Se faire sculpter par la mer et le vent…

Je suis une grande amoureuse. Amoureuse des gens, des mots, de rochers comme de bouts de cailloux. De vastitude, d’espaces à m’y perdre. D’air salin, avec évidence.

Malgré tout, malgré cette propension tendre et romantique qui me fait, cette fille peut-être un brin naïve et écervelée de trop aimer sans avoir pris le temps de connaître, aime en général sans détour, sans condition, au même titre que je réponds à mes envies intensément. Un cœur vaste, immense, je le dis en toute humilité à force d’avoir pardonné, tout et évidemment trop, qui apprend depuis qu’il trébuche à poser tranquillement ses limites. Poser ses pas autrement. Mais surtout, n’essayez pas de doser ou d’enlever la propension « intensité » dans une personne passionnée, voilà bien le moyen le plus efficace pour qu’elle s’éteigne à petit feu.

un grain de folieMalgré cela, j’y ai toujours cru et j’y crois toujours, les élans du cœur ne démentent pas. On choisit d’aimer, de construire une relation ou non, d’aller puiser dans la rencontre l’équilibre, du moins on l’espère, qui se fera le plus en accord à nos valeurs, intrinsèques les valeurs, et tendra vers un tout harmonieux. Au-delà de tout compromis, de cette dichotomie sourde parfois entre le cœur et l’esprit, il y aura toujours ces moments où l’on aime sans détour, où il ne peut en être autrement. Je tergiverse simplement pour constater que ces élans du cœur ne se contrôlent pas. Et que bien que profondément amoureuse et rêveuse, j’ai toutefois rarement éprouvé un coup de foudre. Encore moins pour une destination.

Vous savez, lorsque s’applique l’expression « tomber en amour », littéralement? Voilà sans doute la sensation de vertige la plus proche que j’ai éprouvée quelques minutes après être descendue de l’avion à Havre-aux-maisons, il y a maintenant cinq années.

***

À mon grand bonheur, j’ai renoué brièvement la semaine dernière avec ce petit archipel de 12 îles sises au beau milieu du golfe Saint-Laurent. Un archipel qui m’avait séduit presque instantanément ; qui se profile des airs comme un hameçon fragile et qui l’est d’autant plus de par les vents, l’eau et le manque de glaciation l’hiver le long de ses côtes qui ne tend plus à protéger ses flancs. Depuis plusieurs années, les magnifiques falaises de grès rouge aux tonalités d’Écosse et d’Irlande s’y effritent de manière alarmante à cause de l’érosion. Ce sont elles qui créer en grande partie le sable et ces dunes reliant les îles entre elles; le quartz étant lavé par l’eau de mer, il perd de sa propriété d’oxyde de fer pour revenir s’échoir en cordon sablonneux aux accents blonds.  Ainsi, tandis que les falaises s’effritent et les îles tendent à diminuer en superficie, les dunes blondes nouvellement créées protègent entre autres la nappe d’eau douce d’une contamination par l’eau salée.

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Ces petites îles, qui ont surgi de l’eau par une poussée des dômes de sel sur lesquelles elles reposent, s’affichent avec des noms poétiques et évocateurs du relief, de la flore et de la faune environnante : l’Étang du Nord, Pointe aux Loups (le loup-marin, on s’entend), Cap aux meules, le Rocher aux Oiseaux, la Grosse Île, l’Île d’Entrée pour n’en nommer que quelques unes, comptent tout autant de dérivés du dialecte madelinot et se partagent 202 kilomètres carré qui tendent continuellement à rétrécir.

DSC_1392L’archipel évoque avec évidence ce charme particulier de la vie d’insulaires véhiculée par des films tels que La Grande Séduction. Avec ses maisons colorées qui servaient de repères aux pêcheurs et qui ponctuent ça et là les magnifiques paysages, les îles parlent nécessairement à l’artiste en soi ; pas étonnant qu’elles foisonnent de créateurs qui transforment les roches, herbes et bouts de bois pour en faire des objets d’art. Cinq années où je rêve depuis en secret de m’y installer un jour l’espace d’une année ou deux  question d’amasser à mon tour cailloux et bouts de bois de mer le long de la grève. Sentir ma chevelure s’emmêler longuement dans le vent madelinien et camper quelques jours dans les dunes dorées sans ne croiser personne; y observer la cadence de l’ammophile, cette plante si essentielle à l’île dont les rhizomes emprisonnent le sable et préservent ainsi les dunes, danser durant une journée entière. Me contraindre l’hiver venu à jouer à l’artiste chez moi, une sorte d’exil créatif pour peindre, bricoler, rafistoler, évidemment écrire.

 » Je ne les comprends pas ces gens qui ne cessent de nous demander qu’est-ce qu’on peut bien faire ici l’hiver ! Voyons, je ne trouve jamais le temps de m’ennuyer ! On se fait des soupers entre amis, se raconte des histoires, je bricole sur la maison, etc. », s’exclame l’excellent et attachant guide Léon Poirier. Je ne peux qu’abonder et envier ces hivers blancs et loin de la grisaille montréalaise. Ils y sont d’ailleurs très doux, les Îles étant l’endroit au Québec ayant le moins de journées de gel dans une année…

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Effectivement, il faut aller aux Îles pour en saisir le charme indéniable me confirmera d’un commun accord le groupe que je guide et j’accompagne … DSC_1385Ce n’est qu’en s’y rendant qu’on comprend réellement en quoi ses paysages de cartes postales séduisent. Il faut y aller aussi pour déguster le hareng fumé du Fumoir d’Antan, le seul qui subsiste des 18 fumoirs qui se trouvaient auparavant sur l’île. Pour siroter une excellente Terre d’écume, ma préférée, et les autres très bonnes bières de la Microbrasserie À l’abri de la Tempête. Pour l’excellent café du Moussonneur, dont les grains de café vert sont d’abord trempés dans l’eau de mer, puis séchés au soleil avant d’être torréfiés.  Pour déguster un repas convivial à la terrasse des Pas Perdus à Cap-aux-Meules en regardant les voitures défilées sur la route Principale alors qu’elles viennent tout juste de descendre du dernier traversier. Ou pour y palper la vie artistique autrement, dans cette salle intime où j’ai eu la chance d’assister à un des meilleurs spectacles de Patrick Watson à vie, assurément. Pour rencontrer ces insulaires créatifs le long de la Grave, s’y procurer de l’huile de Calendule à l’Anse aux Herbes, aller polir un bout de caillou à l’atelier du Limaçon ou laisser les artisans du monde venir à soi à la boutique du Globe-Trotter. Pour observer un unique et splendide coucher de soleil à Belle Anse. Tirer une cage à homard avec Excursion en mer. Nager avec les phoques près de l’île du Corps Mort avec l’équipe de l’Istorlet, quel beau moment !  Ou simplement fraterniser avec ses habitants charmants et si accueillants au Café de la Grave, auprès de la propriétaire et de son accordéon et d’un client s’improvisant pianiste.

