Défi blogueurs France nature : embarquez dans l’aventure avec moi pour gagnez un voyage en France !

Que d’excitation !

Pour la seconde fois, j’ai le privilège de m’envoler pour la France pour le Défi Blogueurs France nature organisé par Atout France.  Encore une fois, je n’apprendrai ma destination finale en France qu’à mon arrivée à l’aéroport de Montréal demain ! Lors de la prochaine semaine, je vous ferai découvrir ma destination surprise en compagnie de 5 autres blogueuses auxquelles 5 autres destinations auront été attribué. En suivant l’aventure sur les réseaux sociaux et sur le site de France Nature, vous serez invités à voter pour votre destination préférée, j’espère que vous voterez pour ma région, afin de courir la chance de gagner un voyage pour deux en France avec Air France !

Je vous invite à me suivre sur mon compte Instagram et Facebook pour vivre l’aventure en photos, en émotions et en mots !

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J’ai mis les pieds en France pour la première fois à l’aube de mes vingt ans, seule, mon sac à dos, mes baskets et des carnets d’écriture pour tout compagnons de voyage. Certes, j’ai aimé Paris quelques jours, mais je suis vraiment tombée en amour avec la France ensuite, lorsque je suis partie sans itinéraire à sa découverte, ayant choisi de me prêter au hasard du voyage et de la surprise. Et puis, voilà, les aléas des rencontres et du voyage m’ont menée dans les Pyrénées Orientales. J’ai alors découvert le grandiose site des Gorges de Galamus dans le pays cathare. Une randonnée pédestre à flan de montagnes dans un paysage tout à fait étonnant plus tard, je découvrais l’ermitage de Saint-Antoine et les premières beautés naturelles et spectaculaires de la France.

J’ai par la suite pu m’émerveiller de la Bretagne sauvage, de ses monts d’Arrée, de ses côtes, été soufflée par la route spectaculaire entre Cassis et la Ciotat, découvert les vendanges dans le Jurançon, me faire dorer sur ces paysages de bords de mer époustouflants dans le pays basque, randonner tout récemment dans les splendides calanques marseillaises… Entre autres. Je l’ai aussi amplement fouillée, approfondie et mise en mots au terme un livre dont je suis très fière qui vient tout juste d’être publié aux Éditions Ulysse. Mais c’est surtout la vivre pleinement que j’aimerai toujours avec passion. La France nature, sauvage, à apprivoiser et à fouler à pleins poumons dans toute sa richesse et sa diversité, je ne cesserai d’adorer la découvrir.

Un splendide point de vue sur la mer au terme d’une randonnée pédestre dans les calanques marseillaises (c) Jean-Michel Dufaux

Je l’ai toujours dit, je suis une littéraire au tempérament d’aventurière et contemplatif férue d’inconnus et de découvertes passionnées. C’est donc un défi qui ne peut que me sied à ravir et dont je suis très heureuse de m’apprêter à vivre.

Et voilà, départ imminent demain le 17 septembre 2017 vers 15h45 ! J’ai tout de même quelques indices … Je deviendrai en somme ambassadrice d’une des destinations suivante : 

Je publierai donc intensément au cours des prochains jours sur mes comptes Instagram, Facebook et Twitter afin de vous vivre l’aventure en photos, en émotions et en mots. Tout ce qui touche plus spécifiquement au plein air sera partagée sur les comptes d’Espaces,(@espacespleinair), revue de voyages et de plein air avec laquelle je collabore.

Pour plus  de détails sur les 6 destinations ou en apprendre davantage sur les autres blogueuses et partenaires, n’hésitez pas à consulter le site d’Atout France.

Alors prêts à embarquez dans l’aventure avec moi ? Suivez le mot-clic #FranceNature !

 

Merci à Atout France, Rail Europe et Air France pour cet étonnant et passionnant projet ! 

Note : Plusieurs autres partenaires orchestreront cette aventure ! Les opinions émises seront miennes et nullement dirigées. 

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La Martinique gourmande ensoleille Montréal et Québec

Vous rêvez d’une escapade à l’île aux fleurs ? Pourquoi ne pas voyager à même Montréal et Québec afin de découvrir sa cuisine colorée, authentique et pétillante ?

Pour sa dixième présentation, le festival gourmand présentera à compter d’aujourd’hui, 14 septembre 2017, ses saveurs ensoleillées dans pas moins de 40 restaurants. Jusqu’au 24 septembre, plusieurs événements spéciaux tels des ateliers culinaires, un souper gastronomique avec chefs martiniquais invités, dont Guy Ferdinand, au restaurant Renoir du Sofitel Montréal, et dégustation de rhum auront également lieu. Pour la première fois, l’édition se déroulera également dans la ville de Québec.

Pour le lancement de ce festival de saveurs, j’étais invitée hier à un diner au restaurant O Noir afin de plonger intensément à même l’expérience gourmande. C’est dans ce cadre vraiment atypique, on ne voit absolument rien (mais rien !), que j’ai tenté de deviner les saveurs venus de l’île aux Fleurs … La mer, le terroir et les épices étaient à l’honneur avec de succulents plats préparés par les chefs invitées martiniquais Guy Ferdinand, Claire-Marie Dubois, Nathanaël Ducteil et les chefs québécois Alain Ferraty et Jean-Luc Peyrottes. Gambas, mangue verte, patate douce, manioc, oursins, plantain sont venus titiller notre odorat et régaler nos papilles de fort belle façon !

Pour découvrir la programmation complète ainsi que les 40 restaurants c’est par ici.  Vous pourriez également gagner un voyage offert par Air Canada et Club Med. Vous trouverez également pléthore de recettes alléchantes sur le site.

Quant à moi, je suis l’heureuse (et plus que trop enthousiaste !) élue d’un voyage en Martinique ainsi que d’un séjour à L‘hôtel Bambou !

Immense merci à Air Canada Rouge , au Comité martiniquais du tourisme au Canada et à Marie-Andrée Boucher d’Atout France pour l’invitation. Très hâte de vous partager au cours de la prochaine année ma découverte de l’attrayante et colorée île aux fleurs.

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Martinique Gourmande, 10 e édition, du 14 au 24 septembre 2017.

Air Canada Rouge offre 2 à 3 départs par semaine directs de Montréal vers Fort de France

Acapulco, cocktails à base de rhum martiniquais pour nous mettre dans l’ambiance avant de plonger dans le noir.

Tambouyé martiniquais

Joëlle Désir, Directrice Générale du Comité Martiniquais du Tourisme

Allocution de Jessica Marie, chargée de promotion au Canada pour le Comité Martiniquais du Tourisme

Plat de crevettes préparé par le chef Guy Ferdinand

Les chefs invités d’honneur

En compagnie d’Alexie Deschênes d’Air Canada et Jessica Marie, chargée de promotion au Canada pour le Comité Martiniquais du Tourisme

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Étonnante Outaouais : Virée à Gatineau

J’ai eu la chance au cours des dernières semaines de parcourir la belle région de l’Outaouais au Québec. J’en suis revenue absolument charmée, tant par la découverte de Gatineau, de Chelsea, Wakefield et Montebello dont je parlerais dans un prochain billet.

Il y a d’abord MosaïCanada 2017, orchestré dans le cadre du 150e de la Confédération, qui se veut une activité entièrement gratuite! Incontournable de l’été 2017, cet événement a posé ses pénates dans le Parc Jacques Cartier où se sont édifiées ces immenses et splendides sculptures végétales.



Au-delà de la spectaculaire Terre Mère et d’un génial piano à queue, 33 mosaïcultures puisant aussi à même l’histoire canadienne et des Premières Nations composent cette splendide œuvre éphémère. Une partie de l’exposition est d’ailleurs entièrement consacrée à la représentation des provinces et des territoires particulièrement réussie.Les œuvres offertes par Bejin et Shanghai afin d’honorer le 150e, et créées au coût de 1,5 millions, sont absolument fascinantes !  De l’émerveillement dont il faut profiter rapidement avant la fin de l’été et que ces belles créations horticoles ne retournent à la terre.


Et puis, il y a la toute nouvelle Salle canadienne du Musée de l’Histoire Canadienne, véritablement splendide, qui deviendra rapidement un incontournable du musée et de la ville. En 3 volets, on y présente le Canada depuis les premiers peuples à l’arrivée de la Nouvelle-France, en passant par l’époque de la colonisation jusqu’au Canada moderne et actuel avec ses enjeux quant aux premières nations et en mettant aussi l’accent sur la diversité des droits humains et la charte des droits et liberté. Unique au pays, cette nouvelle exposition permanente tend à faire sentir l’importance et l’incidence de l’histoire et faire ressortir des liens avec celle d’aujourd’hui.

Autre nouveauté de l’été, une curieuse ligne rouge qui sillonne les trottoirs du Vieux-Hull. Librement inspiré de la « Freedom Trail » de Boston, le Sentier culturel se veut un parcours qui accompagne les promeneurs lors de leur visite. Ce fil conducteur d’une longueur de 3 km rattache plusieurs éléments de la programmation du 150e, mais aussi plusieurs points d’intérêt. Tant les microbrasseries du quartier, les établissements culturels d’importance que et nombre d’œuvre sur d’art ponctuent le sentier.



Quant à l’offre culinaire de Gatineau, un vent nouveau à souffler depuis les dernières années dotant la scène d’excellentes tables gastronomiques ou bistrots qui valent amplement le détour. Aux Vilains garçons s’ajoutent maintenant le Ruestik et l’excellent Soif, le Bar à Vin de la charmante sommelière Véronique Rivest.


Finalement, il y a ce coup de cœur inattendu qui vaut vraiment le détour, Aylmer, secteur toujours méconnu qui s’est littéralement revitalisé depuis les dernières années. Il est bon de flâner le long de la Principale sur les terrasses des jolis restos, dont l’excellent Antonyme, mais il faut absolument se rendre au bout de la rue afin d’atteindre la marina et le Parc des Cèdres! Sur la longue plage, une douce ambiance règne tant en journée qu’en début de soirée. Endroit idéal pour se laisser bercer par le doux déferlement des vagues de la rivière Outaouais tout en admirant au loin le coucher du soleil.

Grand merci à Anne Chardon de Tourisme Outaouais pour l’orchestration de cette belle tournée de presse.

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Hymne à la beauté du fleuve

 « Les départs, les voyages, sont des maladies douces qui, une fois dans la peau, ne vous quittent plus. Ce qui ne cesse de nous échapper est en même temps ce qui nous ancre »

Saint-Laurent mon amour, Monique Durand

 

Saint-Laurent, mon amour et autres actualités fluviales

J’étais en quête d’embruns et d’air salin avec mars qui trainait et cet hiver qui n’en finit plus de finir. Il faut croire que mon besoin de mer se fait toujours si criant. Ainsi, ma bouche avait goût du sel alors que mon corps et ma peau sèche désiraient ardemment se faire fouetter par le vent. Malgré tout, ma réalité sédentaire des derniers mois m’a contraint à endiguer ces envies.

J’ai donc plongé dans le livre de Monique Durand comme s’il répondait à un appel. Je me doutais bien qu’on allait bien s’entendre ; l’amoureuse de mer en moi n’a cessé depuis son séjour sur les îles de Mingan et sur l’Ile verte d’apprivoiser cette passion pour le fleuve. Bien sûr, j’aimais déjà ses galets, ses algues, ses bouts de bois et ses herbes salées.  Le fleuve avait agit tel un baume sur mes blessures ce premier été où je m’étais trouvée seule avec mon bébé de quelques mois ; je cherchais la mer, l’eau, l’air des forêts, le vent et les marées. Je voulais alors tout à la fois. J’avais trouvé dans ces nuits de bord de fleuve, dans ma tente avec bébé lové sur moi dans un même sac de couchage, un brin de ma rédemption dans l’air gaspésien. Ma nature sauvage et intuitive a finalement eu raison de mon départ.  Mais vivre le fleuve sans son côté insulaire c’est comme aimer un homme en tentant de se fermer les yeux sur son caractère sauvage, indomptable.

Dans ma vie, cette petite plaquette d’Anne Morrow Linbergh, la femme du célèbre aviateur, Solitude face à la mer, que je relis à chaque année. Une fois le livre de Durand dans les mains, j’ai immédiatement ressenti une familiarité. Et puis, il y a aussi cette passion commune avec la journaliste et l’écrivaine que j’ai pressenti. Car l’hommage à Duras est là, évidemment à même le titre. La similarité s’arrête toutefois là. Alors que l’eau dans l’oeuvre durasienne est souvent liée à la folie, chez Durand, l’eau du fleuve est nécessairement conciliatrice, salvatrice. Compagne du quotidien. Seule certitude.

Car c’est le fleuve en tant que personnage et le fleuve habité que choisira de mettre en scène l’écrivaine. C’est d’abord dans le port de Montréal, auprès de son père, qu’elle goûte ses premières effluves fluviales. Son aspect glacial qui pourtant revigore. Cette odeur de « poisson mort » qui apaise et rassure. Ses paquebots qui parfois le cisaillent.

Et puis, sa vie professionnelle l’entraine sur ses deux rives, si différentes l’une de l’autre. La Gaspésie, et ses courbes ondoyantes, que l’écrivaine affectionne avec évidence ; Gaspé, « son lieu de prédilection, d’épousailles avec [elle-même], de confidences faites au vent et à quelques disparus cher, de rencontre avec les multitudes qui l’on précédé»,  où elle retourne à chaque année. Et la Côte-Nord plus austère, cette terre d’épinettes, nue, au caractère sauvage qui forgent des caractères humains différents, « des gens en bois dur », résilients. Et puis, cette Basse-Côte-Nord dont « le reste du Québec et du monde ne savent presque rien », où semble s’être installé le bout du monde. Finalement, ces îles et bouts de terre du grand large.

Plage et battures de la Pointe aux Outardes

De ces régions rythmées par le fleuve, l’écrivaine nous livre des portraits ; portraits de riverains habillés de poésie, d’une passion douce qui se ressent dans bien des phrases. Elle nous ramène à sa grandeur, s’amusant aussi à recréer les rencontre, imaginant Sieur de Maisonneuve et Jeanne Mance y pénétrer. Par-là, elle rappelle comment ce cours d’eau est intimement lié à l’exploration du continent, comment l’histoire qui s’est dessinée sur ses rives n’aurait pu être sans l’apport de ce vaste géant d’eau, soulignant son importance immuable dans le développement de la Nouvelle-France.

