Délices gourmands et sucrés à Bayonne

Encastré entre les rives gauches de la Nive et de l’Adour, le Grand Bayonne se déploie timidement sur son léger promontoire. Au détour de petites rues étroites, une cathédrale, éminemment gothique, se profile en arrière-scène. C’est la Cathédrale Sainte-Marie, érigée à partir du XIIIe siècle, qui domine la ville et qui est absolument à visiter ainsi que son cloître magnifique. Et puis, il y a le Château Vieux, forteresse du XIe siècle tout de même, flanqué de ses tours rondes de pierres et de ses remparts… Pour bien comprendre l’histoire entourant le développant de la capitale culturelle du Pays basque, l’office de tourisme organise des tours guidés qui valent absolument coût.

Déjà simplement, le quartier le plus pittoresque de la ville a tout pour séduire. Mais, au-delà de l’architecture de la ville, admirer les façades colorées des magnifiques maisons à colombage est un coup de coeur assuré, le plaisir d’explorer Bayonne réside dans le fait de flâner ça et là et de pénétrer un peu partout pour le plaisir des yeux et de la panse. Car pour ça, il y a plus que matière !

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Vue iconique sur la Cathédrale Sainte-Marie

Que de belles découvertes ai-je réalisées chez Pariès, véritable institution du Pays Basque ! D’abord, les mouchous. Moi qui ne raffole pas du tout des macarons, je n’ai en rien ou si peu la dent sucrée, j’ai été bien surprise d’apprécier cette friandise, plus moelleuse et plus dense que ne l’est ce supposé incontournable de la pâtisserie française. Du basque Muxu, qui signifie « baiser » et qui évoque illico deux macarons qui se rencontrent, cette bouchée riche et fondante faite d’amandes espagnoles, de sucre et de blancs d’oeufs se décline en différents parfums. Au niveau des classiques : chocolat, pistache, noisette, nature. C’est délicieux !

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Mouchons de chez Pariès

Autre gros coup de coeur, le Touron ! D’origine catalane, cette pâte d’amandes réalisée avec les mêmes petites amandes douces « Marconas » se distingue de la confiserie espagnole de par son absence de miel. Le Touron basque se décline en différents parfums, celui au piment d’Espelette est tout simplement à tomber par terre.

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Touron au piment d’Espelette et à la pistache de chez Pariès

Autre spécialité à mentionner, le kanouga, mi-caramel tendre et mi-fondant au chocolat. Choisissez-le enrichi de noix, noisettes ou amandes. Et, dernière révélation pour se régaler, le gâteau basque ! Là… ouf ! Traditionnellement fourré de cerises, cette pâtisserie est faite à base de farine et de beurre (beaucoup de beurre !) auxquels on ajoute du sucre, de l’amande et des oeufs. Elle doit être croquante à l’extérieure et moelleuse à l’intérieure. On en retrouve à la crème d’amande, au chocolat, à la cerise noire et à la noisette. Dois-je le rappeler, je n’ai pas du tout la dent sucrée ! Et bien, sérieusement, je ferais bien des détours pour me procurer un tel gâteau !

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Délicieux gâteaux basques … Miumi !

Hormis ses spécialités propres à la région, les chocolatiers ne sont pas en reste, Bayonne étant considérée comme la capitale française du Chocolat  ! De fait, les Bayonnais étaient les premiers artisans du royaume de la France à travailler la fève de cacao au début du XVIIe siècle. Parmi les incontournables, l’Atelier du Chocolat de Bayonne et Chocolat Pascal (le chocolat chaud y est exquis !) valent amplement le détour. Évidemment, on retrouve un peu partout du délicieux chocolat au piment d’Espelette, un régal pour les amateurs de cette épice.

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Chocolats de L’Atelier du Chocolat

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On retrouve à l’arrière de l’atelier boutique un intéressant parcours-découverte pour en apprendre davantage sur l’histoire et la fabrication du chocolat

Bayonne est située à seulement une dizaine de minutes en voiture de la côte atlantique, si bien qu’y séjourner s’est aussi une excellente occasion d’aller découvrir Biarritz ou encore les très belles plages d’Anglet. Que ce soit pour le surf, qui  y est abondamment pratiqué, ou encore la farniente, la côte basque est un arrêt incontournable.

 

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Biarritz

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Anglet

De retour à Bayonne, les amateurs de salé se régaleront avec les diverses déclinaisons de pintxos et l’incontournable jambon de Bayonne que l’on retrouve un peu partout dans les restaurants, notamment Chez Gilles où il est bon de déguster le tout de la terrasse surplombant la Nive.

Et puis, tant qu’à être dans le Sud-Ouest, voilà une belle occasion de découvrir les rudiments de la pelote basque ou encore de les spectaculaires esquives des recortadores ! J’ai eu la chance d’assister lors de mon passage à la finale du championnat de Recorte du Pays Basque aux Arènes de Bayonne. J’avais auparavant assisté à une Manade dans la Camargue, qui s’est avérée plutôt violente, et une Feria del toro au Mexique, et j’étais plutôt sceptique. Quelle surprise de réaliser combien il s’agissait là d’un autre monde qui n’a d’autant plus rien à voir avec une corrida !

Le Recorte est un art tauromachique ancestral sans mise à mort de l’animal. Il met en scène des hommes et des taureaux cornes nues, en pointes et sans protection. Seuls face au toro, les recortadores ont la possibilité d’effectuer trois types de figures : El recorte, où il faut éviter la trajectoire du taureau en l’esquivant du bassin et en laissant les cornes passer le plus près du corps ; El Salto, où le recortador doit sauter par-dessus le taureau lors de la charge ; finalement El Quiebro, seule figure statique qui consiste à attendre immobile la charge du taureau. Le Recortador réalise une feinte sur un pas, pour dévier la trajectoire de l’animal et reprend sa place au derniermoment … Tous ces mouvements sont excessivement impressionnants, les recortadores font preuve d’un courage sans égal lors des esquives.  Vraiment, un art fascinant !

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El Quiebro, seule figure statique.

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El Recorte

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Le recortadore effectuant un El Salto

En vrac…

  • Afin d’adoucir la circulation, la ville de Bayonne fait circuler gratuitement des navettes électriques qui sillonnent la ville de 7h30 à 19h30 et s’arrêtent au lieu les plus fréquentés à toutes les SIX minutes ! On aime🙂
  • Des vélos sont à la disposition des touristes pour une journée maximum !
  • J’ai logé au Grand Hôtel, situé au coeur du quartier historique de la ville. Il s’agit-là d’un Best Western que je recommande chaudement ! On est vraiment loin des hôtels de cette chaîne de type américain …
  • Il faut compter une heure en train pour se rendre à Pau de Bayonne et un peu plus de cinq heures pour se rendre à Paris.

J’étais l’invitée de Atout France, Air France et de l’Office de Tourisme de Bayonne pour ce voyage dans le cadre du défi blogueurs. Un grand merci à tous ces partenaires !

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Des livres de poche pour voyager… en métro !

Quel magnifique et original concept ! Afin de promouvoir la lecture, le plus grand éditeur des livres de poche brésilien, L&PM Editores, vient tout juste de lancer une collection qui fait également office de pass d’accès au métro.

De fait, les habitants de Rio de Janeiro, au Brésil, peuvent désormais utiliser des romans pouvant faire office de tickets de métro. Grâce à un système de puces disposées dans la couverture, les usagers peuvent désormais accéder à un passage en scannant leur livre. Chaque livre acheté, mis en vente à l’entrée des stations, équivaut à 10 tickets de transport, et est rechargeable. La couverture des livres reprend également le graphisme des lignes de métro.

Actuellement, dix ouvrages, parmi lesquels des oeuvres de Shakespeare, Pablo Neruda, Agatha Christie ou encore F. Scott Fitzgerald, sont disponibles dans cette collection, baptisée Ticket Books.  De grands classiques tels que Hamlet et Sherlock Holmes ont été transformés en ticket de métro littéraire !

Dans un pays où un habitant ne lit en moyenne que deux livres par année, c’est toute une judicieuse opération visant à promouvoir la lecture en la rendant plus accessible !

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Tournée agrotouristique gourmande en Mauricie

J’ai récemment été invitée à parcourir un volet des quatre circuits agrotouristiques proposés par Mauricie Gourmande. Couvrant 4 terroirs, cette initiative développée par Tourisme Mauricie permet d’aller à la rencontre d’expériences culinaires, de découvrir des fermes et produits locaux tout autant que quelques attraits patrimoniaux.

On m’avait assigné le secteur couvrant Shawinigan. Voici donc le récit de mon séjour.

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D’entrée de jeu, je dois mentionner que j’ai été soufflé par la beauté des paysages au coeur de l’automne. Une amie m’avait dit combien elle adorait le Parc de la Mauricie lorsque les couleurs culminent et je n’ai pu qu’acquiescer en son sens. Traverser les petites routes campagnardes où les tons colorés et flamboyants contrastes avec la blondeur des champs de blé fut un réel bonheur, et ce, malgré une journée de pluie.

Ma visite a d’abord débuté à L’Auberge des Goglus à St-Jean-des-Piles, une charmante révélation. Je ne m’y attarderai pas ici, j’en parlerai dans un second billet, mais d’emblée je m’y suis régalée et j’ai vraiment apprécié le dévouement des propriétaires. J’y ai donc passé qu’une seule nuit et je recommanderai vraiment l’auberge pour une nuitée avant ou au retour d’une journée de randonnée dans le Parc de la Mauricie.

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En quittant St-Jean-des-Piles, un arrêt s’impose au petit parc Etienne Bellemare qui longe la route pour admirer le joli village de Grandes-Piles situé sur la rive est de la rivière Saint-Maurice. Direction ensuite vers le Restaurant Zélé à Ste-Flore, qui de l’extérieur ressemble à une vieille grange complètement revampée. Quand je mentionne à l’un des deux propriétaires qu’il y a de la graine d’artistes un peu partout à même la décoration, il me lance tout sourire qu’ils se sont bien amusés. Et ça se sent ! Amusés certes, mais avec goût, mariant le rustique et le vintage avec finesse, créant une jolie ambiance chaleureuse. Le resto sur deux étages est parsemé ça et là de toiles et sérigraphies d’amis artistes auxquels s’ajoutent un joli piano droit.

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Reconnu d’abord pour sa table en soirée (on imagine aisément l’ambiance chaleureux et feutrée de par les petites bougies sur les comptoirs), l’endroit propose maintenant le lunch quelques jours par semaine. Potage de carottes, arancini aux champignons et petit gâteau à la citrouille de la boulangerie Bonté Divine ont donc constitué mon excellent diner, rien à redire.  Il me faudra y retourner : le menu, affiché sur les ardoises qui ornent le mur de briques, composé de lapin, pétoncles au romarin, truite fumée et contre-filet notamment, laisse présager bien du bonheur en soirée !

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Direction ensuite vers Shawinigan où un arrêt s’impose au marché public. On a souvent tendance à négliger ces endroits qui recèlent des petites merveilles, qui constituent un excellent moyen d’aller à la rencontre des produits typiquement du terroir et qui favorise la discussion avec les producteurs et maraichers.

Le Marché de Shawinigan a d’ailleurs été inauguré dans sa version améliorée cette semaine. Les commerçants ont formé une coopérative et y ont réinvesti près d’un million de dollars. Alors qu’ils n’étaient que huit, les voilà maintenant 35 commerçants à proposer leurs produits dans de nouveaux kiosques.  Mes coups de coeur parmi les étals et les kiosques ? Passion Lavande qui offre maintenant aussi des produits réalisés à partir de leur champs de tournesols (je me suis promis d’y aller en été !), les Couleurs de la Terre, reconnus pour leurs chips maisons et leur poutine depuis des années déjà au Marché de Bécancour, Multi-Eco producteur de sirop d’érable biologique (leur beurre d’érable est vraiment excellent, bien dosé question sucre, il ne tombe pas sur le coeur comme c’est parfois le cas avec ces produits sucrés) et finalement les moelleux beignets de la Fourchette Coquine.

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Arrêt ensuite à la Broadway Microbrasserie, qui propose sur trois étages des bières artisanales. L’ambiance en après-midi fait relativement taverne, mais j’imagine que le temps maussade n’a pas vraiment aidé. On l’imagine plus jeune et très animée en soirée, avec ses tables de billards et ses tables de jeux. Il me faudra y retourner pour étrenner la grande terrasse extérieur.

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J’ai opté pour une palette de dégustation au coût plus qu’abordable : 4 choix pour 8,75$ dans de généreux verres (peut-être un brin trop question dégustation, mais on ne s’en plaindra pas.) Beau coup de coeur pour la Saison Broadway, une red ale forte et amère à souhait.

Finalement, un arrêt à la populaire et festive Microbrasserie le Trou du diable s’est imposé. Pour avoir travaillé dans des brasseries artisanales durant plusieurs années, je peux d’emblée dire que celle-ci respire à souhait la coopérative brassicole. Du personnel jeune, sympathique et qu’on devine festif plus tardivement en soirée, 16 bières en rotation du fût (un brin déçu qu’il ne propose pas de bière en cask, mais elles sont rarement appréciées à leur juste valeur au Québec alors c’est plutôt compréhensible) et une grande salle agréable qui doit certainement être bondée en soirée.

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Beaucoup aimé la qualité des bières de la Microbrasserie, d’autant plus que pour certaines bières il ne lésine pas sur l’amertume ! Pas étonnant que le Trou du diable récolte autant de prix à chaque année. Un endroit idéal pour un 5 à 7 ou pour terminer la soirée ! À noter qu’à quelques rues se trouve la Shop du Trou du diable, une boutique et salon où se tient régulièrement des événements, notamment la représentation de spectacles de bons nombres de groupes populaires québécois.

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En été, le parcours touristique Divins Détours permet de découvrir des lieux de culte de la ville. Le parcours propose de découvrir 4 églises patrimoniales de la région au travers de pauses gourmandes (5 endroits), 8 haltes zen et 5 hôtels.

Par ces visites d’églises, on en ressort avec de nouvelles connaissances sur la fondation de certains secteurs clés de Shawinigan, sur l’art du vitrail, de la peinture et de la sculpture, ou encore sur les différents styles d’architecture. On peut par exemple apprécier le travail du peintre Ozias Leduc qui orne les murs de l’Église Notre-Dame-de-la-Présentation après s’être arrêté à la boulangerie Tous les jours dimanche et avoir pique-niquer au Parc St-Maurice… Une foule de possibilité pour approfondir la région dans sa réalité gourmande que ses spécificités patrimoniales.

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J’étais l’invitée de Tourisme Mauricie afin de découvrir ce volet de la Mauricie Gourmande. Merci ! Toutefois, toutes les opinions émises ici sont miennes et nullement dirigées.

Bien qu’elle ne fasse pas partie de ce parcours, la Microbrasserie À la fût à Sainte-Tite vaut amplement le détour ! Allez-y !

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Destination : Pau et Jurançon… Château, marché & vino !

Ainsi donc, suite à ce projet France Festive avec des destinations mystères dans le cadre de la fête de la Gastronomie française, je me suis retrouvée à Charles de Gaulle avec une correspondance en direction de Pau pour ensuite me diriger en train vers Bayonne dans le Pays Basque français. Joie !

Quel plaisir que de se rendre vers le sud-ouest de la France dans un endroit dont je ne savais presque rien, sinon qu’il ferait possiblement toujours chaud en septembre et que des surprises nous attendaient à l’horaire ma collègue anglophone Mayssam et moi !

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Pau, sa palmeraie et les Pyrénées au loin

Capitale du Béarn, Pau est une petite ville tranquille de 84 000 habitants sise non loin des Pyrénées. D’emblée, j’ai été étonnée du nombres de rues piétonnes qu’elle arbore en son centre, de la largesse et de la quiétude de celles-ci. Nous avons d’abord débuté notre tournée en explorant le château qui domine la ville et qui se dresse au-dessus du gave.