Mais surtout, il faut aller aux Îles pour prendre le temps et l’observer. Tenir au creux de la paume de sa main une poignée de sable et regarder doucement les grains s’écouler.  Longer le littoral, lentement, puis se faire à notre tour falaise de grès rouge. Et, à l’instar de celle-ci, saisir et vivre quelques instants cette évidente allégorie des vagues et du vent qui ne cessent de façonner à leur guise ce fragile environnement. Pour finalement se ramener un moment à notre petitesse et notre essence : sentir fortement que même si l’on tente vainement de les dominer, nous aussi on se fait sculpter par la mer et le vent…

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Lectures d’Îles :

– Le livre d’Alexandre Chouinard, Un pied à terre en mer aux Îles de la Madeleine aux Éditions de la Morue verte. Des récits et chroniques imagées et colorées relatant, entre autre, l’acclimatation et le premier hiver d’un médecin de famille qui s’installe aux Îles avec sa copine. Pour mieux comprendre et savourer le quotidien entourant la pêche au homard, l’importance de la mine de sel, la parlure, etc., l’ouvrage foisonne d’anecdotes savoureuses. Adorable !

– La galerie-boutique et salon de thé Le Flâneur à l’Étang-du-Nord présente les poupées uniques et fortement expressives de l’artiste Arthure, Pierrette Molaison, qui est également propriétaire des Éditions du Flâneur. La maison d’éditions propose les « Carnets pour Flâner » qui mettent de l’avant différentes destinations au Québec. Celui sur les Îles-de-la-Madeleine est original et coloré, avec les aquarelles de Molaison, et les textes d’Hélène Chevrier relatent différentes anecdotes relatives à plusieurs lieux et attraits des Îles.

– Les Éditions Ulysse ont publié cette année une toute nouvelle édition de son guide sur les Îles. Écrit par Jean-Hugues Robert, le guide est bonifié des coups de coeur de Madelinots reconnus. C’est le seul guide de ce genre qui est entièrement consacré à cette destination.

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Réflexions lors d’une balade aux Iles de la Madeleine

Je n’ai ni routine, ni REER. Encore moins de placement. Aucune « sécurité », quel drôle de terme qui ne veut rien dire…, d’emploi. Ni aide quotidienne, ni maison. Je mène une vie d’artiste à ma façon, décochant ça et là contrats qui me parlent et m’interpellent. Où peut se faire ressentir mes passions. Des bouts d’écume, de flore et tout autant de balades de ruelles.

Devant ce bout de mer, je sais pourtant que m’accompagne l’essentiel: une petite complice vive et allumée qui m’attend, partage ma route et trace tranquillement déjà les premiers sillons et les premières foulées de son propre chemin. La liberté. Sauvage, farouche, intense, vraie et constamment à définir, et redéfinir, selon nos envies profondes et aspirations. L’intuition aussi. Et la certitude de s’être soustrait de l’inutile importance accordée au regard de l’autre dans ses choix. J’ai, aujourd’hui, les poches emplies de cailloux aux tons colorés. Et maintenant, ce simple et parfait bout de bois de mer que j’ai trouvé tout près sur la grève, un peu comme s’il m’attendait. Je le rapporte avec moi.

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À mon sens, et bien humblement, ce qui sans doute se rapproche le plus d’une définition d’un grand bonheur. Très grand le bonheur.

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Les rives écarlates de la Pointe-Taillon

Il y a de ces endroits fabuleux qu’on découvre et face auxquels par la suite on demeure hésitant. On jongle avec l’idée de les garder au creux de soi comme un mystère, les conserver égoïstement pour qu’ils demeurent presque déserts pour le moment où on y retournerait, afin que le tourisme n’y pullule trop et gâche ainsi le charme de la destination.

J’ai ressenti un brin ce dilemme en découvrant un tronçon de la longue rive sablonneuse ceinturant la partie sud du Parc National de la Pointe-Taillon. Un petit tronçon puisque le parc est comme une péninsule qui longe le Lac St-Jean sur 18 kilomètres pour border par la suite la rivière Péribonka sur presque tout autant au nord. Cet instant où tu te dis également « mais comment donc ce parc entretenu par la Sépaq n’est pas davantage connu ? » (du moins de mon point de vue de fille montréalaise).

Il ne faut surtout pas se limiter à la plage Taillon, une blonde plage surveillée, image001pour explorer le parc. Même si elle y était quasi déserte lors de mon passage, je peux également l’imaginer un brin plus bondée lors des canicules. Du moins, je me dis que ceux qui y passent la journée sans aller un peu au-delà manque réellement quelque chose et commettent une erreur. Il faut au moins aller vers l’ouest, en marchant ou en vélo, pour se rendre à la hauteur des campings rustiques de 2 à 5 kilomètres plus loin (et idéalement y camper.) pour découvrir une rive où les filons colorés de sable se chevauchent. Je n’exagèrerai presque pas en écrivant qu’à un moment j’ai ressenti cette impression de me retrouver sur les plages blondes, noires et cuivrées de la côte caraïbéenne du Costa Rica. Les palmiers en moins, on s’entend. Des bouts de mer, j’en ai vus de toutes sortes. Mais des bouts de lac de ce genre au Canada, bien peu.