Le livre, publié chez Mémoire d’Encrier, se veut, oui certes, une ode au fleuve. Une ode au Saint-Laurent, mais aussi à ces riverains, personnages attachants qui vivent au rythme de ses caprices et de ses marées.  Des bouts de récits du présent et du passé où j’ai croisé riverains inconnus dont l’histoire est façonnée «ce fleuve aux grandes eaux». Des figures plus connues, tel Mary, cette femme de gardien de phare sur l’Île aux Perroquets, « île d’une inquiétude presque incessante » dont on tente d’imaginer un vécu traversé de solitude et d’isolement. J’y ai aussi croisé avec bonheur Sandra et André, chez qui j’avais mangé et dormi sur leur île de la Grosse Boule à Sept-Îles, ce couple adorable qui s’adonne à la mariculture et vit de ce que le ventre du fleuve veut bien leur offrir. Ainsi, des bouts de vies de riverains et d’insulaires qui, à l’instar des paysages de bord de fleuve, défilent sous nos yeux, tour à tour dans leur douceur et leur côté plus farouche.

On parcourt donc Saint-Laurent mon amour comme on longerait le fleuve. Et c’est bien ce que nous offre Durand, de l’accompagner sur les flancs de sa mémoire comme si on ferait avec elle une balade  : «Le Saint-Laurent est un voyage. Quand je ne pourrai plus marcher sur ses flancs ni le voir couler à ma fenêtre, je pourrai encore voguer sur son onde claire avec le stylo des mots ou de ma mémoire…»

«Je suis né de ce paysage» écrivait le poète Gratien Lapointe, dans sa célèbre Ode au Saint-Laurent. En écho à ses paroles, Monique Durand nous rappelle que ce « qui ne cesse de nous échapper est en même temps ce qui nous ancre ». Car il ne s’agit évidemment pas de dompter le fleuve, mais bien de se laisser traverser par lui. Et c’est à quoi nous invite l’écrivaine, et sa plume douce et affutée, avec cet hymne à ce colosse fluvial et lumineux.

Abreuvons-nous de sa beauté.

Saint Laurent, mon amour. Monique Durand. Mémoire d’encrier, 2017, 160 pages.

Les Grandes Bergeronnes, Côte Nord

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Actualités fluviales …

Visionné : Quelques épisodes de la websérie documentaire « Voix maritimes ». De courtes capsules, à peine 4 minutes, avec des témoignages de riverains sur leur amour du fleuve, évidemment, mais aussi des enjeux propres à leur réalité quotidienne. Du pêcheur d’anguille, à l’aventurier en passant par le gardien de phare au menuisier et artisan de chaloupes. On y donne aussi une voix, trop brève, aux expropriés du Parc Forillon. Seul bémol, la lancinante thématique musicale … Réalisation de Joannie Lafrenière & Émilie Beaulieu-Guerrette.

Fantasmé (solide) : Sur le fait que je mangeais du crabe des neiges … quelques chanceux sur les côtes peuvent désormais s’adonner à ce plaisir : les crabiers ont largué leurs amarres !

Étonnement : En Nouvelle-Zélande et en Inde, trois fleuves, dont le Gange, viennent d’être dotés du statut de « personnalité juridique », ce qui en fait des entités vivantes en matière de droit. Des décisions qui interrogent sur la place donnée au droit de la nature, dans le monde comme en France.

Visionner (à nouveau) : ce documentaire à couper le souffle réalisé par David Etienne Durivage. Le protagoniste principal : le fleuve Saint-Laurent !   Un documentaire de huit minutes entièrement filmé à l’aide de drones de Montréal aux Îles-de-la-Madeleine.

Eu des envies de : Sept-Îles ! On a beaucoup parlé de la nouvelle publicité de Tourisme Québec. Quant à moi, c’est surtout cette dernière de Tourisme Sept-Îles qui m’a donné des envies d’y retourner cet été.

J’anticipe : d’en savoir plus sur le prochain projet du photographe Mathieu Dupuis avec le National Geographic… Depuis quelques jours, il nous titille sur sa page Facebook avec quelques unes de ses photographies de fleuve évoquant un mystérieux projet …

 

 

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Le Québec dans les yeux de 10 journalistes et blogueuses spécialisées en voyage

«Je trouvais désinvolte d’avoir couru le monde en négligeant les trésors des proximités»

Sur les chemins noirs, Sylvain Tesson

 

Je me souviendrai toujours de ce moment où je survolais l’Abitibi-Témiscamingue, admirant ses magnifiques espaces verts où serpentaient les rivières. Je quittais Rouyn avec dans mes bagages le magnifique livre de Mathieu Dupuis, qui porte sur ses racines, en guise de souvenir. J’admirais son talent de photographe depuis plusieurs années déjà et je feuilletais le livre avec envie.

Mon Québec était beau. Et j’avais encore une fois eu la chance de découvrir un bout de ma vaste, riche et inépuisable province. Je repartais le regard pétillant, tout comme maintes fois je suis repartie le regard teinté de ce ravissement. 

Il y a les Îles-de-la-Madeleine, où je suis instantément tombée amoureuse;  cet été où j’ai avalé des kilomètres teintés d’air salin, de l’étonnante Côte-Nord vers le Bas-du-fleuve en passant par la Gaspésie lors de cette fabuleuse aventure avec Marie-Julie Gagnon et nos filles ; cette virée en Gaspésie alors que ma fille avait à peine quelques mois ; cette fabuleuse tournée mystère au Saguenay Lac-Saint-Jean où j’ai adoré la plage de la Pointe-Taillon ; ces surprises en Mauricie ; cette découverte d’une gang d’artistique à Rouyn-Noranda et du fabuleux Parc-Aiguebelle. Et tous ces roadtrips, nombreux, effectués en solo dans ma vieille jeep en traversant les Laurentides, Lanaudière, le Centre-du-Québec, l’Outaouais ; ou encore ma Montérégie natale où j’ai randonné amplement, jouer de la guitare dans ses forêts et où je me suis si souvent baignée dans ses lacs une fois la nuit venue.

Il y a un brin de cela dans ce beau livre qui est publié aujourd’hui ; mais qu’un modeste brin car j’y apporte une touche bien minime par rapport à mes 9 coauteures et notre exploratrice en chef, initiatrice de ce fabuleux projet, Marie-Julie Gagnon. 10 voyageuses qui n’ont surtout par perdu cette capacité d’essayer et de se confronter, mais aussi de s’émerveiller et de s’étonner chez elles.

On a beau aimer explorer passionnément le vaste monde, je crois profondément qu’il faut d’abord et avant tout approfondir et connaître ses racines. Celles où j’aime m’ancrer et que j’aime sillonner en roadtrip en avalant des kilomètres ne cessent de m’envoyer l’image d’une province riche, étonnante, constamment à découvrir et à partager.

Alors, vous explorerez vous aussi le Québec cet été ?

Testé et approuvé, le Québec en plus de 100 expériences extraordinaires, Éditions Parfum d’Encre, mars 2017. Collectif dirigé par Marie-Julie Gagnon avec Anne Marie Parent, Anne Pélouas, Jennifer Doré Dallas, Isabelle-Marjorie Tremblay, Pascale Langlois, Sara-Émilie Nault, Marie-Ève Blanchard, Marie-Michèle Doucet et Véronique Leduc.Photographies : les auteures et Mathieu Dupuis.

Partout en librairie à compter du 14 mars 2017.

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N.B. : Le bouquin n’est pas encore disponible en Europe. Pour les Européens, en juin dernier, notre exploratrice en chef et moi-même avons également mis à jour et bonifié le Guide Évasion Québec publié chez Hachette.

 

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L’invention du voyage ou le voyage immobile

La sortie du livre L’invention du voyage, publié chez le Passeur Éditeur, est quelque peu passée sous silence au Québec et, malheureusement, l’ouvrage n’a pas bénéficié de la couverture médiatique qu’il mériterait quant à moi ;  quelques échos intéressants me sont tout de même parvenus de la France, notamment du festival Étonnants Voyageurs. Tâchons d’y remédier, car les amoureux des mots et de l’ailleurs y trouveront incontestablement plusieurs pistes de réflexions très intéressantes signées de la main de grandes personnalités du milieu. Le livre est réalisé sous la coordination éditoriale d’Anne Bécel, géographe, auteure de guides de voyage et, d’emblée je l’admets, une de mes amies.

C’est au cours de ses nombreux voyages que le projet d’Anne Bécel s’est tranquillement formé. L’interrogation principale qui sous-tend cet essai a toutefois pris racine dans l’esprit de la voyageuse lorsqu’elle est partie à la rencontre de peuples nomades des mers d’Asie au cours de l’année 2013. Après s’être rendue au large du Myanmar et de la Thaïlande, à la rencontre des Moken de l’archipel des Mergui, et en Indonésie, à la suite des Badjo, la géographe est revenue avec un certain désenchantement sous-jacent à sa quête : les nomades des mers qu’elle désirait ardemment rencontrer s’étaient pour la plupart sédentarisés…

Dès lors, elle ne cesse de se poser cette question : « l’esprit nomade peut-il survivre à la sédentarité ? » Question de laquelle nécessairement en découlera ensuite plusieurs autres, liées à cette dichotomie entre l’état de voyage et d’ancrage. Vivre cet état de voyage dans « l’ordinaire de nos vies sédentaires » est-il possible ? Peut-on parler de voyage immobile, une forme de voyage qui teinterait nos regards, nos attitudes avec le temps, l’expérience ou lorsque nous sommes contraints à davantage s’ancrer, s’arrêter ?

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C’est donc avec ces questionnements dans son baluchon qu’Anne Bécel part à la rencontre de grands écrivains voyageurs aguerris, d’aventuriers, mais aussi de sociologues, poètes, journalistes et artistes afin de les interroger quant à ce terme qu’elle affectionne de « voyage immobile » -terme qu’elle a sans doute emprunté à Paolo Rumiz et à son livre Le Phare, le voyage immobile. Tour à tour, les intervenant tenteront donc de répondre à cette question : comment peut-on perpétuer cet état de voyage tout en restant chez soi ?

Évidemment, on jalonnera en traversant cet essai les notions inhérentes au voyage, soit l’imprévu, l’errance, la grandeur de l’instant présent, de la rencontre, etc. Impossible d’y échapper.

Pour certains, cette notion de voyage immobile est dénué de ce mouvement où « l’esprit s’aiguise sur la meule du corps en marche » (Tesson). Parfois carrément impossible à concevoir, comme chez Isabelle Autissier pour qui voyager suppose un éloignement et d’aller vers des réalités qu’elle ne fréquente pas quotidiennement. Pour Cédric Gras, chez qui le voyage est une « gourmandise du regard », il faut voyager régulièrement pour « ne pas perdre cette capacité d’attention » cette curiosité. La notion de voyage immobile semble relever pour lui de l’absurde; il définit le voyage comme une désillusion heureuse, une confrontation entre le monde et la représentation que nous nous en faisons.

Certains y voient donc une impossibilité ou un non-sens, la nature du voyage impliquant nécessairement la notion de mobilité et de mouvance. D’autres se prêteront à l’exercice en tentant de mieux saisir cette notion composée de termes antinomiques.

Évidemment, Anne Bécel tend avec cet « antimanuel de voyage » à nous faire prendre conscience qu’il existe différentes manières de voyager et pas seulement sur la route. On retiendra tout ce qui évoque la lenteur, le rêve, la solitude, la marche, la méditation, l’écriture. On ne peut y échapper, il y a ceux comme Tristan Savin qui voyage entre les lignes, la métaphore sans doute la plus galvaudée du fait de voyager à partir de chez soi. Mais pourrait-il en être autrement ?

Cette évasion quotidienne qu’octroie la lecture, ou encore le rêve, amènera même Savin à faire figurer Proust dans la catégorie des grands écrivains voyageurs (personnellement, je trouve l’allégation pas mal poussée). Le lumineux écrivain Christian Bobin signe quant à lui une très courte lettre qui fait sourire. Et si l’ampleur de la complexité de ce vaste monde se trouverait en somme dans un pistil de pissenlit ?

Le très beau titre « L’univers à ma fenêtre » nous emmène à la suite du photographe reporter Bernard Hermann à revoir notre perception du plus près. Pour lui, le voyage immobile se fait introspectif, calme et limpide par le biais de la méditation. Chez Gilles Lapouge, le voyage immobile est une déroute où il est essentiel de se perdre un peu, sinon du moins, perdre ces idées ! L’ennui y est fondamental.

Chez certains, on soulève l’importance de l’appel du départ qui marque certains grands voyageurs, comme Nicolas Bouvier qui se rend à la gare regarder les trains partir lorsqu’il était obligé de rester chez lui. Chez d’autres, Sylvain Tesson par exemple, on « navigue en terrain mouvant », de par le fait que le voyageur connait un renouvellement permanent de sa situation, et on célèbre le moment présent:  « La pratique de la route invite l’être à ne jamais s’arc-bouter sur le moment passé ni à se projeter dans le moment à venir, mais plutôt à célébrer avec bonheur la grande fête de l’instant ».

Pour Paolu Rumiz, qui se transforme pour quelques semaines en gardien de phare, « vivre un voyage géographiquement immobile, c’est aussi réconcilier les deux pulsions, nomade et sédentaire, qui habitent chaque homme. Il y a un million de raisons rationnelles pour expliquer le désir de voyage, l’impatience de partir. Mais la vraie raison est irrationnelle et pulsionnelle. »

Blaise Hoffman s’intéresse quant à lui à ce qu’il nomme exotisme du proche alors que chez Marie-Edith Laval, « la pratique de la méditation ressemble à s’y méprendre à l’appel de la route ». Pour d’autres, comme chez Olivier Bley, et à l’instar du grand voyageur qui a réalisé le « tour de soi », voyager répond à un besoin viscéral de déambuler, d’ouvrir un espace neuf à l’aventure, aux péripéties. Permettre à la fois la connaissance de soi et d’être traversé par la vie.Chez Alexis Jenni, c’est l’écriture qui se fait baroudeuse.

