Préambule d’un trek …

Longue pause de la blogosphère qui s’est avérée bénéfique…

Et pourtant, je ne chôme pas.

Entre mille projets, je participe notamment à la préparation d’un événement-bénéfice qui aura lieu dans deux jours. Pourquoi? D’abord, parce que j’adore m’investir dans des causes à caractère social.  J’ai une légère propension à la mère Térésa, un peu, beaucoup, trop parfois.  L’humanitaire m’a pour ainsi dire toujours attiré et l’égocentrisme est certainement le vice qui m’horripile le plus.  Malheureusement, à force de courir après mon temps, j’apprends à me contenir.  Et à devoir faire des choix quant à certaines causes où je décide de m’investir davantage.  Car, tristement, la réalité c’est que même si c’est bon pour l’estime, le coeur et la satisfaction personnelle, ça ne paie ni le loyer, ni contribue à remplir mon réfrigérateur tout ça.

*

Les causes relatives aux enfants sont certainement celles qui viennent depuis toujours le plus me toucher.  J’aime énormément le sens du projet Jeunes musiciens du monde qu’ont fondé Blaise et Mathieu Fortier.   Il allie à la fois mon amour de la musique, l’apport extrêmement formateur (voir parfois salvateur !) chez les enfants de celle-ci et leur offre une éducation à laquelle ils n’auraient, pour la plupart, pas eu accès.  Non seulement, une éducation, mais surtout j’imagine un peu de sens et des outils à jamais essentiels à leur expression et leur épanouissement. On le sait, la musique change des vies.  Elle demeure de plus un ancrage et un repère essentiel qui sillonne le parcours de grands moments d’une vie.  Combien de fois ai-je enligner quelques accords sur ma guitare alors que je ne comprenais même pas encore toute la portée ou le sens d’une émotion qui me traversait ?

Actuellement, c’est la cause des Aventures Papillon, au profit de la Société des enfants handicapés du Québec, qui me rejoint davantage. Il est clair que cette démarche s’inscrit également en alliant ma grande passion pour le voyage.  De fait, je participerai à un trek vers le Machu Picchu (peut-être ferais-je partie des dernières, qui sait ce qui adviendra de ce lieu mythique d’ici quelques années?) au terme de ce projet en mai 2012.  Néanmoins, le trek ne peut être à lui seul ma principale motivation.  Il y en a de toutes sortes de ce genre et, connaissant ma propension à ce qui est plutôt incongru, c’est peut-être une toute autre cause que j’aurais choisi d’épouser si mon choix n’avait tenu qu’à une destination.

La vie est malheureusement souvent ainsi faite : une conscientisation aigüe quant à une certaine réalité se produit, véritablement et profondément, lorsque cette dite réalité survient près de nous, nous touchant alors inexorablement de plus près.  C’est triste, mais c’est ainsi.  Et ce, presque toujours.

J’ai la chance d’avoir près de moi une femme, mère de trois enfants, extrêmement courageuse.  Qui n’a pas une seule minute hésité à écouter son cœur et son intuition.  Qui, devant toutes les réponses nébuleuses et hésitantes, n’a pas choisi de se fermer les yeux et de s’accrocher à de peut-être « possibles ».  Lorsque le Docteur Marois lui a certifié que son enfant, alors âgé d’une année, était atteint de paralysie cérébrale, elle le savait déjà.

Chaque fois que ma réalité de mère seule s’avère difficile, je pense à elle et à son fils Gabriel.  Je me dis que je n’ai franchement pas le droit de me plaindre.  Aucunement.  Malgré tous les rendez-vous, plusieurs à chaque semaine, les tentatives de traitement hyperbare, l’incertitude face à l’avenir, les coûts faramineux (veut, veut pas, c’est aussi une dure réalité) des traitements et des démarches, jamais je ne l’ai entendu se plaindre ou se comporter en victime.  Jamais.  Son amour et son dévouement pour ses trois enfants sont quant à moi exemplaires. L’entendre actuellement, elle dirait quelque chose comme : « Bah, t’exagères. On a même pas le choix, tu sais. »  Et ça, c’est pour moi, une grande leçon d’humilité.

Je n’ai donc pas hésité deux minutes à me lancer dans l’aventure à ses côtés ainsi qu’au côté de sa copine.  Depuis quelques mois, nous nous sommes engagées à remettre en don 6000 $ à la Société des enfants handicapés du Québec.  À ce don, s’ajoute une démarche représentative et symbolique. Un trek.  Une montée. À l’image d’un objectif que l’on tente d’atteindre, pas à pas, à notre rythme et en prenant le risque de trébucher.  Lorsque je parcourrai le sentier des Incas au Pérou à leurs côtés, moi qui, souvent, prend beaucoup de place, compte bien m’effacer. Et vivre principalement à titre de témoin cette brève pause et si riche expérience que s’accorderont brièvement ces mères responsables d’une famille de cinq enfants. Un bien grand honorable défi.

Je sais déjà que ce parcours sera fortement émotif et riche d’enseignements.  J’espère sincèrement, et ce en toute humilité, qu’au travers de ma plume il le sera alors aussi un peu pour vous.

Sur ce, je vous présente Gabriel, un petit bonhomme absolument merveilleux et combien attachant…

Gabriel été 2011 © Jessica Fitzpatrick

Gabriel été 2011 © Jessica Fitzpatrick

Avouez ! Comment ne pas fondre devant ce garçon au regard si expressif et étincelant ?

***

Pour les curieux, l’événement en question fût un véritable succès… près de deux mille dollars et des poussières à remettre en don !  Les musiciens étaient incroyables, l’ambiance et les gens toujours aussi géniaux et généreux et nous avons fait un super heureux qui a remporté une guitare Godin ! Oh yes !

Publié dans Machu Picchu | Tagué , , | 15 commentaires

A day in California

Alors que je devrais écrire et peaufiner des articles, je procrastine et ne me lasse plus d’écouter de courts vidéos.  Grand besoin d’évasion, j’imagine !

J’avais envie de partager celui-ci avec vous.  Réalisé par un jeune étudiant en propédeudique médicale, Ryan Killackey, qui est passionné de photographie par intervalle (timelapse-photo), ce court extrait comprend plus de 10 000 photographies de paysages californiens.  Avec la musique de Cinematic Orchestra à la trame sonore, un pur délice !

Notez que cela lui a pris plus d’une année à réaliser et monter les images pour ce vidéo …

Magnifique !

 

Publié dans Californie, Un monde à contempler | Tagué , , , , | 4 commentaires

Move, Learn, Eat

Pas compliqué, depuis hier je ne me lasse pas de visionner ces trois géniaux courts métrages réalisés par trois gars dans 11 pays en 44 jours ! Après avoir gavé tous mes contacts sur ma page Facebook et mon Twitter (oui, j’ai cédé), je me suis dit qu’il serait pertinent de mettre en lien ici un de ces superbes petits courts métrages.

Talentueux et superbement réalisé, ce court métrage d’une seule minute intitulé Move vous ferra absolument voyager (et vous en donnera certainement l’envie !)

Avec un grand brin de jalousie de la réalisation de Rick Mereki, étant complètement vendue et absolument envieuse du trip incroyable qu’on vécu ces trois (beaux) gars, voici Move.

Contagieux, non ?

Allez voir les deux autres vidéos Learn et Eat.

Publié dans Trouvailles, Un monde à contempler, Un monde à savourer | Tagué , , , , | 4 commentaires

La route des Navigateurs, courte virée du Bas-Saint-Laurent

J’étais tombée il y a quelque temps sur une photo de vastes champs de fleurs jaunes vives.  Oula ! Comme ça semblait beau Kamouraska !