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Château de Pau au coeur de la ville

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Vue sur la cour intérieure du château

Visiter le château de Pau dont l’histoire commence il y a plus de 9 siècles est réellement un incontournable pour quiconque explore la ville. On y découvre l’histoire, par moment croustillante, d’Henri IV, roi de France et d’abord de Navarre qui y naquit et vécut. Il s’y trouve notamment des tapisseries des Gobelins datant du XVIIe siècle qui étonnent de par la richesse des couleurs qu’elles affichent toujours, celles-ci n’ayant toujours pas eu besoin de restauration.

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Projections et jeux de lumières sur les façades du château à la tombée de la nuit

Le boulevard des Pyrénnées est un second incontournable pour une balade. Les hôtels et immeubles qui longent cette terrasse qui surplombe la ville, et se fait en son pourtour une promenade bordée de palmiers, donnent par moment une impression nettement méditerranéenne. On se croirait littéralement dans un décor de bord de mer alors que le paysage se découpe plutôt à flanc de montagnes au loin.

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Pau nous réservait une autre surprise le lendemain : son marché ! De l’extérieur, l’endroit à pour ainsi dire l’air de rien, mais une fois qu’on s’y engouffre, il se relève avec ses arômes et artisans sympathiques presque magique. Quel plaisir de se rendre d’étal en étal goûter les différentes spécialités locales et discuter avec les producteurs et marchands de la région, le tout déterminé et orienté par un joli petit carnet. De fait, le Pass gourmand est une initiative qui permet d’aller à la rencontre des artisans producteurs partenaires, en défilant dans les Halles et le coeur de la ville afin de déguster une sélection de produits locaux. Il suffit de se présenter chez les artisans et commerçants participants et de leur donner le petit coupon du carnet leur correspondant afin de goûter un de leurs produits sur place et de repartir avec une petite portion de celui-ci ! Le carnet se détaillant à seulement 12 euros pour plus d’une dizaine de dégustations, il y a de quoi séduire les touristes ! Une manière nettement originale d’aller à la rencontre des artisans locaux et de découvrir les produits régionaux ! Nous sommes littéralement tombées sous le charme du concept.

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On s’apprête à déguster la Tomme de brebis de la Fromagerie Alexandre

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Les Halles, tous les jours sauf le dimanche, les producteurs de la région y vendent leur récolte.

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Les Halles

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Saucisson de l’Aquitaine

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Tomme de brebis des Pyrénnées

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Le Pastis d’Amélie, un gâteau béarnais moelleux délicieux !

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La poule au pot ! Un poulet entier prête à être mijotée à la manière d’un pot-au-feu dont on attribue la tradition à Henri IV

Ainsi armées de nos victuailles, nous nous sommes rendues à peine à une quinzaine de minutes à l’extérieur de la ville pour nous plonger dans la région viticole de Jurançon et nous sustenter dans un décor plus que magnifique !

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Notre pique-nique de produits artisanaux de la région accompagnés de Jurançon du Clos Lapeyre sur lequel nous nous trouvions !

Une fois bien repue, j’ai eu le bonheur de vendanger au Clos Lapeyre avec Jean-Bernard Larrieu, vigneron passionné, et absolument passionnant, qui nous en a appris autant sur la culture de la vigne que sur les différents raisins. Pour faire un bon Jurançon, il faut que les vignes soient orientées sur les coteaux du Béarn en direction sud vers les Pyrénnées, plus précisément vers le pic du Midi d’Ossau. J’ai donc récolté le courbu, une grappe plutôt dense, et appris à distinguer le gros du petit manseng. Grosso modo, le petit manseng est un raisin qui donne un cépage qui permet un vin blanc sec, alors que la grappe du gros manseng est plus ramifiée et porte plus de grains plus volumineux. Il donne des vins plus moelleux aux notes miellées avec une touche d’abricot.

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Vignoble du Clos Lapeyre en amphithéâtre

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Récolte de courbu

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Récolte de courbu

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Que du bonheur !

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Vignes et grappes de gros manseng

Besoin d’ajouter que j’étais comme une petite fille dans un magasin de jouets ?! Vendanger est une expérience fabuleuse, j’y aurais certainement passé le mois entier. Certes, ce n’est pas une activité touristique accessible à tous, et en cela je me suis sentie excessivement choyée d’y avoir un petit peu participé. N’empêche, vous devez vous rendre au vignoble afin de visiter le caveau. Une balade, la « Jurançonada », à travers deux vignobles permet une lecture originale de la vigne, du terroir et de ses habitants.  Il me faudra y remettre les pieds, on retrouve 64 vignobles indépendants d’appellation Jurançon sur une petite superficie qui s’étend sur une quarantaine de kilomètres… D’autant plus que le Jurançon est un terroir qui donne de superbes vins, notamment les moelleux qui accompagnent divinement le foie gras !

(à suivre : Bayonne…)

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Quelques infos pratiques :

  • Pau se situe à 770 km de Paris. Des vols quotidiens sont desservis de CDG et hebdomadaires de Marseille. Également facilement accessible en TGV (5hrs de Paris) via Rail Europe.
  • Bordeaux, la capitale régionale de l’Aquitaine, est à 2 heures de Pau. Bayonne à 1 heure en train.
  • La ville accueillera le Championnat du monde de canoë kayak en 2017. Il faut absolument visiter le Stade d’Eaux vives, duquel plusieurs villes auraient intérêt à s’inspirer…

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Vous avez jusqu’au 15 octobre 2015 pour voter pour la destination festive en France et courir la chance de remporter un voyage pour 2 ! C’est super simple, par ici !

J’étais l’invitée de Atout France, Air France Canada et Tourisme Pau pour ce superbe projet à la découverte de la France Festive. Merci.

Grâce à My Webspot qui m’a fourni un boitier portable, j’ai eu accès en tout temps sur mon téléphone à du WiFi. Le principe du boitier qui sert de borne wifi est simple et beaucoup moins dispendieux qu’un forfait de données à l’étranger.  Il s’agit d’un petit appareil léger qui est connecté au réseau 4G que l’on traine dans son sac et auquel on se branche pour naviguer. Vraiment étonnée et enchantée de ce service, je me demande littéralement à quand une telle initiative au Canada svp ?!?

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À la rencontre de la France gourmande et festive !

«Dès la première bouchée, mes papilles gustatives, jusqu’alors assoupies, se réveillèrent dans un spasme…» 

Peter Mayle, Aventures dans la France gourmande

Voilà ce qu’écrivit le populaire écrivain anglais lorsque la gastronomie française agit sur lui telle une révélation lors de son premier déjeuner en France. Ses sens endormis se réveillèrent au même moment où il découvrit à quel point il était possible de prendre plaisir à se nourrir. Car, comme beaucoup d’autres choses, le plaisir des sens est quelque chose qui se développe, se cultive et s’apprend…

Bien avant la gastronomie française, c’est la France littéraire et culturelle que j’ai d’abord découverte et approfondie, il y a plusieurs années, à travers ses musées grandioses, ses surprenants cimetières, ses écrivains, artistes, poètes et chanteurs phares et ses discrets ou flamboyants architectes qui ont laissé leurs traces bravant les décennies, parfois les siècles. À l’aube de la vingtaine, et après l’avoir longuement lue, et prisée, j’avais envie de fouler la France, un peu à l’instar de Gide que j’avais dévoré.  « Il ne me suffit pas de lire que le sable des plages est doux ; je veux que mes pieds nus le sentent », …cette phrase tirée des Nourritures terrestres fut en quelque sorte un leitmotiv. Et j’ai voulu aller à sa suite.

J’étais fauchée et comme plusieurs jeunes bourlingueurs avides d’explorer le sac au dos, je devais consacrer la majorité de mon avoir à me loger et à trouver comment me déplacer à travers l’Europe. La France gastronomique, je l’ai alors peu goûtée. N’empêche, j’ai trainé avec bonheur dans quelques colorés marchés, apprécié nombre de jambon-beurre et compensé sur l’achat de fromages, normalement à des prix démesurés au Canada, dans les supermarchés français. J’ai tout de même savouré quelques plats emblématiques dans la foulée. Au-delà du sel que l’on trouve désormais dans nos cuisines, j’ai souvenir d’exquis fruits de mer à Saintes-Maries-de-la-mer accompagnés de riz camarguais, le tout évidemment arrosé de trop de vin rosé, lors d’un mémorable pèlerinage gitans.  M’être empiffrée d’une bouillabaisse tout simplement pas possible sur le Vieux-Port de Marseille. Tout autant que la fougasse sucrée d’Aigues-Morte. Avoir découvert, avec stupéfaction, qu’au Québec on négligeait souvent un des ingrédients fondamentaux à la salade niçoise… Et avoir dû, faute d’argent et bien malgré moi, laisser tomber la découverte du tablier de sapeur et des fameuses quenelles que l’on retrouve typiquement dans les bouchons lors de mon passage à Lyon.

Quelques années plus tard, lors du mariage de mon frère et de ma copine dans le Finistère, j’ai découvert la joie des crêpes bretonnes jusqu’à saturation. Le plaisir inouï de manger du cochon grillé froid à cinq heures du matin lors d’un mariage druidique et quelque peu, d’accord peut-être un peu beaucoup, festif … Englouti quelques gavottes à Dinan. Tout comme les populaires galettes du Mont-Saint-Michel. J’ai davantage, surtout de par son accessibilité, découvert les saveurs de l’Amérique Centrale au cours des dernières années…

Ainsi, « Foodie » ? Pas réellement … Il est plutôt rare que je me plais à photographier les plats que je m’apprête à consommer; je ressens toujours un certain malaise (ne vous inquiétez pas, je saurais me prêter au jeu et vous partager mes découvertes…)

Épicurienne ? Le mot est on ne peut plus galvaudé.

Gourmande ? Sans doute.

Gourmande d’aventures, passionnée et excessivement curieuse ? On ne peut plus vrai.

Quant à mon rapport à la nourriture, je dirais, avant tout, qu’il est exigeant. Et avec honnêteté, un brin snob sur certains trucs. J’aime l’amer, le très amer ;  Le Chardonnay beurré, très rond et très beurré. Les Bourgognes aux tannins ronds et fins et les Pinots noirs costauds. Je sais, en général, illico distinguer la qualité d’un champagne à la finesse de ses bulles et reconnaitre simplement au son de la machine à café si le lait chaud ou la crème accompagnant le café sera brûlé ou non…Tout autant que voir venir un espresso pas assez serré. J’aime ma viande très saignante, presque bleue. Je n’ai pas la dent sucrée, je suis donc très difficile en matière de douceurs et de pâtisseries. Et j’ai des goûts par moment assez particuliers. Mes repas préférés ? Le foie de veau, les huitres a la plancha et le Huatchinango a la talla.

J’ai les papilles gourmandes un brin aiguisées. Mais surtout, et c’est ça qui importe, le tempérament aventurier, curieux, passionné et assez festif. Donc pas trop inquiète de me prêter à ce jeu et de me diriger à l’aéroport sans trop savoir où vais-je. Curieuse de me prêter à ce défi regroupant 4 blogueurs québécois en France, défi dont je ne sais toujours rien, sinon que je me retrouverai au courant de la journée jeudi dans l’une de ces 4 villes où je n’ai auparavant jamais mis les pieds.

Mulhouse, Nantes, Bayonne ou Bordeaux…

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À travers nous, vous pourrez donc apprivoiser et découvrir cette France gourmande et festive. Vais-je me gaver de Kouglof et de Gewürztraminer ? Découvrir les spécialités culinaires et viticoles bordelaises ? Approfondir la gastronomie du Pays basque et l’incontournable jambon de Bayonne ou apprécier les produits du terroir nantais bien arrosés de Muscadet ?

« Peu importe la destination, seul compte le voyage » dit-on communément.

La fébrilité se niche donc tranquillement une place tandis que je jubile de cette plongée en terrain gastronomique. Avec ce qui me plait, ce qui me plait par-dessus tout dans le fait de voyager, aller à la rencontre d’un inconnu à découvrir. D’autant plus agréable lorsque cet inconnu tend à être partagé…

Je ne sais donc n’y où vais-je en France, ni que ferais-je, sinon que mes sens seront à l’honneur à contempler couleurs, humer des arômes singuliers, goûter les saveurs propres à une région et festoyer comme il se doit la fière, et avec raison, gastronomie française.

Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter, disait Michel Déon, écrivain français. Je ne saurais mieux dire !

Voilà donc, que la France Festive soit !

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Le 25-26-27 septembre prochain, maintes villes à travers la France laissent place à des festivals gourmands. Pour plus de détails, ici.

Pour me suivre, avant le lieu de l’écrit, ce sera avant tout dans les réseaux sociaux, sur Facebook, Instagram et Twitter.

Le Hashtag pour suivre le défi, en apprendre davantage sur ces villes et régions et courir la chance de gagner un voyage pour deux en France en échangeant ensemble: #francefestive

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Le bruissement du sel

Les Îles ! On passe par tous les états d’âme quand on est insulaire et qu’on s’intéresse à l’insularité. Un jour on a l’impression d’être reine et maître d’un royaume bien protégé ; un autre jour ; le poids des responsabilités vous fait courber l’échine. L’insulaire oscille entre partir et rester là, entre le passé et l’avenir, entre la conservation et le développement, entre l’ici et l’ailleurs

 Hélène Chevrier, Îles-de-la-Madeleine

Je m’éveille après une courte nuit de sommeil. Un peu plus de cinq heures, je commence à en avoir l’habitude. Le corps endolori se manifeste toutefois, je sens l’effort des randonnées et des excursions des dernières semaines qui se manifestent. La fatigue des derniers mois qui s’accumule.

Je suis aux fabuleuses Îles-de-la-Madeleine, plus précisément dans une adorable chambre du Domaine du Vieux-Couvent, avec pour tout rendez-vous matinal un déjeuner pour les huit heures. Du temps. Je pourrais me rendormir, enfin rattraper les heures manquantes de sommeil et cumuler l’énergie.

Comme je m’y attendais, je n’y arriverai pas.

*

Elle me fait ça, chaque fois, que ce soit dernièrement à travers le Québec Maritime, en Floride, en Virginie, en République Dominicaine, à Cuba, en Bretagne, sur les côtes méditerranéennes, au Mexique, au Costa Rica, peu importe…

C’est toujours plus fort.

Plus fort que la fatigue. Que le corps endolori.

Je ferme les yeux quelques secondes et les rouvre aussitôt. Je sais très bien que c’est inutile;  je n’y arriverai pas.

Je démissionne, puis me lève.

M’abandonne à ces matins de mer…


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Un peu partout, mes matins de mer se ressemblent, étant à mes yeux nécessairement plus ravigotants que toutes ces heures possibles à ne rien faire. Ils balaient : les tracas, les émotions trop vives, les blessures et les doutes ; laissant de la place pour le nouveau. Les matins d’Îles cependant diffèrent. Peut-être parce qu’ils semblent davantage hors du temps ou qu’ils semblent le prolongement des soirées où le ciel se voile d’une teinte rosée. Je ne sais trop. Peut-être parce qu’à l’instar de ces littoraux qui limitent le territoire, je me fais alors plus consciente de celles qui me sont propres. Que l’envie frénétique d’en profiter pleinement se manifeste d’autant plus. Et que j’ai envie de me jouer du temps et de la fatigue. Prendre le temps entre mes mains et l’égrainer doucement…

Peut-être aussi qu’à l’instar des départs et des arrivées qui sont bien différents pour les insulaires, il n’y a qu’à voir comment l’arrivée et le départ des traversiers modulent le quotidien, les levers et couchers de soleil le sont tout autant.