On croisera aussi d’autres grands tels que Bernard Ollivier, ce grand marcheur qui aiguise sa perception en écumant les routes., ou Kenneth White, le nomade intello. Les amateurs de perles littéraires et de citations ne seront pas déçus, le bouquin foisonne d’extraits à surligner, à recopier et à épingler sur les babillards. Que ce soit chez Le Breton qui s’efforce de « rassembler les fragments de soi » ou pour qui « l’aventure est dans son regard sur le monde. L’Amazonie est toujours intérieure », ce livre se fait éminemment spirituel.

Une chose est certaine : on sera resté là, à traverser le temps, les plumes et les perceptions différentes de ces 18 entretiens, et on réalisera qu’il y aura en quelque sorte eu, oui, voyage immobile.

Pour qui s’intéresse le moindrement à la figure de l’aventurier, du rêveur ou de l’écrivain voyageur, L’invention du voyage propose différentes visions qu’il est bon par moment de se rappeler même si on préfère se perdre et se trouver sur la route…

Quant à moi, c’est le voyage immobile de Paolo Rumiz qui m’a davantage interpellé. Le voyage immobile y apparaît comme un refuge, une nécessité.

« Le désir d’être chez soi augmente au fur et à mesure des voyages. Plus il s’expose au monde, plus l’homme a besoin d’un refuge. Pour reposer son corps et son esprit, se consoler de l’uniformisation du monde, mieux connaître son lieu de naissance, il lui faut un ancrage. »

Cet essai aborde de belles pistes de réflexion pour quiconque s’intéresse justement à trouver et définir un ancrage qui lui est propre.

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L’invention du voyage, sous la direction d’Anne Bécel, Éditions le Passeur, 2016, 224 p.

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Foulées réflexives : Entre l’envie d’ailleurs et le besoin d’ancrage


Se tenir sur les épaules des géants et voir plus loin. Voir dans l’invisible. À travers l’espace et à travers le temps. Voyager. Voyager à travers le monde et à travers les siècles. Imaginer. Puis découvrir. Imaginer avant de découvrir. Puis voir émerger à partir de ce que l’on a distingué au loin ce qu’il y a avait d’invisible.

Mais avant, longtemps avant, il y a l’émerveillement et l’étrangeté de la découverte de l’inconnu qui est toujours, aussi, une découverte de soi, de cette part en soi que l’on ne connaissait pas.

Jean-Claude Ameisen

Tiré de l’émission « Sur les épaules de Darwin »

 

Depuis des mois-là, je suis à m’ancrer.

Avec évidence, m’encrer aussi.

Apprivoiser le silence et des airs de Fado ; Bach et Schubert au petit matin, encore et toujours ; la quiétude d’une petite cour montréalaise ; un certain quotidien à laquelle fillette me contraint.

Et les cris et les rires d’enfants qui me parviennent de la ruelle et des jardins…

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Je vagabonde et erre à ma façon. Marche. Beaucoup.

Longe le boulevard Gouin et la rivière des Prairies à Montréal en parcourant la piste cyclable. Pallie comme je peux à cette soif de lacs et d’air campagnard qui ne demande qu’à être étanchée, tandis que je flirte avec un nouveau médium, celui de la télé, parce qu’il faut bien aussi faire de l’alimentaire… Vole parfois au temps qui passe des moments pour lire et écrire, plaisirs coupables et carburants de l’âme qui ne paient malheureusement pas toujours les loyers …

 *

Je vis. Simplement.

J’apprivoise la douceur que seul soi-même est en mesure de s’octroyer et, lorsque l’angoisse se pointe, lorsque se profilent soucis et tracas quotidiens, je connais de mieux en mieux ma solution. Je désherbe. Je m’ancre tout en arrachant les herbes dites mauvaises, ou encore trop envahissantes, et plonge mes deux mains dans la terre noire.

J’arrache.

J’arrache, mais mon jardin demeure sauvage. Il ne sera jamais trop propret, trop organisé. Il est ma manière d’égrainer le temps, le temps sablier ; jardiner est ma solution à ce tempérament d’hypersensible et d’éponge qui malgré moi accumule trop d’émotions, même celles qui ne m’appartiennent pas. Quand j’en ai assez, que j’ai les doigts gelés et que j’ai amassé en moi suffisamment d’audace et de courage, je peins. Irise le tableau de quelques couleurs.

Parce que tout comme écrire, « peindre c’est préféré le risque à la sécurité ».

Et pourtant, à l’instar de voyager, jardiner et peindre m’offre bien une sécurité; la sécurité du moment présent.

*

Il n’y a que ça, lorsque depuis trop longtemps immobile, je m’entête à tenter d’adapter ma réalité et de la corroborer à de vaines et inutiles attentes ; que ça qui me procure un intense plaisir et le sentiment de vivre pleinement.

Et puisque s’ancrer, c’est aussi retrouver ses racines, et que la soif d’ailleurs ne se tarit jamais tout à fait, je plonge dans mes amours d’antan. Je voyage entre les lignes. Et je lis.

Mais le regard a changé.

Je lis tout autrement.

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*

Et puis donc, elle est revenue.

Cette envie sourde et frétillante que l’on couvre de braise, envie qui ne nous quitte jamais tout à fait.

Avec le temps, j’ai appris à l’écouter, la voir venir à petits pas, le sourire en coin. Avec confiance. Elle va et elle vient, furtive et aguicheuse comme l’est une maitresse.

L’occasion s’est prêtée. Puis l’envie de tarir ce besoin en urgence.

Un billet d’avion dernière minute cet été. Peu importe pour où. Et surtout, peu importe le temps dont on dispose.

Partir sur un coup de tête, pour quelques heures, juste pour quelques jours. Peu importe. L’essentiel est de partir.

Partir sans trop savoir ce que l’on va y trouver. Simplement pour se rappeler : prendre conscience qu’on peut toujours façonner notre réalité du moment. Qu’il n’en demeure qu’à soi.

Faire des choix, qui diffèrent d’un quotidien dans lequel on se plait, se complait, s’épanouit ou dans lequel, et parfois malgré nous, on s’enlise et on s’encrasse.

Et puis, assumer. Assumer tout ce qu’il y a de fuite aux yeux de certains, de création aux regards d’autres. On sait bien qu’on manquera, passera à côté pour profiter pleinement d’autres choses. Et c’est sans doute ça l’essentiel. Se tenir là, funambule et conscient sur les possibilités, entre les envies et les besoins qui se font criants.

J’ai besoin de le faire. Et de le faire souvent.

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Sans article à écrire, sans billets au quotidien, sans projets, livres, photographies à vendre. Sans me contraindre à faire de cet espace des tops 5 ou penser en terme de « viralité » comme le font tristement tant de blogues. Et puis, les soucis pécuniaires reviendront bien rapidement au retour. Partir, et surtout, sans itinéraire. Absolument, ne rien réserver, ne rien prévoir. Qu’une arrivée et un départ. Comme j’aime cet entre-deux entre ici et là-bas.

*

Et puis enfin, avec le temps, et peut-être aussi l’expérience, apprendre à discerner aussi ce que l’on souhaite y puiser. Cette fois-ci, je souhaitais partir simplement pour poser de la distance entre l’autre qui est en soi et celui qu’on est devenu, entre un passé et un futur, se tenir là, fil-de-fériste sur l’instant présent et goûter à pleine bouche ce que la vie a à offrir. Séduisante et follement aguichante.

Partir pour s’offrir ce que le temps ne peut absoudre. Observer le changement. Faire taire enfin le quotidien, les patterns qui sont revenus, et reviendront, toujours bien qu’autrement et tout en nuances, mais toujours, nous défiant constamment d’apprendre à les briser.

Partir, sans savoir ce qu’on allait y trouver.

Prétendre y chercher de l’humain pour bien paraître me ferait cette fois-ci mentir, bien que je sois pourtant une grande curieuse. Car ce que j’y cherchais, que j’y cherche chaque fois avant tout, c’est retrouver ce moi qui s’égare.  Si vaines tentatives où l’on tend trop, et inutilement, à plaire.  Heureusement, elles s’espacent et s’estompent avec l’âge. Et sans doute en arrive-t-on plus rapidement à y déceler la futilité.

Et puis trouver avec étonnement, au creux même de la solitude, cette nouvelle envie naissante. Partir quand on réalise qu’il y a des choses qui prennent trop de temps, des déceptions et des peines nouvelles qui sont venues, des joies douces, simples ou grandes qu’on aimerait partager désormais avec l’inconnu. Un inconnu.

Mais la vie et mon hypersensibilité m’ont fait sauvage.

Ainsi donc, même si ces plongées dans le vide je m’y suis habituée, l’inconnu devra sans doute la saisir à son tour cette nature…

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Je ne suis peut-être pas la grande voyageuse que j’aurais voulu être, je ne cumule pas les destinations comme je cumule les lectures, même si je pars relativement souvent.

Je suis une curieuse du monde.

Mais je suis partie aussi seule et face à moi-même sans aucun doute plus qu’à mon tour dans mon entourage proche.

La femme sauvage, je l’ai apprivoisée.

La rivière, je l’ai épurée.

*

Ainsi à Lisbonne, au coeur de l’été, pour la première fois, la première fois c’est tout dire !, cette envie de partage qui a ressurgi au détour d’un souper en tête-à-tête avec mon moi-même.

Semer de la distance comme on égraine le temps, disais-je. Les blessures que l’on porte finissent donc un jour enfin par être suffisamment pansées pour entreprendre autre chose.

Ainsi donc, j’avais acheté un billet sur un coup de tête. Il était 10h02. Quelques minutes plus tard, je jonglais avec ces questions familières que j’aime, qui sont pour moi de précieux repères et dont les réponses varient selon l’humeur. Sac-à-dos ou valise à roulettes ? Trois ou quatre villes ? Guides de voyage ou applications? Petit ordinateur ou cahier d’écriture ?

Suivre son intuition. Toujours.

La réponse est venue d’elle-même, à la librairie tandis que j’attrapais deux livres, que je n’aurais assurément pas le temps de lire, et un Moleskine.

Et dans le Moleskine, je m’y suis trouvée.

L’image est surfaite. Bourrée de clichés.

Mais comment pourrait-il en être autrement ?

*

Être en partance représente pour moi la plus grande métaphore de la vie. Se questionner face nos choix, douter, se soustraire à la routine, peser le pour, le contre, conscient qu’on passera nécessairement à côté afin de privilégier autre chose. C’est devoir partir, s’arracher à l’autre, semer des larmes parfois, mais tout autant de souvenirs, s’ouvrir les yeux face à cette zone de confort qui ne veut rien dire et qui n’est qu’illusion, ouvrir grands les bras à l’incertitude. Continuer sa route pour autre part au moment même où l’on devenait sécure, parfois bien souvent lorsqu’on commençait à s’attacher…

Ce ténu équilibre entre ces deux besoins dichotomiques comme des nécessités, partir ou s’ancrer.

Parfois laisser tout couler, aller de rencontre en rencontre.

Et à d’autres moments, reprendre les rennes. Se donner l’illusion de reprendre les rennes.

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Tout autant qu’il s’y trouve de la confrontation. L’ailleurs me propulse. Littéralement. Je dois pallier à ma timidité, m’obliger à aller vers l’autre. Faire des erreurs. Trébucher. Me mettre dans une situation d’apprentissage constamment. Élargir consciemment cette zone de confort qui, à bien y penser, relève si peu du réel confort. Ne pas craindre le ridicule devant les barrières de langages. Les faire voler en éclats de par le mime et l’apprentissage d’autres codes. Me confronter à mes limites me permet de les définir, les redéfinir aussi. D’en déceler parfois des nouvelles. Ou d’être plus sensible à celles qui étaient pourtant déjà là, sous mes yeux, et que je n’écoutais plus.

Puis, lorsque je me perds de vue, que l’angoisse prend place, qu’arracher à la terre ses mauvaises herbes et que colorer le tableau et le présent ne suffisent plus, s’évader, ailleurs, pour quelques jours, peu importe le temps, simplement partir pour mieux se confronter. Ou encore faire comme Nicolas Bouvier et se rendre à la gare simplement pour observer les trains passer.

*

Je sais que c’est cyclique. Que dès qu’octobre se pointe, mon envie d’ailleurs s’amenuise. J’ai envie de quiétude, d’air frais, de peindre, de lire auprès du feu. Et puis je me prépare à me faire raquetteuse et à plonger longtemps dans de chauds bains.

Mais puisque c’est l’automne, je vais marcher dans les sentiers. Je laisse les sentiments ressurgir. Me donne le droit de me faire des scénarios de petite fille en marchant dans le lichen moelleux.

J’écoute.

La nature sauvage qui est là et m’appelle.

Et je m’ancre. Plus que jamais. Quelques jours. Quelques semaines.

Avant que le cycle ne recommence.

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Délices gourmands et sucrés à Bayonne

Encastré entre les rives gauches de la Nive et de l’Adour, le Grand Bayonne se déploie timidement sur son léger promontoire. Au détour de petites rues étroites, une cathédrale, éminemment gothique, se profile en arrière-scène. C’est la Cathédrale Sainte-Marie, érigée à partir du XIIIe siècle, qui domine la ville et qui est absolument à visiter ainsi que son cloître magnifique. Et puis, il y a le Château Vieux, forteresse du XIe siècle tout de même, flanqué de ses tours rondes de pierres et de ses remparts… Pour bien comprendre l’histoire entourant le développant de la capitale culturelle du Pays basque, l’office de tourisme organise des tours guidés qui valent absolument coût.

Déjà simplement, le quartier le plus pittoresque de la ville a tout pour séduire. Mais, au-delà de l’architecture de la ville, admirer les façades colorées des magnifiques maisons à colombage est un coup de coeur assuré, le plaisir d’explorer Bayonne réside dans le fait de flâner ça et là et de pénétrer un peu partout pour le plaisir des yeux et de la panse. Car pour ça, il y a plus que matière !