J’imagine que la vision est venue se nicher quelque part dans ma tête, car je n’ai pas hésité à emprunter la route des Navigateurs et longer tranquillement le fleuve (et transformer un 4 heures de routes en 10 …) dernièrement afin de picorer de villages en villages.  J’avais peu de temps et devais rentrer plus tôt que prévu à Montréal, mais je me serais certainement éternisée davantage sur le littoral du Bas-Saint-Laurent.  D’autant plus, que j’avais lu dans le fantastique guide Terroir et Saveurs du Québec que cette région et ces villages ne s’appréciaient qu’en prenant vraiment son temps.

Bien que ce ne fut qu’un flirt rapide, j’ai tout de même été séduite.  Et ma fille et moi en avons profité pour déguster quelques produits du terroir québecois.

Le fromage en grainRoukie devant la fromagerie Les Basquess de la Fromagerie les Basques à Trois-Pistoles a rapidement trouvé une adepte en Roukie qui a dévoré un sac aromatisé aux fines herbes en moins de deux. J’aurais bien aimé visiter la fromagerie, mais ces visites ne sont disponibles que sur rendez-vous.  Nous avons donc dû nous contenter de grignoter le cheddar frais en regardant la 132 … Le cheddar en grains est disponible en plusieurs variétés, soit nature ou encore assaisonnés aux fines herbes, au poivre ou au barbecue, mais il s’y trouve également des déclinaisons de fromage allant de la pâte ferme à la pâte molle à croûte fleurie.

café du clocher KamouraskaSitué dans une ancienne écurie, le Café du clocher à Kamouraska propose un menu santé avec des produits biologiques et régionaux.  Ce bistro propose une panoplie de produits de fournisseurs locaux tels que le café de la Brûlerie de l’Est, le pain de la boulangerie Niemand, Boulangerieles poissons des pêcheries Ouellet de Kamouraska, le saucisson des Fous du cochon de la Pocatière, l’agneau fumé de l’agnellerie de Kamouraska et les pâtés et desserts de la Roche à Veillon.  Miumi !

Malheureusement, il ne restait plus d’agneau lors de mon passage. Je me suis rabattue sur une assiette de poissons fumés : esturgeon, anguille et truite fumés ainsi que de la merrine d’alose.  L’anguille se pêchant en abondance dans la région, difficile de passer à côté.  Absolument délicieux ! Les poissons étant fumés avec justesse (et non trop comme c’est souvent le cas), ils conservaient ainsi bien de leur goût particulier et la merrine d’alose raffinée. Attablée sur une terrasse avec vue sur le fleuve, disons que c’est encore plus merveilleux !

Roukie au bord du Fleuve Saint-Laurent
Majestueux fleuve et un grand héron au loin

Majestueux fleuve et un grand héron au loin

***

J’y retournerai certainement prochainement sans que le temps me presse. Du moins, je suis revenue avec en poche mes propres photos de ce champ jaune fleuri qui m’avait tant charmé.  Néanmoins, il me manque toujours le nom de ces fleurs.  Vous avez des idées ?

Champ fleuri

Champ fleuri et fermette, Kamouraska

Champ fleuri et fermette, Kamouraska


Publié dans Bas-Saint-Laurent, Un monde à savourer | Tagué , , , | 4 commentaires

Les Jardins de Métis : des pétales exquises pour les papilles !

J’ai eu la chance de me rendre à Grand-Métis en Gaspésie pour célébrer le mariage d’une amie que j’adore la semaine dernière !  L’emplacement pour une telle célébration était choisi avec goût et raffinement.  Les Jardins de Métis regorgent d’endroits où il est bon de flâner et de se balader tranquillement à l’air frais en contemplant la flore tout autour !

De mon côté, je trépignais : enfin, j’allais m’attabler à la Villa Estevan dont la cuisine est chapeautée par le jeune et réputé chef Pierre-Olivier Ferry.  Deux semaines plus tôt, Marie-Christine Blais avait d’ailleurs écrit un article à ce sujet dans la Presse.  Mes attentes étaient donc grandes.  Et elles ne furent aucunement déçues !

Cette cuisine axée sur les végétaux comestibles de la collection horticole des Jardins de Métis est fantastique ! Le menu 8 services était judicieusement équilibré et absolument savoureux.  Normalement, j’ai beaucoup de difficulté avec ces longs et fastes menus qui mettent souvent de l’avant un étalage de savoir-faire culinaire avec des plats proportionnés à outrance.  D’emblée, je dois avouer que je n’avais jamais vu un 8 services si bien dosé !  Plus près de mises en bouche que d’entrées, les portions étaient savamment étudiées afin qu’on ait toujours envie d’enfourner la suivante !

Nous avons donc entamé ce repas floral avec une succulente cuillère des floraisons de Métis.  Une quinzaine de pétales de fleurs à peine cueillis et flétris deux ou trois heures plus tôt nous attendait dans une belle cuillère argentée.  À la manière d’un « shooter », on engloutissait le tout d’un trait dans la bouche et là … et là… Mium ! C’était absolument divin !!! Tellement mielleux, douceâtre et sucrée ! Une réelle explosion de saveurs sans aucune trace d’amertume parfois présente lorsqu’on déguste des fleurs comestibles.  La cuillerée de floraison est une idée de Normand Laprise que ne cesse de réinventer le jeune chef Ferry.

Honnêtement ?  Extatique ! J’en veux encore !

La suite ? Une bisque de homard parfumée au piment de Métis accompagnée d’une huile aux fleurs d’ail tubéreux.  Superbe !  Petite pause avec une salade de pois mange tout, tomates cerises, boutons de marguerite marinés et oeuf de caille, agrémentée d’une vinaigrette au hareng fumé.

Nous avons poursuivi le tout avec des pétoncles poêlés sur une purée de betteraves et huile de ciboulette.  Ne me demandez même pas si c’était bon… Roukie a dévoré les trois beaux pétoncles en trois secondes et léché goulûment toute la purée de betteraves sans que je ne puisse y poser ma fourchette. À voir son air et celui des autres convives, cela semblait absolument délicieux.  Pour tempérer le tout, un délicieux granité au thé du Labrador nous a été servi.  Frais et rafraîchissant ! Finalement, mon plat principal était composé d’un flétan en croûte de champignons russules orangées, salade de fleurs de Guy Léon, amarante et ail tubéreux.  D’autres convives avaient plutôt opté pour le suprême de canard rôti doucement aux épices, réduction de Charles-Aimé Robert et Balsamique.  Pour ponctuer le tout, une belle assiette de fromages du Québec suivi d’un dessert aux pêches nous fut servi !

Honnêtement, je suis tellement charmée et vendue à cette belle table que je ferais illico les 600 kilomètres qui me séparent des Jardins pour avoir l’occasion de déguster à nouveau un tel repas !

Roukie sent les fleurs

Vous passez par les Jardins et Grand Métis ? Arrêtez-vous à la Villa Estevan pour savourer la cuisine florale du chef Ferry !  Et ce, absolument sans modération !

***

Pour lire l’article de Marie-Christine Blais dans la Presse, Un cuisinier au jardin

Le site des Jardins de Métis

Publié dans Chroniques de flore, Gaspésie, Un monde à savourer | Tagué , , , , | 3 commentaires

Mères & Cie : Profession, maman globe-trotteuse !

À partir d’aujourd’hui, vous retrouverez mes nouvelles chroniques sur le site de Mères & Cie !

Une fois par mois, vous pourrez y lire un nouvel article sous la rubrique Profession : maman globe-trotteuse !

