes évoquent d’emblée ce qui y est à décoder?  Néanmoins, lorsqu’on a la chance de lire ses lettres et de les comprendre, on saisit vite que le pinceau et les couleurs étaient insuffisants pour cette femme.  On le saisit encore mieux lorsqu’une comedienne choisit de les faire revivre ces mots et de nous les faire entendre…

Excessivement troublante et touchante était Sophie Faucher hier soir au MBAM dans Correspondance, une mise en scène composée de lettres, de poèmes et d’extraits de journaux intime de la peintre.  Excessivement comme l’était Frida dont l’art était « un ruban autour d’une bombe » comme l’a souligné Breton.  Excessivement découvrir que l’expression des émotions dures à même les couleurs de ses toiles, Frida savait tout autant les manier à même les mots, tout autant qu’elle pouvait regarder la douleur en face et la nommer, ajoute une dimension importante au portrait qu’on se fait de l’artiste.

D’une mise en simple simple et épurée, où les cadres suspendus évoquent non seulement le portrait que Faucher dresse d’elle par son choix de textes, mais aussi une mise en abyme évidente, mais combien juste, Correspondance m’a tout simplement séduite.  J’y ai redécouvert la femme forte et fragile qu’on a tristement transformée en icône commerciale, la sensible et dure, mais aussi celle qui fait preuve d’autodérision.  La femme festive avec sa volonté farouche de vivre. Et la femme brisée de toutes parts qui aime avec passion et qui aime la passion aussi…

© Musée des Beaux-Arts de Montréal

© Musée des Beaux-Arts de Montréal

La lucidité de sa plume est implacable.  L’interprétation de Sophie Faucher, passionnée, tendre, admirative et respectueuse.  Frida n’y est pas présentée comme une victime de son accident ou de son mari volage, mais bien comme une femme courageuse, avec ses doutes, ses grandes déceptions, ses colères et ses peines et bien sûr son amour toujours si puissant et fidèle pour Rivera.  Un amour dévorant qui la détruit par moment et rythme sa vie longuement;  on découvre aussi l’immense abnégation dont elle a fait preuve. Ajoutez à la lecture théâtralisée la présence de quatre magnifiques mariachis qui ponctuent et colorent la scène de leurs airs nostalgiques et festifs… comment ne pas être conquis ?

Correspondance, un tableau vrai, sincère et intime que nous dépeint puissamment la lecture théâtralisée de Sophie Faucher et qui est absolument respectueux de l’artiste.

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