Longue pause de la blogosphère qui s’est avérée bénéfique…
Et pourtant, je ne chôme pas.
Entre mille projets, je participe notamment à la préparation d’un événement-bénéfice qui aura lieu dans deux jours. Pourquoi? D’abord, parce que j’adore m’investir dans des causes à caractère social. J’ai une légère propension à la mère Térésa, un peu, beaucoup, trop parfois. L’humanitaire m’a pour ainsi dire toujours attiré et l’égocentrisme est certainement le vice qui m’horripile le plus. Malheureusement, à force de courir après mon temps, j’apprends à me contenir. Et à devoir faire des choix quant à certaines causes où je décide de m’investir davantage. Car, tristement, la réalité c’est que même si c’est bon pour l’estime, le coeur et la satisfaction personnelle, ça ne paie ni le loyer, ni contribue à remplir mon réfrigérateur tout ça.
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Les causes relatives aux enfants sont certainement celles qui viennent depuis toujours le plus me toucher. J’aime énormément le sens du projet Jeunes musiciens du monde qu’ont fondé Blaise et Mathieu Fortier. Il allie à la fois mon amour de la musique, l’apport extrêmement formateur (voir parfois salvateur !) chez les enfants de celle-ci et leur offre une éducation à laquelle ils n’auraient, pour la plupart, pas eu accès. Non seulement, une éducation, mais surtout j’imagine un peu de sens et des outils à jamais essentiels à leur expression et leur épanouissement. On le sait, la musique change des vies. Elle demeure de plus un ancrage et un repère essentiel qui sillonne le parcours de grands moments d’une vie. Combien de fois ai-je enligner quelques accords sur ma guitare alors que je ne comprenais même pas encore toute la portée ou le sens d’une émotion qui me traversait ?
Actuellement, c’est la cause des Aventures Papillon, au profit de la Société des enfants handicapés du Québec, qui me rejoint davantage. Il est clair que cette démarche s’inscrit également en alliant ma grande passion pour le voyage. De fait, je participerai à un trek vers le Machu Picchu (peut-être ferais-je partie des dernières, qui sait ce qui adviendra de ce lieu mythique d’ici quelques années?) au terme de ce projet en mai 2012. Néanmoins, le trek ne peut être à lui seul ma principale motivation. Il y en a de toutes sortes de ce genre et, connaissant ma propension à ce qui est plutôt incongru, c’est peut-être une toute autre cause que j’aurais choisi d’épouser si mon choix n’avait tenu qu’à une destination.
La vie est malheureusement souvent ainsi faite : une conscientisation aigüe quant à une certaine réalité se produit, véritablement et profondément, lorsque cette dite réalité survient près de nous, nous touchant alors inexorablement de plus près. C’est triste, mais c’est ainsi. Et ce, presque toujours.
J’ai la chance d’avoir près de moi une femme, mère de trois enfants, extrêmement courageuse. Qui n’a pas une seule minute hésité à écouter son cœur et son intuition. Qui, devant toutes les réponses nébuleuses et hésitantes, n’a pas choisi de se fermer les yeux et de s’accrocher à de peut-être « possibles ». Lorsque le Docteur Marois lui a certifié que son enfant, alors âgé d’une année, était atteint de paralysie cérébrale, elle le savait déjà.
Chaque fois que ma réalité de mère seule s’avère difficile, je pense à elle et à son fils Gabriel. Je me dis que je n’ai franchement pas le droit de me plaindre. Aucunement. Malgré tous les rendez-vous, plusieurs à chaque semaine, les tentatives de traitement hyperbare, l’incertitude face à l’avenir, les coûts faramineux (veut, veut pas, c’est aussi une dure réalité) des traitements et des démarches, jamais je ne l’ai entendu se plaindre ou se comporter en victime. Jamais. Son amour et son dévouement pour ses trois enfants sont quant à moi exemplaires. L’entendre actuellement, elle dirait quelque chose comme : « Bah, t’exagères. On a même pas le choix, tu sais. » Et ça, c’est pour moi, une grande leçon d’humilité.
Je n’ai donc pas hésité deux minutes à me lancer dans l’aventure à ses côtés ainsi qu’au côté de sa copine. Depuis quelques mois, nous nous sommes engagées à remettre en don 6000 $ à la Société des enfants handicapés du Québec. À ce don, s’ajoute une démarche représentative et symbolique. Un trek. Une montée. À l’image d’un objectif que l’on tente d’atteindre, pas à pas, à notre rythme et en prenant le risque de trébucher. Lorsque je parcourrai le sentier des Incas au Pérou à leurs côtés, moi qui, souvent, prend beaucoup de place, compte bien m’effacer. Et vivre principalement à titre de témoin cette brève pause et si riche expérience que s’accorderont brièvement ces mères responsables d’une famille de cinq enfants. Un bien grand honorable défi.
Je sais déjà que ce parcours sera fortement émotif et riche d’enseignements. J’espère sincèrement, et ce en toute humilité, qu’au travers de ma plume il le sera alors aussi un peu pour vous.
Sur ce, je vous présente Gabriel, un petit bonhomme absolument merveilleux et combien attachant…
Avouez ! Comment ne pas fondre devant ce garçon au regard si expressif et étincelant ?
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Pour les curieux, l’événement en question fût un véritable succès… près de deux mille dollars et des poussières à remettre en don ! Les musiciens étaient incroyables, l’ambiance et les gens toujours aussi géniaux et généreux et nous avons fait un super heureux qui a remporté une guitare Godin ! Oh yes !

















































