Suivrez-vous la Course Évasion autour du monde ?

Et puis ?

De mon côté, je dois faire une confession : alors que j’étais morte de jalousie il y a quelques mois, je ne suis aucunement attristée de ne pas être abonnée au câble présentement.  Du moins pour cette seule émission, on s’entend, car s’il y a une seule chaîne pour laquelle je paierais, ça serait bien le Canal Évasion. Néanmoins, je ne me ferai peut-être pas que des amis ici (et je risque peut-être d’évincer toutes mes chances d’animer un jour une émission de style Fourchette et sac à dos (je serais tellement bonne pourtant !!)), mais l’approche préliminaire de cette émission me laisse quelque peu perplexe …

Je suis allée à quelques reprises « zieuter » les blogues des participants.  Et une grande peur, voir une énorme crainte noire, depuis me traverse.  Est-ce simplement une mauvaise impression de ma part, mais je crains d’assister à une sorte de téléréalité ayant pour thématique le voyage ? Du moins, je sens déjà que cette émission sera loin de la qualité et de la profondeur de la défunte Course Destination.  Je dois néanmoins me rappeler qu’il ne s’agit pas de la même émission.  Et que je dois laisser la chance aux coureurs…

J’ose tout de même avancer que je ne crois pas que de celle-ci jaillira de grands communicateurs et réalisateurs tels que Denis Villeneuve ou Ricardo Trogi. M’enfin, qui sait !?! Néanmoins, pour moi, c’est plutôt dénué d’intérêt (voir carrément insipide) ce que Joannie doit faire avant de partir (comme aller voir absolument tous ses amis ou se casser la tête sur quoi mettre dans ses bagages), que Gabriel appose le « check » final à sa to do list, ou qu’Éliot soit au prise au grand dilemme de sa vie en devant faire un choix existentiel entre son rasoir électrique ou un petit bic jaune (… !)

C’est drôle, en lisant tout ça, mon envie de participer à l’émission s’est rapidement éteint.  Certes, il y a Hervé qui m’a semblé touchant, terre-à-terre et profond :

« Au bout du monde, il y aura sûrement des rencontres, des amours avortés, des moments magiques qui me changeront à jamais. Tout ça dans le plus grand secret, en gardant les amis et la famille au loin. Sans un mot ni parole. « Hervé, tu vas vivre le plus grand moment de solitude de ta vie » me dit mon père. Ce moment, je le vis déjà aujourd’hui et ce n’est que le début. »

Après un voyage en Asie, ce jeune homme semble avoir bien saisi ce qui est si ténu et si riche dans le fait de voyager, se tenir au beau milieu de sa solitude en effleurant bien des possibles.  En se risquant à des rencontres et des « amours avortés », embrassant tout de même le choix de poursuivre sa route, laquelle, on ne sait trop, cette route à laquelle on décide de s’identifier et que l’on choisi de s’approprier en faisant un pas en avant et en choisissant de continuellement avancer.

Et pourtant, c’est exactement ça que nous offre la vie, même dans un quotidien ; ces rencontres, ces aventures, que l’on choisi ou non de voir, de prolonger.  La même chose. Exception faite que dans le cadre du voyage, on choisi de le ressentir à la puissance mille.  Comme si l’espace d’un moment, dans le vase clos du prétexte qu’est le mot « voyager », on s’autorisait enfin à s’y abandonner à cette vie.

Alors, suivrez-vous la Course ?  Si oui, je vous souhaite de découvrir non seulement des contrées époustouflantes, des personnes sensibles et des réalités touchantes, mais aussi du talent et de la créativité dans le travail de réalisation de ces participants.  Du talent, de la créativité, mais surtout, bien du coeur.

Tel que je l’ai avancé précédemment, il faut tout de même laisser la chance aux coureurs… Néanmoins, quant à moi, je choisi d’emblée de poursuivre ma propre course plutôt que de rester là, à regarder la parade. ;-)

La course est entamée … un, deux, trois, partez !

Voilà trois jours que j’essaie de digérer la nouvelle.

Alors que tous les amoureux de défis, d’aventures et de reportages à l’étranger se la relayaient lundi dernier, j’étais complètement effondrée.

Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti ainsi mon cœur battre à tout rompre. J’ai trépigné comme une enfant en ressentant l’excitation traverser mon corps. Littéralement. Ressenti un grand frisson me caresser l’échine. Mes yeux scintillaient, j’en suis certaine.

Et puis, bang !  L’amère déception…

Comme si on me faisait miroiter mon rêve de toute petite fille pour ensuite venir me le retirer.  En fait, c’est exactement ça …

*

Vous faites partie des nostalgiques de la Course destination monde ?

Votre rêve est de devenir reporter ou réalisateur et de partir sur les traces de Patrick Masbourian, Denis Villeneuve, Ricardo Trogi et bien d’autres ?

Vous avez entre 20 et 29 ans ?

Le canal Évasion relancera prochainement la formule de la défunte émission sous le nom de la Course Évasion autour du monde.

Je n’ai que deux mots : allez-y ! Inscrivez-vous !  Ne ratez pas cette occasion et n’écoutez pas les sceptiques qui souhaiteront comparer les deux formules. Tentez votre chance !  Peu importe le ton retenu de la réalisation, les concurrents vivront assurément une expérience privilégiée qui pourrait également s’avérer pour eux un important tremplin.

Quant à moi, tristement nouvelle trentenaire, je suivrai assurément avec passion et une profonde envie les concurrents de cette nouvelle émission.

J’imagine que c’est un peu ça, le goût légèrement amer et particulier d’un rendez-vous manqué…