Ce matin-là, j’irai donc marcher sur la petite plage en contre-bas du Domaine du Vieux Couvent. Tôt, très tôt. Jusqu’à ce que j’entende et j’aperçoive justement le traversier du CTMA quitter Cap-aux-Meules avec à son bord ses travailleurs, ses Madelinots et sa horde de touristes estivaux.

*

Certes, les Îles-de-la-Madeleine séduisent de par leur beauté saisissante … Et ses habitants tout autant avec leur dialecte singulier qui s’apparente à l’acadien, leur relation particulière aux éléments qui les entourent et à la mer. Mais ce matin-là, je ne peux m’empêcher de penser à ces insulaires qui le sont devenus par choix, ces « étranges » rencontrés au cours des derniers jours et des dernières années et qui teintent aussi la vie des Îles à leur façon. Mon ex belle-soeur, voyageuse, rimouskoise et tombée en amour littéralement avec les Îles il y a plusieurs années, autour desquelles elle a fait graviter sa vie personnelle et son défi d’entreprise, le Globe-Trotteur ; L’artiste peintre Takanori Serikawa, seul japonais des Îles, installé depuis 2004, accueillant chez lui Madelinots et touristes avec sa fine et délicate cuisine japonaise, amoureux tant de ses tons pastels que de son aspect plus agressif en hiver. Mylène, de la Salicorne, résidente depuis 5 ans, parfois elle aussi tiraillée par ses doutes de la vie insulaire. Tenaillée entre le désir de rester et de partir qui peut parfois la traverser lorsque l’hiver s’étire sans qu’on y envisage la fin. Ce sera la nature qui lui apportera ses réponses. Un renard, un héron croisé le long de la route et puis un nuage qui se profilera en forme d’hameçon.

Il évoquera nécessairement l’archipel; elle l’interprètera comme un signe.

Elles sont toujours là, à même la nature, les réponses…

*

Et puis, de toute façon, partir pour où ?

Quitte-t-on jamais les Îles ? Du moins, je suis convaincue qu’une fois qu’on les a foulées des pieds, on les porte ensuite continuellement avec soi. Il n’y a qu’à voir la lueur qui pétille dans le regard d’une personne lorsqu’on les évoque. Elles parlent au voyageur, à l’artiste, à l’amoureux de mer et de nature, à celui qui a soif de vent et de liberté… Au-delà de la beauté saisissante de l’archipel et de la singularité de chacune de ces îles, ce sont des milieux indéniablement fragiles, vulnérables que l’on se doit de protéger. Il n’y a qu’à penser à l’ammophile, cette plante qui s’enracine dans le sable et qui est plantée afin de préserver certaines dunes menacées par l’érosion. Ou aux importants quotas de pêche afin de préserver les eaux poissonneuses du Golfe dans lesquelles baignent les Îles ; la veille de mon arrivée aux Îles avait lieu la pêche au Flétan, la seule et unique journée de l’année où les Madelinots peuvent s’y adonner durant quelques heures, c’est tout dire. Peut-être bien parce qu’ils sont conscients des limites des Îles et de leurs ressources, que les insulaires doivent souvent plus que quiconque apprendre à trouver des solutions en respect et en regard de leur territoire.

Cette tension si propre au voyageur, aux prises avec son envie d’ici et d’ailleurs, l’insulaire semble la vivre plus que quiconque… En fait, l’insulaire m’apparait comme un éternel voyageur…

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Plus tard sur la Grave, je montrerai à l’artiste Martin Fournier du Limaçon un petit bout de caillou trouvé matinalement sur mon bout de plage dorée.  Un petit bout de caillou blanc immaculé. « C’est de la sélénite, un minéral dont on se sert davantage pour les sculptures. » Un minerai qui se créer lorsque l’eau de mer se trouve isolée et s’évapore et que les sels s’accumulent pour former quelque chose qui s’apparente à du gypse. Cela m’a rappelé que l’archipel reposait sur d’immenses dômes de sel ; dômes de sel exploités par les mines Seleine à Grosse Île.  C’est d’ailleurs ces immenses colonnes de sel qui ont propulsé les îles hors de l’eau. Le sel étant donc en quelque sorte l’invisible moteur géologique des Îles-de-la-Madeleine…

Mais les colonnes sont toujours là, sous la mer …

Cette fois-ci, plutôt qu’un bout de bois de grève, je repartirai avec dans mes valises mon petit morceau de sélénite et un sel aux accents marins acheté chez Gourmande de nature. À ma manière, et à l’instar de Mylène, j’en ferai mes réponses…

*

Évidemment il y a le vent;

la mer ;

et l’air salin aux Îles-de-la-Madeleine.

Mais il y a aussi ce qu’on ne voit ou ne ressent pas ;

le temps qui s’arrête et qui s’égraine au rythme lent du sable fin ;

Il y a ce qui est brut et qui se transforme… au même titre que l’eau salée lave le grès rouge des falaises tombé dans la mer; grès qui viendra ensuite s’étaler le long des berges en un magnifique sable blond.

Et puis, il y a l’invisible; ce qu’on ne voit pas, mais qui pourtant est.

Ce fil invisible qui rattache continuellement les insulaires voyageurs à leurs Îles;

Un peu comme ce qui murmure doucement là, caché sous la mer…

Que l’on peut peut-être entendre si l’on tend doucement l’oreille;

il a aussi,

le doux bruissement du sel…

 

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*Le bruissement du sel est le titre d’un ouvrage poétique de Serge Torri.

***

Quelques coups de coeur d’Îles découverts lors de mon passage dont je parlerai davantage prochainement :

  • Le souper « Entre terre et mer » de la cuisine gourmande du terroir de la Table des Roy ! Mets exquis et service irréprochable !
  • La randonnée pédestre avec une guide interprète de l’Auberge de la Salicorne sur Grande-Entrée et Grosse-Île
  • L’Atelier de taillage et de polissage de la pierre au Limaçon
  • Déguster une Terre Ferme (la meilleure IPA au monde, j’en ai jamais à ce jour découverte de mieux !) à l’Abri de la Tempête…

Merci à Québec Maritime, Tourisme Québec et Tourisme Îles-de-la-Madeleine d’avoir embarqué dans ce projet de roadtrip au travers du Québec Maritime. Vous pouvez dès lors nous lire sur le site de Québec Maritime.

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En route vers les Îles-de-la-Madeleine …

J’ai découvert les Îles-de-la-Madeleine il y a exactement 6 années. Un mois de juillet plutôt houleux de ma vie où j’apprivoisais tant bien que mal l’idée que j’attendais un enfant et que le couple que je formais alors avec son père ne ferait pas long feu; il ne le faisait déjà plus… Cette escapade vers les Îles d’une semaine s’était donc présentée comme une bouée à laquelle on s’accroche sans trop savoir jusqu’où l’on va dériver lorsque notre vie prend soudain les teintes d’un mauvais soap… Mais que la dérive fut belle !

Éminemment belle.

Du moment que j’ai posé les pieds en dehors de l’avion qui se posait à Havre aux maisons, il n’a suffit que de quelques secondes. J’étais tombée. Littéralement tombée amoureuse. Mon premier, et mon seul, véritable coup de foudre pour un univers insulaire à part, sis quelque part au beau milieu du golfe Saint-Laurent. Ce mélange de petites maisons colorées, d’air salin et de pieds-de-vent m’ont illico séduite. Et sont venus se loger une place dans mes souvenirs comme un espace libre dans lequel je me réfugie lors de trop grands vertiges.

Alors que je m’apprêtais à perdre une bonne part de ma liberté et de mes élans spontanés, les Îles sont venues parler à l’artiste qui sommeillait en moi. Voir et rencontrer ces artisans qui vivaient principalement de la mer, des produits qui en étaient issu et qui les transformaient, m’ancrait. Me charmait.

J’ai replongé hier dans ces photos d’une autre moi. D’une moi enceinte et paniquée qui s’apprivoisait au même rythme que j’égrainais doucement l’archipel. Puis, une nuit, je suis allée campée, seule dans ma tente à Pointe-aux-Loup directement sur la plage (chut, que nenni, on a pas le droit de faire ça …) Après avoir contemplé un coucher de soleil extraordinaire, comme ils restent longtemps à l’esprit ces couchers madelinots, j’y ai passé une nuit intense, magnifique, à écouter la mer farouche venir se fracasser à mes pieds. Cette sensation de se faire façonner par les éléments, peut-être accentuée par le fait qu’une petite perle se formait alors en moi, ne m’a par la suite plus vraiment quittée.

Camping sauvage aux Îles-de-la-Madeleine (c) Marie-Eve Blanchard

Camping sauvage aux Îles-de-la-Madeleine (c) Marie-Eve Blanchard

« Mais surtout, il faut aller aux Îles pour prendre le temps et l’observer. Tenir au creux de la paume de sa main une poignée de sable et regarder doucement les grains s’écouler. Longer le littoral, lentement, puis se faire à notre tour falaise de grès rouge. Et, à l’instar de celle-ci, saisir et vivre quelques instants cette évidente allégorie des vagues et du vent qui ne cessent de façonner à leur guise ce fragile environnement. Pour finalement se ramener un moment à notre petitesse et notre essence : sentir fortement que même si l’on tente vainement de les dominer, nous aussi on se fait sculpter par la mer et le vent… »

Voilà comment je concluais un billet sur les Îles-de-la-Madeleine l’année dernière… Je vous invite à le lire et à replonger dès demain avec moi au creux de cet archipel, véritable joyau du Québec Maritime, que je ne me lasserai jamais d’apprivoiser…

Se faire sculpter par la mer et le vent …

**

Pour suivre la seconde partie de notre Roadtrip à travers le Québec Maritime, suivez le mot-clic #RoatripQM dans les différents réseaux.

Retrouvez aussi quelques uns de nos billets sur le site du Québec Maritime !

Merci à Québec Maritime et Tourisme Québec pour ce superbe projet! Bien qu’invitée, les opinions émises ici sont entièrement miennes.

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Quiétude, splendeurs et tonalités colorées de l’Ile Verte

Les prunelles tournées

vers l’enfance des pierres

au fond

dans l’épaisseur de sel

les phares

gemmes aux yeux riches

à brève parole

s’allument,

s’épuisent

Le Fleuve est dans les mots

Le silence luit

Yves Préfontaine

Voilà une semaine que je laisse décanter les 3700 kilomètres de route et d’air salin venu de ce grandiose fleuve qui éreintent d’une fatigue toujours si belle. Une semaine depuis notre retour de cette première partie à travers le Québec maritime. À démêler les notes écrites grossièrement dans les carnets, sur le téléphone et bouts de papier. J’ai trouvé si peu de temps pour écrire tandis que l’on écumait les routes et il y a tant de beautés et de rencontres qui cumulent dans ma tête. Tant de splendeurs et tant de richesses qu’offre ce Québec de bord de mer que je me plais à chaque fois de découvrir que je ne sais pas quoi commencer… Peut-être cet ultime coup de coeur, en quelque sorte inespéré ?

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Phare de l’Île Verte (c) Marie-Eve Blanchard

Je rêvais depuis longtemps de dormir auprès d’un phare. Rêve de gamine d’une autre époque peut-être… Ces phares qui se sont faits les yeux d’un fleuve durant des décennies, phares qui ont si souvent évité à des navires de frapper des écueils, phares et gardiens qui vivaient isolés et devaient par moment recueillir naufragés.

Et puis voilà, le doyen du fleuve Saint-Laurent, érigé entre 1806-1809, qui se dressait devant moi au beau milieu de rosiers sauvages !

Ça sentait bon. Et c’était beau.

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Phare, maisons des gardiens et rosiers sauvages.

J’ai découvert oui un phare, mais surtout une île. Une île hors du temps. Une île où l’artiste en moi s’est reconnue, où elle y puiserait aisément inspiration et quiétude. Moi qui souffre d’insomnie depuis des mois… Le sommeil profond est enfin venu me chercher dans mon lit cette nuit-là tandis que le feu de signalisation balayait doucement le fleuve.

J’étais littéralement tombée en amour avec les Îles-de-la-Madeleine… J’ai pleuré la première fois que je les aies quittées.  Mais l’île Verte, qui doit son nom à la mousse de mer que l’on trouvait sur ses côtes, est venu rapidement se loger une plage bien particulière dans mon coeur. Alors que j’ignorais tout d’elle, le seul fait de connaître maintenant son existence est devenu pour moi rassurant.

Un endroit où la beauté sauvage est protégée par les marées …

Et où les marées nous sécurisent et nous font réfléchir à leur façon…

Car les rapports humains doivent, eux aussi, être des îles. Il faut les aimer dans les limites du présent: des îles que la mer entoure et interrompt, que les marées baignent et abandonnent sans cesse. Il faut accepter cette forme de sécurité qui est celle de la vie ailée, celle du flux et du reflux, de l’intermittence.*

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Roukie contemplative sur les rochers

Ça sent l’eau douce et l’eau salée qui se rencontrent ainsi que les roses et iris sauvages qui abondent. Les rochers colorés, qui prennent tour à tour des tons de rose et d’orangé, invitent à la quiétude, la réflexion, les longues promenade, l’écriture. La seule route qui s’étend d’est en ouest au sud compte 13 km. Au nord, 9 kilomètres sauvages et inhabités de grèce entre le phare et la pointe ouest où phoques et baleines y sont régulièrement aperçus. Et seulement 2 kilomètres qui séparent ces deux littoraux.

Un véritable élan de bonheur et de joie.

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Splendides rochers et chaland au loin qui servait jadis à traverser… (c) Marie-Eve Blanchard

Iris sauvages

Iris sauvages

Il y a cette élégante tour qui domine l’île à son flanc nord, une tour blanche et rouge qui se détache de l’horizon. À peine quelques minutes et le paysage change, se teinte selon les humeurs et caprices de dame nature qui la découpe autrement.

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Coucher de soleil sur le fleuve (c) Marie-Eve Blanchard

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Le Criard, aujourd’hui petit musée, qui abritait autrefois l’équipement du criard de brume et les anciens canons à brume.

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Le Criard et le phare sous le soleil (c) Marie-Eve Blanchard

Seule île habitée à l’année du Bas-Saint-Laurent, une trentaine d’insulaires, vingt-huit précisément, y résident à l’année alors qu’une centaine tout au plus vient animer cette vie d’insulaire l’été. À cause des marées et du peu de traverses, il n’est pas possible de demeurer sur la côte et travailler sur l’île par exemple. Ou le contraire. Quelques familles se résignent et la quittent. D’autres persistent, y demeurent à l’année, bien qu’il ne s’y trouve plus d’école, ni poste d’essence, ni dépanneur.

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Il y a toujours ce dilemme qui nous habite lorsqu’on découvre ce genre de perle : on a envie de ne rien dire pour que la perle le demeure et qu’elle ne soit assiégée de touristes. Mais touristes, cyclistes, photographes et curieux sont aussi ceux qui contribuent à sa préservation, son économie de subsistance l’été, sa vitalité. Ce sont eux qui s’arrêtent chez Colette contempler ses anciens fumoirs et acheter coquilles Saint-Jacques et saumon fumé. Qui feront vivre l’été le motel restaurant Entre deux marées. Animeront le Café d’Alphé ou les chambres des maisons transformées en maisons d’hôte pour l’été. Ou viendront faire revivre le phare l’instant d’une visite guidée, d’un coucher de soleil ou d’un déjeuner.

À notre départ, la charmante Blandine, qui se fait gardienne de l’auberge du phare avec son conjoint Jocelyn, viendra embrasser Roukie « Tu me promets de revenir sur l’Île Verte manger les crêpes à Blandine? »

– Oui, a-t-elle acquiescé tenant d’une main son sceau de sable et de l’autre un bout de bois de mer trouvé sur la berge; bout de bois que nous rapporterons comme bien d’autres pour embellir notre petite maisonnée et lui donner par endroit le goût du sel.