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Vue iconique sur la Cathédrale Sainte-Marie

Que de belles découvertes ai-je réalisées chez Pariès, véritable institution du Pays Basque ! D’abord, les mouchous. Moi qui ne raffole pas du tout des macarons, je n’ai en rien ou si peu la dent sucrée, j’ai été bien surprise d’apprécier cette friandise, plus moelleuse et plus dense que ne l’est ce supposé incontournable de la pâtisserie française. Du basque Muxu, qui signifie « baiser » et qui évoque illico deux macarons qui se rencontrent, cette bouchée riche et fondante faite d’amandes espagnoles, de sucre et de blancs d’oeufs se décline en différents parfums. Au niveau des classiques : chocolat, pistache, noisette, nature. C’est délicieux !

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Mouchons de chez Pariès

Autre gros coup de coeur, le Touron ! D’origine catalane, cette pâte d’amandes réalisée avec les mêmes petites amandes douces « Marconas » se distingue de la confiserie espagnole de par son absence de miel. Le Touron basque se décline en différents parfums, celui au piment d’Espelette est tout simplement à tomber par terre.

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Touron au piment d’Espelette et à la pistache de chez Pariès

Autre spécialité à mentionner, le kanouga, mi-caramel tendre et mi-fondant au chocolat. Choisissez-le enrichi de noix, noisettes ou amandes. Et, dernière révélation pour se régaler, le gâteau basque ! Là… ouf ! Traditionnellement fourré de cerises, cette pâtisserie est faite à base de farine et de beurre (beaucoup de beurre !) auxquels on ajoute du sucre, de l’amande et des oeufs. Elle doit être croquante à l’extérieure et moelleuse à l’intérieure. On en retrouve à la crème d’amande, au chocolat, à la cerise noire et à la noisette. Dois-je le rappeler, je n’ai pas du tout la dent sucrée ! Et bien, sérieusement, je ferais bien des détours pour me procurer un tel gâteau !

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Délicieux gâteaux basques … Miumi !

Hormis ses spécialités propres à la région, les chocolatiers ne sont pas en reste, Bayonne étant considérée comme la capitale française du Chocolat  ! De fait, les Bayonnais étaient les premiers artisans du royaume de la France à travailler la fève de cacao au début du XVIIe siècle. Parmi les incontournables, l’Atelier du Chocolat de Bayonne et Chocolat Pascal (le chocolat chaud y est exquis !) valent amplement le détour. Évidemment, on retrouve un peu partout du délicieux chocolat au piment d’Espelette, un régal pour les amateurs de cette épice.

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Chocolats de L’Atelier du Chocolat

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On retrouve à l’arrière de l’atelier boutique un intéressant parcours-découverte pour en apprendre davantage sur l’histoire et la fabrication du chocolat

Bayonne est située à seulement une dizaine de minutes en voiture de la côte atlantique, si bien qu’y séjourner s’est aussi une excellente occasion d’aller découvrir Biarritz ou encore les très belles plages d’Anglet. Que ce soit pour le surf, qui  y est abondamment pratiqué, ou encore la farniente, la côte basque est un arrêt incontournable.

 

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Biarritz

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Anglet

De retour à Bayonne, les amateurs de salé se régaleront avec les diverses déclinaisons de pintxos et l’incontournable jambon de Bayonne que l’on retrouve un peu partout dans les restaurants, notamment Chez Gilles où il est bon de déguster le tout de la terrasse surplombant la Nive.

Et puis, tant qu’à être dans le Sud-Ouest, voilà une belle occasion de découvrir les rudiments de la pelote basque ou encore de les spectaculaires esquives des recortadores ! J’ai eu la chance d’assister lors de mon passage à la finale du championnat de Recorte du Pays Basque aux Arènes de Bayonne. J’avais auparavant assisté à une Manade dans la Camargue, qui s’est avérée plutôt violente, et une Feria del toro au Mexique, et j’étais plutôt sceptique. Quelle surprise de réaliser combien il s’agissait là d’un autre monde qui n’a d’autant plus rien à voir avec une corrida !

Le Recorte est un art tauromachique ancestral sans mise à mort de l’animal. Il met en scène des hommes et des taureaux cornes nues, en pointes et sans protection. Seuls face au toro, les recortadores ont la possibilité d’effectuer trois types de figures : El recorte, où il faut éviter la trajectoire du taureau en l’esquivant du bassin et en laissant les cornes passer le plus près du corps ; El Salto, où le recortador doit sauter par-dessus le taureau lors de la charge ; finalement El Quiebro, seule figure statique qui consiste à attendre immobile la charge du taureau. Le Recortador réalise une feinte sur un pas, pour dévier la trajectoire de l’animal et reprend sa place au derniermoment … Tous ces mouvements sont excessivement impressionnants, les recortadores font preuve d’un courage sans égal lors des esquives.  Vraiment, un art fascinant !

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El Quiebro, seule figure statique.

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El Recorte

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Le recortadore effectuant un El Salto

En vrac…

  • Afin d’adoucir la circulation, la ville de Bayonne fait circuler gratuitement des navettes électriques qui sillonnent la ville de 7h30 à 19h30 et s’arrêtent au lieu les plus fréquentés à toutes les SIX minutes ! On aime 🙂
  • Des vélos sont à la disposition des touristes pour une journée maximum !
  • J’ai logé au Grand Hôtel, situé au coeur du quartier historique de la ville. Il s’agit-là d’un Best Western que je recommande chaudement ! On est vraiment loin des hôtels de cette chaîne de type américain …
  • Il faut compter une heure en train pour se rendre à Pau de Bayonne et un peu plus de cinq heures pour se rendre à Paris.

J’étais l’invitée de Atout France, Air France et de l’Office de Tourisme de Bayonne pour ce voyage dans le cadre du défi blogueurs. Un grand merci à tous ces partenaires !

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Des livres de poche pour voyager… en métro !

Quel magnifique et original concept ! Afin de promouvoir la lecture, le plus grand éditeur des livres de poche brésilien, L&PM Editores, vient tout juste de lancer une collection qui fait également office de pass d’accès au métro.

De fait, les habitants de Rio de Janeiro, au Brésil, peuvent désormais utiliser des romans pouvant faire office de tickets de métro. Grâce à un système de puces disposées dans la couverture, les usagers peuvent désormais accéder à un passage en scannant leur livre. Chaque livre acheté, mis en vente à l’entrée des stations, équivaut à 10 tickets de transport, et est rechargeable. La couverture des livres reprend également le graphisme des lignes de métro.

Actuellement, dix ouvrages, parmi lesquels des oeuvres de Shakespeare, Pablo Neruda, Agatha Christie ou encore F. Scott Fitzgerald, sont disponibles dans cette collection, baptisée Ticket Books.  De grands classiques tels que Hamlet et Sherlock Holmes ont été transformés en ticket de métro littéraire !

Dans un pays où un habitant ne lit en moyenne que deux livres par année, c’est toute une judicieuse opération visant à promouvoir la lecture en la rendant plus accessible !

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Tournée agrotouristique gourmande en Mauricie

J’ai récemment été invitée à parcourir un volet des quatre circuits agrotouristiques proposés par Mauricie Gourmande. Couvrant 4 terroirs, cette initiative développée par Tourisme Mauricie permet d’aller à la rencontre d’expériences culinaires, de découvrir des fermes et produits locaux tout autant que quelques attraits patrimoniaux.

On m’avait assigné le secteur couvrant Shawinigan. Voici donc le récit de mon séjour.

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D’entrée de jeu, je dois mentionner que j’ai été soufflé par la beauté des paysages au coeur de l’automne. Une amie m’avait dit combien elle adorait le Parc de la Mauricie lorsque les couleurs culminent et je n’ai pu qu’acquiescer en son sens. Traverser les petites routes campagnardes où les tons colorés et flamboyants contrastes avec la blondeur des champs de blé fut un réel bonheur, et ce, malgré une journée de pluie.

Ma visite a d’abord débuté à L’Auberge des Goglus à St-Jean-des-Piles, une charmante révélation. Je ne m’y attarderai pas ici, j’en parlerai dans un second billet, mais d’emblée je m’y suis régalée et j’ai vraiment apprécié le dévouement des propriétaires. J’y ai donc passé qu’une seule nuit et je recommanderai vraiment l’auberge pour une nuitée avant ou au retour d’une journée de randonnée dans le Parc de la Mauricie.

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En quittant St-Jean-des-Piles, un arrêt s’impose au petit parc Etienne Bellemare qui longe la route pour admirer le joli village de Grandes-Piles situé sur la rive est de la rivière Saint-Maurice. Direction ensuite vers le Restaurant Zélé à Ste-Flore, qui de l’extérieur ressemble à une vieille grange complètement revampée. Quand je mentionne à l’un des deux propriétaires qu’il y a de la graine d’artistes un peu partout à même la décoration, il me lance tout sourire qu’ils se sont bien amusés. Et ça se sent ! Amusés certes, mais avec goût, mariant le rustique et le vintage avec finesse, créant une jolie ambiance chaleureuse. Le resto sur deux étages est parsemé ça et là de toiles et sérigraphies d’amis artistes auxquels s’ajoutent un joli piano droit.

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Reconnu d’abord pour sa table en soirée (on imagine aisément l’ambiance chaleureux et feutrée de par les petites bougies sur les comptoirs), l’endroit propose maintenant le lunch quelques jours par semaine. Potage de carottes, arancini aux champignons et petit gâteau à la citrouille de la boulangerie Bonté Divine ont donc constitué mon excellent diner, rien à redire.  Il me faudra y retourner : le menu, affiché sur les ardoises qui ornent le mur de briques, composé de lapin, pétoncles au romarin, truite fumée et contre-filet notamment, laisse présager bien du bonheur en soirée !

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Direction ensuite vers Shawinigan où un arrêt s’impose au marché public. On a souvent tendance à négliger ces endroits qui recèlent des petites merveilles, qui constituent un excellent moyen d’aller à la rencontre des produits typiquement du terroir et qui favorise la discussion avec les producteurs et maraichers.

Le Marché de Shawinigan a d’ailleurs été inauguré dans sa version améliorée cette semaine. Les commerçants ont formé une coopérative et y ont réinvesti près d’un million de dollars. Alors qu’ils n’étaient que huit, les voilà maintenant 35 commerçants à proposer leurs produits dans de nouveaux kiosques.  Mes coups de coeur parmi les étals et les kiosques ? Passion Lavande qui offre maintenant aussi des produits réalisés à partir de leur champs de tournesols (je me suis promis d’y aller en été !), les Couleurs de la Terre, reconnus pour leurs chips maisons et leur poutine depuis des années déjà au Marché de Bécancour, Multi-Eco producteur de sirop d’érable biologique (leur beurre d’érable est vraiment excellent, bien dosé question sucre, il ne tombe pas sur le coeur comme c’est parfois le cas avec ces produits sucrés) et finalement les moelleux beignets de la Fourchette Coquine.

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Arrêt ensuite à la Broadway Microbrasserie, qui propose sur trois étages des bières artisanales. L’ambiance en après-midi fait relativement taverne, mais j’imagine que le temps maussade n’a pas vraiment aidé. On l’imagine plus jeune et très animée en soirée, avec ses tables de billards et ses tables de jeux. Il me faudra y retourner pour étrenner la grande terrasse extérieur.

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J’ai opté pour une palette de dégustation au coût plus qu’abordable : 4 choix pour 8,75$ dans de généreux verres (peut-être un brin trop question dégustation, mais on ne s’en plaindra pas.) Beau coup de coeur pour la Saison Broadway, une red ale forte et amère à souhait.

Finalement, un arrêt à la populaire et festive Microbrasserie le Trou du diable s’est imposé. Pour avoir travaillé dans des brasseries artisanales durant plusieurs années, je peux d’emblée dire que celle-ci respire à souhait la coopérative brassicole. Du personnel jeune, sympathique et qu’on devine festif plus tardivement en soirée, 16 bières en rotation du fût (un brin déçu qu’il ne propose pas de bière en cask, mais elles sont rarement appréciées à leur juste valeur au Québec alors c’est plutôt compréhensible) et une grande salle agréable qui doit certainement être bondée en soirée.

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Beaucoup aimé la qualité des bières de la Microbrasserie, d’autant plus que pour certaines bières il ne lésine pas sur l’amertume ! Pas étonnant que le Trou du diable récolte autant de prix à chaque année. Un endroit idéal pour un 5 à 7 ou pour terminer la soirée ! À noter qu’à quelques rues se trouve la Shop du Trou du diable, une boutique et salon où se tient régulièrement des événements, notamment la représentation de spectacles de bons nombres de groupes populaires québécois.

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En été, le parcours touristique Divins Détours permet de découvrir des lieux de culte de la ville. Le parcours propose de découvrir 4 églises patrimoniales de la région au travers de pauses gourmandes (5 endroits), 8 haltes zen et 5 hôtels.

Par ces visites d’églises, on en ressort avec de nouvelles connaissances sur la fondation de certains secteurs clés de Shawinigan, sur l’art du vitrail, de la peinture et de la sculpture, ou encore sur les différents styles d’architecture. On peut par exemple apprécier le travail du peintre Ozias Leduc qui orne les murs de l’Église Notre-Dame-de-la-Présentation après s’être arrêté à la boulangerie Tous les jours dimanche et avoir pique-niquer au Parc St-Maurice… Une foule de possibilité pour approfondir la région dans sa réalité gourmande que ses spécificités patrimoniales.

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J’étais l’invitée de Tourisme Mauricie afin de découvrir ce volet de la Mauricie Gourmande. Merci ! Toutefois, toutes les opinions émises ici sont miennes et nullement dirigées.

Bien qu’elle ne fasse pas partie de ce parcours, la Microbrasserie À la fût à Sainte-Tite vaut amplement le détour ! Allez-y !

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Destination : Pau et Jurançon… Château, marché & vino !

Ainsi donc, suite à ce projet France Festive avec des destinations mystères dans le cadre de la fête de la Gastronomie française, je me suis retrouvée à Charles de Gaulle avec une correspondance en direction de Pau pour ensuite me diriger en train vers Bayonne dans le Pays Basque français. Joie !