Aux nouveaux parents ou à ceux en devenir, profitez-en pour fouiner sur le site.  Il regorge d’informations, de trucs et d’astuces bien utiles ainsi que de témoignages dans lesquels vous serez certainement bien souvent susceptibles de vous reconnaître !

***

Premier envol ! Octobre 2009.  Angoisse du jour : ma carrière… J’ai toujours dit que je ne serais jamais une carriériste.  Que cela ne m’intéressait pas. Et si je m’étais menti ? J’ai toujours rêvé de gagner ma vie de l’écriture et du voyage.  Déjà en soi, ce rêve relève pour plusieurs de l’utopie, voire de l’irréalisme.  Avec un bébé, comment vais-je y parvenir ? Lire la suite.
Publié dans À la dérive, Collabo | Tagué , | 6 commentaires

Carte postale du littoral

Roukie et Mawoui

Bien que Roukie et moi avons décrété une éclipse complète de la blogosphère durant quelques temps, on a tout de même quelques pensées pour vous…

Ne doutez surtout pas de sa mine bougonne sur la photo, elle exulte, littéralement !

Roukie et bouette

Qui a dit que certaines plages boueuses gaspésiennes n’offraient pas un plaisir délectable ?

Publié dans Chroniques d'écume, Gaspésie | Tagué , , | 5 commentaires

Entre terre et mer

Suite au premier été de Roukie à la campagne, nous sommes parties trois semaines effectuer un tour de la péninsule gaspésienne.  J’ai d’ailleurs écrit il y a quelques mois un billet sur cette petite aventure en camping avec bébé.  Un an plus tard, je m’apprête à aller passer à nouveau quelques jours à la campagne, jouer dans la terre, et retourner m’abreuver d’air salin en Haute-Gaspésie.  Quelques jours à nouveau en camping à tenter de me reposer légèrement (avec Roukie qui maintenant court … ouf !) avant de préparer concrètement notre prochain gros voyage pour l’automne !

Entre la photographie, que je souhaite davantage approfondir, la rédaction d’articles, mes prochaines collaborations (et oui !), mon guidage aux États-Unis, l’élaboration d’un projet au Pérou en 2012, des idées d’écriture qui ne cessent de s’accumuler sur ma « to do list » ainsi que mon statut de maman à temps plein, je cours avec évidence après mon temps.

J’apprends donc à m’organiser (ce qui est loin d’être suffisant, mais qui est parfois bien rigolo pour une fille assez tête-en-l’air), à utiliser stratégiquement chaque moment de sieste de la petite pour me mettre à jour dans les papiers, les comptes, l’écriture, le boulot, etc. Le danger est tout de même là, j’en ai fort conscience.  À force de vouloir tout réaliser ainsi et de ne pas être accompagnée dans mon quotidien le risque d’épuisement est parfois tout près. Je n’exagère même pas : cette période dans l’évolution d’un enfant (18 mois) est plus qu’exigeante et disons-le, le tempérament excessivement curieux, téméraire et à la « Indiana Flore » de ma fille n’aide en rien. Ainsi, je serre à fond le budget et je crois bien que nous irons planter notre tente quelques jours sans bouger.  Je rêve de retourner dans les Chics-Chocs, mais connaissant mon tempérament, il est clair que m’y rendre serait m’exposer au vif désir de quelques randonnées que je ne suis peut-être pas présentement en mesure de réaliser.  Je dois faire le plein en préparation d’un autre automne sur la route.  Les limites me frustrent, celles de l’esprit et du cœur bien davantage que celles du corps, je crois.  Néanmoins, celles-là se présentent comme de petits signaux clignotants au loin qu’il faut savoir écouter.

Donc quelques jours prochains où je tire la « plogue » et où le gros rush de ma journée sera de trouver du lait frais pour poulette au dépanneur du village (finalement, l’allaitement et le lait en poudre avaient nettement leurs avantages en camping…!)

Roukie contemple la merÀ l’aube de ce petit départ, je nous revois l’année dernière nous arrêter fréquemment pour humer la mer et la contempler.  Marcher longuement sur les plages rocailleuses et faire les provisions d’air salin. Trier les coquillages.  Penser à tout et à rien.  Trouver pour chaque réponse une nouvelle question.

Je pouvais déposer Roukie sur une plage de galets et marcher seule longuement non loin tandis qu’elle observait amoureusement la mer.

J’ai soudain ce souvenir qui me traverse pour me rappeler à ces grands et rares moments d’émotions que la vie nous offre parfois fortuitement.  Au terme de mon aventure de trois semaines en Gaspésie seule avec ma fille, je pleurais doucement dans la tente au petit matin.  C’est là qu’elle choisi de m’offrir son premier mot en guise de premier je t’aime.  Un mot qu’elle murmure depuis, et qui va comme la vague qui part et revient.

Maman.

 

À lire aussi : Prélude, Un été à la campagne 1, 2 et 3, Un petit tour de Gaspésie

Publié dans Bonheurs, Chroniques d'écume, Gaspésie | Tagué , , , | 10 commentaires

Bacchus en Ontario

Je suis loin d’être une œnologue.

J’ai d’ailleurs laissé tout ça à mon père qui depuis des années s’évertue à m’apprendre les caractéristiques d’un grand vin.  À ses côtés, j’ai eu la chance de déguster de superbes vins en tentant de comprendre le pourquoi du comment.  Donc tout de même de développer un peu mes papilles.  Question mariage quant aux mets, j’avoue m’en tirer pas mal.  Quant à la description, je me considère comme franchement nulle, mais crois sincèrement que qui sait manier un peu les mots peut s’en sortir avec élégance.

« Des arômes de lychee, avec un peu de pêche, hum un nez abondant de fruits confits et de mangue verte.  Il y a une belle touche d’amertume en finale hein ?… »

Avouez, ça sonne bien, non ?

Il suffit donc de juxtaposer ensemble quelques mots, de se référer à des fruits pour les blancs et à des épices pour les rouges et vous allez épater vos convives ! 🙂

Lors de ma jeunesse, j’ai non seulement été privilégiée de manger fréquemment mon spaghetti accompagné d’un millésimé, mais également eu la chance de profiter du cellier de mon père au petit matin… à son grand désarroi.  L’épisode où celui-ci me demande si son Château Lagrange 1990 était à mon goût après qu’il ait retrouvé son cadavre dans le recyclage et que je lui réponds un « Bof »… est devenu un « inside » rigolo dans mon entourage.

Même si j’ai un côté de moi bien bohème, je demeure malgré tout un tantinet amatrice, je l’admets.  L’amoureuse en moi a tout de même fait un détour par l’Italie lorsqu’elle avait 20 ans avant tout pour aller goûter à la Toscane et satisfaire ma passion pour le Chianti …

Aujourd’hui, je réalise que nous n’avons plus à être autant gêné devant nos amis français, italiens, californiens ou australiens…   Et c’est génial ! Avec notre jeune expérience, le peu d’années de culture et nos conditions climatiques, il y a de quoi être fière ! De plus en plus, je découvre de superbes vins québécois.  (Notamment ceux du Domaine les Bromes. Miumi !)

Néanmoins, ma palme d’or du moment vaChutes du Niagara aux succulents et fabuleux vins de la vallée du Niagara en Ontario.  Après ses chutes qui m’ont absolument déçue, j’ai eu la chance de déguster à quelques reprises de petites merveilles lors de mes derniers séjours en Ontario.  Et honnêtement, je n’ai qu’un conseil : si vous décidez de vous rendre dans cette province cet été, ne perdez pas votre temps dans cette attrape touriste canadien !  Sinon, allez prendre une photo vite fait et filez ! Allez donc passer la journée dans ces jardins qui sont magnifiques, visitez le conservatoire de papillons et perdez-vous quelques jours dans la vallée !  Je vous promets une seule chose : là, vous ne serez absolument pas déçu ! La qualité des vins qui s’y produit est remarquable !