DSC_0700Sur 15 kilomètres, le sable de la Pointe-Taillon est constitué de minéraux semi-précieux amenés par la rivière Péribonka qui lui donnent à la plage un très joli un aspect cuivré et violacé. Grenat, zircon, magnétite, autant de minéraux semi-précieux qui s’entremêlent et qui forment un sable fin et octroient à l’endroit un caractère unique. Les campings rustiques qui longent la rive ne sont pas accessibles en voiture. On s’y rend donc à vélo, à pied ou en embarcation. Si personne, ou presque, n’est dans les parages vous éprouverez peut-être cette sensation de bout du monde.

L’environnement de la presqu’île paraît fragile et elle l’est. L’eau du lac étant maintenue élevée à l’automne, cela contribue d’autant plus à accentuer l’érosion des berges. On trouve également dans le parc dunes et tourbières ainsi que des castors et des orignaux qui y vivent. Il s’agit d’ailleurs d’un des endroits au Québec où la concentration en orignaux serait la plus forte.

Bref, j’étais renversée de découvrir ce petit coin de paradis du Québec. Et je me suis promis d’y retourner et de camper directement sur la plage (oui, on peut dans le premier secteur !) et de m’endormir au son des vagues de cette étonnante mer intérieur qu’est le lac Saint-Jean.

Pratico-Pratique :

-À l’entrée du parc, des remorques permettent de transporter le matériel de camping.

-Ceux se trouvant sur le bord du lac Saint-Jean se trouvent non loin, entre 2 et 5 kilomètres, et comportent des point d’eau (non potable, faites vos réserves !) et toilettes sèches.

– Le Camping Pointe-Chevrette, à 20 km du stationnement secteur Taillon ou à 11 km du stationnement secteur Sainte-Moniqu, ou à 1.5 km de la marina de Péribonka, se trouve aux abords de la rivière. Il est également possible de se rendre sur l’île Bouliane pour y camper (un petit point de paradis, m’a-t-on dit !) 5 km nautiques de la marina de Péribonka,

-À partir de la plage surveillée, il est possible de louer des embarcations, canot, kayak de mer et récréatif et Stand-Up Paddle, ainsi que des vélos.

– 45 kilomètres de pistes cyclables traversent le parc ! Enfourchez votre vélo !

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Pour plus d’informations, consultez le site de la Sépaq

Merci à Hugues Ouellet d‘Équinox Aventure pour la belle découverte et à Tourisme Saguenay Lac St-Jean !


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Rencontre avec l’inattendu au Saguenay-Lac-St-Jean

Je me suis rendue au Saguenay-Lac-St-Jean un peu comme on se rend à une première date. Curieuse et me prêtant au jeu de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean qui nous y invitait, sans nous mentionner ce qui nous attendait.  Sans attente réelle, sinon peut-être oui l’espérance secrète d’être séduite.  Les rencontres impromptues agissent souvent ainsi chez moi, celles trop orchestrées beaucoup moins.

Contrairement à tout voyage où je me fais auparavant boulimique de lectures quant à l’histoire d’une destination, j’ai choisi délibérément d’effeuiller que brièvement les grandes lignes de cette région. J’avais envie de la découvrir et de l’apprivoiser autrement, sans idées préconçues, laissant un peu libre cours à mes envies.  Bonheur, la tournée mystère à laquelle je participerais était conçue ainsi, nous dirigeant à travers la région par des missions et défis à relever, mais laissant place aussi à nos élans et intérêts respectifs. S’y trouvait place pour l’inattendu, l’improvisation et le charme de la pure découverte.

Je me suis donc prêtée au jeu. Et la magie a opéré.

*

D’emblée, longuement rouler en voiture à côté de paysages campagnards dignes de cartes postales fut douceâtre pour les yeux. On a envie de s’arrêter constamment en bord de route, d’attraper au détour quelques clichés de ces granges, magnifiques champs jaunes vifs et balles de foin qui ponctuent le paysage un peu partout. Prendre le temps et l’arrêter.

Après une première nuit à la toute nouvelle et jolie Maison du Matelot à Alma, devant un port de plaisance paisible au petit matin, et un excellent souper chez une très belle table où la qualité du repas était irréprochable, Rose & Basilic, nous avons entamé le tour de ce plus grand lac habité au Québec.

Rencontre avec le loupL’esprit un brin aventurière, ma première mission m’a conduit au Parc Mahikan, un centre d’observation du loup, où on trouve tant des meutes de loups gris qu’arctiques, qui se trouve au cœur de la forêt boréale, à Girardville…

La suite sur le blogue de Tourisme Saguenay-Lac-St-Jean.

 

 

* Ce billet personnel a été écrit après une tournée mystère orchestrée par l’office du Tourisme du Saguenay-Lac-St-Jean. Ce sont bien mes impressions à vif et elles n’ont en rien été dirigées. Des détails et critiques plus constructives rejailliront certainement dans d’autres billets et articles. D’emblée, un coup de gueule soulevé par Marie-Julie Gagnon est venu faire écho à mes notes : quelle tristesse cette quête titanesque à trouver un bon café en région …

** Vous pouvez lire mes comparses du #Blogtripsaglac sur #MTL_Instantané et Taxi-brousse.ca

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Prémices de récits saguenéens

Assise devant l’ordinateur je cherche les mots, tentant de repousser l’envie de conduire encore et encore qui me tenaille. L’envie de voir le paysage changeant se défiler sous mes yeux, agir telle une caresse sur la rétine. J’aime le mouvement. La contemplation aussi. Mais comme j’aime le mouvement.

J’ai envie d’écrire, me lève, tourne en rond, reviens vers l’ordinateur, me relève à nouveau.

Un trop-plein, beau le trop-plein.

J’ai des notes éparses à démêler, partout, dans mon téléphone et sur un carnet à compiler, beaucoup trop de documentation amassée ça et là, des articles à écrire. Une voiture pleine de bouts de bois, de sable, de brins d’herbe, de roches et de plumes d’oiseaux. Des souvenirs. Tout autant de fous rires qui retentissent dans ma tête.

Découverte de l’étonnant Lac St-Jean et du majestueux Fjord du Saguenay la semaine dernière. J’en reviens la tête pleine de souvenirs avec beaucoup d’expériences qu’offre la région à partager. Et je prends auparavant quelques jours pour décanter, apprécier ce beau trop-plein qui se traduit par le fait de vivre beaucoup et intensément en peu de temps. Ravie et heureuse d’avoir enfin découvert ce coin du Québec que je ne connaissais pas encore.