Très tôt le matin, et profitant d’un rare moment de solitude, j’étais allée marcher doucement sur le bord de la grève, café à la main. Et j’y avais imaginé ma fille jouer longuement dans le sable et dans les rochers tandis que je lisais ou écrivais tranquillement en bord de mer, tout juste à côté du phare. Contemplative et heureuse d’avoir déniché cet endroit de bout du monde, à seulement quelques heures de Montréal, où insularité, quiétude et solitude nourrissante se confondent.

– Tu n’as jamais si bien dit ma fille, tu n’as jamais si bien dit…

Et, à nouveau, nous ferons voler des cerfs-volants.

IMG_6693 IMG_6703 IMG_6778* Cette phrase est tirée d’une magnifique petite plaquette d’Anne Lindbergh qui me suit partout depuis des années et que j’ai dû relire des centaines de fois, Solitude face à la mer


***

– Pour dormir dans la maison du gardien du phare de l’Île Verte, contactez Blandine. 120$ en occupation double avec un petit déjeuner. Une navette peut aller chercher vos bagages à l’arrivée du traversier si besoin.

– N’oubliez pas de faire votre épicerie avant de traverser si vous comptez y séjourner longuement. Hormis la poissonnerie, il n’y a pas d’épicerie sur l’île. Vous pouvez utiliser la cuisine de la maison du gardien en après-midi et en soirée.

– Vérifiez l’horaire inégal des traversiers en fonction des marées. Il y a 2 à 3 traverses par jour, parfois très rapprochées ou parfois très éloignées durant la journée…

– L’Île Verte se vit et se palpe certainement davantage en prenant réellement le temps de s’y poser ou de la traverser lentement. Emportez votre vélo !

**

Merci à Québec MaritimeTourisme Québec, Jocelyn et Blandine du Phare de l’Île Verte et la Société des traversiers du Québec. Bien qu’invitée, les opinions émises ici sont entièrement miennes

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Le fleuve Saint-Laurent vu des airs !

Alors que les images côtières et d’îles ne cessent de défiler dans ma tête tandis que je trie notes et souvenirs de ce premier périple de notre Roadtrip au travers du Québec Maritime, je tombe sur ce magnifique documentaire réalisé par David Etienne Durivage.

Le protagoniste principal : le fleuve Saint-Laurent !  Ses littoraux à couper le souffle, ses paquebots qui le cisaillent, sa faune unique qui s’y anime. Un documentaire de huit minutes entièrement filmé à l’aide de drones de Montréal aux Îles-de-la-Madeleine.

Tout simplement sublime. Un pur régal pour les yeux…

À l’instar du fleuve, majestueux.

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Un parc nature et d’étonnantes plages sur la Côte-Nord…

Je ne sais pourquoi, avant de mettre les pieds sur la Côte-Nord, j’avais dans l’esprit qu’elle était entièrement bordée que de plages rocailleuses ou de galets. Comme je me trompais! Il a suffi que l’on s’éloigne de la route 138, un peu avant Baie-Comeau, quelque quinze kilomètres tout ou plus, pour venir longer un petit chemin de bord de fleuve et aboutir à l’entrée d’un surprenant parc pour que je change illico mon avis quant aux plages de la région.

La plage de la baie Saint-Ludger nous a rapidement charmées et étonnées de par sa largeur et la qualité de son sable blond strié par endroits d’une ligne de sable plus ferreux. Absolument splendide! Combien il fut difficile d’emmener nos fillettes explorer davantage le parc alors qu’on avait toutes envie de se mouiller les pieds et d’y jouer longuement à récolter moules et coquillages! L’amoureuse de la mer en moi était redevenue  une fillette qui avait envie de courir et de marcher le long de la baie.

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Plage et battures de Pointe-aux-Outardes

Sabot de la Vierge (c) Marie-Eve Blanchard

Sabot de la Vierge (c) Marie-Eve Blanchard

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Plage de Pointe-aux-Outardes

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Plage et battures de Pointe-aux-Outardes (c) Marie-Eve Blanchard


La suite de ce billet sur le blogue de Québec Maritime ! 

 

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La Gaspésie, Félix, la mer et moi …


Y a des vagues sur la mer
Buveuses de lune

Y a des écumes aussi
Des écorces, des lettres déchirées
Des fleurs à la dérive
Y a des oiseaux au-dessus de la mer

Des grands oiseaux blancs
Avec des yeux comme des gouttes d’eau

Des oiseaux sans voix
Qui tournent en rond le bec ouvert
Qui piquent soudain dans les flots immenses
Les ailes collées le long du corps comme deux bras
Qui bruissent en s’égouttant

Y a des grèves autour de la mer
Des coquillages et du sel
Et de vieux marins qui ne voguent plus
Qu’on a débarqués mais qui sont repartis
Dans des voyages sans escale

Y a le soleil sur la mer
Et toi au bord
Qui le regarde descendre dans l’eau

La Gaspésie, Félix Leclerc, 1967

***

Ma fille avait 6 mois, lorsque j’ai tout plaqué là au terme d’une séparation difficile pour aller travailler dans une fermette biologique dans le Centre-du-Québec. Alors qu’il était mon voeu le plus cher, mon rêve de famille « normale » s’écroulait, portant avec lui mes espérances de découvertes en trio, voire en quatuor. De gros deuils s’amorçaient pour la fille hypersensible et contemplative que je suis. De gros choix aussi.

Je travaillais depuis quelques semaines sur la fermette à récolter et semer des légumes biologiques et ma fille s’est mise à ramper. Avec les dents qui perçaient, ça compliquait le travail et j’avais peur de déranger les autres « woofers » de la fermette. Je suis donc partie, 500$ en poche. Arrivée à Rimouski, le gérant de l’auberge de jeunesse m’a vendu une vieille tente 20.00$. Et puis j’ai amorcé durant trois semaines une tournée de la Gaspésie avec ma tente et mon bébé de huit mois. Les nuits seule dans mon sac de couchage avec Roukie sur la poitrine et le doux déferlement des vagues m’ont transformée. J’adorais déjà follement la mer. Là, dans ma tente, la Gaspésie et la mer venaient tour à tour lécher mes plaies.

La mer... Anse-Au-Griffon, Gaspésie. Même grève, mêmes fillettes. 5 années d'intervalle.

La mer… Anse-Au-Griffon, Gaspésie. Même grève, mêmes fillettes. 5 années d’intervalle.

Mon rapport avec la mer et la Gaspésie se veut donc intime, bienfaisant, initiatique.

Salvateur.

Tout comme il le fût pour Félix Leclerc.

*

J’avais énormément d’attentes quant à l’exposition « Le hamac dans les voiles ». Je tenais absolument à la voir au Musée de la Gaspésie, j’ai aussi découvert un musée fabuleux, quitte à tout chambouler notre itinéraire ! Avec Mingan, « Un hamac dans les voiles » était mon « dada » culturel et poétique dans cette tournée au travers du Québec Maritime. Et comme la vie est parfois bien faite, j’avais réalisé une merveilleuse rencontre la veille.

Nous étions donc en tournée de presse avec Émilie Devoe de Parcs Canada au travers du magnifique Parc Forillon lorsque je l’ai questionné quant à un endroit à déjeuner à Gaspé près du Musée de la Gaspésie. Puis je lui mentionnais que nous allions visiter le musée et que je tenais particulièrement à voir cette exposition. Quel bonheur que de voir Émilie le sourire qui tranquillement jaillissait soudainement au coin de sa lèvre tandis qu’elle conduisait. « C’est mon bébé »…

À mes côtés, j’avais l’initiatrice de ce projet qui me parlait tant sans même l’avoir vu ! Émilie, enceinte de son second fils, s’était surprise de cette envie boulimique de dévorer tout Félix Leclerc. Et telles que les grossesses nous le font parfois vivre, son élan créatif devait aller au-delà et se matérialiser. Aller au-delà des réflexions quant à la présence de la mer dans l’oeuvre poétique et la vie de Félix Leclerc…

Elle a donc eu l’idée de créer une exposition mettant de l’avant Félix Leclerc et son rapport à la mer. Une exposition avec bouts de bois de mer, valises, hamacs, extraits de chansons, anecdotes, correspondances, poèmes…

Une exposition à l’image de Félix, d’une simplicité profonde. Une exposition touchante. Fabuleuse.

On y apprend notamment comment la mer fût salvatrice après la séparation de sa première femme ; y découvre l’amitié profonde qu’il entretenait pour une femme qui vivait sur le bord de la mer « et vivait pour [lui] une vie qu'[il] devrait vivre » ; y lit la beauté et la pureté à même la simplicité des phrases et des mots.

Exposition

Exposition « Le Hamac dans les voiles », Musée de la Gaspésie (c) Marie-Eve Blanchard

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L’exposition est tout simplement magnifique.

Et on a qu’une seule envie : y rester longuement et s’étendre dans ces hamacs flottant dans les voiles. Et puis se laisser bercer par la voix de Félix qui, à l’instar de la mer, agit telle une immense et si douce caresse.

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Immense merci à Parcs Canada, Québec MaritimeTourisme Québec et le splendide Musée de la Gaspésie

**

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Merci Émile Devoe de ta présence et de partager ainsi ton amour pour la mer et les mots … xxx

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Apprivoiser les îles de la Minganie

Les images se bousculent dans ma tête.

Les images, l’odeur de la grève humide, les cris des oiseaux…

Je reviens de la Côte-Nord le regard vif, aiguisé, charmé de tant de beautés étonnantes et naturelles. Rassasiée ? Nous nous y sommes seulement trempées les pieds… j’y aurais avec évidence passé tout l’été.

De magnifiques rencontres, Sandra et André à la Ferme Maricole sur l’Île de la Grosse-Boule à Sept-Îles, mais surtout du temps à explorer du méconnu. Le fascinant Jardin des Glaciers et sa Vallée des Coquillages (en pleine forêt!), dormir auprès du fleuve à Mer et Monde, quelques plages magnifiques où j’aurais avec évidence passé plus de quinze minutes, mais surtout cet archipel encore trop méconnu au sud de Havre-Saint-Pierre, qu’il faut absolument prendre le temps de découvrir. Et non, ce n’est pas si loin… C’est si près quand on y pense ce pays d’îles, d’oiseaux et de mer.

Elles sont plus d’un millier qui ont tranquillement jailli de la mer il y a environ 7000 ans. Plus de mille îles, cayes et îlots aux falaises escarpées et à la flore unique qui se serraient lentement formées sous la mer il y a 450 millions d’années et s’y serraient endormies sous le poids de la glace durant près de 1,5 million d’années pour rejaillir lorsque celle-ci aurait fondu.

Falaises et monolythes qui font une grande partie de  leur charme se sont vus façonnés durant des siècles par la mer, le vent, le gel et le dégel tandis que les îles émergeaient lentement de l’eau.

Je rêvais depuis des années de ces balades en bateau d’île en île dans l’Archipel de Mingan… Des îles sauvages qui ont jailli de la mer après la dernière glaciation avec leur histoire et leurs mystères à apprivoiser. Sur la trentaine d’îles calcaires, et plus de milles îles et îlots granitiques, nous n’en aurons exploré que trois. L’île Nue, où la végétation est quasi absente si ce n’est que de la vaste et magnifique lande qui éblouie par sa présence et ses couleurs; l’île aux Perroquets, où vont, entre autres, nidifier les macareux moines, on peut observer une douzaine d’espèces d’oiseaux marins dans les îles, et où fût érigé un phare en 1888. Une île qui nous ramène à cette réalité sourde et criarde de la mer, cette grande dame et grande maîtresse qui en un coup de lame peut vous arracher brusquement la vie; puis l’île Quarry, la plus familiale des îles où l’on peut camper, à la rustique ou encore dans les tentes oTENTIK de Parcs Canada.

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Île Nue

 

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Lande, Île Nue

 

Île Nue

Île Nue

 

Île Nue

Île Nue

 

Île aux Perroquets

Île aux Perroquets

 

Île aux Perroquets

Île aux Perroquets

Seulement quelques jours dans ce décor insolite de bout du monde, auprès de ces rochers qui se dressent fièrement façonnés par la mer et le vent et ses falaises érodées, ce territoire devenu réserve de parc national depuis 1984. Quelques jours à y randonner auprès des tourbières, sur les longs platiers qui se jettent dans la mer, à contempler les spectaculaires monuments naturels témoins du travail de la mer, du vent et du temps.

J’en reviens sans mots. Sinon avec cette envie évidente d’y revenir. Revenir jouer au macologue, au géologue, au botaniste…

Et marcher.

Longtemps.

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

Je garderai en souvenir précieusement cette longue et plutôt difficile randonnée le long du littoral escarpé avec ma petite fille de 5 ans. Le vent qui nous giflait le visage, les joues rougies par le soleil et l’air salin. Et le chant de ma fille, amoureuse de mer tout comme moi et heureuse de gambader de galets en platiers, agrippant ça et là bouts de bois de mer et oursins évidés.

Orchidée sauvage sur l'Île Quarry

Orchidée sauvage sur l’Île Quarry

 

Falaise érodée et ses galets ...

Falaise érodée et ses galets …

Bien avant les macareux moines, les monolithes et les phoques, je rêvais de dormir sur les îles. De m’endormir au souffle d’un rorqual en observant les étoiles et en m’imprégnant du silence. Nous sommes arrivées à notre campement sur l’Île Quarry exténuées. Deux mamans et leurs fillettes qui n’ont pas reculé quand on leur a confirmé que la traversée de trente minutes sur la mer agitée et houleuse se ferait dans un zodiac à l’air libre et sous la pluie battante. Braver les intempéries alors que la nature ne fait que cela depuis toutes ces années, nous devrions bien en être capable…

Je n’ai pu m’endormir au son du rorqual tel que je le souhaitais. Je me suis endormie plutôt au tambourinement de la pluie…

Au petit matin, tout c’était calmé. Roukie et moi sommes allées marcher le long de la grève, écoutant et contemplant les sternes, goélands argentés et autres bécasseaux venir nous souhaiter la bienvenue. Au loin, les lumières de Havre-Saint-Pierre s’éteignaient.

Et puis, avant même d’aller visiter les lieux insolites qui l’habitent, la magie de l’île a opéré.

On a entendu un grand « ploutch ».

À une trentaine de mètres, tout au plus, un rorqual soufflait…

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***

Le poète Roland Jomphe, chantre de la Minganie, s’amusait à trouver des noms aux monolythes. Plutôt que d’y chercher des formes (et il y en a, une femme, des animaux, etc.), je me suis longuement étonnée avec ma fille de notre infime petitesse. Ma mère a souvent évoqué cette image comme quoi nous étions de minuscules grains de sable dans l’univers. De minuscules grains de sable ou de minuscules gouttes d’eau tel que l’évoque Jomphe dans son poème, l’analogie revient sensiblement au même. Devant l’immensité de ce qui nous entoure, et notre évidente petitesse, on ne peut que s’étonner. Sinon apprendre à se faire humble et solidaire….