Quel plaisir que de se rendre vers le sud-ouest de la France dans un endroit dont je ne savais presque rien, sinon qu’il ferait possiblement toujours chaud en septembre et que des surprises nous attendaient à l’horaire ma collègue anglophone Mayssam et moi !

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Pau, sa palmeraie et les Pyrénées au loin

Capitale du Béarn, Pau est une petite ville tranquille de 84 000 habitants sise non loin des Pyrénées. D’emblée, j’ai été étonnée du nombres de rues piétonnes qu’elle arbore en son centre, de la largesse et de la quiétude de celles-ci. Nous avons d’abord débuté notre tournée en explorant le château qui domine la ville et qui se dresse au-dessus du gave.

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Château de Pau au coeur de la ville

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Vue sur la cour intérieure du château

Visiter le château de Pau dont l’histoire commence il y a plus de 9 siècles est réellement un incontournable pour quiconque explore la ville. On y découvre l’histoire, par moment croustillante, d’Henri IV, roi de France et d’abord de Navarre qui y naquit et vécut. Il s’y trouve notamment des tapisseries des Gobelins datant du XVIIe siècle qui étonnent de par la richesse des couleurs qu’elles affichent toujours, celles-ci n’ayant toujours pas eu besoin de restauration.

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Projections et jeux de lumières sur les façades du château à la tombée de la nuit

Le boulevard des Pyrénnées est un second incontournable pour une balade. Les hôtels et immeubles qui longent cette terrasse qui surplombe la ville, et se fait en son pourtour une promenade bordée de palmiers, donnent par moment une impression nettement méditerranéenne. On se croirait littéralement dans un décor de bord de mer alors que le paysage se découpe plutôt à flanc de montagnes au loin.

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Pau nous réservait une autre surprise le lendemain : son marché ! De l’extérieur, l’endroit à pour ainsi dire l’air de rien, mais une fois qu’on s’y engouffre, il se relève avec ses arômes et artisans sympathiques presque magique. Quel plaisir de se rendre d’étal en étal goûter les différentes spécialités locales et discuter avec les producteurs et marchands de la région, le tout déterminé et orienté par un joli petit carnet. De fait, le Pass gourmand est une initiative qui permet d’aller à la rencontre des artisans producteurs partenaires, en défilant dans les Halles et le coeur de la ville afin de déguster une sélection de produits locaux. Il suffit de se présenter chez les artisans et commerçants participants et de leur donner le petit coupon du carnet leur correspondant afin de goûter un de leurs produits sur place et de repartir avec une petite portion de celui-ci ! Le carnet se détaillant à seulement 12 euros pour plus d’une dizaine de dégustations, il y a de quoi séduire les touristes ! Une manière nettement originale d’aller à la rencontre des artisans locaux et de découvrir les produits régionaux ! Nous sommes littéralement tombées sous le charme du concept.

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On s’apprête à déguster la Tomme de brebis de la Fromagerie Alexandre

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Les Halles, tous les jours sauf le dimanche, les producteurs de la région y vendent leur récolte.

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Les Halles

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Saucisson de l’Aquitaine

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Tomme de brebis des Pyrénnées

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Le Pastis d’Amélie, un gâteau béarnais moelleux délicieux !

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La poule au pot ! Un poulet entier prête à être mijotée à la manière d’un pot-au-feu dont on attribue la tradition à Henri IV

Ainsi armées de nos victuailles, nous nous sommes rendues à peine à une quinzaine de minutes à l’extérieur de la ville pour nous plonger dans la région viticole de Jurançon et nous sustenter dans un décor plus que magnifique !

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Notre pique-nique de produits artisanaux de la région accompagnés de Jurançon du Clos Lapeyre sur lequel nous nous trouvions !

Une fois bien repue, j’ai eu le bonheur de vendanger au Clos Lapeyre avec Jean-Bernard Larrieu, vigneron passionné, et absolument passionnant, qui nous en a appris autant sur la culture de la vigne que sur les différents raisins. Pour faire un bon Jurançon, il faut que les vignes soient orientées sur les coteaux du Béarn en direction sud vers les Pyrénnées, plus précisément vers le pic du Midi d’Ossau. J’ai donc récolté le courbu, une grappe plutôt dense, et appris à distinguer le gros du petit manseng. Grosso modo, le petit manseng est un raisin qui donne un cépage qui permet un vin blanc sec, alors que la grappe du gros manseng est plus ramifiée et porte plus de grains plus volumineux. Il donne des vins plus moelleux aux notes miellées avec une touche d’abricot.

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Vignoble du Clos Lapeyre en amphithéâtre

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Récolte de courbu

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Récolte de courbu

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Que du bonheur !

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Vignes et grappes de gros manseng

Besoin d’ajouter que j’étais comme une petite fille dans un magasin de jouets ?! Vendanger est une expérience fabuleuse, j’y aurais certainement passé le mois entier. Certes, ce n’est pas une activité touristique accessible à tous, et en cela je me suis sentie excessivement choyée d’y avoir un petit peu participé. N’empêche, vous devez vous rendre au vignoble afin de visiter le caveau. Une balade, la « Jurançonada », à travers deux vignobles permet une lecture originale de la vigne, du terroir et de ses habitants.  Il me faudra y remettre les pieds, on retrouve 64 vignobles indépendants d’appellation Jurançon sur une petite superficie qui s’étend sur une quarantaine de kilomètres… D’autant plus que le Jurançon est un terroir qui donne de superbes vins, notamment les moelleux qui accompagnent divinement le foie gras !

(à suivre : Bayonne…)

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Quelques infos pratiques :

  • Pau se situe à 770 km de Paris. Des vols quotidiens sont desservis de CDG et hebdomadaires de Marseille. Également facilement accessible en TGV (5hrs de Paris) via Rail Europe.
  • Bordeaux, la capitale régionale de l’Aquitaine, est à 2 heures de Pau. Bayonne à 1 heure en train.
  • La ville accueillera le Championnat du monde de canoë kayak en 2017. Il faut absolument visiter le Stade d’Eaux vives, duquel plusieurs villes auraient intérêt à s’inspirer…

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Vous avez jusqu’au 15 octobre 2015 pour voter pour la destination festive en France et courir la chance de remporter un voyage pour 2 ! C’est super simple, par ici !

J’étais l’invitée de Atout France, Air France Canada et Tourisme Pau pour ce superbe projet à la découverte de la France Festive. Merci.

Grâce à My Webspot qui m’a fourni un boitier portable, j’ai eu accès en tout temps sur mon téléphone à du WiFi. Le principe du boitier qui sert de borne wifi est simple et beaucoup moins dispendieux qu’un forfait de données à l’étranger.  Il s’agit d’un petit appareil léger qui est connecté au réseau 4G que l’on traine dans son sac et auquel on se branche pour naviguer. Vraiment étonnée et enchantée de ce service, je me demande littéralement à quand une telle initiative au Canada svp ?!?

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À la rencontre de la France gourmande et festive !

«Dès la première bouchée, mes papilles gustatives, jusqu’alors assoupies, se réveillèrent dans un spasme…» 

Peter Mayle, Aventures dans la France gourmande

Voilà ce qu’écrivit le populaire écrivain anglais lorsque la gastronomie française agit sur lui telle une révélation lors de son premier déjeuner en France. Ses sens endormis se réveillèrent au même moment où il découvrit à quel point il était possible de prendre plaisir à se nourrir. Car, comme beaucoup d’autres choses, le plaisir des sens est quelque chose qui se développe, se cultive et s’apprend…

Bien avant la gastronomie française, c’est la France littéraire et culturelle que j’ai d’abord découverte et approfondie, il y a plusieurs années, à travers ses musées grandioses, ses surprenants cimetières, ses écrivains, artistes, poètes et chanteurs phares et ses discrets ou flamboyants architectes qui ont laissé leurs traces bravant les décennies, parfois les siècles. À l’aube de la vingtaine, et après l’avoir longuement lue, et prisée, j’avais envie de fouler la France, un peu à l’instar de Gide que j’avais dévoré.  « Il ne me suffit pas de lire que le sable des plages est doux ; je veux que mes pieds nus le sentent », …cette phrase tirée des Nourritures terrestres fut en quelque sorte un leitmotiv. Et j’ai voulu aller à sa suite.

J’étais fauchée et comme plusieurs jeunes bourlingueurs avides d’explorer le sac au dos, je devais consacrer la majorité de mon avoir à me loger et à trouver comment me déplacer à travers l’Europe. La France gastronomique, je l’ai alors peu goûtée. N’empêche, j’ai trainé avec bonheur dans quelques colorés marchés, apprécié nombre de jambon-beurre et compensé sur l’achat de fromages, normalement à des prix démesurés au Canada, dans les supermarchés français. J’ai tout de même savouré quelques plats emblématiques dans la foulée. Au-delà du sel que l’on trouve désormais dans nos cuisines, j’ai souvenir d’exquis fruits de mer à Saintes-Maries-de-la-mer accompagnés de riz camarguais, le tout évidemment arrosé de trop de vin rosé, lors d’un mémorable pèlerinage gitans.  M’être empiffrée d’une bouillabaisse tout simplement pas possible sur le Vieux-Port de Marseille. Tout autant que la fougasse sucrée d’Aigues-Morte. Avoir découvert, avec stupéfaction, qu’au Québec on négligeait souvent un des ingrédients fondamentaux à la salade niçoise… Et avoir dû, faute d’argent et bien malgré moi, laisser tomber la découverte du tablier de sapeur et des fameuses quenelles que l’on retrouve typiquement dans les bouchons lors de mon passage à Lyon.

Quelques années plus tard, lors du mariage de mon frère et de ma copine dans le Finistère, j’ai découvert la joie des crêpes bretonnes jusqu’à saturation. Le plaisir inouï de manger du cochon grillé froid à cinq heures du matin lors d’un mariage druidique et quelque peu, d’accord peut-être un peu beaucoup, festif … Englouti quelques gavottes à Dinan. Tout comme les populaires galettes du Mont-Saint-Michel. J’ai davantage, surtout de par son accessibilité, découvert les saveurs de l’Amérique Centrale au cours des dernières années…

Ainsi, « Foodie » ? Pas réellement … Il est plutôt rare que je me plais à photographier les plats que je m’apprête à consommer; je ressens toujours un certain malaise (ne vous inquiétez pas, je saurais me prêter au jeu et vous partager mes découvertes…)

Épicurienne ? Le mot est on ne peut plus galvaudé.

Gourmande ? Sans doute.

Gourmande d’aventures, passionnée et excessivement curieuse ? On ne peut plus vrai.

Quant à mon rapport à la nourriture, je dirais, avant tout, qu’il est exigeant. Et avec honnêteté, un brin snob sur certains trucs. J’aime l’amer, le très amer ;  Le Chardonnay beurré, très rond et très beurré. Les Bourgognes aux tannins ronds et fins et les Pinots noirs costauds. Je sais, en général, illico distinguer la qualité d’un champagne à la finesse de ses bulles et reconnaitre simplement au son de la machine à café si le lait chaud ou la crème accompagnant le café sera brûlé ou non…Tout autant que voir venir un espresso pas assez serré. J’aime ma viande très saignante, presque bleue. Je n’ai pas la dent sucrée, je suis donc très difficile en matière de douceurs et de pâtisseries. Et j’ai des goûts par moment assez particuliers. Mes repas préférés ? Le foie de veau, les huitres a la plancha et le Huatchinango a la talla.

J’ai les papilles gourmandes un brin aiguisées. Mais surtout, et c’est ça qui importe, le tempérament aventurier, curieux, passionné et assez festif. Donc pas trop inquiète de me prêter à ce jeu et de me diriger à l’aéroport sans trop savoir où vais-je. Curieuse de me prêter à ce défi regroupant 4 blogueurs québécois en France, défi dont je ne sais toujours rien, sinon que je me retrouverai au courant de la journée jeudi dans l’une de ces 4 villes où je n’ai auparavant jamais mis les pieds.

Mulhouse, Nantes, Bayonne ou Bordeaux…

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À travers nous, vous pourrez donc apprivoiser et découvrir cette France gourmande et festive. Vais-je me gaver de Kouglof et de Gewürztraminer ? Découvrir les spécialités culinaires et viticoles bordelaises ? Approfondir la gastronomie du Pays basque et l’incontournable jambon de Bayonne ou apprécier les produits du terroir nantais bien arrosés de Muscadet ?

« Peu importe la destination, seul compte le voyage » dit-on communément.

La fébrilité se niche donc tranquillement une place tandis que je jubile de cette plongée en terrain gastronomique. Avec ce qui me plait, ce qui me plait par-dessus tout dans le fait de voyager, aller à la rencontre d’un inconnu à découvrir. D’autant plus agréable lorsque cet inconnu tend à être partagé…

Je ne sais donc n’y où vais-je en France, ni que ferais-je, sinon que mes sens seront à l’honneur à contempler couleurs, humer des arômes singuliers, goûter les saveurs propres à une région et festoyer comme il se doit la fière, et avec raison, gastronomie française.

Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter, disait Michel Déon, écrivain français. Je ne saurais mieux dire !

Voilà donc, que la France Festive soit !

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Le 25-26-27 septembre prochain, maintes villes à travers la France laissent place à des festivals gourmands. Pour plus de détails, ici.

Pour me suivre, avant le lieu de l’écrit, ce sera avant tout dans les réseaux sociaux, sur Facebook, Instagram et Twitter.

Le Hashtag pour suivre le défi, en apprendre davantage sur ces villes et régions et courir la chance de gagner un voyage pour deux en France en échangeant ensemble: #francefestive

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Le bruissement du sel

Les Îles ! On passe par tous les états d’âme quand on est insulaire et qu’on s’intéresse à l’insularité. Un jour on a l’impression d’être reine et maître d’un royaume bien protégé ; un autre jour ; le poids des responsabilités vous fait courber l’échine. L’insulaire oscille entre partir et rester là, entre le passé et l’avenir, entre la conservation et le développement, entre l’ici et l’ailleurs

 Hélène Chevrier, Îles-de-la-Madeleine

Je m’éveille après une courte nuit de sommeil. Un peu plus de cinq heures, je commence à en avoir l’habitude. Le corps endolori se manifeste toutefois, je sens l’effort des randonnées et des excursions des dernières semaines qui se manifestent. La fatigue des derniers mois qui s’accumule.