Si vous avez la chance, allez visiter le vignoble Henry de Pelham.   Non seulement c’est superbe, mais vous aurez la chance de déguster Chardonnay, Sauvignon blanc ou Riesling, absolument délectables.

Un bémol et non le moindre : dû à leur faible production, ces vins sont pour la plupart bien dispendieux.  Néanmoins, il y a moyen de se rabattre ensuite sur quelques productions à moindre coût tel que le vignoble de … Wayne Gretsky ! Et honnêtement, il est franchement bien son vin !

Wayne Gretsky Estates Winery

Note : Jessica Harnois, sommelière, dégustait cette semaine à l’aveugle Le Clos Jordanne pour la Presse.  Super intéressant et un véritable coup de coeur, semble-t-il !

II- On ne peut pas dire que je ne suis pas un tantinet avant-gardiste ou d’actualité … Une nouvelle route des vins québecois est présentement inaugurée en Montérégie.  Le but avoué : changer les mentalités ! Lire l’article ici !

Publié dans C'est toujours l'heure de l'apéro quelque part !, Niagara, Ontario, Québec | Tagué , , , , , , | 4 commentaires

Aparté

Chargement des bagages dans la voiture.

Roukie rampe dans le gazon à mes côtés, tandis que j’essaie de placer le tout avec une certaine logistique.

– Ma chérie, tu veux Madame Banane ou ton rat ?

Elle me regarde, incrédule.  Pousse un cri.  Bave.

Elle fait vraiment de plus en plus ses dents.

– Non, mon amour, on ne peut pas tout apporter.  Il faut que tu apprennes à faire des choix.

Et voilà, je m’observe essayer d’inculquer à un bébé de 7 mois, ce que je n’arrive toujours pas à faire à 30 ans …

Publié dans Ni chair ni poisson, Psycho-pop 101 | Tagué | 4 commentaires

Un été à la campagne -3-

Lukas est un États-Unien différent des autres.  (En fait, je crois que nous aimons tous croire que nous rencontrons des États-Uniens différents des autres…)  Il répond aussi à un profil de la vieille école.  Chaque matin, je le trouve attablé avec son bol de thé et un livre.   On échange quelques paroles vides d’intérêt, on rigole, « Damn Cat ! Your coffee still boiling ! » , on renifle ensemble à cause du foin qui entre dans la maison et on entame une demi-conversation entre deux paragraphes de nos lectures, sur la littérature ou la spiritualité.   Et puis, on entend les gazouillements de Roukie qui s’éveille.  Quelques minutes plus tard, elle est là, rampant à nos côtés, alors que Lukas l’observe avec un soupçon d’admiration.

J’aime ces moments à ces côtés.  Moments entremêlés de respect et de silence ; c’est agréable lorsque notre bulle est capable de côtoyer aisément celle d’un autre.  Il baragouine le français et c’est sympa.  Lukas repart prochainement chercher le camion de ses grands-parents pour se taper un trip à la « On the Road ».  Une traversée complète des États-Unis d’est en ouest. Ça me plaît. Et son accent me rassure.  Il vient de l’Oregon.  Paraît qu’il s’y brasse d’excellentes bières là-bas.

J’aime ces woofers qui sont de passage.  Ils sont là seulement pour quelques jours ou quelques semaines et ils laissent parfois de tendres traces dans nos cœurs. Plutôt que continuer sur la route, notre agricultrice emmène ainsi un peu du voyage chez elle. Et, les rencontres viennent directement à elle.  J’adore.

*

Ce matin, Lukas prend quelques-unes de mes poches de thé, y ajoute de la menthe fraiche, une pincée de lavande.  Après avoir recouvert le tout d’eau, il va déposer le pot Masson au soleil.

Cet après-midi-là, au champ, je dégusterai mon premier Suntea.

Absolument délicieux, rafraichissant et gorgé de soleil.

Champ de soya, ferme

17h00.

Verre de blanc, hamac, moment de détente, de gazouillements d’oiseaux et d’écriture. Devant moi, du soya à perte de vue. Quelque chose me titille.  Je tente de saisir l’irrégularité.  Au loin, Luc et Cat désherbent l’allée de roquette et de basilic.  Il est 17h00, le soleil ne plombe plus de toute sa puissance au-dessus du jardin.  Il est courant de Lukas désherbedésherber à cette heure…

Verre de blanc, hamac, moment de détente, de gazouillements d’oiseaux et d’écriture.

Voilà l’irrégularité !

Trois jours que Roukie n’y est pas.  Un mélange de doux bonheur et de tristesse quant à son absence me traverse lorsque je pense à elle.  Et bien, peut-être apparaîtrais-je grossière, mais pour moi il me semble qu’il est possible d’oublier très rapidement que nous sommes des mamans … Le travail de la terre me nourrit l’âme, les mains et m’ancre dans la réalité.  C’est si bon.  Je retrouve avec satisfaction cette liberté qui m’était si chère… Je dois en profiter, cela sera bien éphémère. D’ici deux jours, je poserai à nouveau chaque geste afin de satisfaire les besoins de ma poulette. Non, être mère ce n’est pas se sacrifier. C’est peut-être bien mettre de l’avant d’autres besoins que les siens, mais sans les oblitérer.

Coucher de soleil

Ici l’aventure est bien différente à tout ce que je suis habituée.  Il n’y a pas de grizzli, ni de tortues géantes, ni de pèlerinage gitan.  J’ai soudain cette vision de moi dansant la nuit sur le parvis d’une église dans la Camargue. La première fois où je foulais l’Europe seule. J’aime ce côté bohème qui tranquillement me rattrape. Et réalise que l’aventure n’est pas seulement possible que dans l’intensité et l’excès…

*

Le tonnerre gronde au loin.

Nos humeurs battent au rythme du soleil et de la pluie.

L’orage se prépare.  Et nous, nous battons des mains.

Ce soir, congé d’arrosage !

*

Je commence à ressentir l’énergie qui s’amoindrit tranquillement.  Et je sens l’impatience qui se pointe le nez en guise d’avertissement.  J’en fais peut-être trop. Le pire je crois, c’est après la journée de travail avec bébé.  J’aimerais franchement par moment la déposer dans les bras de quelqu’un; souffler un peu ; aller marcher un peu seule. J’ai toujours eu un côté très solitaire.  Je dois maintenant apprendre à intégrer ma fille à cette solitude.

Roukie et MariaCat et les woofers essaient de me donner de petites pauses lorsqu’ils peuvent lui consacrer quelques minutes.  Néanmoins, le travail prévaut.  Et je suis une personne timide.  Je réalise que je vais devoir apprendre à demander.  Ouch.  Chose que je fais bien peu. Et apprendre à mettre mes besoins un peu plus de l’avant pour pouvoir ensuite répondre plus efficacement à ceux de ma fille.

Moi qui si souvent me suis oubliée en relation, je réalise d’autant plus comment cette propension est néfaste avec un enfant.  Les gens qui y voient du sacrifice, je n’y crois toujours pas.  Et je sais fermement que la plus belle chose que je peux offrir à mon enfant, c’est une personne qui tend le plus possible à son épanouissement.