La goutte d’eau

En regardant la terre
Au coin de l’horizon
En regardant la mer
La vie et la saison

Les lacs, les rivières, les fleuves : l’eau douce
Les mers, les golfes, les océans : l’eau salée
Trois fois plus d’eau que de terre

Et parmi toutes ces gouttes
Unité de la rivière, unité de l’océan

Où est la goutte plus utile
Où est la goutte plus importante

La profondeur la surface
La vague qui brise
Le fond qui se cache
Le profond qui nous grise

Où est la goutte plus importante
Celle qu’on voit ou ne voit pas

Où est la goutte plus utile
Celle qui tient ou qui soutient

La profondeur
La surface

En regardant la terre
En regardant la mer
En regardant le monde
Les peuples de la terre
Humains de l’univers

Où est l’homme plus important
Où est l’homme plus utile

En profondeur
En surface

Celui qui tient ou qui soutient
Celui qu’on voit ou ne voit pas
Celui qui parle ou ne dit rien

Au destin de l’humanité
Au mystère de la vie
Sur la mer
Sur la terre
Où est donc
Le plus utile

Ronald Jomphe

Île Quarry

Île Quarry

Pratico-Pratique :

  • Il est possible de camper sur l’Île Quarry, notez qu’il n’y a pas d’eau potable sur les îles. Moi qui suis plutôt friande de camping sauvage, j’ai BEAUCOUP aimé comment les sentiers et les endroits où étaient nichées les tentes oTENTIK sont emménagés. La nature est fortement respectée, les tentes sont légèrement en retrait afin de préserver la beauté du paysage. Parcs Canada y fait vraiment un super boulot ! Pas d’électricité, pas d’eau, mais chaque tente dispose d’une prise USB alimenter à l’énergie solaire et est chauffé au propane (oui, oui ! Le gros luxe !).
  • À compter de cet été, il est possible de dormir dans les deux maisonnettes entourant le phare de l’Île aux Perroquets. Celles-ci viennent tout juste d’être réaménagées. Il se trouve également un petit musée que l’on peut visiter. Bémol et légère déception : la visite du phare est actuellement réservée aux gens qui réserve une nuit sur l’Île, vous ne pouvez pas y aller lors d’une visite guidée.
  • L’Archipel s’étire sur 85 kilomètres… Il faut donc prévoir en fonction des îles que vous désirez visiter ! Les départs pour la section ouest (Nue, Perroquets) se font de Longue Pointe-de-Mingan (avec les familles Loiselle et Vibert). Comptez 45 minutes de voiture entre Havre-Saint-Pierre et Longue
  • Des guides naturalistes interprètes de Parcs Canada offrent des visites sur plusieurs îles au courant de l’été. Elles sont passionnantes !

Immense merci à Parcs Canada, la Famille Loiselle, Services Maritimes Boréale et Québec Maritime et Tourisme Québec grâce à qui ces extraordinaires excursions ont pu être réalisées.

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Avaler 3000 kilomètres teintés d’air salin ! Road trip à la rencontre du Québec Maritime…

Avaler des kilomètres de littoraux rocailleux teintés d’air salin.

D’écume et d’embrun du grand fleuve majestueux.

Des kilomètres montagneux et côtiers, où les phares n’en finissent plus de guetter même si les marins eux-mêmes les ont parfois oubliés. Où le vent frais qui siffle entre les maisons des villages se fait une rassurante mélodie.

Et où l’on ne cesse de s’exclamer devant si chatoyante et si brute beauté.

*

J’aime rouler. En fait, j’adore rouler.

Au travers des responsabilités et du plus plat quotidien, mes escapades sur la route me donne cette vague impression d’équilibre tandis que les paysages défilent. Je flirte alors avec cette sensation d’être maître et en contrôle de ma destinée plutôt que tributaire des événements. Peut-être est-ce s’illusionner. Tant pis. Je fais confiance en la vie : je n’ai alors en général ni peur de ne pas savoir où loger, ni grand trouble face à l’inconnu. Je me confronte à l’imprévu, goûte à l’inattendu et retrouve en quelque sorte la spontanéité et l’émerveillement d’une petite fille de 4 ans. S’offrir à l’immensité de la vie. Alors que dans le quotidien les peurs se créer, s’inventent et s’accumulent peut-être au même rythme qu’on tente de s’y complaire vainement, il me semble qu’elles se dissipent dès qu’on prend la décision de partir d’un point A vers un vague point B… En fait, peu importe la trajectoire. L’essentiel demeure de partir.

« Partir quelque part pour partir. » Entendu ce matin en direction pour Québec les mots de Ferland, même mots gravés sur une carte que mes parents avaient glissé dans mon sac lors de mon premier voyage en solo en Europe. À peine 20 ans et une envie de goûter autrement le monde, par-delà les livres, le vaste ailleurs autrement. Répondre à cette phrase écrite de la main de Gide pour Nathanaël dans les Nourritures Terrestres : Il ne me suffit pas de lire que les sables des plages sont doux ; je veux que mes pieds nus le sentent… Une phrase qui a changé ma vie. Depuis, même si j’apprends à m’ancrer, cherche la quiétude et trouve tout autant dans la rêverie, le jardinage, l’écriture et les mots d’autrui cette impression fugace d’ailleurs, ce goût d’y goûter réellement refait surface sporadiquement. Une vie ponctuée de voyages ça et là de toutes sortes, avec ses envies de road trip qui me traversent fugacement l’esprit. À ces envies de route qui me tenaillent, cette envie teintée d’air salin qui me conforte aussi dans mon équilibre. Et si, en un seul et même projet, tout pouvais tenir dans cela.

Inutile de préciser mon état devant tous ces kilomètres de bonheur maritime à sillonner.

Heureuse. Euphorique. Absolument emballée.

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Paysage typique de la péninsule gaspésienne…

L’idée de ce projet a sans doute germé dans notre esprit l’année dernière lorsqu’au terme d’une tournée au Saguenay Lac-Saint-Jean nous flirtions quelques jours avec l’orée de la Côte-Nord et de Manicouagan. Nous avions adoré les recoins un peu plus reculés de Sacré-Coeur.  De même que l’historique et le cachet de Tadoussac, charmant village malgré son indéniable propension touristique.

N’empêche, goûter du bout des lèvres la Haute-Côte-Nord que je n’avais jamais foulée m’avait laissé sur ma faim. Je voulais croiser des hameaux, des phares, des rochers escarpés et de vastes plages pour y marcher et m’enfoncer dans le sable fangeux. D’autant plus que voilà plus de cinq années que je rêvais de découvrir les îles de l’Archipel de Mingan. Depuis que j’en avais parlé à Marie-Julie, elle aussi en rêvait.

Ce projet un peu fou, intense et magnifique de road trip, qui consiste aussi à avaler des kilomètres en s’emplissant le regard de beauté et les poumons d’air salin, nous mènera à la rencontre du Québec que l’on nomme Maritime. Celui démesuré, vaste,  marin, sauvage, impossible à dompter.

Le défi tout de même demeure, nous partons, technomade branchée qui souffre presque quand elle ne trouve pas de wifi (j’exagère… à peine ;-)), moi et nos charmantes et très intenses filles qui ne sont pas nées des voisines. À ce voyage entre copines se greffe donc l’aspect familial à gérer. Les voyageuses mamans que nous sommes se connaissent suffisamment pour se permettre et s’accorder mutuellement des moments pour plonger dans nos bulles respectives, travailler, rêvasser ou faire le plein d’air en solitaire. Il faudra les voler ça et là au présent, notre itinéraire étant tout de même chargé et intense.

Nous partagerons donc avec vous notre projet de road trip à la rencontre des régions maritimes du Québec via nos réseaux respectifs, à travers nos mots sur nos sites personnels et sur le site de Québec Maritime. Question que vous puissiez de par nos yeux découvrir ce Québec si vaste et si beau, avec tout ce qu’il a encore de sauvage, démesuré et marin, mais aussi ses attraits incontournables autant que ses nouveautés.

Inutile de vous dire que l’amoureuse éperdue d’écume trépigne d’impatience. Que j’ai hâte de renouer avec la Gaspésie qui fût à la fois un baume et le synonyme d’un début d’une grande aventure lorsque je me retrouvai seule avec un bébé il y a exactement 5 années. Que j’ai hâte de traverser le Bas-Saint-Laurent où le vert et le bleu s’entremêlent comme une caresse et de déguster ces produits régionaux que j’aime tant. Sans parler de demain où nous entamerons déjà les premières foulées vers cette majestueuse Côte-Nord qui m’intrigue comme un appel.

Cet été, nous vous proposons donc d’embarquer dans notre aventure, un road trip à la rencontre du Québec Maritime. Une première et grande portion familiale de 18 jours, débutant  cette semaine, se déroulera en grande partie le long du majestueux fleuve Saint-Laurent, des sentiers montagneux et de la péninsule gaspésienne.

Ce matin, nous amorcerons donc les premiers sillons d’un circuit connu sous le nom de la route des Baleines !!

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Pour nous suivre, simplement suivre le hashtag #RoadTripQM et ceux de # QuebecMaritime et #QuebecOriginal

Ce génial projet est mis de l’avant en partenariat avec Québec Maritime et en collaboration avec Tourisme Québec. Incommensurable merci d’avoir embarqué dans notre road trip !! On se croise sur la route ?!

 

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Coucher de soleil sur le Bic

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L’Abitibi-Témiscamingue : étonnante Rouyn-Noranda !

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Mythique route 117. Seul lien terrestre direct entre le sud du Québec et l’Abitibi-Témiscamingue.

Quelques jours avant mon départ pour l’Abitibi-Témiscamingue, Desjardins et Phillipe B jouaient toujours en boucle chez moi. Pour Richard Desjardins, ça peut paraître quelque peu cliché, du moins pour les Québécois. N’empêche, l’amoureuse de poésie et de mots renouait avec bonheur avec cette voix rocailleuse ; depuis Abbittibbi jusqu’à Kanasutha en passant par Boom Boom et les Derniers Humains jusqu’à l’Existoire, les albums du poète témiscabitibien ont longuement côtoyé ceux d’autres grands paroliers qui ont réchauffé ma demeure. Vous n’avez pas idée combien de fois j’ai chantonné l’immortelle les Yankees avec des amis auprès d’un feu et d’une guitare ; que je me suis époumonée sur Dans ses yeux en faisant mon ménage (et oui, chacun ses trips…) ; où je me suis évertuée à transposer du piano à la guitare les accords de la magnifique Engeolière. Je sais, l’Abitibi-Témiscamingue ne se résume pas à Richard Desjardins… j’en reviens d’autant plus avec la conviction! (Il n’y est d’ailleurs pas partout toujours apprécié…)N’en demeure, il a toujours été le premier référent qui m’est venu à l’esprit lorsqu’on souligne cette région du Québec, un peu comme on s’évoque Brel lorsqu’on parle de Belgique. Ainsi donc, à l’instar de plusieurs, sa poésie humaine et engagée fût ma première approche de l’Abitibi. Une fabuleuse porte d’entrée. Devant laquelle il ne faut surtout pas hésiter à aller au-delà…

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Donc, un premier apprivoisement qui s’était réalisé sous un angle artistique et engagé. Hormis tout ça, l’immense cri du cœur pour la forêt qu’est l’Erreur boréale, quelques poèmes d’une autre Desjardins, pas Richard mais plutôt sa sœur Louise, le fait que ce soit la patrie de Raôul Duguay et de Diane Tell, qui ont grandi à Val d’Or, le dur et essentiel film le Peuple invisible, la présence des Festivals des Guitares du Monde, de Musique Émergeante, auquel je souhaite assister depuis des années, et d’un autre consacré au cinéma international, j’ai dû aussi me rendre à l’évidence : j’en connaissais bien peu quant à cette région.

J’ai donc pris une carte avant mon départ et pris le temps de bien situer les unes des autres villes que sont Val d’Or, Rouyn-Noranda, Amos, La Sarre et Senneterre. Un brin honteuse d’en savoir si peu sur mon patrimoine, de m’avouer que j’avais du mal à les localiser l’une par rapport aux autres.

Puis, je me suis rappelée que le Québec était bien vaste et que j’avais encore plusieurs années pour continuer d’aller à sa rencontre.

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Les cheminées de la Fonderie Horne qui se découpent au-dessus du lac Osisko. Rouyn-Noranda.

Je m’étais donc toujours imaginée cette région de par ses lacs et ses rivières et par son filon artistique. Dans mes rêveries, j’avais délaissé la réalité des mines, des mouches et de son industrie forestière… Il y a là tout un stéréotype, à la fois une réalité qui ne peut être écartée mais qui frôle aussi le cliché, que l’on perpétue peut-être à mauvais escient à défaut de bien connaître. La présence de la Fonderie Horne, sur l’ancienne mine du même nom près du lac Osisko qui borde le centre-ville de Rouyn-Noranda, surprend, certes, lorsqu’au détour d’une rue on se trouve nez-à-nez devant ses deux longues et effilées cheminées. Le développement de ce territoire c’est avec évidence effectué avec l’exploitation des gisements d’or et de cuivre de la grande Faille de Cadillac. Impossible de l’oublier, et ce jusqu’au nom que portent fièrement les microbrasseries artisanales ou les chocolateries de la région. On ne peut donc dénier cette réalité des miniers qui courageusement descendaient, et descendent toujours par endroit, extraire les entrailles de la terre. Un univers qui lorsqu’il nous est relaté dans sa dureté et sa réalité, il faut absolument commencer par une visite de la maison Dumulon pour se contextualiser, ne peut qu’impressionner et fasciner… Depuis trois jours, le mot qui me vient constamment à l’esprit lorsque je tente d’appréhender ce qu’a laissé en moi cette région est de fait le mot étonnement. Après l’émerveillement et l’admiration, je ne peux qu’admettre que j’en suis revenue fort étonnée.

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Trois journées à m’y tremper les pieds. Et au terme de ces trois petites journées bien remplies, j’avais rapidement réalisé mon erreur, sinon mon immense bévue, de ne pas avoir investigué davantage et d’avoir associé si longuement dans mon esprit la région de Rouyn-Noranda à un lever de soleil et à la strophe d’une chanson…

Rapidement, j’ai dû revoir quelques uns des jugements hâtifs que je portais malgré moi. D’abord, j’y ai excessivement bien mangé ! Tant à La Muse Gueule, bistro sympathique où les plats sont frais et colorés ( grande soeur du café-bar l’Abstracto où ça sent à souhait le café fraichement torréfié) qu’à la fine cuisine de la Rose des Vents,

Cellier du restaurant La rose des vents

Cellier du restaurant La rose des vents

où j’ai découvert une pléthore de produits locaux du Témiscamingue dont je ne connaissais l’existence, qu’au convivial Cachottier avec ses très bons et originaux tapas ! (N’empêche, le doré froid sur des craquelins avec fromage à la crème, poisson pêché par l’amoureux de mon hôtesse à l’Oasis du Bonheur, restera un gros coup de coeur… on aime ça les mets issus du terroir apprêtés à la bonne franquette !!) J’ai aussi cherché les mouches noires et je ne les ai pas vu… Non pas qu’elles soient un mythe, mais on oublie aisément que la température, les vents et les saisons influent sur leur présence…

« Rouyn-Noranda c’est la culture en plein nature » avais-je lui avec un certain regard sceptique dans le cahier promotionnel de l’Abitibi-Témiscamingue. Ma méfiance s’est rapidement dissipée:  à maints égards, le mariage entre culture et nature est indéniable.

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Lac naturel au coeur du jardin botanique À Fleur d’eau à Rouyn-Noranda.

Au-delà des nombreux festivals, la ville même foisonne d’une richesse culturelle et naturelle qui ne cesse de surprendre. Il n’y a qu’à penser au 7,8 km de piste cyclable longeant le lac Osisko qui traverse longuement la forêt ou au verdoyant et fleurissant jardin botanique À Fleur d’Eau, havre de paix au coeur du centre-ville. Difficile aussi de ne pas s’étonner d’y croiser une église orthodoxe russe et une autre ukrainienne dans cette ville qui n’est pas encore centenaire. On a tendance à oublier comment au début du précédent siècle, la ville de Rouyn-Noranda était la seconde ville la plus cosmopolite au Québec après Montréal. Ce sont surtout les « Fros », des étrangers de l’Europe de l’Est, qui descendaient faire ce travail dans des conditions terribles.

Fontaine du cinquantenaire de la ville devant le lac Osisko

Fontaine du cinquantenaire de la ville devant le lac Osisko

Lac Osisko aux abords du centre-ville de Rouyn-Noranda

Lac Osisko aux abords du centre-ville de Rouyn-Noranda

J’ai donc pu aussi entrevoir la région dans le filon culturel que je présentais. Sinon, davantage. Un peuple ainsi reculé qui s’est fait autant bâtisseur ne se doit-il pas d’être nécessairement son corollaire, créatif ?