Je suis aux fabuleuses Îles-de-la-Madeleine, plus précisément dans une adorable chambre du Domaine du Vieux-Couvent, avec pour tout rendez-vous matinal un déjeuner pour les huit heures. Du temps. Je pourrais me rendormir, enfin rattraper les heures manquantes de sommeil et cumuler l’énergie.

Comme je m’y attendais, je n’y arriverai pas.

*

Elle me fait ça, chaque fois, que ce soit dernièrement à travers le Québec Maritime, en Floride, en Virginie, en République Dominicaine, à Cuba, en Bretagne, sur les côtes méditerranéennes, au Mexique, au Costa Rica, peu importe…

C’est toujours plus fort.

Plus fort que la fatigue. Que le corps endolori.

Je ferme les yeux quelques secondes et les rouvre aussitôt. Je sais très bien que c’est inutile;  je n’y arriverai pas.

Je démissionne, puis me lève.

M’abandonne à ces matins de mer…


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Un peu partout, mes matins de mer se ressemblent, étant à mes yeux nécessairement plus ravigotants que toutes ces heures possibles à ne rien faire. Ils balaient : les tracas, les émotions trop vives, les blessures et les doutes ; laissant de la place pour le nouveau. Les matins d’Îles cependant diffèrent. Peut-être parce qu’ils semblent davantage hors du temps ou qu’ils semblent le prolongement des soirées où le ciel se voile d’une teinte rosée. Je ne sais trop. Peut-être parce qu’à l’instar de ces littoraux qui limitent le territoire, je me fais alors plus consciente de celles qui me sont propres. Que l’envie frénétique d’en profiter pleinement se manifeste d’autant plus. Et que j’ai envie de me jouer du temps et de la fatigue. Prendre le temps entre mes mains et l’égrainer doucement…

Peut-être aussi qu’à l’instar des départs et des arrivées qui sont bien différents pour les insulaires, il n’y a qu’à voir comment l’arrivée et le départ des traversiers modulent le quotidien, les levers et couchers de soleil le sont tout autant.

Ce matin-là, j’irai donc marcher sur la petite plage en contre-bas du Domaine du Vieux Couvent. Tôt, très tôt. Jusqu’à ce que j’entende et j’aperçoive justement le traversier du CTMA quitter Cap-aux-Meules avec à son bord ses travailleurs, ses Madelinots et sa horde de touristes estivaux.

*

Certes, les Îles-de-la-Madeleine séduisent de par leur beauté saisissante … Et ses habitants tout autant avec leur dialecte singulier qui s’apparente à l’acadien, leur relation particulière aux éléments qui les entourent et à la mer. Mais ce matin-là, je ne peux m’empêcher de penser à ces insulaires qui le sont devenus par choix, ces « étranges » rencontrés au cours des derniers jours et des dernières années et qui teintent aussi la vie des Îles à leur façon. Mon ex belle-soeur, voyageuse, rimouskoise et tombée en amour littéralement avec les Îles il y a plusieurs années, autour desquelles elle a fait graviter sa vie personnelle et son défi d’entreprise, le Globe-Trotteur ; L’artiste peintre Takanori Serikawa, seul japonais des Îles, installé depuis 2004, accueillant chez lui Madelinots et touristes avec sa fine et délicate cuisine japonaise, amoureux tant de ses tons pastels que de son aspect plus agressif en hiver. Mylène, de la Salicorne, résidente depuis 5 ans, parfois elle aussi tiraillée par ses doutes de la vie insulaire. Tenaillée entre le désir de rester et de partir qui peut parfois la traverser lorsque l’hiver s’étire sans qu’on y envisage la fin. Ce sera la nature qui lui apportera ses réponses. Un renard, un héron croisé le long de la route et puis un nuage qui se profilera en forme d’hameçon.

Il évoquera nécessairement l’archipel; elle l’interprètera comme un signe.

Elles sont toujours là, à même la nature, les réponses…

*

Et puis, de toute façon, partir pour où ?

Quitte-t-on jamais les Îles ? Du moins, je suis convaincue qu’une fois qu’on les a foulées des pieds, on les porte ensuite continuellement avec soi. Il n’y a qu’à voir la lueur qui pétille dans le regard d’une personne lorsqu’on les évoque. Elles parlent au voyageur, à l’artiste, à l’amoureux de mer et de nature, à celui qui a soif de vent et de liberté… Au-delà de la beauté saisissante de l’archipel et de la singularité de chacune de ces îles, ce sont des milieux indéniablement fragiles, vulnérables que l’on se doit de protéger. Il n’y a qu’à penser à l’ammophile, cette plante qui s’enracine dans le sable et qui est plantée afin de préserver certaines dunes menacées par l’érosion. Ou aux importants quotas de pêche afin de préserver les eaux poissonneuses du Golfe dans lesquelles baignent les Îles ; la veille de mon arrivée aux Îles avait lieu la pêche au Flétan, la seule et unique journée de l’année où les Madelinots peuvent s’y adonner durant quelques heures, c’est tout dire. Peut-être bien parce qu’ils sont conscients des limites des Îles et de leurs ressources, que les insulaires doivent souvent plus que quiconque apprendre à trouver des solutions en respect et en regard de leur territoire.

Cette tension si propre au voyageur, aux prises avec son envie d’ici et d’ailleurs, l’insulaire semble la vivre plus que quiconque… En fait, l’insulaire m’apparait comme un éternel voyageur…

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Plus tard sur la Grave, je montrerai à l’artiste Martin Fournier du Limaçon un petit bout de caillou trouvé matinalement sur mon bout de plage dorée.  Un petit bout de caillou blanc immaculé. « C’est de la sélénite, un minéral dont on se sert davantage pour les sculptures. » Un minerai qui se créer lorsque l’eau de mer se trouve isolée et s’évapore et que les sels s’accumulent pour former quelque chose qui s’apparente à du gypse. Cela m’a rappelé que l’archipel reposait sur d’immenses dômes de sel ; dômes de sel exploités par les mines Seleine à Grosse Île.  C’est d’ailleurs ces immenses colonnes de sel qui ont propulsé les îles hors de l’eau. Le sel étant donc en quelque sorte l’invisible moteur géologique des Îles-de-la-Madeleine…

Mais les colonnes sont toujours là, sous la mer …

Cette fois-ci, plutôt qu’un bout de bois de grève, je repartirai avec dans mes valises mon petit morceau de sélénite et un sel aux accents marins acheté chez Gourmande de nature. À ma manière, et à l’instar de Mylène, j’en ferai mes réponses…

*

Évidemment il y a le vent;

la mer ;

et l’air salin aux Îles-de-la-Madeleine.

Mais il y a aussi ce qu’on ne voit ou ne ressent pas ;

le temps qui s’arrête et qui s’égraine au rythme lent du sable fin ;

Il y a ce qui est brut et qui se transforme… au même titre que l’eau salée lave le grès rouge des falaises tombé dans la mer; grès qui viendra ensuite s’étaler le long des berges en un magnifique sable blond.

Et puis, il y a l’invisible; ce qu’on ne voit pas, mais qui pourtant est.

Ce fil invisible qui rattache continuellement les insulaires voyageurs à leurs Îles;

Un peu comme ce qui murmure doucement là, caché sous la mer…

Que l’on peut peut-être entendre si l’on tend doucement l’oreille;

il a aussi,

le doux bruissement du sel…

 

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*Le bruissement du sel est le titre d’un ouvrage poétique de Serge Torri.

***

Quelques coups de coeur d’Îles découverts lors de mon passage dont je parlerai davantage prochainement :

  • Le souper « Entre terre et mer » de la cuisine gourmande du terroir de la Table des Roy ! Mets exquis et service irréprochable !
  • La randonnée pédestre avec une guide interprète de l’Auberge de la Salicorne sur Grande-Entrée et Grosse-Île
  • L’Atelier de taillage et de polissage de la pierre au Limaçon
  • Déguster une Terre Ferme (la meilleure IPA au monde, j’en ai jamais à ce jour découverte de mieux !) à l’Abri de la Tempête…

Merci à Québec Maritime, Tourisme Québec et Tourisme Îles-de-la-Madeleine d’avoir embarqué dans ce projet de roadtrip au travers du Québec Maritime. Vous pouvez dès lors nous lire sur le site de Québec Maritime.

Publié dans Îles de la Madeleine, Chroniques d'écume | Tagué , , , , , , | 1 commentaire

En route vers les Îles-de-la-Madeleine …

J’ai découvert les Îles-de-la-Madeleine il y a exactement 6 années. Un mois de juillet plutôt houleux de ma vie où j’apprivoisais tant bien que mal l’idée que j’attendais un enfant et que le couple que je formais alors avec son père ne ferait pas long feu; il ne le faisait déjà plus… Cette escapade vers les Îles d’une semaine s’était donc présentée comme une bouée à laquelle on s’accroche sans trop savoir jusqu’où l’on va dériver lorsque notre vie prend soudain les teintes d’un mauvais soap… Mais que la dérive fut belle !

Éminemment belle.

Du moment que j’ai posé les pieds en dehors de l’avion qui se posait à Havre aux maisons, il n’a suffit que de quelques secondes. J’étais tombée. Littéralement tombée amoureuse. Mon premier, et mon seul, véritable coup de foudre pour un univers insulaire à part, sis quelque part au beau milieu du golfe Saint-Laurent. Ce mélange de petites maisons colorées, d’air salin et de pieds-de-vent m’ont illico séduite. Et sont venus se loger une place dans mes souvenirs comme un espace libre dans lequel je me réfugie lors de trop grands vertiges.

Alors que je m’apprêtais à perdre une bonne part de ma liberté et de mes élans spontanés, les Îles sont venues parler à l’artiste qui sommeillait en moi. Voir et rencontrer ces artisans qui vivaient principalement de la mer, des produits qui en étaient issu et qui les transformaient, m’ancrait. Me charmait.

J’ai replongé hier dans ces photos d’une autre moi. D’une moi enceinte et paniquée qui s’apprivoisait au même rythme que j’égrainais doucement l’archipel. Puis, une nuit, je suis allée campée, seule dans ma tente à Pointe-aux-Loup directement sur la plage (chut, que nenni, on a pas le droit de faire ça …) Après avoir contemplé un coucher de soleil extraordinaire, comme ils restent longtemps à l’esprit ces couchers madelinots, j’y ai passé une nuit intense, magnifique, à écouter la mer farouche venir se fracasser à mes pieds. Cette sensation de se faire façonner par les éléments, peut-être accentuée par le fait qu’une petite perle se formait alors en moi, ne m’a par la suite plus vraiment quittée.

Camping sauvage aux Îles-de-la-Madeleine (c) Marie-Eve Blanchard

Camping sauvage aux Îles-de-la-Madeleine (c) Marie-Eve Blanchard

« Mais surtout, il faut aller aux Îles pour prendre le temps et l’observer. Tenir au creux de la paume de sa main une poignée de sable et regarder doucement les grains s’écouler. Longer le littoral, lentement, puis se faire à notre tour falaise de grès rouge. Et, à l’instar de celle-ci, saisir et vivre quelques instants cette évidente allégorie des vagues et du vent qui ne cessent de façonner à leur guise ce fragile environnement. Pour finalement se ramener un moment à notre petitesse et notre essence : sentir fortement que même si l’on tente vainement de les dominer, nous aussi on se fait sculpter par la mer et le vent… »

Voilà comment je concluais un billet sur les Îles-de-la-Madeleine l’année dernière… Je vous invite à le lire et à replonger dès demain avec moi au creux de cet archipel, véritable joyau du Québec Maritime, que je ne me lasserai jamais d’apprivoiser…

Se faire sculpter par la mer et le vent …

**

Pour suivre la seconde partie de notre Roadtrip à travers le Québec Maritime, suivez le mot-clic #RoatripQM dans les différents réseaux.

Retrouvez aussi quelques uns de nos billets sur le site du Québec Maritime !

Merci à Québec Maritime et Tourisme Québec pour ce superbe projet! Bien qu’invitée, les opinions émises ici sont entièrement miennes.

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Quiétude, splendeurs et tonalités colorées de l’Ile Verte

Les prunelles tournées

vers l’enfance des pierres

au fond

dans l’épaisseur de sel

les phares

gemmes aux yeux riches

à brève parole

s’allument,

s’épuisent

Le Fleuve est dans les mots

Le silence luit

Yves Préfontaine

Voilà une semaine que je laisse décanter les 3700 kilomètres de route et d’air salin venu de ce grandiose fleuve qui éreintent d’une fatigue toujours si belle. Une semaine depuis notre retour de cette première partie à travers le Québec maritime. À démêler les notes écrites grossièrement dans les carnets, sur le téléphone et bouts de papier. J’ai trouvé si peu de temps pour écrire tandis que l’on écumait les routes et il y a tant de beautés et de rencontres qui cumulent dans ma tête. Tant de splendeurs et tant de richesses qu’offre ce Québec de bord de mer que je me plais à chaque fois de découvrir que je ne sais pas quoi commencer… Peut-être cet ultime coup de coeur, en quelque sorte inespéré ?

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Phare de l’Île Verte (c) Marie-Eve Blanchard

Je rêvais depuis longtemps de dormir auprès d’un phare. Rêve de gamine d’une autre époque peut-être… Ces phares qui se sont faits les yeux d’un fleuve durant des décennies, phares qui ont si souvent évité à des navires de frapper des écueils, phares et gardiens qui vivaient isolés et devaient par moment recueillir naufragés.

Et puis voilà, le doyen du fleuve Saint-Laurent, érigé entre 1806-1809, qui se dressait devant moi au beau milieu de rosiers sauvages !

Ça sentait bon. Et c’était beau.

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Phare, maisons des gardiens et rosiers sauvages.

J’ai découvert oui un phare, mais surtout une île. Une île hors du temps. Une île où l’artiste en moi s’est reconnue, où elle y puiserait aisément inspiration et quiétude. Moi qui souffre d’insomnie depuis des mois… Le sommeil profond est enfin venu me chercher dans mon lit cette nuit-là tandis que le feu de signalisation balayait doucement le fleuve.