*

La décision est difficile.  Mais Roukie se fait de plus en plus exigeante et me réclame. Je ne peux plus travailler la terre ainsi.  Elle sollicite davantage ma présence.  Mes purées de zucchini lui manqueront c’est certain.  Voilà sept semaines que nous sommes ici.  Et il reste toujours quelques semaines à cet été. Malgré la fatigue, il me semble être bien davantage en équilibre après avoir joué ainsi dans la terre. Avoir désherbé chacune de ces émotions négatives qui m’enlisaient…  J’emplis à nouveau la voiture.  J’ai vendu déjà beaucoup de trucs.  Mais il me reste tout de même quelques meubles et des cartons dans un locker à Montréal.  Et il ne me tarde aucunement de les retrouver.

J’observe ma fille qui semble déjà heureuse que je lui consacre tout mon temps.  Je ne sais trop où aller, mais je désire de lui faire découvrir une autre facette de moi.

Soudain, j’ai follement envie de mer…

Publié dans Apprivoisement, Centre-du-Québec, Chroniques de flore, Roukie sur la route... | Tagué , , | 12 commentaires

Un été à la campagne -2-

Suite de Prélude et Un été à la campagne.

Voilà près d’un mois que Roukie et moi vivons au rythme de la terre et de l’air campagnard.

Roukie, terre et tomatièreJ’observe ma petite pleine de terre.  Elle apprend à ramper et est constamment sale, l’immense cerne du bain en fait foi … Et c’est génial. À la base, un bébé sent si bon.  Imaginez un bébé qui se traîne dans le gazon et dans la terre à longueur de journée?  Enfouissez-y votre nez, c’est absolument unique.

Je réalise combien il est difficile de travailler en portant la petite dans mon dos.  Je l’ai fait quelques fois, mais il faut croire que je n’ai pas l’habitude du portage comme les Africaines.  Penchée constamment, en petit bonhomme à longueur de journée, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour le corps.  Avec un bébé le mal de dos se voit décuplé.  Je m’y fais tout de même, mais il faut dire que Roukie est curieuse.  Roukie et mawouiLa plupart du temps, j’installe une grande couverte sous un arbre non loin du potager.  De là, elle peut me voir tout en observant tranquillement le monde qui s’ouvre à elle autour.  J’ai aussi un parc, qu’on laisse en dormance dans la grange.  Rien à faire.  Il semble que Roukie a déjà soif d’un monde sans limites.

**

On m’a dit que la maternité me calmerait, qu’elle allait me changer, que je deviendrais beaucoup plus stable, posée, différente.  Ouf ….  Suis-je vraiment différente ?  Ou simplement encore plus près de mon côté sauvage, instinctif et animal ?

Oui, la maternité me change.  Elle me confirme dans mon besoin de m’affirmer et de vivre ma vie telle que je l’attends.  Un peu hors des sentiers battus.  Beaucoup de deuils à effectuer d’abord en ce sens.  Ce couple standard et cette idée familiale promulguée depuis des années, au travers de générations. Nous avons tous un défi à relever.  Le mien est-il de créer une unité familiale qui diffère, à mon image et à l’écoute de mes besoins et de nos différences ?  Je ne sais pas, il est sans doute trop tôt.  Je sais seulement que je dois apprendre à faire confiance en ce désir de transmettre certaines valeurs à ma fille qui aux yeux de plusieurs semblent « en marge » …

À notre image.  Ouf.  Même à mes propres yeux, je demeure aux prises avec ce modèle traditionnel qui est censé sécurisé et qui je sais, du moins pour moi, ne réponds plus.  Comme il est lourdement ancré dans nos racines ce modèle.  À même un idéal que l’on forge et construit longuement.  Parfois même malgré soi. Pour se voir confronter à la réalité et réaliser qu’on ne peut que tenter de s’en approcher s’en jamais vraiment y parvenir.

Roulotte et tournesol

Roukie n’y est pas.

La solitude ne me pèse pas.  Il y a un moment qu’elle ne me pèse plus.  En fait, elle se fait absolument riche et bonne.

Je marche seule sur la route de gravier et m’installe dans l’attente de l’orage.

*

Nous nous sommes réveillés ce matin dans l’urgence.  TomatièreLes fortes averses et les orages ont détruits une grande partie de la tomatière.  Près de cent cinquante plants.

Toute la journée à réparer.  Rafistoler.  Créer de nouveaux tuteurs avec des branches d’arbres.  Faire le tri entre les branches cassées et attacher celles qui deviennent trop lourdes et qui ont besoin de support.

Dans l’après-midi nous allons vendre le surplus de légumes à la traverse de la route. Maigre récolte, mais peu importe.  Comme ma vie montréalaise m’apparaît insipide et si loin des choses…

Avant de me coucher, j’irai recouvrir chacun des chou-fleurs de leurs feuilles. Afin qu’ils n’éclatent pas sous le soleil ardent et que la pomme reste belle et blanche.

Chou-fleur

De la fenêtre de notre chambre, me parvient l’odeur légèrement acidulée de la tomatière.

Les plants ne sont pas encore en fleurs et déjà cette odeur bien particulière me séduit.  J’aime ce parfum et cette texture râpeuse que les feuilles laissent sur les doigts.  Afin que les branches ne s’affaissent, on doit régulièrement prendre le temps d’élaguer les plants.  Supprimer les gourmands. Débarrasser les plants de toutes ces branches qui ne produiront pas de fruits.  Éliminer ce qui les alourdit et ne les aide pas à conserver leur équilibre.

La métaphore me saute aux yeux et se fait criarde.  Trop sensiblement juste, vraie.

Voilà où j’en suis.

Prendre le temps d’élaguer ma vie un à un de tous ces gourmands inutiles.

Publié dans Centre-du-Québec, Chroniques de flore, Roukie sur la route... | Tagué , , , , , | 5 commentaires

Un été à la campagne -1-

(suite de Prélude)

Nous voilà donc, ma fille, 6 mois, et moi, pas tout à fait trente ans, dans notre nouvelle maison pour l’été.

À même l’entrée, on y respire déjà le paillis et la terre.   C’est frais, apaisant. D’emblée, le calme qui m’entoure me saisit.  Je dépose mon bébé sur le tapis de la véranda et m’assois quelques secondes dans un des hamacs du coin détente. Ma fille m’offre un regard ébahi, serein.  Elle doit certainement ressentir qu’enfin une douce quiétude traverse sa mère.

Fermette zarpents vertsCette jolie fermette est la propriété d’une artiste talentueuse qui n’a pas froid aux yeux.  Dès notre première rencontre, elle m’a plu.  En échange de quelques heures de travail, elle nous hébergera Roukie et moi pour l’été.  Ainsi, elle accueille chaque été des volontaires d’un peu partout à travers le monde qui voyagent et qui sont hébergés et nourris en échange de quelques heures de travail.  Mon entente avec elle est évidemment adaptée à la réalité du bébé…  Plus coloc aidante que travailleuse.

Sa jolie maison bleue est placardée d’images des années 50, décoré de lampes et de tables en céramique créées de ses mains, de divans des années 70.  À notre arrivée, elle n’y est pas.  Elle est partie en ville, porter le fruit de sa récolte, une trentaine de paniers de légumes fraichement récoltés du matin.

L’été se passera donc au rythme du travail de la terre, de Hank Snow et Patsy Cline.  Je réalise que j’octroie ainsi à ma fille un premier été qui sera ponctué de purées de légumes semés ou récoltés de mes mains, d’air campagnard,  de rencontres, d’autres.

C’est absolument parfait.

*

ChapelleNotre hôte a voyagé.  Dernier périple, ce Mexique que j’adore.  Roukie est en terrain connu, ce fût son premier gros voyage lorsqu’elle avait sept semaines.  Néanmoins, qu’elle n’est pas ma surprise en découvrant notre chambre rose bonbon emplie de figures et d’icônes saintes.  Elle se surnomme « La chapelle ».  C’est tout dire. GuadaloupeEt tout à fait adéquat pour cette chambre mansardée.  (Tout le long de mon séjour, notre chambre fera fureur auprès des volontaires qui viendront la photographier sourire aux lèvres…)

Je rigole en moi-même, appréciant l’originalité de la créativité de mon hôte et, satisfaite, salue la Guadaloupe au passage.

