Ses derniers mots …

J’y suis tombée un peu par hasard…

De dérives en dérives.

Je pensais fort à mon ami dont je venais tout juste d’apprendre le décès de son père. Un battant, littéralement.

Mais, il n’y a pas de hasard, écrivait Paul Auster… Et puis, j’ai pensé au « comment » je voudrais conclure mon chemin si on m’octroyait la chance et le temps de choisir… car il y a souvent urgence devant l’inéluctable. Et surtout, comment donner sens à ce qui soudain file entre nos doigts et n’en a plus …

Voyager ? Peut-être. Écrire ? Sans doute. Parce qu’écrire pour moi ça toujours été se battre. Et aller à la rencontre de la réalité.

Parce qu’on ne peut rien devant l’impermanence de toutes choses, pas même choisir la cadence du pas qui nous y mène.

Parfois nous avons la possibilité, souvent bien courte, de choisir la manière dont on porte et oriente son regard. Et peut-être écrire, pour se faire plus conscient et rendre par le fait même les autres tout aussi conscients.

Parce que c’est par ce moyen qu’un condamné a choisi de parcourir les derniers milles de sa route …

Et parce que ça fait terriblement réfléchir.

Sur 58 ans de vie, j’en aurais passé 35 à me lever tôt pour pouvoir me jeter dans 45 minutes d’embouteillages, à m’asseoir devant un bureau gris en buvant d’infects cafés, à m’énerver avant de refaire, en sens inverse, les 45 minutes de bouchons. Et tout cela pour un plan pension. Mon apport à la société ? Nul ! Mon travail ne se justifie que par l’immobilisme propre à toute grosse société. J’ai déjà pris conscience que toute mon équipe pouvait être entièrement remplacée par un ingénieur un peu compétent équipé du matériel adéquat. Par égard pour mon plan pension, je n’ai jamais osé le dire. Mon chef est un crétin. Je le hais. J’ai toujours eu des rapports cordiaux avec lui, j’ai toujours baissé là tête quand il le fallait.

Ce fameux plan de pension dont il ne bénéficiera pas.

Je vous invite à l’accompagner. Le lire tout en demeurant silencieux. Attention, terriblement touchant.

Et il ne vous répondra pas. Le temps lui est trop compté.

Blog d’un condamné

***

Ajout Janvier 2014 : J’ai réalisé dernièrement que ce site était en réalité un coup de marketing pour faire porter attention et mousser la carrière littéraire d’un individu. Je ne sais trop comment me positionner par ce coup d’éclat. Je me sens dérangée, trahie dans ma confiance qu’on ne m’ait pas positionner devant un narrateur, mais qu’on ait joué sur le fil ténu entre vérité fiction. N’empêche, l’écrivain aura su trouver un excellent moyen de faire tourner les caméras et les maisons d’éditions vers lui …

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2 commentaires pour Ses derniers mots …

  1. Sandra C. dit :

    je t’envoie de chaleureuses pensées en ces heures tristes. la mort a ce pouvoir de nous rappeler de que vivre, c’est aimer et apprendre à mourir en paix. ( je suis en train de faire mon prochain billet de blog intitulé  » surmonter les épreuves de la vie  » et notamment la maladie donc je suis en plein dedans. Ecrire pour comprendre, l’incompréhensible.

    • Mawoui dit :

      Merci pour tes pensées. Oui, écrire pour comprendre l’incompréhensible, si juste. Bien hâte de lire ce prochain billet. Cuidate x

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