Un voyage réussi ne tient en rien à la longueur ou la distance parcourue, mais bien de par les rencontres impromptues, en ce qu’on y puise ou encore de par son intensité.

En voilà un plus que réussi.

Magnifique Lac-St-Jean

Magnifique Lac-St-Jean

Majestueux Fjord du Saguenay

Majestueux Fjord du Saguenay

Début du Fjord à la hauteur de Saint-Fulgence

Début du Fjord à la hauteur de Saint-Fulgence

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Sillons de routes québécoises et mystère saguenéen…

J’adore rouler. Longtemps.

Si ce n’était du prix de l’essence et de ma nécessité d’avoir un ancrage à Montréal pour ma fille, je roulerais du lever du jour à la tombée de la nuit, très à l’aise avec cette idée de vie de bohème que je pallierais sans doute par de longs ancrages campagnards ou de mer. De longs trajets ne me font pas peur, ne m’arrêteront sans doute jamais. Encore moins la présence de ma fille, qui s’acclimate et suit la cadence. N’empêche, je rêve secrètement de repartir seule en cavale un jour, longtemps, avec pour tout compagnon un carnet d’écriture et mon réflex. Je pourrais alors m’arrêter partout, photographier tout ce qui me plait, sans sentir une inutile pression de temps qui fuit et qui presse. Sans compromis.

Littoral gaspésien

J’ai beaucoup roulé au cours des dernières années au travers du Québec. Pas que je prétends tout le connaître, au contraire je ne cesse d’être séduite par ses richesses et de m’étonner de ces recoins si près que je méconnaissais. Justement, hier, c’était un tronçon du Chemin du Roy, la plus vieille route terrestre du Canada, que je découvrais entre Bastican et Deschambault.

Je connais assez bien la Gaspésie, assez pour la rêver secrètement lorsque l’envie de mer et de littoral rocailleux se fait ressentir. J’ai fais la boucle plusieurs fois, seule ou avec ma fille, simplement pour le plaisir de rouler, d’humer l’air salin et de contempler le paysage rocailleux de mer et de grèves. S’arrêter dans chaque petit village, y boire une bière ou un café en laissant mon esprit se faire contemplatif et rêvasser. Quel bonheur ! J’ai adoré plusieurs fois le Bas Saint-Laurent, Kamouraska et ses vastes champs, magnifique!, Saint-Jean-Port-Joli et son joli village, Sainte-Luce-Sur-Mer et sa grève. Été me reposer maintes fois dans les Cantons-de-l’Est, Magog, Eastman, Mégantic, le lac Brome, North Hartley… Y ai fait de la randonnée ou cueilli des fleurs médicinales, dans mon autre vie d’amoureuse de plantes. La Montérégie, où j’ai grandi, les fins de semaine à marcher dans le Mont Saint-Bruno, à y gratter la guitare sur le bord du feu et prendre des bains de minuit dans ses lacs avec mes amis d’enfance. Sillonner les sentiers sauvages qui partaient à l’époque presque de ma cour et qui beaucoup trop rapidement se sont développés et tristement devenu un secteur embourgeoisé. Montréal que j’apprivoise depuis quelques années et Laval dont j’ai appris à découvrir d’autres facettes récemment, notamment en pratiquant le bateau-dragon sur la rivière des mille-iles.

Les Laurentides et ses chalets, où je vais fréquemment depuis mon enfance, Saint-Donat, Sainte-Marguerite du Lac-Masson, le Lac Supérieur. Et Lanaudière et son festival, Saint-Alfonse-de-Rodriguez où on allait se baigner dans la rivière. L’Outaouais que j’ai toujours envie d’approfondir. Le Centre-du-Québec maintes et maintes fois exploré et cette jolie fermette où j’ai travaillé durant un été avec Roukie alors qu’elle était bébé et où j’ai exploré les terres plus profondes et agricoles. Charlevoix où j’ai dormi sur ses quais.

Finalement, les Îles-de-la-Madeleine dont je suis instantanément tombée amoureuse.

Où demain matin je vivrai, sans hésiter, même lors d’hivers rigoureux où je pourrais enfin dans mes rêves m’enfermer longuement et écrire.

*

Vous l’aurez compris, les espaces naturels et verts exercent sur moi un baume bienfaisant. Peut-être autant que la mer. Pas pour rien qu’à chaque peine ou grande blessure, l’hypersensible en moi s’y réfugie et répond à un appel. Mon p’tit côté « femme sauvage » à la Pinkola Estés. Avec un enfant, cet aspect solitaire de ma personne apprend à se mouler, à négocier. À la contemplative, j’amalgame de plus en plus une fille qui se doit de par sa nature de mère et de guide de participer de plus en plus aux activités qu’offre cette vaste nature. Et j’y découvre de grands bonheurs.

Une bien belle escapade ce matin se profile donc pour Roukie et moi. À découvrir le Saguenay-Lac-St-Jean, le majestueux Fjord et la Côte-Nord (du moins, le début) dont je ne sais absolument rien et que je rêve de découvrir depuis des années. Je n’ai vraiment aucune idée comment me représenter Saguenay, Saint-Félicien, L’Anse-St-Jean, Desbiens, Dolbeau, Girarville, Pointe-Taillon, etc. Pas même une image, si c’est celle d’Alma que j’ai entrevue une seule journée il y a quelques années lors d’une tempête de neige. Curieuse, j’ai d’abord lu un brin, puis je me suis résignée, participant à une tournée mystère pour découvrir la région du Saguenay et désirant garder en tête cet esprit d’inattendu et de découverte. Mais j’ai le pressentiment que je risque d’être séduite, avec la certitude que tout ça m’intrigue et m’interpelle depuis longtemps déja…

On quitte donc ce matin la magnifique île d’Orléans (dont je parlerai prochainement) Roukie et moi trépignant toutes deux d’impatience à l’idée de se retrouver au Saguenay Lac-St-Jean d’ici quelques heures.

Je me prêterai donc à l’aventure avec cette douce et belle sensation de me livrer à l’inconnu chez moi. Suivant un itinéraire mystère dont je ne sais rien et qui parle tant à la fille aventurière.

Avec pour tout bagage, mon jeep, mon vieux sac-à-dos, une tente à 9.99$ (ben quin !) ma fille et sa valise à roulette.