*

Quelques minutes plus tard, savourant un silence presque absolu si ce n’est que du sifflement du vent au travers de la grange, je parcours tranquillement le potager.  La courgerie prend déjà énormément d’ampleur en ce début d’été.  Les allées sont minutieusement pensées pour nous permettre de bien circuler.  Les petites pousses de betteraves, poireaux, carottes, arugula, laitues variées, radis, me font l’effet d’un coup de foudre.  En soi, cet endroit est un monde à lui seul !  Rapidement, je comprends qu’il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour découvrir tout un univers à apprivoiser.  La magie du voyage c’est peut-être ça, d’être accessible sous la forme qui nous convient le mieux lors d’un moment en particulier.  De se relever parfois même dans l’infiniment près, l’infiniment petit.

allées jardin

Je dépose Roukie à l’ombre d’un arbre songeant à quel fabuleux voyage sera amenée à réaliser chacune des semences que mes mains mettront en terre.

coucher de soleil jardinCourgerie

Quelques jours ont passé. Déjà, je réalise l’ampleur d’être ainsi seule face à toutes ses tâches avec bébé. Au terme de journées à jongler avec la poulette, entre l’habillage, les biberons,  la préparation des céréales et des purées, les changements de couche, un brin de clownerie, essuyage de régurgis, les activités propres au jardin telles que le désherbage, le réensemencement, le repiquage, la taille, l’arrosage, et les activités quotidiennes, préparation des repas, le bain, quelques notes, le lavage et le séchage au grand air, etc., me voilà déjà complètement éreintée !  Et travailler tout en m’occupant de Roukie nécessite toute une logistique.

Pourtant, cette fatigue est si bonne ! C’est une fatigue du corps, non de l’esprit, qui agit comme un baume sur mon cœur rabougri.

Brouette potager

La terre nous confronte au présent.  Indéniablement.  Difficile d’attendre et de procrastiner.  On doit absolument suivre le rythme qu’elle nous impose.  Je pense à tous ces livres que j’ai dévorés sur le moment présent, l’art de lâcher prise, de mordre dans l’instant, laisser le ressentiment et les rancunes derrière soi, le bonheur, l’apprivoisement de la solitude existentielle, l’illusion de l’ego, la tension entre le désir et la peur … blablabla.  Tolle, Krisnamurti, Gibran, Lao Tzu, je les ai tous lus.  Tous.

Finalement, il n’y a rien de tel que jouer dans la terre pour goûter au présent.

Chaque jour, dans les gestes quotidiens, répétitifs, réguliers, je médite.

Surtout, j’apprends.

J’ai plusieurs années d’études universitaires derrière moi.  Curieuse de nature, j’ai dévorée des centaines de livres, je n’ai plus peur de le dire.  Et pourtant, dans ce geste répétitif et si régulier, il me semble apprendre comme jamais. J’apprends.  À même l’apprivoisement de cette maternité et de cet être qui tranquillement grandi et à qui je devrai transmettre un peu de mon infime et petit savoir à mon tour, j’apprends.

Apprendre toutes ces choses qu’on ne trouvent ni dans les livres, ni ailleurs.

Se mettre à l’écoute de ce passage de la vie, si éphémère et fragile, qui nous traverse furtivement et qu’on ne peut retenir…

Publié dans Centre-du-Québec, Chroniques de flore, Como la espuma, Roukie sur la route... | Tagué , , , , , | 9 commentaires

Un été à la campagne -Prélude-

Juin 2010.

La voiture est pleine.

Plus que pleine.   Elle regorge de sacs de voyage, de valises, de boites, d’un parc, de nourriture.  Une poussette, un peu de vaisselle, un sac-de-couchage. Trop de jouets. Un coup d’œil rapide dans le rétroviseur me rassure.  La guitare, placée de biais, tient toujours le coup.

Derrière moi, mon bébé roupille doucement.  Son souffle se fait paisible, régulier.  Pour la première fois, je m’arrête depuis le tourbillon des dernières semaines.  L’émotion me prend.  Bien autrement.  Il ne s’y trouve plus aucune trace de déception.  Il y en a tant eu, dans ma gorge, à même la fatigue des derniers mois et des idéaux qui se désagrègent un à un.  Non plus cette profonde tristesse ou cette grande amertume de ne pas y arriver auprès de mon amoureux présentement. Plutôt un soupir comme un apaisement.  Je pose mes assises pour les prochaines semaines, enfin libérée d’un appartement dans ce Montréal que je n’aime plus depuis longtemps.  J’ai besoin de vert.  Et de silence.  J’écoute enfin ce besoin qui criait son urgence et que j’avais tout de même colmaté.  Moi qui flirte si souvent avec cette soif de vert (qui se traduit aisément par une intense soif de moi-même), je m’étonne car cette fois cette soif sera étanchée au rythme de la campagne.  La campagne avec un grand « C ».  Loin de ces chalets que l’on loue avec vue sur le lac et accès aux sentiers pédestres et « commodités », me voilà en route vers les terres profondes de St-Félix de Kingsey, sur une mignonne petite fermette.

Une nouvelle aventure, en somme.  J’aurais tant aimé qu’il en soit autrement.  J’ai essayé d’avoir une vie « normale ».   Vraiment essayé.  Et je n’y arrive tout simplement pas. Fatalité ou mon karma ?  Peu importe.  Ma propension aventurière et intrépide me rattrape toujours un peu malgré moi, semble-t-il.  Le père de Roukie suivra-t-il un jour la cadence ?

Ainsi, pas de maison familiale pour le moment.  Ni de quotidien partagé.  Quelle étrange famille offrirons-nous à notre fille, son père et moi ?  Comment concilier tous mes rêves ainsi seule avec un bébé ? M’aimera-t-il toujours si je continue à assumer cet aspect plus sauvage de moi-même ?  Comme elle me tétanise cette question.  Je la prends, entrouvre la fenêtre de la voiture et la laisse s’envoler.

Je m’éloigne si peu de Montréal.  Et pourtant, dans ma conduite, je sens toute cette sensation et ce désir de bout du monde…

Grange



Suite sur le billet Un été à la campagne 1

Publié dans Chroniques de flore, Roukie sur la route... | Tagué , | 11 commentaires

Un peu des Îles de la Madeleine dans mon assiette …

Il y a deux années, j’ai eu la chance de passer un moment dans les splendides Îles de la Madeleine.  À peine arrivée, j’étais absolument charmée par ses falaises de grès rouge, ses dunes de sable blanc et ses coquettes maisonnettes colorées.  Rapidement, l’air salin, ses produits du terroir et ses vents fougueux m’ont complètement séduite.  Son caractère sauvage et farouche absolument plu.


Côte ÎlesAmmophiles et merCoucher de soleil Îles de la madeleineMaisonnette

Afin de palier à ma nostalgie, je me promets un succulent repas issu de ces côtes très prochainement.  Pour les adeptes, il reste seulement quelques jours avant que la plus populaire saison des Îles se termine.  De fait, chaque année, du début mai à juillet, le magnifique archipel québécois des Îles-de-la-Madeleine devient le véritable théâtre de la pêche au homard.

Outre le tourisme, la seconde activité économique principale madelinienne représente à elle seule 75 % de la pêche au homard du Québec.  Cerné d’une mer froide et avec ses fonds rocheux, l’archipel représente un écosystème idéal pour assurer la pérennité du crustacé.