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Oasis du Bonheur

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Stéphanie Rouillard de l’Oasis du Bonheur devant sa yourte authentique mongolienne. L’endroit compte aussi un chalet pouvant accueillir 6 personnes et un original Tipi avec une porte😉

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Alexandre Castonguay, comédien et artiste, créateur de Ma Noranda

J’y ai rencontré des artistes, oui. Mais beaucoup plus que cela.

Beaucoup d’âmes.

D’abord chez Stéphanie Rouillard, passionnée, amante de la nature, énergique travailleuse et attentionné hôtesse de l’Oasis du Bonheur, qui m’a fait rire aux larmes et qui, de par son amour pour sa pinède et la culture autochtone ainsi que son courage de braver l’opinion d’autrui, m’a touchée et séduite. Un mode de vie qu’elle bâtit de ses mains et qu’elle tente de maintenir en équilibre sur son centre de villégiature sis sur un Esker. Dans les sentiers de sa pinède et aux abords d’un lac d’eau de source, elle nous invite à décrocher.

Des artistes. Des passionnés.  Des tripeux. Des raconteurs de talent. Il ne faut pas plus de 15 minutes pour s’entretenir avec Alexandre Castonguay, artiste bouillonnant et intense, créateur de l’éclatée pièce, festin déambulation et interactif qu’est Ma Noranda pour s’imaginer l’original et l’improbable survenir au coin d’une ruelle.

Un saut au Petit Théâtre suffit d’ailleurs pour palper le pouls artistique du quartier culturel qu’est le Vieux-Noranda. La directrice nous assure que les portes y sont continuellement ouvertes : pour s’arrêter jouer quelques notes sur le piano, refaire le monde, relaxer ou simplement tester une idée créative, une mise en scène.

Laisser circuler les idées.

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Création issue d’une duo d’artistes, Dialogue II, Centre d’exposition de RN

Alors que la semaine dernière j’écoutais attristé Le peuple invisible qui relate comment les Algonquins ont dû se retirés vers le Parc de la Vérendrye, je suis arrivée au coeur même de la préparation de l’exposition Dialogue II au Centre d’exposition de la ville. Quelques minutes à échanger avec les commissaires de cette exposition multidisciplinaire m’ont permis d’entrevoir toute la sincérité dans ce désir d’aller à la rencontre des peuples autochtones. Par le biais d’oeuvres d’art communes, artistes allochtones et autochtones tentent de mener à une meilleure compréhension de l’histoire et des traditions des Premières Nations.

Aux raconteurs de talent s’ajoutaient donc des artistes allumés, engagés et soucieux de réinstaurer une communication respectueuse et consciencieuse qui tend à rétablir un fragile lien brisé. Ce rapprochement culturel par l’art et cette tentative de dialogue, qui se doit de se faire lente et s’inscrire dans la durée, m’ont beaucoup touchée.

*

Dans le majestueux Parc Aiguebelle, j’ai rencontré l’Abitibi , celle que je rêvais, silencieuse, bleutée et verdoyante avec ses lacs et ses rivières qui n’en finissent plus de couler. Là où le nom Abbittibbi prend tout son sens … Le terme algonquin signifiant « là où les eaux se séparent », la région étant assise et traversée par une ligne de partage des eaux. Environ un kilomètre de terre qui sépare le magnifique et paisible lac Sault, sur lequel j’ai eu le bonheur de pagayer, et le lac Lac Haie constitue cette ligne. Le lac Sault se déverse donc au nord, de même que nombreux cours d’eau se jetant par la rivière Harricana, dans la Baie d’Hudson, alors que le lac La Haie et la rivière Kinojévis filent au sud vers la rivière des Outaouais. En somme, c’est là que se sépare le bassin du Saint-Laurent de celui de la Baie-James.

À même les rochers, j’ai pu observer le passage des glaciers à l’aide de ma guide Émilie et de son acolyte Sabrina. Contempler une marmite de géant, une énorme cavité creusée lentement par l’eau des glaciers. Admirer les tableaux lumineux qu’offraient le mariage entre le vert foncé des épinettes et celui plus clair des jeunes feuilles printanières des bouleaux. Randonner autour du splendide lac Lac Haie, encaissé entre les immenses falaises résultant d’une faille géologique datant de l’ère glaciaire. Les Témiscabitibiens mentionnent d’ailleurs régulièrement les 22 000 qui parsèment la région. Ils en sont fiers.

Avec raison.

Splendide Lac La Haie

Splendide Lac La Haie

Barrage de castor en bordure du lac la Haie, Parc National Aiguebelle (c) Marie-Eve Blanchard

Barrage de castor en bordure du lac la Haie, Parc National Aiguebelle

Pagayer sur le paisible lac Sault

Pagayer sur le paisible lac Sault

Difficile de ne pas faire taire mon côté fille des bois qui a illico ressurgi dans ce magnifique et paisible parc que l’on se doit d’apprivoiser. Goûter aux pousses d’épinette tout en discutant de gelée, contempler des sabots de la vierge naissants, pagayer pour aller observer des plantes carnivores,  manger des fleurs au hasard des sentiers… Admirer du haut des collines Abijévis la forêt boréale à n’en plus finir.  Un véritable bonheur !

Des passionnées de nature certes, des bâtisseurs et des artistes, mais aussi un peuple très accueillant et fier.

Sincèrement, j’ai trouvé la région étonnante. J’en suis revenue avec l’envie naissante de découvrir le Témiscamingue et ses terres agricoles, de palper plus longuement le pouls culturel de Rouyn-Noranda et de retourner me perdre dans les endroits plus reculés et sauvages et de les apprivoiser.

J’ai pensé à la Complainte du Scaphandrier de Philippe B qui parle de nous tous une fois blessé, cette peur « de remonter trop vite des profondeurs » qui nous tenaille et se tiraille avec ce désir de réapprivoiser le bonheur. Au-delà de cette peur de tomber en amour, avec une personne ou une région, j’y ai vu plein d’analogies. De battants qui ont bravé et vécu dans des conditions difficiles afin de se donner une deuxième chance ; des gens qui remontent des profondeur des mines, des lacs profonds, des forêts denses et lointaines et des terres plus reculées. Et qui ont su créer un bonheur unique qui ne tend qu’à être partagé…

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Quelques adresses coups de coeur :

– Oasis du Bonheur et sa charmante propriétaire. Villégiature en milieu naturel à Destor, une vingtaine de minutes du centre-ville de Rouyn-Noranda

– La chocolaterie Bistro Le Gisement et ses lingots « Or en barre » à déguster ou faire fondre en un épais chocolat chaud. Essayez ceux au chocolat blanc à la cardamome !!!

– L’ancien magasin général de Jos Dumulon. Un incontournable à visiter dès l’arrivée ! Pour avoir guidé des dizaines de groupe dans ce genre d’endroit, je dois admettre que je ne suis pas très friande de ces reconstitutions… et j’en ai vues ! La visite guidée de la Maison Dumulon est non seulement hyper instructive quant au travail des miniers, leur réalité quotidienne ainsi que les nombreux obstacles et difficultés auxquels ils étaient constamment confrontés, elle nous plonge réellement, et avec un adorable humour, au coeur des années 20 et 30. Une contextualisation vraiment passionnante !

– La Stout à l’avoine de la brasserie artisanale Le Trèfle Noir ! (C’est possible de se faire livrer une caisse ?)

Vélo Cité : voilà une belle initiative ! Aux abords de la maison DuMulon vous pouvez louer gratuitement vélos, planches ou patins à glace, et ce tout autant pour les locaux et les touristes ! J’ai adoré ma promenade en vélo autour du lac !

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D’ici une prochaine escapade en contrée témiscabitibienne, je pourrais prolonger le plaisir au travers des magnifiques images du photographe Mathieu DupuisJe vous invite à en faire tout autant. Le livre Abitibi-Témiscamingue, Sur la Route avec Mathieu Dupuis est non seulement une véritable invitation à la rêverie mais aussi un intime partage de sa vision personnelle de la région qui constitue une superbe introduction. À l’instar de celui-ci, vous aurez sans doute envie de monter à bord de votre voiture et de traverser la 117 pour ensuite sillonner les routes et sentiers entre le 46e et 49e parallèle.

Merci à Tourisme Abitibi-Témiscamingue pour l’invitation à participer à votre opération charme. Merci particulier à Anne-Marie Belzisle et Réjean Lavoie de chez Tourisme AT ainsi qu’à Noémie Poirier de Tourisme Rouyn-Noranda. Clin d’oeil à Émilie et Sabrina avec qui j’ai adoré pagayer et randonner dans le magnifique Parc National d’Aiguebelle.

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Coup de coeur d’hébergement au Saguenay chez Alfred le voisin d’Oscar

La mer intérieure (c) MEB

Niché à même l’escarpement rocheux du fjord du Saguenay, ce site d’hébergement de « prêt à camper » haut de gamme propose un cadre champêtre au cœur de la forêt sauvage. Quiétude et points de vue à couper le souffle vous attendent dans de toutes nouvelles yourtes au cachet unique!

Nid douillet

Accessibles à pied ou en raquettes par des sentiers boisés féériques, les 4 yourtes répondent à des noms aussi poétiques que les lieux où elles se dressent. La forêt des murmures, La belle étoile, La diable aux vaches et La mer intérieure, conçues et érigées en collaboration avec une entreprise de la région, Imago Structures, dominent le majestueux fjord….

La suite de l’article publié originalement dans la revue de plein air et de voyages Espaces par ici.

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Voici quelques photos de ce gros coup de coeur d’hébergement au Québec en complément:

Arrivée sur le domaine (c) MEB

Petites roulottes Boler qui devraient être en location l'été prochain

Yourte La mer intérieure (c)M-Eve Blanchard

Intérieur d'une yourte

Terrasse avec vue sur le Saguenay (c) MEBDenise Hovington qui montre une toilette sèche MEBVue de l'Anse-de-Roche (c) MEB

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Philadelphie, amour fraternel pour de méconnues adresses…

Alors que le guide Escale à Philadelphie, le premier guide et un des rares en français, consacré à cette ville aux Éditions Ulysse, a fait son arrivée sur les tablettes, j’avais envie de vous livrer quelques coups de coeur quant à cette ville de la côte est états-unienne qui gagnerait nettement à être davantage connue ! Philly est une alternative vraiment intéressante à New York pour une escapade d’un long weekend (surtout lors des fins de semaine avec une journée fériée où les touristes pullulent) et peut aisément se combiner avec une visite de Washington D.C. lors d’un court séjour. Avec ses quartiers distincts, et surtout ses vies de quartiers, elle me fait parfois penser à Montréal ou aux quartiers moins connus newyorkais tel que ceux que l’on retrouve dans Queens. Sous le soleil, je ne vous mentirais pas elle me laisse plutôt froide sous la pluie (comme bien des villes états-uniennes d’ailleurs, on y cherche vainement le charme européen des jours de pluie), elle ne manque aucunement d’attraits et regorge d’endroits à découvrir.

Philadelphie (c) Marie-Eve Blanchard

Philadelphie (c) Marie-Eve Blanchard

Clothespin de l'artiste suédois Oldenburg et le City Hall de Philadelphie

Clothespin de l’artiste suédois Oldenburg et le City Hall de Philadelphie (c) Marie-Eve Blanchard

Au courant des deux dernières décennies, le pouls de la ville a pris un véritable tournant. Son centre-ville, qui longtemps était désert et lugubre en soirée, s’est vu véritablement transformé avec une importante revitalisation notamment d’une portion de Broad Street, qui est maintenant très animée. Le tronçon entourant le majestueux et central hôtel de ville, City Hall, au sud et au nord, s’est d’ailleurs vu attribué le surnom de Avenue of the Arts avec ses théâtres, salles de concerts et de spectacles, musées et restaurants haut-de-gamme notamment. (Il faut d’ailleurs absolument pénétrer dans le Kimmel Center for the Performing of Arts, où Yannick Nézet-Séguin s’évertue à diriger le Philadelphia Orchestra depuis 2012, pour admirer de l’intérieur l’immense toit composé d’une voûte arqué et vitré.)

Durant plusieurs années, certains ghettos en périphérie de la ville ont aussi contribué à jeter de l’ombre sur Philly qui, du moins en son sein, est beaucoup plus sécuritaire qu’on ne l’a prétendu. Philadelphie reprend donc de la vigueur, se modernise, se dynamise et ajoute à son patrimoine déjà riche une économique verte et consciencieuse.

Vue sur le Comcast Center du JFK

Vue sur le Comcast Center du JFK « Love » Park

Trois ans après que la ville fut fondée en 1682, William Penn fit d’ailleurs dessiner des plans de la ville motivé par le désir de faire de Philadelphie une « ville provinciale verte ». Le plan urbain réalisé par Thomas Holmes inscrivait la ville en « carré » avec quatre parcs aux quatre coin et un parc central. L’héritage du fondateur de la ville est toujours visible avec les 5 squares, dont 3 constituent de véritables oasis urbaines. Depuis son élection en 2008, le maire démocrate Micheal Nutter poursuit donc l’idéal de Penn et, s’étant donné l’ambitieuse mission de faire de Philadelphie la ville la plus verte des États-Unis, il a lancé en 2009 Greenworks Philadelphia. Le projet a pour objectifs principaux d’améliorer l’efficacité énergétique des logements, de développer les sources alternatives et de réduire à 30% la consommation d’énergie des bâtiments publics. 167 initiatives vertes sont donc encourues en ce sens : meilleur gestion de l’écoulement des eaux pluviales avec la création de trottoirs aux pavages poreux pour éviter le débordement des égouts et favoriser un meilleur cycle, barils de pluie, apparition de nombreux toits verts, création de 688 kilomètres de pistes cyclables, programme de certification LEED pour la construction de nouveaux bâtiments, installation de panneaux solaires et micro éoliennes pour permettre à des buildings de s’alimenter avec sa propre énergie renouvelable (comme en fait foi l’épatante transformation du stade des Eagles, le Lincoln Financial Field) etc. Bref les initiatives ne manquent pas !

Outre ses très connus et réputés attraits culturels, Philadelphie a une longue tradition muséale et historique avec des musées tels que le Philadelphia Museum of Arts, le Franklin Institute ou encore avec Old City, le quartier historique avec son illustre Cloche de la Liberté et l’Independance Hall, dont la littérature abonde. La ville foisonne cependant d’endroits et d’attraits qui gagneraient à être découvert et exploré. En voici donc quelques uns que j’affectionne personnellement et que j’évoque habituellement moins.

Le quartier universitaire

(c) J Fusco pour Visit Philadelphia

(c) J Fusco pour Visit Philadelphia

Ce n’est peut-être pas le campus de Harvard, mais tout de même il s’agit d’un site indéniablement charmant! Déambuler dans les rues et sur Locust Walk au coeur du campus universitaire de la Pensylvannie peut s’avérer une très belle expérience avec des découvertes surprenantes. Vous y croiserez des bâtiments magnifiques, je pense entre autre à l’époustouflante Fisher Fine Arts
Library
, à mi-chemin entre une forteresse et une cathédrale gothique dont l’intérieur est tout simplement somptueux, et nombres de sculptures, notamment une seconde version de Love de Robert Indiana moins connu que celle du JFK Park, mais tout aussi chargée en symbolisme.

Fisher Fine Arts Library

Fisher Fine Arts Library

Penn Museum

Penn Museum

S’y niche aussi un musée fabuleux pour lequel j’ai eu instantanément un gros coup de coeur. De fait, le Penn Museum, le musée d’anthropologie et d’archéologie de l’Université de Pennsylvannie, est un véritable joyaux pour les amoureux ou amateurs d’histoire des grandes civilisations.