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Note : J’avais envie d’intégrer un lot de photographies du Québec prises ça et là au cours des derniers années, mais publiant mon premier billet de mon cellulaire, j’apprivoise l’application et ses limitations …

Je découvre tout juste par le fait même les joies de Instagram. Vous pouvez maintenant m’y suivre, tout autant que sur Twitter et Facebook.

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De l’éloge de la lenteur …

J’admire les personnes qui réussissent à pondre plus de 2 billets par semaine, même si je n’ai pour ainsi pas le temps d’en lire aucun. D’abord, parce qu’il y a beaucoup trop de monde dans cette blogosphère, que l’information pullule de partout et qu’on ne sait plus trop quoi en faire tant elle est produite prestement et de tous côtés et tant nous avons tous envie d’y ajouter notre petit grain de sel. J’aime tout de même tomber de temps en temps sur des billets qui se démarquent, se distinguent de par leur qualité ou la pertinence de leur sujet. N’empêche, les prolifiques m’impressionnent et je cherche à comprendre où trouvent-ils tout ce temps.

Je culpabilise et je me dis donc que je n’alimente pas assez cet espace comme je le souhaiterais, espace que  je souhaite pourtant libre et transparent, d’autres projets m’en tenant à l’écart, la nourriture du corps devant malheureusement trouvé le moyen d’être parfois comblé avant celle de l’âme. On doit le faire cet espace, créer le temps pour l’écrit, le protéger farouchement, tout autant qu’une mère se fait instinctivement protectrice. N’empêche, la réalité, celle plate et loin du vagabondage, la réalité avec un grand R qui nous sert aussi d’excuse lorsqu’un rythme quotidien tranquillement s’est installé dans nos vies et qu’on n’ose plus le briser, la réalité donc nous rattrape tandis que la liste de projets ne cesse de s’allonger. Non seulement une question de choix et de priorités sans doute, mais aussi de réalité physique. Trouver cet angle fin et tenu entre désir et réalité et s’y poser. Le propre de tout artiste.

Si vaine culpabilité.

Et puis je cesse de me taper sur la tête, observe de plus près MA réalité, lui accorde indulgence et tendresse. Me dit que je me débrouille franchement pas mal à travers ce que je me créé comme « carrière », comme je déteste ce mot (en ai-je jamais réellement voulu une d’ailleurs !? J’aime beaucoup mieux penser en terme de projets et d’écriture), et cette petite rouquine qui prend beaucoup de mon temps et d’espace dans ma vie, ce temps pour moi que je souhaiterais plus présent, un peu plus accessible avec elle à mes côtés. Ces choix -s’agit-il vraiment de choix ? Parlons plutôt de possibilités… ces possibilités donc qu’entraîne la monoparentalité. On dit souvent que lorsqu’un enfant naît dans une famille, c’est le couple qu’on néglige, la première réalité qui prend souvent le bord, une entité qu’on se permet de disperser à tout vent. Les enjeux divergent lorsqu’il n’y a pas de couple à mettre de côté et malheureusement il en va bien souvent autrement des priorités, je l’ai notamment abordé ici. À défaut d’avoir autre chose à tasser, c’est alors le « prendre soin de soi » qui s’évanouit dans le rang des priorités.

Entre deux contrats (passionnants les contrats, je viens d’écrire mon premier guide, bienphoto 1 hâte d’en parler, même si l’écriture créative me manque) je ralentis le rythme, épouse celui qui sied à la réflexion, me pique sur une branche de rosier que je n’arrive pas à tailler correctement (tant pis, je préfère le sauvage au domestique) m’assied tranquillement dans mon jardin qui est touffu et loin d’être entretenu comme celui du voisinage et rêvasse. Fais comme tous mes voisins et les rejoins à l’heure de l’apéro, verre de vin ou mojito à la main, tandis que les enfants se font rois et reines de ruelle.

Les contemplant avec toujours au creux du ventre ce même désir de découvrir, cette même sensation de quête et l’envie de jouer aux super-héros tout comme eux, parfois même à la princesse. Goûter à la vie loin des mots, de l’écran froid. Avec toute l’ambiguïté propre à une vie qui cherche à se définir et se créer « entre-deux-mondes ». Dans toute cette contradiction qui émane entre la quête et l’avidité de rencontres et ce besoin de se poser et de s’ancrer.

J’en parle beaucoup.  Je sais. Sans doute parce que cette dualité est sans contrefait ce qui me caractérise le plus. Et que je cherche tour à tour à faire miroiter ces différentes facettes de ma personnalité.

Mais tout ça se fait lentement.  Trouver l’équilibre. Un rythme qui nous est propre.Laisser mûrir à défaut de précipiter les choses …

Un peu comme quand vous prenez la peine d’écraser longuement au pilon votre menthe fraîche afin d’en faire ressortir les arômes avec le sucre de canne et le jus de lime au fond d’un verre. On y a mis du temps, de l’amour, on verse une larme de rhum et puis, à la dernière minute, on décide de tout gâcher en y versant  une eau gazeuse qui ne l’est plus.

C’est ça, un mojito avorté …

On a juste pas voulu se donner la peine en décapsulant la dite bouteille de ne pas remarquer l’absence de Pschittt…

Un peu comme un « Je t’aime » qu’on a dit trop vite ou au mauvais moment finalement …

*

Ainsi donc, pour éviter le goût bien plat des mojitos éventés, on apprend à se faire plus prudente, à ralentir le rythme, à observer et on perd en spontanéité. Triste ou sage, c’est selon. Et difficile lorsqu’on a toujours abordé la vie intensément. S’arrêter ou ralentir le rythme va tellement à l’encontre des attentes que cette société a échafaudé pour nous, qu’on se doit de planifier des « plages », s’inscrire à des cours de yoga, apprendre à apprivoiser l’angoisse à même la sécurité du moment présent et des vertus de la méditation. On observe ? On sur-analyse plutôt. Et se faire bonassement contemplatif devient des occasions rares, sanctifiées.

photo 2-1Chez moi, traînasse depuis un moment L’art presque perdu de ne rien faire de Dany Lafferière. De courts et merveilleux essais que je lis ça et là lorsque le temps s’y prête. Qui donne furieusement envie de renouer avec une ancienne vie à écrire et lire dans les cafés. Saisir le temps et l’arrêter.  Créer des éclipses de vie et disparaître de ces endroits virtuels ou l’on devient constamment accessible et « se doit » d’être disponible. S’éclipser de l’instantanéité prémâchée.