Les homards seront pris dans des cages bombées faites de planches de bois et de filets, Cages ou casiers homardslongues de trois ou quatre pieds sur un pied de largeur.  Ces cages, ou casiers, seront immergées sur les fonds rocheux et recueillies vers les cinq heures du matin par les pêcheurs madelinots.  Ceux-ci devront respecter les rudiments de cette pêche fortement réglementée et remettre à l’eau toute prise inférieure à la taille réglementaire ainsi que les femelles oeuvées. Les cages seront ensuite remises à l’eau après que les pêcheurs aient pris soin d’y remettre des appâts.  Si vous êtes alors aux Îles, des dunes de sable fin, vous pourrez apercevoir les bouées de repérage dansant sur les flots.

HomardTrès réputée, la fine chair du homard devance de loin celle de la langouste.  Plus parfumée, sa chair ferme a un goût délicieux et unique.  Considéré par plusieurs comme étant le plus fin des crustacés, il est riche en potassium et en zinc.  C’est dans sa queue, qui est en réalité son abdomen, que l’on retrouve le plus d’éléments nutritifs.  Se dégustant chaud ou froid, il est toujours cuit, à la vapeur, dans l’eau ou sur le gril. Et que dire du délicieux beurre à l’ail qui bien souvent l’accompagne…miumi !

Le homard d’Amérique est presque identique au homard européen, néanmoins ses pinces sont plus larges et plus aplaties et il est en général beaucoup plus volumineux. Les autres parties comestibles sont les pinces, les pattes, le corail et le foie verdâtre. Et oui, le tomalli est souvent une partie prisée par les amateurs et on le retrouve même en tartinade… (Quant à moi, c’est la partie que j’ai en horreur…)

La qualité du homard des Îles de la Madeleine est telle qu’il est maintenant possible de s’assurer de sa provenance (et du pêcheur qui l’a pêché) par une étiquette de traçabilité que l’on retrouve sur sa pince ! Ne reste qu’à valider le tout sur un site internet  ! Comme quoi on ne plaisante pas lorsqu’il est question de mettre de l’avant son excellence et de préserver sa réputation !

Cage homard Îles

Pour en savoir un peu plus, par ici!

 

Publié dans Îles de la Madeleine, Chroniques d'écume, Un monde à savourer | Tagué , | 2 commentaires

Nostalgie alliacée et chroniques savoureuses à venir …

Pour la majorité des Québécois, cette période de l’année rime avec Saint-Jean-Baptiste, début du Festival de jazz de Montréal ou encore fin des examens scolaires et début des vacances d’été.  Pour Roukie et moi, fin juin nous renvoie plutôt à son premier été.   Un brin nostalgique, je me remémore ce dernier été à travailler avec mon bébé sur une fermette maraîchère de St-Félix de Kingsey.  Quelle fabuleuse expérience !  J’écrirai d’ailleurs à ce sujet prochainement.

Jouer dans la terre me manque.  Terriblement.   Encore plus rentrer à la fraîcheur du soir, les mains sales et le dessous du bout des ongles pleins de terre.  Les doigts qui dégagent des odeurs potagères de toutes sortes, d’humus, de paillis et de limon siliceux.  J’adore ! La troisième semaine de juin, c’est surtout l’arôme familier de la fleur d’ail qui les enveloppe…

Plants d'ail et leurs fleurs

Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec la fleur d’ail, j’en parlerai prochainement sur le site de Bienvenue à ma table, réseau social qui vise à créer des sorties autour d’une table afin de favoriser des liens et des rencontres et de découvrir et faire découvrir la cuisine locale pour les voyageurs !

En espérant que ces prochaines chroniques culinaires vous donnent, à vous aussi, « le goût des Amériques » !

Mise à jour : L’article est maintenant en ligne !

Publié dans Chroniques de flore, Un monde à savourer | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Merci …

La générosité des gens me touche et m’étonne.  Tant en donnant de leur temps que de leur argent.  Au terme de ce long week-end d’une activité de financement à emballer l’épicerie de centaines de personnes, je réalise qu’il y a encore bien du bon dans ce monde.  Qu’il n’est pas toujours aussi égoïste que j’ai parfois tristement tendance à le croire.  Et que plusieurs sont conscients de leur situation, n’hésitant pas à tendre la main afin de contribuer d’une manière ou d’une autre à rendre ce monde un peu meilleur.

C’est si chouette de voir autant de bon dans l’humain.

Et de le voir relever la tête de son nombril, conscient qu’il joue un rôle important en se faisant solidaire et en participant comme il peut à demain …

Publié dans Machu Picchu, Tableau d'intérieur | 2 commentaires

Bain moussant, solitude et mots d’enfants

Hôtel Sheraton.  Seule.

Me bichonner ?  Le mot en lui-même fait presque peur (d’autant plus qu’il me fait un peu trop penser au bichon maltais.  Moi qui déteste les petits chiens blancs …) Chose que je ne fais jamais.  Plutôt, si peu.  Et dont je comprends de plus en plus l’importance et la nécessité en apprivoisant le rôle de parent.  Prendre soin de soi.  Dans tous ces rares moments que la vie nous offre.  Parce que si on ne les saisi pas au moment opportun, le tourbillon de la vie se chargera bien de nous le rappeler d’une manière ou d’une autre.

Un hôtel.  Où normalement je m’y pose tard pour en repartir bien tôt.

Et aujourd’hui je déclare forfait. Je n’accompagne pas Cafecito au centre de convention.  Et je paresse.  Soudain l’envie de faire quelque chose que je ne fais pas.  Pas de ballade en ville, pas de restos, pas de cafés, pas de notes, pas d’ordinateur, pas de clichés à prendre.  Rien.  Niet. Nada.

Un pédicure ?  Et pourquoi pas ? Jamais essayé.

Ai-je vraiment pensé ça ? Comme ça, tout bonnement ? Et bien oui, le changement me traverse.  Vraiment.  Jamais je n’aurais eu ce genre de pensées auparavant.  Du genre plus bohème que huppé, le mot pédicure a toujours suscité chez moi le même frémissement que provoque une craie qui crisse sur un tableau…

La pensée du pédicure repart aussi rapidement qu’elle m’a traversée.  De toute façon, je n’ai pas vraiment la force.  Trop loin.  Ni vraiment l’envie.  D’autant plus que je me ronge toujours les ongles.

Je me traîne.  Entre le bain chaud et moussant et le lit à y flâner et y lire toute la journée, cela sera bien assez.

*

J’ai très peu de temps entre deux guidages.  Et j’essaie de le consacrer entièrement à ma fille.  À peaufiner dans ma tête notre prochain départ après la grosse saison.  Tout en vidant ma valise, faisant le lavage et rigolant avec Roukie qui s’amuse à enlever puis remettre un à un chacun de mes vêtements « dedans ».

Ainsi, les brouillons s’accumulent tandis que les cernes s’étirent.

Déjà vu.  Simplement le prolongement de ses derniers mois après avoir accouché où je griffonnais rapido sur le dos d’une facture ou d’un compte à payer quelques notes entre deux biberons, avant un changement de couche ou encore trop tôt dans la nuit.  Tout de même, il y a de moins en moins de petits bouts de papier que j’accumule en espérant avoir le temps de fignoler l’idée, d’approfondir la note, développer et assouvir la curiosité.  De moins en moins de cartons déchirés ou de morceaux de paquets d’allumettes ; je ne fume plus.  Un peu moins de napkins que je parsème de notes éparses, d’étoiles, de spirales et de drôles de bonshommes allumettes.  C’est maintenant l’application « Notes » de mon iPhone qui cumule le tout.  Ou encore ma boite de réception qui regorge de tous ces courriels que je m’envoie à moi-même en guise de mémos.  Trop de bouts de phrases qui s’échouent dans l’attente de retourner à la mer.