On y explore les différentes cultures du monde et de véritables trésors y sont conservés : un magnifique et étonnant sphinx de 15 tonnes de plus de 3200 ans dort dans la crypte de l’Égypte ancienne; momies; sarcophages; masques africains, et tablettes d’argile cunéiformes de la Mésopotamie ne sont qu’un bref éventail des artéfacts présentés. Bref, on peut aisément y passer tout une journée !

Sphinx, Penn Museum

Sphinx, Penn Museum (c) Marie-Eve Blanchard

Northerns Liberties et Fishtown

À l’instar du centre-ville, ces anciens secteurs industriels se sont vus eux aussi revitalisés au cours des dernières années. Autrefois plutôt malfamé, Northerns Liberties attire maintenant artistes, jeunes professionnels aisés et autres hipsters branchés. Le quartier regorge de jolies maisons en brique restaurées, arborant des portes rouges, bleues ou vertes avec des fenêtres à volets tout aussi colorés. auxquelles s’ajoutent cafés à la décoration rétro, brasseries artisanales et bars. En raison de sa nouvelle popularité, le prix des condos et des lofts aménagés dans les hangars modernisés n’a cessé de grimper. Les artistes se sont donc relocalisés un peu plus au nord, transformant l’ancien secteur industriel de la pêche à l’alose en un quartier émergeant que l’on dénomme Fishtown. Les quartiers ont peu d’attraits touristiques sinon d’y déambuler en admirant leur cachet unique, de s’y restaurer ou d’assister à un concert local. Les restaurants Fette Sau, concept originaire de Brooklyn, et Frankford Hall m’apparaissent comme deux incontournables pour qui souhaitent goûter à de succulents mets « viandeux » dans d’anciens espaces industriels rénovés avec goût (vraiment top😉 !)

Rittenhouse Square

Parc verdoyant, central et dynamique de cette artère doté du même nom, il n’est pas rare d’y croiser de sympathiques musiciens de jazz, il est cerné de quelques restaurants et pubs tendances, ponctué ça et là de bistros et tables typiquement à l’ambiance de brasseries parisiennes. Rittenhouse est un quartier branché et chic qui fourmille de restaurants, boutiques tendances et bars populaires. Les amateurs de bières raffoleront du

Monk's Café & Beer Emporium

Monk’s Café & Beer Emporium

Monk’s Café avec sa sélection de plus de 200 bières à couper le souffle et sa vingtaine de bières cask. L’ambiance sombre évoque réellement celle des anciens abbayes trapistes et y siroter une bière à la lueur d’une chandelle dans l’une de ses petites alcoves est une pure bonheur. Sinon, question café, il faut oublier illico les quelques Starbucks du quartier et se ravitailler en caféine à l’excellente, et très réputée, maison de torréfaction La Colombe.  Les passionnés et geeks de café trouveront d’ailleurs leur compte un peu partout dans la ville.

Le Rosenbach Museum & Library est une autre une adresse intéressante et méconnue pour les amoureux de littérature avec ses 30 000 livres rares et 130 000 manuscrits ! J’ai pu y admirer une page du manuscrit Ulysse de James Joyce (ainsi que des exemplaires de chacune de ses premières éditions) et visiter une reconstitution de l’appartement, avec les meubles originales, de la poète Marianne Moore. On pardonnera le fait que l’endroit a longtemps mis l’accent pour sa promotion du fait qu’elle détenait le manuscrit original d’Alice aux pays des merveilles, mais on en sortira tout de même un brin déçu. Le manuscrit Alice’s Adventure Under Ground fut effectivement en la possession de Philip Rosenbach lors de son achat historique en 1928, mais il ne l’est plus…

Fairmount Park

(c) John Hurst

(c) John Hurst

J’ai eu la chance de parcourir une infime partie du parc récemment à vélo … et de m’y perdre ! Vous croyez que Central Park est un immense parc urbain ? Si je vous disais que Fairmount Park compte 37km2 alors que son homologue newyorkais n’en a que 3,4 ? Près de 12 fois plus grand, c’est tout dire ! Y pédaler le long de Schuykill River est un véritable bonheur mais, attention, ici on partage la piste cyclable avec joggeurs, poussettes et marcheurs ! Les attraits du parc sont vastes : zoo (le premier des États-Unis) , musées, centre d’horticulture japonais, cimetière Laurell Hill, Boathouse Row et ses clubs d’avirons, etc. À l’instar de Washington, les magnifiques cerisiers du parc fleurissent au printemps ce qui donne lieu à un Cherry Blossom Festival moins connu, mais tout aussi florissant, que celui de la capitale.

Aux abords de sa portion sud-est, se trouve non loin le Eastern State Penitentiary où j’ai souvent accompagné des groupes que je guidais. Premier pénitencier en forme d’étoiles qui servit par la suite de modèle pour plus de trois cent prisons à travers le monde, il a beau tomber en ruines dans certaines parties de ses ailes, cela ajoute au caractère plutôt glauque de l’endroit. Les tournées guidées valent le coup question d’en apprendre plus sur le système d’isolement de chaque cellule, le puits de lumière y symbolisant « l’oeil de Dieu », la méthode révolutionnaire de surveillance que le dispositif permettait ou encore pour se faire raconter les nombreuses tentatives d’évasion.

Une des cinq ailes du Eastern State Penitentiary, (c) Marie-Eve Blanchard

Une des cinq ailes du Eastern State Penitentiary, (c) Marie-Eve Blanchard

East Passyunk Avenue

C’est LE nouveau quartier en développement, sinon LA rue où aller pour partager un excellent repas dans d’agréables restaurants de quartier loin de la sauce touristique. Juste au sud du marché italien, où il faut prendre la peine de flâner longuement devant ses étals colorés et parfumés, se trouve une avenue qui scinde le quartier sur sa diagonale. Avant de s’y rendre, on croisera Geno’s et Pat’s King Steak qui se font concurrence depuis 40 ans avec leur fameux Philly cheesesteak. Mais s’entêter à associer la gastronomie de la ville qu’à ce sandwich devenu presqu’emblématique, serait passer à côté d’une gastronomie en pleine ébullition qui se démarque mondialement. Aux chefs déjà célèbres comme Jose Garces et Marc Vetri, s’ajoutent de plus en plus de jeunes visionnaires qui viennent s’installer le long de l’avenue East Passyunk. Ils y ouvrent des restaurants où les produits frais et locaux sont souvent mis de l’avant. Plusieurs sont d’inspiration française, mais on y croise aussi d’excellent mexicains ou encore menus de l’Europe du Nord. Bon à savoir pour maximiser l’expérience : plusieurs, et d’excellents, sont affichés sous la bannière BYOB pour Bring Your Own Bottle (le cas de Laurel, Noord Eetcafe et Will notamment), il faut donc penser à se procurer ses consommations alcoolisées avant. Les lois entourant la délivrance de permis d’alcool en Pennsylvannie étant particulièrement rigoureuses, se procurer un tel permis nécessite une somme excessivement élevée qu’il est impossible de délivrer pour bons nombres de restaurateurs, on retrouve donc pléthore de restaurants de ce type (et d’excellents!) à Philadelphie !

En vrac…

M’en restreindre à ses quelques adresses m’est juste impossible… Alors voici en vrac quelques autres coups de coeur personnels et moins connus pour les amoureux des arts, de l’architecture ou des saveurs…

– La déco à l’ambiance très « speakeasy », les bières régionales et la terrasse sur le toit (toujours bondée…) du Revolution House.

– La magnifique façade arrière avec ses colonnes en demi-rotonde du Merchant’s Exchange Building.

– La vue panoramique sur la ville du Market Street Bridge (à deux pas du Penn Museum)

– Je ne peux pas omettre de mentionner le Rodin Museum, la Barnes Fondation et le Philadelphia Museum of Arts. Ce dernier sera rénové au courant des prochaines années selon l’important plan de restructuration de l’architecte Frank Gehry (Musée Guggenheim de Bilbao et Pavillon Jay Pritzker à Chicago que j’adore!). Ça promet !!

– Les beignets de chez Beiler’s Bakery dans le Reading Terminal Market. Littéralement, les meilleurs au monde !!

Lolita avec sa cuisine traditionnelle mexicaine! L’amoureuse du Mexique en moi fût illico conquise avec le Huachinango a la Veracruzana (une dorade que j’affectionne particulièrement « a la talla » sous les palapas mexicains) et les quesadillas à la fleur de courgette comme il se doit. ÇA goûte le Mexique à la mille !

– Les églises (ne pas hésiter à y pénétrer !), rues pavées et bâtiments de briques rouges de l’époque coloniale dans Society Hill.

Psitt : La ville et des organismes à but non lucratif travaillent depuis plusieurs années à un gros projet de transformation et création d’un parc urbain surélevé.  À l’instar du High Line newyorkais, Philly aura prochainement son parc le long d’un ancien chemin de fer. Des travaux commenceront en ce sens cette année.

**

Plogue : Vraiment heureuse d’être l’auteure d’un guide de la collection Escale, d’autant plus que les guides Escale sont une véritable révélation pour moi ! J’ai d’ailleurs souvent travaillé (guidé) avec ceux de Chicago, Toronto et Boston. Complets, concis et allant à l’essentiel pour une visite de quelques jours, ils se glissent aisément dans une poche ou un petit sac à main. En espérant qu’il vous soit éclairant et utile lors de votre séjour.

Je donne plus de détails sur le guide Escale à Philadelphie dans cette capsule vidéo :

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De la beauté. Pour la dernière et la première fois, Sophie Calle.

 

J’avais soif de mer.

Alors je suis allée à sa rencontre, la voir et l’entendre, avec des Stambouliotes qui eux la découvraient pour la première fois.

**

Au départ, cette phrase : « Je suis allée à Istanbul. J’ai rencontré des aveugles qui, pour la plupart, avaient subitement perdu la vue. Je leur ai demandé de me décrire ce qu’ils avaient vu pour la dernière fois. »

Et puis, cette vaste pièce blanche où se juxtapose sur ses murs des photographies de ces gens aveugles qui le sont devenus. Une dizaine de portraits accompagnés de textes où ces personnes nous relatent leur histoire quant à leur perte de vue et ce qu’ils ont vu pour la dernière fois. Pour l’un c’est le camion blanc avant cet accident de la route auquel il ne peut échapper ; pour l’autre c’est le lever de soleil sur la mer au réveil avant de perdre subitement la vue au cours d’une chirurgie risquée. Pour un enfant, c’est l’envol de la caille et le bond du chien avant l’accident de chasse. Pour un chauffeur de taxi, c’est le mafioso qui lui a tiré une balle de revolver sous l’oeil gauche pour ressortir au-dessus de l’oeil droit qui lui reste en mémoire.

La dernière image

D’entrée de jeu, Sophie Calle nous plonge avec La dernière image dans une réflexion pleine d’une tension palpable consciente quant à ces cécités subites. Et puis, elle poursuit son exploration dans un tableau intermédiaire, et qui se fait en quelque sorte pont, fil conducteur entre les deux expositions, intitulé Les Aveugles. Se pose alors la question de la beauté. Qu’est-ce qui évoque pour un aveugle de naissance l’image de la beauté ?

À même la première réponse fuse nette : « La mer. La mer à perte de vue. »

Voir la mer, Sophie Calle

Voir la mer, Sophie Calle

Voir la mer, Sophie Calle

Voir la mer, Sophie Calle

C’est donc de beauté dont il sera question dans Voir la mer. De beauté et surtout de première fois. On se trouve donc seul, ou presque, plongé dans le noir, parmi 9 écrans suspendus où sont projetées les vidéos de 9 personnes nous tournant le dos et observant la mer.

Et nous voilà témoins privilégiés et observateurs de cette première rencontre aux allures de première fois…

Ils sont pour la plupart assez en âge et ils n’ont pour directive que de la contempler ; ne l’ayant jamais vu, alors qu’elle se trouve pourtant si près, puis de se retourner au moment choisi face à la caméra.

Et tout se joue là, dans les regards troubles, dans les pupilles et sourires nerveux, ébahis, ou dans les silences révérencieux. Il n’y a rien d’autre, sinon tout, la plus belle des musiques, celle unique et impensable à imiter du déferlement des vagues qui s’entrechoquent et se déposent à leurs pieds.

Seuls, face à la mer.

C’est excessivement réussi. Troublant. D’une émotivité palpable. En tout simplicité, l’exposition de Calle se fait profondément percutante.

Instantanément, je me suis mise à pleurer.

 *

La pièce où l’on s’inonde de mer, et du trouble distinct et unique de cette première fois qui ne cesse d’être rediffusée en boucle, est un espace clos, sans aucune sortie. Il nous faudra donc revenir sur nos pas, remonter vers ce lieu où ces aveugles l’étant devenus se racontent.

Et puis, je me suis surpris à les observer autrement.

Je les trouvais déjà beaux.

Cette fois, ils l’étaient plus encore.

***

Sophie Calle, Pour la dernière et pour la première fois, Musée d’art contemporain, Montréal, jusqu’au 9 mai 2015.

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Raquette, spa et voyage symphonique avec Philip Glass

La neige tombe doucement sur ce matin de mars qui à peine commencé ne semble déjà pas finir. Il reste pourtant peu de temps pour profiter des belles journées qu’a à nous offrir cet hiver sibérien. Si peu d’heures d’ensoleillement cette année; février a franchi un record centenaire de froidure, vous avez dû l’entendre, vous aussi ? De mon côté, j’ai bien dû entendre une vingtaine de personnes l’évoquer seulement cette semaine ; impossible d’extraire le sujet de conversation de prédilection du Québécois moyen de son quotidien, surtout au terme d’un hiver qu’il a bravement traversé… N’empêche, les journées se rallongent tranquillement, nous reviendrons à l’heure d’été dès cette nuit et les terrasses, les mini-jupes et les sourires referont rapidement surface comme à chaque année au Québec.

À défaut d’avoir opté pour un billet d’avion, cela viendra, et bien rapidement, j’ai empoché deux billets de train vers Toronto pour le mois de mars. Une ville que je connais très bien dans ses rouages touristiques, je l’ai souvent guidé (sans exagération, j’ai dû monté la tour CN plus d’une quinzaine de fois… mouain, qui dit mieux ?), et je m’y rends à titre personnel ou par affaires deux à trois fois par année. Mais effectuant toujours le trajet en voiture, en autobus ou en avion, je ressens donc une certaine frénésie de prendre le train, loin tout de même de celle ressentie lorsque je parcourais l’Europe pour une première fois, comme elle me manque d’ailleurs celle-là, mais une légère agitation tout de même, enfin un brin de nouveau. Donc petite virée à TO, cette fois un objectif bien précis en tête : découvrir avec Roukie le nouvel aquarium Ripley’s. À cela, s’ajoute une soirée traditionnelle avec mon ami de longue date qui habite la Ville reine, au Wine Bar, par n’importe lequel, celui sur Church, à siroter quelques excellents vins de la vallée du Niagara notamment et déguster de superbes tapas tandis qu’on refera le monde et que Roukie s’endormira sur sa chaise …Peut-être bien aussi une visite du zoo ou du nouveau Legoland Discovery Center, mais certainement du temps à flâner dans les quartiers torontois.  On devra revenir, nous manquerons de justesse les matchs de pré-saison des Blue-Jays (jamais je n’aurais cru avec le temps m’intéresser au Baseball…)

Puis, arrivera rapidement avril. Voilà des années, depuis que ma fille est née en fait, que je passe mes printemps sur la côte est états-unienne. New York, Washington, Boston, Philadelphie (ma ville coup de coeur cette année dont je vous reparlerai prochainement lors de la publication d’un tout nouveau guide en français aux éditions Ulysse que j’ai fièrement écrit), la Virginie et Chicago, voilà en quoi ont ressemblé depuis cinq années mes semaines et week-ends printaniers. Guide-accompagnateur est un métier fabuleux, mais par moment bien ingrat où l’on travaille sans calculer ses heures, souvent plus de 18 heures par jour, et où le salaire dérisoire n’est malheureusement pas à l’image de la passion investie à partager nos connaissances culturelles et historiques quant à une ville et à déployer nos talents de coordination… Vous me direz qu’il en est ainsi pour bien des métiers… je sais ! N’empêche, je continuerai parfois à guider, mais plus de manière aussi intensive. Je souhaite plutôt me faire témoin de l’ailleurs de par mes pas qui fouleront de nouveaux lieux ou de par mon regard qui cherchera à apprivoiser cet ailleurs de par de nouveaux livres… à suivre.