Traînasse aussi cette anthologie que je me suis décidée à reprendre récemment, avec l’envie de vivre par procuration les grands départs, la peur et curiosité au ventre des premières aventurières, tout ça en demeurant immobile.

Je le feuillette et rêvasse lorsque je crée du temps perdu, c’est-à-dire rarement, et découvre des figures de femmes inspirantes : Alexandra David-Néel, Isabelle Eberhardt et Ella Maillart que j’admirais déjà, mais aussi notamment Gertrude Bell qui, à l’instar de Lawrence d’Arabie, aurait dû être renommée Bell de Bagdad.  Pas toujours féministes, mais ayant tracé les jalons d’une route qui se veut libre et leur.

Créer = sortir du cadre.

Et puis, sans m’y attendre, je feuillette entre deux escapades (oui, je trépigne d’excitation de reprendre la route ce week-end!) et je tombe sur cette phrase, presqu’une phrase poignard, toute simple. Qui m’apparaît tellement, mais tellement évidente que je m’étonne de n’y avoir jamais réellement pensé: « Le goût de la littérature conduit au voyage. Et quelque fois même, c’est la littérature qui conduit au départ ».

Tellement juste de par son évidence, qu’elle m’éclate.

Qui, bien des années plus tard, m’apporte son inattendu lot de réponses.

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Escapade de filles dans les Laurentides

Par moment, j’ai le préjugé facile.  Comme tous et chacun j’imagine. Mais je me parle. Et sais m’exposer à la différence. En fait, j’adore ça, me confronter… J’ai parfois donc le préjugé facile, mais consciente que ça se soigne, que c’est aisé à faire bifurquer et que le jugement se fait malheureusement le porte étendard d’un ego qui croit savoir ce qui est « mieux » … Tssiit, tssitt ! À travailler…

Depuis des années, je snobais le Mont-Tremblant, le regardais sans doute un peu trop de haut, lui et ses installations, dont j’étais avant tout inconsciente de la diversité et de la pluralité de l’offre. Le parc National de Tremblant oui, mais le Mont, vraiment ?  Peut-être était-ce une question d’argent. On ne se le cachera pas, un weekend à la station est réputé pour être relativement cher. Ou simplement une question de méconnaissance. Un peu comme ces hôtels cinq étoiles et ces tout-compris que je snobais dans mes jeunes années de backpacker avant d’apprendre à en apprécier les avantages.  Et surtout, avant d’apprendre qu’il y a de tout pour tous et chacun, du touriste à l’aventurier, et que c’est très bien comme ça ! (Voir ma montée de lait sur la snobitude voyageuse). J’étais donc tout de même curieuse quant au Mont et l’occasion d’amalgamer road trip de copines jouant les filles de bois et de lacs en combinant diverses activités s’est présentée.

J’étais épuisé. Littéralement. Le mot fatigue je l’entends un peu trop sortir de ma bouche, le vois chaque matin dans les cernes qui s’allongent, dans cette énergie que je cherche de plus en plus, moi qui la croyais sans fond. Un beau gros projet de recherche et d’écriture, un guide, plusieurs contrats et des voyages à Philadelphie, Washington, Virginie et une nuitée en Outaouais ont occupé mon dernier mois intensément. Alors, j’ai chargé mollement la voiture après trop de courtes nuits ce printemps… Mais au matin, j’ai emballé la petite, me suis installée derrière le volant et puis voilà, j’étais profondément bien. Heureuse. Littéralement. J’avais balancé dans ma zone de confort, derrière le volant de mon jeep.  Là où je pourrais me nourrir infiniment de paysages qui défilent, roulant seule dans le silence durant des jours sans m’ennuyer. Cette fois, en intense, folle et très belle compagnie, avec Marie-Julie et nos filles. Beau duo explosif de filles intenses qui aiment mordre dans la vie.

Tandis que celle dont l’avatar représentatif est Technomade s’efforce à sortir de sa zone de confort et affronter sa peur des ours et son hantise des moustiques, (voir son billet sur Taxi-Brousse; tellement à son honneur!) pour moi revêtir mon vieux bandana, rouler des kilomètres dans ma voiture bordélique, jouer dans la terre et dans le feu, c’est comme y plonger. Cela me ramène illico à ma nature un peu sauvage qui se fout un brin d’avoir les cheveux sales et de prendre des douches froides. Depuis toujours, je suis assez bohème sur la route, dors pas mal partout, dans diverses conditions et les moustiques la plupart du temps m’ignorent (ou j’ai appris à les ignore, je ne sais trop..)

Ainsi donc, une première virée au Mont Tremblant à y essayer tout un éventail d’activités avant de dormir dans les bois. Évidemment, les télécabines panoramiques, pour contempler la vue du haut de la montagne. Mais aussi pour sentir mes mains moites et mes jambes devenir molles en entendant le sifflement qu’émet le roulement de la poulie du nouveau Ziptrek. Un parcours de 5 tyroliennes qui semble offrir des vues époustouflantes sur les Laurentides.  À essayer … une autre fois, quand j’aurais amassé suffisamment de courage, mais peut-être bien cet été ! Le parcours étant offert accompagné d’un guide pour les jeunes dès 7 ans, je devrais sans doute arriver à surmonter ma peur. N’empêche, c’est haut !

(©Tremblant.  Intense hein !?! Ça vous donne envie d’essayer ? )

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Télécabine panoramique, Mont Tremblant

@Marie-Julie Gagnon

@Marie-Julie Gagnon

Pour le moment, me contenter de la luge, une glissade sèche, m’allait à merveille et entendre les grands éclats de rire de ma fille de 4 ans qui me sommait d’aller plus vite a grandement contribué à mon bonheur. J’en aurais fait encore ! L’eurobungy, une version plus douce que le bungee, une activité où l’on saute sur une trampoline et défie la gravité grâce à un harnais et un système d’élastique, nous a valu de grands rires. Destiné avant tout aux enfants,  il est aussi accessible aux grands de 160 livres et moins😉

Filles dans l'action !

