Prémisses de petits bonheurs floridiens

Et voilà, quelques jours passés récemment en Floride, pas suffisamment pour palier à mon besoin de longs et lents matins de mer, mais assez pour l’assagir, m’y poser et longer la côte un brin… Me tremper les orteils dans trop de choses à faire: des rencontres professionnelles, écrire un article, dormir plus de 6 heures en ligne, me reposer et sillonner la plage, grappiller ça et là les brefs moments de solitude et de lecture, faire le plein de silence et se délester d’un quotidien que je partage normalement avec une véritable pie, peindre le condo d’une copine, visiter quelques villes, rédiger pour un projet embryonnaire, tester les Piña colada américains (ben quin ?) et le vin californien à 2.57$ la bouteille et surtout, surtout, trouver le temps de jouer à la rêveuse écrivant et la photographe de petits bouts de rien salins. Mission réussie, sauf pour la correction d’un vieux manuscrit, encore une fois, je l’ai trimballé absolument pour rien…

Dès l’aurore je me réveillais, trop excitée d’aller à sa rencontre. Sa rencontre, évidemment c’est Elle. C’est toujours ainsi, je le sais d’avance : l’aube se pointe le bout du nez et je n’arrive plus à dormir, alors que je pourrais rattraper les centaines d’heures de sommeil perdues depuis les dernières années. Perdues, elles le resteront. Car je m’éveille et je vais écrire sur elle. Que sur elle. J’ai soudain l’âge mental d’une fillette de 4 ans ou encore je me retrouve jeune femme timide qui se rend à une première « date ». Devant elle, ce n’est pas mieux : je souris béatement à chaque déferlement de vagues, m’abreuve de chaque brise comme on écoute un amoureux nous dire n’importe quoi lors des premiers moments.

Pétillement et papillons dans le ventre. Peu importe, il n’y a que les pêcheurs comme témoins.

Donc, je l’ai écrite tout en la contemplant. Mais ça, c’est pour un tout autre projet …

« Il n’y a pas que la mer en Floride », me direz-vous, « reviens-en donc ». Puisqu’il le fallait, j’en suis donc revenue et je suis allée à sa rencontre … Elle, c’est maintenant l’État, plutôt la côte, et non plus la mer, vous l’aurez compris. Rapidement, j’ai pris conscience que je portais toujours en moi une tonne de jugements quant à cet endroit qu’on affuble souvent du sobriquet « Sunshine State ». État soleil, certes, mais État soleil que tel qu’on l’entend avec ses bikinis kitsch, ses corps huilés de coco et ses roulottes cordées dans de drôles d’enclos non loin de la mer ?

C’était ma cinquième fois en Floride. J’aurais voulu découvrir la côte ouest, plus sauvage et déserte, qui m’intrigue depuis longtemps. J’y retournerai. Je suis pourtant plus indulgente, dénuée de cette vision exiguë qui a accompagné mes années de backpackeuse. Depuis un moment, je ne jure plus que par mon sac à dos, l’expérience et l’aventure : j’ai aimé à deux reprises Acapulco (oui, oui, cette ancienne station balnéaire kitsch et hyper mexicaine grandement méconnue), foulé le sable blanc de Cayo Coco, déniché des forfaits cheap à Holguin et Varadero, m’insurgé devant l’escroquerie des marchands à Playa del Carmen, mangé au pied d’une fausse tour Eiffel à Las Vegas, cueilli des citrons à Hollywood, dormi dans des hôtels de luxe pour le boulot à Orlando, été plus de 15 fois au pied des Chutes Niagara, guidé les circuits touristiques conventionnels de New York, Boston, Washington et bien d’autres…

Bref, elle est par moment loin l’aventurière qui était allée camper seule dans les Rocheuses, avait dormi dans les Calanques ou dans son hamac mexicain durant des semaines. Et en a fait du chemin question snobitude. D’ailleurs, maintenant je la porte plutôt en horreur …

Néanmoins, je l’admets, je portais toujours quelque part une certaine réticence à retourner fouler la côte est. S’ajoutait au boulot un bon prétexte : Quoi, ma grande amie qui a travaillé en Angleterre, à Banff, habité l’Australie, visiter le Japon, les Iles Canari, etc. (bref pas le genre qu’à se crémer vous l’aurez compris…) s’est achetée un condo en Floride avec son mari ?!? À 32 ans !?! La connaissant, il ne pouvait que s’agir que d’un endroit bien loin de Fort Lauderdale, Hallandale et Hollywood Beach où l’on entend l’accent québécois à chaque pouce carré. Pas compliqué, chaque fois que je pense à la Floride, j’entends Rémi Girard lancer à Pauline Lapointe son épique et tout autant gracieux : «Envoye dans l’lit, maudite chanceuse ! »*.

Long préambule pour dire que je croyais m’être absous de tout jugement et que j’en portais tout de même encore quelques traces …

Je reviens donc du Comté de St-Lucie, le grand sourire aux lèvres. Le regard empli de plages blondes et brunes dénuées de chaises de plastique. De restos de bord de mer sympathiques et authentiques qui n’ont pas le goût et le prix du tourisme. De mer aux accents turquoises des Caraïbes par moment. Et oui, aussi de palmiers et de couchers de soleil. Cela va de soit.

Le tout est à suivre. D’ici là, je vous laisse entre ciel et mer écumés.

Puisqu’il qu’avant tout, il importe simplement de rêver.

Mer

À suivre …

* Cette phrase splendide et élégante est issue d’un film québécois des années 90, tourné à Hollywood Beach, La Florida.

Pour ce voyage, j’étais en autre l’invité de la compagnie aérienne américain Allegiant Airlines, afin de tester les départs de l’aéroport de Plattsburgh. J’en parlerai abondamment dans un second billet et dans un article, mais je peux d’emblée dire que je reviens très satisfaite de leur service.

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