J’étais littéralement tombée en amour avec les Îles-de-la-Madeleine… J’ai pleuré la première fois que je les aies quittées.  Mais l’île Verte, qui doit son nom à la mousse de mer que l’on trouvait sur ses côtes, est venu rapidement se loger une plage bien particulière dans mon coeur. Alors que j’ignorais tout d’elle, le seul fait de connaître maintenant son existence est devenu pour moi rassurant.

Un endroit où la beauté sauvage est protégée par les marées …

Et où les marées nous sécurisent et nous font réfléchir à leur façon…

Car les rapports humains doivent, eux aussi, être des îles. Il faut les aimer dans les limites du présent: des îles que la mer entoure et interrompt, que les marées baignent et abandonnent sans cesse. Il faut accepter cette forme de sécurité qui est celle de la vie ailée, celle du flux et du reflux, de l’intermittence.*

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Roukie contemplative sur les rochers

Ça sent l’eau douce et l’eau salée qui se rencontrent ainsi que les roses et iris sauvages qui abondent. Les rochers colorés, qui prennent tour à tour des tons de rose et d’orangé, invitent à la quiétude, la réflexion, les longues promenade, l’écriture. La seule route qui s’étend d’est en ouest au sud compte 13 km. Au nord, 9 kilomètres sauvages et inhabités de grèce entre le phare et la pointe ouest où phoques et baleines y sont régulièrement aperçus. Et seulement 2 kilomètres qui séparent ces deux littoraux.

Un véritable élan de bonheur et de joie.

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Splendides rochers et chaland au loin qui servait jadis à traverser… (c) Marie-Eve Blanchard

Iris sauvages

Iris sauvages

Il y a cette élégante tour qui domine l’île à son flanc nord, une tour blanche et rouge qui se détache de l’horizon. À peine quelques minutes et le paysage change, se teinte selon les humeurs et caprices de dame nature qui la découpe autrement.

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Coucher de soleil sur le fleuve (c) Marie-Eve Blanchard

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Le Criard, aujourd’hui petit musée, qui abritait autrefois l’équipement du criard de brume et les anciens canons à brume.

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Le Criard et le phare sous le soleil (c) Marie-Eve Blanchard

Seule île habitée à l’année du Bas-Saint-Laurent, une trentaine d’insulaires, vingt-huit précisément, y résident à l’année alors qu’une centaine tout au plus vient animer cette vie d’insulaire l’été. À cause des marées et du peu de traverses, il n’est pas possible de demeurer sur la côte et travailler sur l’île par exemple. Ou le contraire. Quelques familles se résignent et la quittent. D’autres persistent, y demeurent à l’année, bien qu’il ne s’y trouve plus d’école, ni poste d’essence, ni dépanneur.

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Il y a toujours ce dilemme qui nous habite lorsqu’on découvre ce genre de perle : on a envie de ne rien dire pour que la perle le demeure et qu’elle ne soit assiégée de touristes. Mais touristes, cyclistes, photographes et curieux sont aussi ceux qui contribuent à sa préservation, son économie de subsistance l’été, sa vitalité. Ce sont eux qui s’arrêtent chez Colette contempler ses anciens fumoirs et acheter coquilles Saint-Jacques et saumon fumé. Qui feront vivre l’été le motel restaurant Entre deux marées. Animeront le Café d’Alphé ou les chambres des maisons transformées en maisons d’hôte pour l’été. Ou viendront faire revivre le phare l’instant d’une visite guidée, d’un coucher de soleil ou d’un déjeuner.

À notre départ, la charmante Blandine, qui se fait gardienne de l’auberge du phare avec son conjoint Jocelyn, viendra embrasser Roukie « Tu me promets de revenir sur l’Île Verte manger les crêpes à Blandine? »

– Oui, a-t-elle acquiescé tenant d’une main son sceau de sable et de l’autre un bout de bois de mer trouvé sur la berge; bout de bois que nous rapporterons comme bien d’autres pour embellir notre petite maisonnée et lui donner par endroit le goût du sel.

Très tôt le matin, et profitant d’un rare moment de solitude, j’étais allée marcher doucement sur le bord de la grève, café à la main. Et j’y avais imaginé ma fille jouer longuement dans le sable et dans les rochers tandis que je lisais ou écrivais tranquillement en bord de mer, tout juste à côté du phare. Contemplative et heureuse d’avoir déniché cet endroit de bout du monde, à seulement quelques heures de Montréal, où insularité, quiétude et solitude nourrissante se confondent.

– Tu n’as jamais si bien dit ma fille, tu n’as jamais si bien dit…

Et, à nouveau, nous ferons voler des cerfs-volants.

IMG_6693 IMG_6703 IMG_6778* Cette phrase est tirée d’une magnifique petite plaquette d’Anne Lindbergh qui me suit partout depuis des années et que j’ai dû relire des centaines de fois, Solitude face à la mer


***

– Pour dormir dans la maison du gardien du phare de l’Île Verte, contactez Blandine. 120$ en occupation double avec un petit déjeuner. Une navette peut aller chercher vos bagages à l’arrivée du traversier si besoin.

– N’oubliez pas de faire votre épicerie avant de traverser si vous comptez y séjourner longuement. Hormis la poissonnerie, il n’y a pas d’épicerie sur l’île. Vous pouvez utiliser la cuisine de la maison du gardien en après-midi et en soirée.

– Vérifiez l’horaire inégal des traversiers en fonction des marées. Il y a 2 à 3 traverses par jour, parfois très rapprochées ou parfois très éloignées durant la journée…

– L’Île Verte se vit et se palpe certainement davantage en prenant réellement le temps de s’y poser ou de la traverser lentement. Emportez votre vélo !

**

Merci à Québec MaritimeTourisme Québec, Jocelyn et Blandine du Phare de l’Île Verte et la Société des traversiers du Québec. Bien qu’invitée, les opinions émises ici sont entièrement miennes

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Le fleuve Saint-Laurent vu des airs !

Alors que les images côtières et d’îles ne cessent de défiler dans ma tête tandis que je trie notes et souvenirs de ce premier périple de notre Roadtrip au travers du Québec Maritime, je tombe sur ce magnifique documentaire réalisé par David Etienne Durivage.

Le protagoniste principal : le fleuve Saint-Laurent !  Ses littoraux à couper le souffle, ses paquebots qui le cisaillent, sa faune unique qui s’y anime. Un documentaire de huit minutes entièrement filmé à l’aide de drones de Montréal aux Îles-de-la-Madeleine.

Tout simplement sublime. Un pur régal pour les yeux…

À l’instar du fleuve, majestueux.

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Un parc nature et d’étonnantes plages sur la Côte-Nord…

Je ne sais pourquoi, avant de mettre les pieds sur la Côte-Nord, j’avais dans l’esprit qu’elle était entièrement bordée que de plages rocailleuses ou de galets. Comme je me trompais! Il a suffi que l’on s’éloigne de la route 138, un peu avant Baie-Comeau, quelque quinze kilomètres tout ou plus, pour venir longer un petit chemin de bord de fleuve et aboutir à l’entrée d’un surprenant parc pour que je change illico mon avis quant aux plages de la région.

La plage de la baie Saint-Ludger nous a rapidement charmées et étonnées de par sa largeur et la qualité de son sable blond strié par endroits d’une ligne de sable plus ferreux. Absolument splendide! Combien il fut difficile d’emmener nos fillettes explorer davantage le parc alors qu’on avait toutes envie de se mouiller les pieds et d’y jouer longuement à récolter moules et coquillages! L’amoureuse de la mer en moi était redevenue  une fillette qui avait envie de courir et de marcher le long de la baie.

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Plage et battures de Pointe-aux-Outardes

Sabot de la Vierge (c) Marie-Eve Blanchard

Sabot de la Vierge (c) Marie-Eve Blanchard

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Plage de Pointe-aux-Outardes

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Plage et battures de Pointe-aux-Outardes (c) Marie-Eve Blanchard


La suite de ce billet sur le blogue de Québec Maritime ! 

 

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La Gaspésie, Félix, la mer et moi …


Y a des vagues sur la mer
Buveuses de lune

Y a des écumes aussi
Des écorces, des lettres déchirées
Des fleurs à la dérive
Y a des oiseaux au-dessus de la mer

Des grands oiseaux blancs
Avec des yeux comme des gouttes d’eau

Des oiseaux sans voix
Qui tournent en rond le bec ouvert
Qui piquent soudain dans les flots immenses
Les ailes collées le long du corps comme deux bras
Qui bruissent en s’égouttant

Y a des grèves autour de la mer
Des coquillages et du sel
Et de vieux marins qui ne voguent plus
Qu’on a débarqués mais qui sont repartis
Dans des voyages sans escale

Y a le soleil sur la mer
Et toi au bord
Qui le regarde descendre dans l’eau

La Gaspésie, Félix Leclerc, 1967

***

Ma fille avait 6 mois, lorsque j’ai tout plaqué là au terme d’une séparation difficile pour aller travailler dans une fermette biologique dans le Centre-du-Québec. Alors qu’il était mon voeu le plus cher, mon rêve de famille « normale » s’écroulait, portant avec lui mes espérances de découvertes en trio, voire en quatuor. De gros deuils s’amorçaient pour la fille hypersensible et contemplative que je suis. De gros choix aussi.

Je travaillais depuis quelques semaines sur la fermette à récolter et semer des légumes biologiques et ma fille s’est mise à ramper. Avec les dents qui perçaient, ça compliquait le travail et j’avais peur de déranger les autres « woofers » de la fermette. Je suis donc partie, 500$ en poche. Arrivée à Rimouski, le gérant de l’auberge de jeunesse m’a vendu une vieille tente 20.00$. Et puis j’ai amorcé durant trois semaines une tournée de la Gaspésie avec ma tente et mon bébé de huit mois. Les nuits seule dans mon sac de couchage avec Roukie sur la poitrine et le doux déferlement des vagues m’ont transformée. J’adorais déjà follement la mer. Là, dans ma tente, la Gaspésie et la mer venaient tour à tour lécher mes plaies.

La mer... Anse-Au-Griffon, Gaspésie. Même grève, mêmes fillettes. 5 années d'intervalle.

La mer… Anse-Au-Griffon, Gaspésie. Même grève, mêmes fillettes. 5 années d’intervalle.

Mon rapport avec la mer et la Gaspésie se veut donc intime, bienfaisant, initiatique.

Salvateur.

Tout comme il le fût pour Félix Leclerc.

*

J’avais énormément d’attentes quant à l’exposition « Le hamac dans les voiles ». Je tenais absolument à la voir au Musée de la Gaspésie, j’ai aussi découvert un musée fabuleux, quitte à tout chambouler notre itinéraire ! Avec Mingan, « Un hamac dans les voiles » était mon « dada » culturel et poétique dans cette tournée au travers du Québec Maritime. Et comme la vie est parfois bien faite, j’avais réalisé une merveilleuse rencontre la veille.

Nous étions donc en tournée de presse avec Émilie Devoe de Parcs Canada au travers du magnifique Parc Forillon lorsque je l’ai questionné quant à un endroit à déjeuner à Gaspé près du Musée de la Gaspésie. Puis je lui mentionnais que nous allions visiter le musée et que je tenais particulièrement à voir cette exposition. Quel bonheur que de voir Émilie le sourire qui tranquillement jaillissait soudainement au coin de sa lèvre tandis qu’elle conduisait. « C’est mon bébé »…

À mes côtés, j’avais l’initiatrice de ce projet qui me parlait tant sans même l’avoir vu ! Émilie, enceinte de son second fils, s’était surprise de cette envie boulimique de dévorer tout Félix Leclerc. Et telles que les grossesses nous le font parfois vivre, son élan créatif devait aller au-delà et se matérialiser. Aller au-delà des réflexions quant à la présence de la mer dans l’oeuvre poétique et la vie de Félix Leclerc…

Elle a donc eu l’idée de créer une exposition mettant de l’avant Félix Leclerc et son rapport à la mer. Une exposition avec bouts de bois de mer, valises, hamacs, extraits de chansons, anecdotes, correspondances, poèmes…

Une exposition à l’image de Félix, d’une simplicité profonde. Une exposition touchante. Fabuleuse.

On y apprend notamment comment la mer fût salvatrice après la séparation de sa première femme ; y découvre l’amitié profonde qu’il entretenait pour une femme qui vivait sur le bord de la mer « et vivait pour [lui] une vie qu'[il] devrait vivre » ; y lit la beauté et la pureté à même la simplicité des phrases et des mots.

Exposition

Exposition « Le Hamac dans les voiles », Musée de la Gaspésie (c) Marie-Eve Blanchard

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L’exposition est tout simplement magnifique.

Et on a qu’une seule envie : y rester longuement et s’étendre dans ces hamacs flottant dans les voiles. Et puis se laisser bercer par la voix de Félix qui, à l’instar de la mer, agit telle une immense et si douce caresse.

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Immense merci à Parcs Canada, Québec MaritimeTourisme Québec et le splendide Musée de la Gaspésie

**

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Merci Émile Devoe de ta présence et de partager ainsi ton amour pour la mer et les mots … xxx

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Apprivoiser les îles de la Minganie

Les images se bousculent dans ma tête.

Les images, l’odeur de la grève humide, les cris des oiseaux…

Je reviens de la Côte-Nord le regard vif, aiguisé, charmé de tant de beautés étonnantes et naturelles. Rassasiée ? Nous nous y sommes seulement trempées les pieds… j’y aurais avec évidence passé tout l’été.

De magnifiques rencontres, Sandra et André à la Ferme Maricole sur l’Île de la Grosse-Boule à Sept-Îles, mais surtout du temps à explorer du méconnu. Le fascinant Jardin des Glaciers et sa Vallée des Coquillages (en pleine forêt!), dormir auprès du fleuve à Mer et Monde, quelques plages magnifiques où j’aurais avec évidence passé plus de quinze minutes, mais surtout cet archipel encore trop méconnu au sud de Havre-Saint-Pierre, qu’il faut absolument prendre le temps de découvrir. Et non, ce n’est pas si loin… C’est si près quand on y pense ce pays d’îles, d’oiseaux et de mer.