Filles dans l’action !

Eurobungy, Mont Tremblant

Eurobungy, Mont Tremblant

Eurobungy, Mont Tremblant

Eurobungy, Mont Tremblant

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Qui a dit que ce n’était que pour les enfants ?!?

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Délire d’après-Luge ©Marie-Julie Gagnon

Une panoplie d’activités est donc proposée tels qu’un mur d’escalade, un aquaclub au centre La Source avec piscines, corde à Tarzan, jeux d’eaux et bains tourbillons, un mini-golf et une plage. J’ai été agréablement surprise de la variété de l’offre et de l’ambiance du village et de ses restaurants. Nous sommes également aller pique-niquer auprès d’un paisible lac, le Lac Miroir, niché au pied du village et idéal pour s’éloigner de la foule. Certes, une journée ne s’avère pas toujours ce qu’il y a le plus abordable si l’on calcule le prix des activités séparément. N’empêche, Tremblant propose une formule de combinaison sur des carnets d’activités qui me semble une option honnête, et qui est encore plus avantageuse lorsque l’on se procure les carnets à l’avance sur internet.

Première journée qui s’est conclue par une nuitée au tout nouveau Refuges Perchés à Saint-Faustin du Lac-Carré. Ces toutes nouvelles cabanes perchées ou nichées auprès des arbres sont entièrement équipées et conçues pour être utilisables 4 saisons. On y trouve un poêle à bois, tout le nécessaire pour la cuisine, réchaud à gaz, matelas et oreillers. L’emplacement et le lac sont magnifiques et paisibles, pas l’ombre d’un chalet ou de gros bateaux à moteur à l’horizon.

Bon à savoir tout de même : Les Refuges Perchés sont situés dans le Centre touristique et éducatif des Laurentides situé à 50 minutes du Mont-Tremblant (et non à Tremblant en tant que tel) donc à 1h30 de Montréal. Il faut de plus ajouter au coût de votre séjour les frais d’accès du CTEL (17$ par jour pour une famille). Un chariot est émis à votre disposition afin d’apporter vos effets, arrivez donc préparé et léger ! Un sentier étant trop boueux pour se rendre à notre refuge, nos bagages ce sont donc rendus en canoë tandis que nous avons emprunté les sentiers pédestres jusqu’à notre hébergement pour la nuit. Une super belle expérience, qui s’avérerait davantage profitable pour au minimum de deux nuitées quant à moi et pour profiter pleinement des attraits naturels et de la forêt environnante.

Chariot mis à disposition pour emporter nos bagages ©Marie-Julie Gagnon

Notre refuge, Refuges Perchés

Notre refuge, Refuges Perchés

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Ricochets sur le lac Cordon

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Balade dans les sentiers, Refuges Perchés

Lac Cordon, Saint-Faustin-Lac-Carré

Le magnifique lac Cordon, Saint-Faustin-Lac-Carré

Petite escapade le lendemain à l’entrée du Parc National de Tremblant (si vaste ce parc !) où j’étais déjà allée quelques fois seule et avec ma fille camper dans le secteur de la Diable. Nous avons donc essayer les fameuses tentes Huttopia qu’offre la Sépaq dans divers parc nationaux au Québec. J’ai beau adoré jouer à la fille des bois, je ne snoberai jamais plus le prêt-à-camper à l’occasion ! D’abord, on ne se le cachera pas, des roadtrip de camping à travers la belle province ça devient par moment éreintant, surtout quand on change régulièrement d’emplacement. J’en effectue à chaque année seule avec ma fille depuis ses 6 mois et je continue d’adorer ça ! Néanmoins, monter et démonter la tente seule, organiser la logistique de la nourriture, les déplacements, les randos et excursions, fatiguent…. alors je trouve la formule glamping plutôt commode par moment, lorsqu’on à seulement envie d’un feu, de l’odeur de la forêt et d’un bon verre de vin tranquillo !

Tente Huttopia, Lac Chat, secteur la Diable, Parc National Tremblant

Tente Huttopia, Lac Chat, secteur la Diable, Parc National Tremblant

©Sépaq

©Sépaq

Montée sur une plateforme de bois, la tente Huttopia comporte des divisions internes (deux chambres), une cuisinette (avec mini réfrigérateur) et une salle à manger. Entièrement équipée, elle a tout ce qu’il faut pour passer plusieurs nuits en pleine nature. Ne manque que votre sac de couchage et votre nourriture. Formule idéale, notamment pour les touristes en vacances ou encore pour ceux plus frileux qui veulent se tremper dans l’univers du camping en nature sans avoir à s’équiper et en bénéficiant d’un certain confort, la tente Huttopia se retrouve maintenant à travers de 24 parcs nationaux au Québec. J’avais également essayé cette formule l’année dernière au Parc National d’Oka  qui s’était avérée gagnante après une journée à la plage !

Lac Chat

Lac Chat

Roukie, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant

Roukie, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant

Je campe depuis des années dans divers parcs et pays, dans une tente ou à la belle étoile (et je ne cesse d’adorer ça !), mais plus je vieillis, plus je trouve qu’une expérience de glamping constitue un excellent moyen de rapprocher de la nature quelqu’un désireux de ne pas trop se préparer question matériel ou de rendre une expérience familiale un peu plus aisée. C’est aussi idéal pour les touristes qui veulent s’immerger dans la nature québécoise et vivre un trip de guimauves sans avoir à s’équiper entièrement. De plus, il ne faut pas oublier qu’une journée de camping entièrement sous la pluie peut être assez démoralisant et qu’en cela, la tente Huttopia peut constituer un avantage avec sa salle-à-manger à l’abri de la pluie (et des moustiques ;-))

Observation de la faune tout juste à côté de notre tente Huttopia.

Observation de la faune tout juste à côté de notre tente Huttopia.

Randonnée en kayak 2013, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant.

Randonnée en kayak 2013, Lac Monroe, Parc National du Mont-Tremblant.

Finalement, ce qu’il y a de beau dans l’humain, c’est sans aucun doute de voir sa perception et son regard changer, se transformer et s’ouvrir à la différence. D’aller puiser dans l’expérience ce qui le nourrit et d’en garder à l’esprit ce qu’il y a de plus beau. Je reviens de cette petite virée dans les Laurentides avec à l’esprit un beau trip de mamans-filles qui n’ont pas peur de mêler les expériences et d’aller y puiser plaisir et amusement.