***

DIMG_0605_2‘ici que la neige s’évanouisse complètement, voici deux sentiers pour raquetter testés et situés aux abords de Montréal. D’abord, le Parc régional des Sept-Chutes, le plus éloigné, à 1h30, où il est possible pour la première fois cette année de raquetter les sentiers enneigés.  Nous avons essayé la boucle du Mont Brassard qui se présentait comme un parcours intermédiaire de 8,5 km avec un petit dénivelé de 250m. La montée assez escarpée vaut l’effort avant d’atteindre le plus plat sommet qui offre à différents endroits une très belle vue sur la rivière Noire, le lac Rémi, les hautes collines de Saint-Zénon et le Lanaudière enneigé. On profite de l’immense quiétude et des sentiers bien peu foulés avant que ce nouveau repère ne devienne davantage connu. Fabuleux.

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IMG_0280Essayé plus tôt en janvier, le centre de ski de fond et de raquette de l’Estérel, Hors Limite, est situé quant à lui dans les Laurentides à une heure de Montréal. Davantage fréquenté, le centre propose quatre sentiers de raquettes niveau débutant et une douzaine de sentiers de ski de fond comptabilisant 35 kilomètres. La neige était tellement durcie lors de notre passage qu’on a carrément préféré parcourir les sentiers en bottes.

N’empêche, les sentiers au travers de la forêt Laurentienne sont agréables, les conifères abondamment présents. L’expérience doit être d’autant plus satisfaisante lorsqu’il y a une nouvelle tombée de neige et tôt le mâtin avant le passage de trop de raquetteurs. Jolis refuges chauffés, équipements disponible en location, j’y retournerai sans doute étrenner les sentiers en skis de fond.

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IMG_0745Au retour, on peut arrêter au Polar Bear’s Club à Piemont, un agréable spa qui bénéficierait sans doute d’être davantage éloigné de l’autoroute. N’empêche, bien aimé ma première expérience en terme de spa hivernal. Merci au vieil homme expérimenté qui nous a brillamment expliqué comment bien préparer notreIMG_0747 corps à la chaleur (temps d’exposition , endroit idéal où se positionner dans le sauna, trucs et conseils d’équipements) et qui a ensuite favorisé notre expérience de saucette dans la rivière gelée. Bien préparés, l’eau glaciale et les -25 degrés sont presque devenus agréables. Je déplore malheureusement qu’encore bien des spas ne prennent pas la peine de bien informer et préparer lors clientèle à leur expérience thermale. Les connaissances liées à la thermothérapie ne vont pas nécessairement de soi… Et les bienfaits de l’expérience s’en verraient par la suite certainement décuplés…

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Si la température le permet, j’envisage de grimper dans les prochains jours le majestueux Mont-Ham qui culmine à 713 m pour profiter de la vue panoramique 360 sur l’Estrie. Mais avant, j’ai un voyage de planifier… une date que j’espère depuis un bon moment. Dans le cadre de la programmation de l’OSM éclaté, Kent Nagano nous propose ce soir à Montréal un voyage en compagnie de l’artiste Philip Glass. Ayant écrit de nombreux textes en me laissant porter par son approche minimaliste unique, je ne peux que jubiler d’aller à la rencontre de ce grand, et si influent, compositeur de la musique classique du XXe siècle…Il interprétera notamment Mad Rush, sa célèbre et magistrale oeuvre qu’il joua lors du premier discours du dalaï-lama dans la cathédrale Saint-Jean le Divin, à New York en 1981… La voici :

Pssittt : Il n’y a malheureusement plus de billets pour ce soir, mais le concert de Philip Glass et Kent Nagano, Travels with Philip Glass, sera retransmis en direct sur Medici.tv à 21h heures. Et disponible ensuite durant trois mois.

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Foulées réflexives : par-delà les sentiers enneigés

Le temps s’est doucement écoulé depuis ce dernier billet d’octobre.

J’étais en dormance à effeuiller l’automneIMG_8713 et à éplucher un vieux roman. 10 années de travail à temps perdu qui tournait en rond, de l’attente et de l’oubli aux détours de rencontres et de phrases phares croisées au hasard, premier roman à me chercher et à m’y perdre, à pasticher les mots d’auteurs qui m’ont fait et puis défait ; il faut bien l’admettre. Et puis, le plus difficile, apprendre à jeter, près de 200 pages, à lâcher prise, à laisser derrière soi ce qui n’a peut-être plus lieu d’être. Dénuer le projet et le soustraire de sa notion d’échec. Donc jeter ou ranger quelque part les feuillets épars de ce premier jet trop retravaillé qui tournait passablement en rond et qui ne me parlait plus. Un vieux roman et une histoire d’amour de dix années qui le parcourait, entre attente, quête, oubli de soi et espérance. Romantique finie, vous dis-je.  Ainsi finir pour finir, vraiment ? Premiers sillons d’un apprivoisement, le plus important sans doute pour moi ; le mien. Et soudain prendre conscience que trop longtemps avoir l’imaginaire tourné vers le passé devient parfois trop lourd à porter pour l’être que l’on est devenu et qui cherche à avoir le regard rivé sur le présent.

Jeter le roman, et à la fois l’indicible romance qui le parcourait, pour faire rejaillir le désir de créer, autre chose, autre part, avec de la peinture, des bouts de bois ou de vieux cailloux rouillés, peu importe. Peut-être bien des mots. Créer de l’espace pour permettre de faire naître autre chose, tout comme on doit apprendre à s’autoriser le temps de rêvasser pour laisser jaillir les premières esquisses d’un nouveau projet. Créer de l’espace, c’est aussi balayer de vieux sentiments qui ne mènent nulle part.

IMG_9028Depuis octobre, les Îles et Chicago, il y a eu Samana en République Dominicaine. Surtout, des éclats de rire entre copines de longue date. Du temps précieux à y faire des mots croisés, boire de mauvais drinks et embrasser la Mama Juana, ses effluves de rhum et de cannelle ainsi que ses effets. Sceller des amitiés. Et flirter brièvement avec une province où les cocotiers et les montagnes pullulent, loin de la sauce touristique dominicaine et du plus laid, ce très laid que l’on n’aime nommer, qui parfois l’accompagne.

Il y a eu le froid et trop peu de belles neiges pour la marcheuse et contemplative que je suis.

Des silences.

Et des mots égarés au creux de novembre.

Il y a eu l’inattendu. La peur d’autrui et son incapacité à la braver. Une vieille peine que j’ai dû cesser d’étendre sur les papiers maculés. L’impuissance ou son corollaire. Dans la puissance : l’acceptation.

Il y a eu ce vaste appartement où depuis trois ans je m’enracine. Et cette petite bête à apprivoiser. Une allégorie facile et évidente de cette part sauvage qui me fait et de cette artiste découverte, plutôt acceptée, sur le tard. Il y a eu des airs tendres. Beaucoup de mélancolie pianotée doucement sur les touches d’un clavier.

Il y a eu de la grisaille et de la folle neige. Une enfant qui tournoie dans ma cour et qui rit aux éclats la bouche grande ouverte et tendue vers le ciel. J’ai installé mon bureau et mon chevalet près des fenêtres. Voir l’hiver se faire tranquillement un petit nid, tandis que je rêvasse toujours farouchement de mer qui lèche tendrement mes pieds, m’est bon. Ce besoin, comme une soif, ne se tarira donc jamais.

Il y a eu ces centaines de bouts de textes perdus épars dans mon ordinateur comme des notes oubliées sur un clavier. Trop de cahiers emplis durant les dernières années où je m’adressais ainsi à ce « tu ». Et puis décembre où j’ai jeté des tonnes de « tu » qui n’en sauront jamais rien. C’est sans doute mieux ainsi.

Il y a eu du temps. Et de la retenue. Cette idée de transparence avec laquelle je jongle aussi ici ou s’entremêle ma quête de moi-même et mon désir d’espaces. Et puis, réaliser ; cette impossibilité de totalement pouvoir y répondre à cette envie de transparence.  Tout ça en jonglant avec l’idée de conserver cette carte de visite comme un ultime espace de liberté.

Car même si je me sais nue, entière ; Et cendrée.

Je peux par moment être beaucoup trop fragile pour entièrement me dévoiler ici.

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Il y a eu cette phrase de Bélanger croisée aux détours de ma première grande peine d’amour il y a plusieurs années.  Combien de villes ainsi foulées où je n’étais jamais au rendez-vous ? Cette phrase que j’ai entendue en boucle dans ma tête, le soir dans les chambres d’hôtels de plusieurs villes. Et cette nécessité qu’est l’arrêt pour permettre à la collision avec soi-même de se faire. Faire jaillir ce désir de construire. Il y a eu mon besoin d’ailleurs qui prend soudain un tout autre sens. Dénué de fuite et d’égarement, espérant plutôt favoriser la rencontre et autrement la mouvance. Peut-être moins voyager. Pour mieux m’y poser. Sans s’essouffler. Ou voyager autrement. Même en guidant des groupes, j’ai toujours été seule dans mes errances. Une envie de partage qui soudainement a jaillit.

Et puis, il y a eu la peur. Et le doute à même la conscience. J’ai laissé la porte ouverte aux regards de lecteurs ici, dévoilant de l’intime à demi-mot. Des parcelles de fragilité. Une approche du voyage, de l’ailleurs ou de l’errance intime et par moment mal assumée. À nouveau, braver le regard de l’autre. Ne pas tenter de plaire. Comme on doit parfois apprendre à trouver le courage de rester.

C’est toujours ainsi lorsque je traverse l’hiver. Je le vis comme on vit un deuil, dans ma nature de vagabonde, de poète.

Faire son deuil. Traverser sa douleur.

*

Janvier. Et la dichotomie sourde qui se pointe le nez à nouveau. L’envie forte d’aller chercher des histoires d’ailleurs et d’emplir mon baluchon de bouts d’autres vies à raconter. Et cette tentative de se faire adulte. Apprivoisée. De me glisser dans ce qu’on concède du côté de la « normalité ». Vie normale. Un boulot de 9 à 5 deux jours semaine, faut pas charrier tout de même avec les contrats. Et puis me laisser du temps pour créer. Rêver de nouveaux rêves. Des rêves à en plus finir, disait Brel. Toujours cette impression d’en avoir trop portés. 

Je prends le temps, me refuse à la routine ou me mets à rêvasser dès que j’y glisse malgré moi.

Je rêve de rizières et de vert maculé.

Jeter. Jeter. Jeter.

Ça vient par phase. Cyclique, en quelque sorte. Bien souvent après le 1er janvier. Et tout d’un coup, je me fais véritable maîtresse de maison (j’ai acheté une nouvelle balayeuse, des produits ménagers, fait le tri de vêtements, mis un peu d’ordre dans les papiers. Pas trop. Mais de l’ordre, quand même.)

Jette. Nettoie. Donne. Ce qui n’est plus. Ce qui n’a plus lieu d’être.

Et puis au moment où je crois m’assagir, aux prises avec la routine quotidienne qui me prend et me tient dans ce « quelque chose » qui fait bien drôlement l’unanimité, elle me perd soudain cette routine.

Je m’y sens perdue, effarée.

Traquée.

image1En urgence, je ressors la valise et le sac à dos rangés dans le garde-robe pour les laisser trainer au beau milieu de ma chambre. Il me faut me remettre à marcher, raquetter par temps froid, initier et instaurer la mouvance … À défaut de bouger pour un moment, redevenir cette boulimique de livres, de l’ailleurs. Donnez-moi de l’ailleurs et du rêve ! Je me surprends à me retrouver avec un magazine sur l’Arizona entre les mains, avoir acheté impulsivement un livre qui trace le portrait de la femme aventurière, lire des articles un peu partout teintés de Vietnam ; trop longtemps que je rêve de Vietnam. Et puis me surprendre à toucher du bout des doigts la peur d’acheter un vol vers l’Asie avec tous ces avions engloutis depuis les derniers mois…

Je me retrouve finalement au même point avec cette urgence d’écrire et d’ailleurs qui me tenaille, qui ne semble pouvoir être assouvi que de par les livres qui ont si longtemps nourri mes déambulations immobiles. Mes rêveries d’ailleurs, naïves et enfantines.

Trouver des prémices de réponses dans un bouquin consacré aux aventurières contemporaines : « Quelque chose d’autre a commencé pour elles, une activité qui n’est ni de loisir ni vraiment professionnel, située entre-deux, « hors des rails » et qui consiste d’abord à se mettre en mouvement. »

« Chacune est fermement décidée à faire « usage du monde », à sa manière, à se frotter aux peuples de la planète, à se laisser faire par le voyage. Chacune est aussi consciente qu’au retour, il lui faudra se reprendre, revenir à soi, aux siens, surmonter un sentiment de décalage et un certain mal-être qu’elles connaissent depuis l’adolescence. »

Ouf.

Je suis ce cocon.

Cet entre-deux.

Et puis, au détour d’une tempête, je me remets en mouvement. J’apaise l’envie d’ailleurs qui a ressurgi dans chaque sentier enneigé. Et je me résous tranquillement devant l’impossibilité de la faire taire.

J’apprends peut-être enfin à la tempérer.

Autrement.

Et c’est très bien ainsi.

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Chicago en quelques clichés …

J’aime découvrir une ville sous différentes saisons.

Quant à moi, New York n’est jamais aussi belle qu’à l’automne et possède un charme indéniable l’hiver lorsque la neige se pose furtivement sur les branches des arbres pour disparaître le lendemain à Central Park. Je n’ai connu Paris qu’au printemps et en été, et je ne sais pourquoi, mais j’aimerais l’apprivoiser pluvieuse et froide. J’adore Boston et Vancouver au début de l’été. Washington n’est jamais aussi belle que sous les cerisiers en fleurs vers la fin du mois de mars et au début d’avril.  De même pour Philadelphie qu’on méconnait et où les cerisiers fleurissent dans le plus grand parc urbain des États-Unis, Fairmount Park, à la même période.

Je n’avais vu Chicago que sous l’aspect mélancolique qu’amène la pluie et une trop grande froideur pour un mois d’avril. J’étais donc bien heureuse d’y mettre à nouveau les pieds quelques jours en septembre. Bien que certaines journées étant fraîches, j’ai pu apprécier quelques vues uniques qu’offrent la ville des vents, -surtout ne vous méprenez pas sur le sens de ce surnom, il ne vente pas plus à Chicago qu’à Boston-,  au début de l’automne.

La voici donc en quelques clichés Instagram captés ça et là au cours des deux brèves journées que j’y suis passée…

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Quelques incontournables de cette magnifique ville : la croisière architecturale sur la Chicago River, l’époustouflant point de vue du Skydeck de la Willis Tower, Dearborn Avenue ponctuée de ses immenses oeuvres d’art, évidemment Millenium Park et une partie de baseball au Wrigley Field en dévorant un Hot Dog Chicago Style !

Je m’y suis rendue en autobus avec un groupe que je guidais. Les 18 heures de trajet à partir de Shawinigan étant plutôt intenses, un arrêt s’imposait. Voici donc, en bonus, une intéressante vue sur Détroit, directement captée de la chambre de mon hôtel à Windsor, en Ontario …

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