Elles sont plus d’un millier qui ont tranquillement jailli de la mer il y a environ 7000 ans. Plus de mille îles, cayes et îlots aux falaises escarpées et à la flore unique qui se serraient lentement formées sous la mer il y a 450 millions d’années et s’y serraient endormies sous le poids de la glace durant près de 1,5 million d’années pour rejaillir lorsque celle-ci aurait fondu.

Falaises et monolythes qui font une grande partie de  leur charme se sont vus façonnés durant des siècles par la mer, le vent, le gel et le dégel tandis que les îles émergeaient lentement de l’eau.

Je rêvais depuis des années de ces balades en bateau d’île en île dans l’Archipel de Mingan… Des îles sauvages qui ont jailli de la mer après la dernière glaciation avec leur histoire et leurs mystères à apprivoiser. Sur la trentaine d’îles calcaires, et plus de milles îles et îlots granitiques, nous n’en aurons exploré que trois. L’île Nue, où la végétation est quasi absente si ce n’est que de la vaste et magnifique lande qui éblouie par sa présence et ses couleurs; l’île aux Perroquets, où vont, entre autres, nidifier les macareux moines, on peut observer une douzaine d’espèces d’oiseaux marins dans les îles, et où fût érigé un phare en 1888. Une île qui nous ramène à cette réalité sourde et criarde de la mer, cette grande dame et grande maîtresse qui en un coup de lame peut vous arracher brusquement la vie; puis l’île Quarry, la plus familiale des îles où l’on peut camper, à la rustique ou encore dans les tentes oTENTIK de Parcs Canada.

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Île Nue

 

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Lande, Île Nue

 

Île Nue

Île Nue

 

Île Nue

Île Nue

 

Île aux Perroquets

Île aux Perroquets

 

Île aux Perroquets

Île aux Perroquets

Seulement quelques jours dans ce décor insolite de bout du monde, auprès de ces rochers qui se dressent fièrement façonnés par la mer et le vent et ses falaises érodées, ce territoire devenu réserve de parc national depuis 1984. Quelques jours à y randonner auprès des tourbières, sur les longs platiers qui se jettent dans la mer, à contempler les spectaculaires monuments naturels témoins du travail de la mer, du vent et du temps.

J’en reviens sans mots. Sinon avec cette envie évidente d’y revenir. Revenir jouer au macologue, au géologue, au botaniste…

Et marcher.

Longtemps.

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

 

Île Quarry

Île Quarry

Je garderai en souvenir précieusement cette longue et plutôt difficile randonnée le long du littoral escarpé avec ma petite fille de 5 ans. Le vent qui nous giflait le visage, les joues rougies par le soleil et l’air salin. Et le chant de ma fille, amoureuse de mer tout comme moi et heureuse de gambader de galets en platiers, agrippant ça et là bouts de bois de mer et oursins évidés.

Orchidée sauvage sur l'Île Quarry

Orchidée sauvage sur l’Île Quarry

 

Falaise érodée et ses galets ...

Falaise érodée et ses galets …

Bien avant les macareux moines, les monolithes et les phoques, je rêvais de dormir sur les îles. De m’endormir au souffle d’un rorqual en observant les étoiles et en m’imprégnant du silence. Nous sommes arrivées à notre campement sur l’Île Quarry exténuées. Deux mamans et leurs fillettes qui n’ont pas reculé quand on leur a confirmé que la traversée de trente minutes sur la mer agitée et houleuse se ferait dans un zodiac à l’air libre et sous la pluie battante. Braver les intempéries alors que la nature ne fait que cela depuis toutes ces années, nous devrions bien en être capable…

Je n’ai pu m’endormir au son du rorqual tel que je le souhaitais. Je me suis endormie plutôt au tambourinement de la pluie…

Au petit matin, tout c’était calmé. Roukie et moi sommes allées marcher le long de la grève, écoutant et contemplant les sternes, goélands argentés et autres bécasseaux venir nous souhaiter la bienvenue. Au loin, les lumières de Havre-Saint-Pierre s’éteignaient.

Et puis, avant même d’aller visiter les lieux insolites qui l’habitent, la magie de l’île a opéré.

On a entendu un grand « ploutch ».

À une trentaine de mètres, tout au plus, un rorqual soufflait…

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***

Le poète Roland Jomphe, chantre de la Minganie, s’amusait à trouver des noms aux monolythes. Plutôt que d’y chercher des formes (et il y en a, une femme, des animaux, etc.), je me suis longuement étonnée avec ma fille de notre infime petitesse. Ma mère a souvent évoqué cette image comme quoi nous étions de minuscules grains de sable dans l’univers. De minuscules grains de sable ou de minuscules gouttes d’eau tel que l’évoque Jomphe dans son poème, l’analogie revient sensiblement au même. Devant l’immensité de ce qui nous entoure, et notre évidente petitesse, on ne peut que s’étonner. Sinon apprendre à se faire humble et solidaire….

La goutte d’eau

En regardant la terre
Au coin de l’horizon
En regardant la mer
La vie et la saison

Les lacs, les rivières, les fleuves : l’eau douce
Les mers, les golfes, les océans : l’eau salée
Trois fois plus d’eau que de terre

Et parmi toutes ces gouttes
Unité de la rivière, unité de l’océan

Où est la goutte plus utile
Où est la goutte plus importante

La profondeur la surface
La vague qui brise
Le fond qui se cache
Le profond qui nous grise

Où est la goutte plus importante
Celle qu’on voit ou ne voit pas

Où est la goutte plus utile
Celle qui tient ou qui soutient

La profondeur
La surface

En regardant la terre
En regardant la mer
En regardant le monde
Les peuples de la terre
Humains de l’univers

Où est l’homme plus important
Où est l’homme plus utile

En profondeur
En surface

Celui qui tient ou qui soutient
Celui qu’on voit ou ne voit pas
Celui qui parle ou ne dit rien

Au destin de l’humanité
Au mystère de la vie
Sur la mer
Sur la terre
Où est donc
Le plus utile

Ronald Jomphe

Île Quarry

Île Quarry

Pratico-Pratique :

  • Il est possible de camper sur l’Île Quarry, notez qu’il n’y a pas d’eau potable sur les îles. Moi qui suis plutôt friande de camping sauvage, j’ai BEAUCOUP aimé comment les sentiers et les endroits où étaient nichées les tentes oTENTIK sont emménagés. La nature est fortement respectée, les tentes sont légèrement en retrait afin de préserver la beauté du paysage. Parcs Canada y fait vraiment un super boulot ! Pas d’électricité, pas d’eau, mais chaque tente dispose d’une prise USB alimenter à l’énergie solaire et est chauffé au propane (oui, oui ! Le gros luxe !).
  • À compter de cet été, il est possible de dormir dans les deux maisonnettes entourant le phare de l’Île aux Perroquets. Celles-ci viennent tout juste d’être réaménagées. Il se trouve également un petit musée que l’on peut visiter. Bémol et légère déception : la visite du phare est actuellement réservée aux gens qui réserve une nuit sur l’Île, vous ne pouvez pas y aller lors d’une visite guidée.
  • L’Archipel s’étire sur 85 kilomètres… Il faut donc prévoir en fonction des îles que vous désirez visiter ! Les départs pour la section ouest (Nue, Perroquets) se font de Longue Pointe-de-Mingan (avec les familles Loiselle et Vibert). Comptez 45 minutes de voiture entre Havre-Saint-Pierre et Longue
  • Des guides naturalistes interprètes de Parcs Canada offrent des visites sur plusieurs îles au courant de l’été. Elles sont passionnantes !

Immense merci à Parcs Canada, la Famille Loiselle, Services Maritimes Boréale et Québec Maritime et Tourisme Québec grâce à qui ces extraordinaires excursions ont pu être réalisées.

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Avaler 3000 kilomètres teintés d’air salin ! Road trip à la rencontre du Québec Maritime…

Avaler des kilomètres de littoraux rocailleux teintés d’air salin.

D’écume et d’embrun du grand fleuve majestueux.

Des kilomètres montagneux et côtiers, où les phares n’en finissent plus de guetter même si les marins eux-mêmes les ont parfois oubliés. Où le vent frais qui siffle entre les maisons des villages se fait une rassurante mélodie.

Et où l’on ne cesse de s’exclamer devant si chatoyante et si brute beauté.

*

J’aime rouler. En fait, j’adore rouler.

Au travers des responsabilités et du plus plat quotidien, mes escapades sur la route me donne cette vague impression d’équilibre tandis que les paysages défilent. Je flirte alors avec cette sensation d’être maître et en contrôle de ma destinée plutôt que tributaire des événements. Peut-être est-ce s’illusionner. Tant pis. Je fais confiance en la vie : je n’ai alors en général ni peur de ne pas savoir où loger, ni grand trouble face à l’inconnu. Je me confronte à l’imprévu, goûte à l’inattendu et retrouve en quelque sorte la spontanéité et l’émerveillement d’une petite fille de 4 ans. S’offrir à l’immensité de la vie. Alors que dans le quotidien les peurs se créer, s’inventent et s’accumulent peut-être au même rythme qu’on tente de s’y complaire vainement, il me semble qu’elles se dissipent dès qu’on prend la décision de partir d’un point A vers un vague point B… En fait, peu importe la trajectoire. L’essentiel demeure de partir.

« Partir quelque part pour partir. » Entendu ce matin en direction pour Québec les mots de Ferland, même mots gravés sur une carte que mes parents avaient glissé dans mon sac lors de mon premier voyage en solo en Europe. À peine 20 ans et une envie de goûter autrement le monde, par-delà les livres, le vaste ailleurs autrement. Répondre à cette phrase écrite de la main de Gide pour Nathanaël dans les Nourritures Terrestres : Il ne me suffit pas de lire que les sables des plages sont doux ; je veux que mes pieds nus le sentent… Une phrase qui a changé ma vie. Depuis, même si j’apprends à m’ancrer, cherche la quiétude et trouve tout autant dans la rêverie, le jardinage, l’écriture et les mots d’autrui cette impression fugace d’ailleurs, ce goût d’y goûter réellement refait surface sporadiquement. Une vie ponctuée de voyages ça et là de toutes sortes, avec ses envies de road trip qui me traversent fugacement l’esprit. À ces envies de route qui me tenaillent, cette envie teintée d’air salin qui me conforte aussi dans mon équilibre. Et si, en un seul et même projet, tout pouvais tenir dans cela.

Inutile de préciser mon état devant tous ces kilomètres de bonheur maritime à sillonner.

Heureuse. Euphorique. Absolument emballée.

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Paysage typique de la péninsule gaspésienne…

L’idée de ce projet a sans doute germé dans notre esprit l’année dernière lorsqu’au terme d’une tournée au Saguenay Lac-Saint-Jean nous flirtions quelques jours avec l’orée de la Côte-Nord et de Manicouagan. Nous avions adoré les recoins un peu plus reculés de Sacré-Coeur.  De même que l’historique et le cachet de Tadoussac, charmant village malgré son indéniable propension touristique.

N’empêche, goûter du bout des lèvres la Haute-Côte-Nord que je n’avais jamais foulée m’avait laissé sur ma faim. Je voulais croiser des hameaux, des phares, des rochers escarpés et de vastes plages pour y marcher et m’enfoncer dans le sable fangeux. D’autant plus que voilà plus de cinq années que je rêvais de découvrir les îles de l’Archipel de Mingan. Depuis que j’en avais parlé à Marie-Julie, elle aussi en rêvait.

Ce projet un peu fou, intense et magnifique de road trip, qui consiste aussi à avaler des kilomètres en s’emplissant le regard de beauté et les poumons d’air salin, nous mènera à la rencontre du Québec que l’on nomme Maritime. Celui démesuré, vaste,  marin, sauvage, impossible à dompter.

Le défi tout de même demeure, nous partons, technomade branchée qui souffre presque quand elle ne trouve pas de wifi (j’exagère… à peine ;-)), moi et nos charmantes et très intenses filles qui ne sont pas nées des voisines. À ce voyage entre copines se greffe donc l’aspect familial à gérer. Les voyageuses mamans que nous sommes se connaissent suffisamment pour se permettre et s’accorder mutuellement des moments pour plonger dans nos bulles respectives, travailler, rêvasser ou faire le plein d’air en solitaire. Il faudra les voler ça et là au présent, notre itinéraire étant tout de même chargé et intense.

Nous partagerons donc avec vous notre projet de road trip à la rencontre des régions maritimes du Québec via nos réseaux respectifs, à travers nos mots sur nos sites personnels et sur le site de Québec Maritime. Question que vous puissiez de par nos yeux découvrir ce Québec si vaste et si beau, avec tout ce qu’il a encore de sauvage, démesuré et marin, mais aussi ses attraits incontournables autant que ses nouveautés.

Inutile de vous dire que l’amoureuse éperdue d’écume trépigne d’impatience. Que j’ai hâte de renouer avec la Gaspésie qui fût à la fois un baume et le synonyme d’un début d’une grande aventure lorsque je me retrouvai seule avec un bébé il y a exactement 5 années. Que j’ai hâte de traverser le Bas-Saint-Laurent où le vert et le bleu s’entremêlent comme une caresse et de déguster ces produits régionaux que j’aime tant. Sans parler de demain où nous entamerons déjà les premières foulées vers cette majestueuse Côte-Nord qui m’intrigue comme un appel.

Cet été, nous vous proposons donc d’embarquer dans notre aventure, un road trip à la rencontre du Québec Maritime. Une première et grande portion familiale de 18 jours, débutant  cette semaine, se déroulera en grande partie le long du majestueux fleuve Saint-Laurent, des sentiers montagneux et de la péninsule gaspésienne.

Ce matin, nous amorcerons donc les premiers sillons d’un circuit connu sous le nom de la route des Baleines !!

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Pour nous suivre, simplement suivre le hashtag #RoadTripQM et ceux de # QuebecMaritime et #QuebecOriginal

Ce génial projet est mis de l’avant en partenariat avec Québec Maritime et en collaboration avec Tourisme Québec. Incommensurable merci d’avoir embarqué dans notre road trip !! On se croise sur la route ?!

 

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Coucher de soleil sur le Bic

Publié dans Îles de la Madeleine, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie, Québec | Tagué , , , , , , | 1 commentaire