Ce ne sont pas les idées et les sujets qui manquent.  Toujours le temps.

*

Hôtel Sheraton.  Toronto.

La culpabilité me traverse. Je pense à Roukie.  À ses trois premiers mots qu’elle répète incessamment et qui me font tant sourire.

« Encore », « Attends », et « Dedans ».

Ponctuez ça de son inimitable « Mais non », c’est à se tordre de rire.

Dans les moments de découragement et d’abattement, je me les répète en m’amusant.  « Mais non maman », « attends ».

Je devrais sortir.  Profiter de ce temps pour déambuler dans les rues torontoises pas aussi moches que bien des gens le croient.  Et soudain je m’approprie ses mots comme si ma fille m’autorisait à m’accorder ces bouffées d’air rien que pour moi.  Se traîner sans se sentir coupable.  J’arrive ainsi à entendre la voix de Roukie qui me lance coquinement ces seuls mots qu’elle connaît et qui se transforme en une phrase encourageante…

« Mais non maman, attends encore dedans » …

J’agrippe le téléphone et demande à la réception de me livrer une nouvelle petite bouteille de shampoing…

Quelques minutes plus tard, celle-ci s’est transformée en un suave et écumant Bubble Bath.

Voilà.  Que du bonheur spumescent.

Publié dans Bonheurs, Chroniques de voyages d'affaires ...? !, Tableau d'intérieur, Toronto | Tagué , , | 2 commentaires

Tendances, prédilections et prédictions

En tant que guide, c’est actuellement la grosse saison.  Pas besoin de vous expliquer que je prends tout, j’adore ça! Tous les contrats qui passent et qui m’emmènent sur la route. J’y fais de très belles rencontres.  Et de moins belles.  C’est comme dans tout, il faut croire.

Néanmoins, mon coeur de mère se voit franchement tordu.  Il en bave.  Beaucoup!  Tandis que je déambule dans New York, Philly, Toronto ou Washington, Roukie grandie.  Et présentement, tout déboule ! Tous ces mots que ma fille apprend à une vitesse hallucinante… Les larmes me montent aux yeux simplement à y penser.  Eh oui, j’en manque tant.  Je reviens une ou deux journées, je ne cesse de m’ébahir devant la vitesse fulgurante de cet apprentissage et puis hop, voilà, je dois déjà repartir.  Je me sens un peu comme ces pères (il ne faut pas se le cacher, c’est encore bien souvent surtout eux) qui ont le cœur déchiré (et qui secrètement en jouissent  aussi franchement un peu…) de devoir partir loin de leur famille travailler. Je ne m’en plains pas et j’essaie d’assumer mes choix autant que faire se peut.  D’entrevoir également le revers positif de tout ça : de par mes absences, Roukie et son père tissent avec tendresse une relation qui leur appartient.  Et ça, ça me réjouit profondément !

Lorsque j’ai un peu de temps libre, je peaufine (et rêvasse) à la préparation de mon prochain voyage au Panama.  Et j’hésite.  Je jongle.  Non pas partir avec Roukie.  Mais bien quant à la destination.  Il y a quelques mois, lorsque j’avais ciblé le Panama, je n’avais aucune idée de l’engouement que susciterait soudain ce pays.

J’ai parfois l’impression d’avoir un côté avant-gardiste, voire prophétique.  Cela vous est-il déjà arrivé?  Même si je n’ai rien de mystique, ça me fait presque peur parfois.  D’autres me rétorqueront qu’il s’agit simplement de l’inconscient collectif ou d’une pure contingence… (J’ai longuement tripé sur Paul Auster moi aussi !) N’empêche.    Vous ne pouvez imaginer les événements que j’ai écrits et imaginés et qui ce sont produits par la suite ! Ouf !  Mises en place inconscientes de ces événements que j’aurais moi-même orchestrées? Peut-être bien.  Mais alors, comment expliquer ceux par rapport auxquels je n’ai aucun pouvoir ou qui ne sont aucunement relatifs à moi, mais ce sont bien plutôt produits dans la vie d’amis ?  Hep ! Allez savoir !

En lançant ce blogue, j’avais d’abord décidé de l’intituler Mawoui en cavale (qui faisait aussi écho à mon adresse de correspondance sur la route).  Et puis, la même semaine, Ulysse lançait un blogue titré de « Copines en cavale ».  Bang !  J’étais abasourdie ! Quelle déception ! Non pas le site, qui compte la journaliste Marie-Julie Gagnon dont je respecte beaucoup le travail et dont j’aime beaucoup la spontanéité, mais bien pour mon titre qui avant même d’être mis de l’avant se voyait déjà confiné à demeurer à l’état embryonnaire.  Pour éviter toute confusion, j’ai choisi avec tristesse de nommer mon blogue autrement.

Ainsi, il en va parfois des contingences.  Il est vrai que les termes relatifs à la thématique du voyage sont limités et peuvent parfois être bien redondants… Combien de jeux de mots avec terre, mer et monde?  De dérivés des termes « nomade », « écotourisme » ou encore relatif à l’aventure?  De « carnets de route » et d’espaces « sans frontières » ?  Beaucoup! Certainement trop …

Tout ce coq-à-l’âne pour en arriver ici : je suis tombée dernièrement sur un article qui présentait le Panama comme « la » destination tendance 2011.  Dans le dernier Clin d’œil, je crois bien.

Hish… ! Ouch !

Je déteste être tendance.  Et encore plus faire comme tout le monde, je l’avoue…

Changement de cap en vue?  Et pourquoi pas? ¡ A ver !

Finalement, bien que les mots peuvent s’avérer limités, les destinations quant à elles ne le sont toujours pas …

Publié dans Au détour ..., Psycho-pop 101, Tergiversations | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Dernier week-end pour le Festival canadien des tulipes à Ottawa

Tulipe Festival canadien des tulipesIl reste tout juste un week-end à la 59e édition du Festival canadien des tulipes qui se terminera le 23 mai prochain dans la capitale canadienne.  Plus d’un million de tulipes de 50 variétés différentes longent actuellement le canal Rideau face au Pavillon du lac Dow ou embaument le parc Major’s Hill.  Plus grand festival de tulipes au monde, il commémore la participation des soldats canadiens à  la libération des Pays-Bas lors de la Deuxième Guerre mondiale.  Ainsi, le festival s’est donné comme principal mandat de reconnaître la tulipe comme un symbole de l’amitié internationale.

C’est donc sous le signe de la diversité culturelle que le festival a retenu le kaléidoscope comme thème principal, Peintre et tulipesautant à travers les couleurs, les cultures que les communautés.  Plus de 20 ambassades partenaires et groupes culturels présentent  donc lors de cette occasion leurs marchandises et font découvrir leurs origines aux festivaliers.  Le festival se réclame également d’être « sans frontières »…de fait, toutes les activités dans les parcs sont gratuites.


Roukie et TulipeJ’y ai passé une journée entière l’année dernière en compagnie de Roukie. Besoin de préciser combien ces couleurs vives ont tenu en haleine ma caméra et mon petit bébé de cinq mois?  Vous avez envie de changer d’air samedi ou dimanche si le beau temps le permet ? Une petite virée à Ottawa aller-retour est de mise !

Festival canadien des tulipes, jusqu’au 23 mai 2011

Publié dans Chroniques de flore, Ottawa | Tagué , , | Laisser un commentaire