Avec à l’esprit, l’écho pétillant de francs éclats de rire de deux fillettes en quête de découverte et d’épanouissement …

Deux ? Peut-être bien quatre finalement …

** Mes propos et impressions sont entièrement miennes et ne sont en rien altérés de par certaines invitations.

** Merci à Marie-Julie Gagnon pour la belle et pétillante énergie et complicité ! On remet ça pronto !?😉

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Une nuitée au parc Oméga : un tuyau originial pour l’été au Québec !


IMG_4384J’ai eu la chance de vivre le mois dernier une superbe nuitée avec Roukie en plein coeur de la forêt auprès des loups et des ours noirs. D’emblée, quelle fabuleuse expérience, nous sommes revenues l’une et l’autre ravies du Parc Oméga en Outaouais !

La nuitée est une nouvelle offre qui complète réellement bien une journée de visite de ce parc qui gagnerait tellement à être davantage découvert. Le parc Oméga est un parc animalier à Montebello qui met en lumière la faune québécoise dans son environnement. Les animaux sauvages y vivent en liberté et y évoluent au fil des saisons ; on y circule lentement en voiture sur 15 kilomètres de routes au travers des lacs, forêts et vallons pour y croiser boeufs musqués, wapitis, bisons, sangliers, loups, bouquetins des bois et j’en passe !

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On y rencontre une kyrielle d’animaux magnifiques évoluant pour la plupart en liberté, qu’on peut parfois toucher de l’intérieur de la voiture ou à certains endroits autorisés.

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Vraiment, un endroit superbe, aisément accessible de Montréal, environ 1 heure, qui se consacre réellement à la faune québécoise dans son habitat. En famille c’est simplement super, mais j’ai visité également l’endroit il y a quelques années avec un ami français qui ne cessait de s’extasier devant le caractère sauvage du parc et les animaux qu’on pouvait y croiser.

Le parc Oméga dispose donc maintenant de Wi-tentes, tentes prospecteurs et maison sur pilotis. Sis dans une zone réservée près de l’entrée ouest du parc, ces hébergements sont situés tout juste auprès de réserves animalières où une passerelle surplombe la meute des loups gris et des ours noirs.

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Nous avons eu la chance d’essayer une Wi-Tente pour la nuit. Basée sur des modèles traditionnels (tipi sioux, yourte, etc), la Wi-Tente est un hybride constituée de matériaux modernes. Hyper chaleureuse et confortable, celle que nous avons essayé était vraiment joliment aménagée. On y trouve un large puit de lumière à son sommet. Les Wi-Tente disposent d’une alimentation électrique alimentée à l’aide de panneau solaire pour les premières nécessités, autrement dit café et charger ses batteries d’appareil photo.

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Le site où sont situé les hébergements est en retrait du parc si bien qu’il y règne une belle quiétude et que les daims plus curieux s’approchent et viennent nous visiter le matin tandis que la nuit on se réveille au hurlement des loups. Pas de quoi faire peur, bien qu’intimidée au départ, ma fille de 4 ans fut impressionnée, puis riait allègrement en entendant la meute. Un bon moyen de combattre ses peurs et de les apprivoiser pour les enfants et d’en apprendre plus sur les habitudes des animaux. (Non Roukie, faut pas donner de Gummy Bear aux ours ;-))

J’ai trouvé l’expérience absolument extraordinaire et la recommande chaudement, avec ou sans enfant. N’en demeure qu’il est nettement propice à une expérience familiale pour voir de près à la fois les animaux et l’étonnement dans le regard des enfants ravis😉 Le parc étant ouvert durant les 4 saisons, je me propose également de m’y rendre cet hiver pour y faire de la raquette…

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Pour plus d’informations sur le parc et l’hébergement, c’est par ici.

Pour me suivre sur Twitter @Mawoui et Facebook c’est par ici.

 

 

 

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¡ Feliz Cinco de Mayo !

Non, ce n’est pas la fête de l’indépendance du Mexique tel que beaucoup le croit … Celle-ci est plutôt célébrée le 16 septembre de chaque année pour commémorer le fait que le prêtre catholique Miguel Hidalgo invita ses paroissiens à prendre les armes contre le gouvernement espagnol ce matin-là en 1810. Les amateurs de Tequila Reposado (la meilleure!) « cul sec » comprendront maintenant pourquoi on dit boire la Tequila à la Hidalgo, et pourquoi on trinque en évoquant le nom de ce personnage important. ¡Al Hidalgo!

Le Cinco de Mayo souligne plutôt la victoire des Mexicains sur l’armée française lors de la bataille de Puebla,  le 5 mai 1862. L’année précédente, le Royaume-Uni, l’Espagne et la France avaient adopté la Convention de Londres, qui s’engageait à régler la question de la dette mexicaine de plus de 80 millions de pesos. Des négociations eurent lieu mais n’aboutirent pas. Et la Convention mit pour cadre l’Expédition du Mexique. Ce dernier souffrant d’une économie instable depuis l’indépendance, devenait une belle opportunité pour la France d’essayer d’y installer un régime à sa solde.  Elle débarqua avec 6500 hommes près de Puebla où c’était retranchée l’armée mexicaine de 4500 hommes. Malgré son infériorité et un manquement d’armes évident, l’armée mexicaine sous les ordres d’Ignacio Zaragoza réussit à repousser les Français.

Étonnamment, le Cinco de Mayo est célébré davantage aux États-Unis par le peuple mexicain qu’au Mexique lui-même. Certes, quelques villes mexicaines et Puebla sont en fête et célèbrent la détermination mexicaine  : parades, danses, mariachis, costumes traditionnels, feux d’artifices, gastronomie mexicaine, Dos Equis et Corona sont distribués dans les rues. Pour avoir eu la chance de fêter avec le peuple mexicain quelques fois dans les rues de petites villes lors de fêtes religieuses, c’est vraiment très festif ! (Il faudrait au Québec ou en France s’imaginer les célébrations de la Saint-Jean ou de la Bastille avec plateaux de nourriture et alcool offerts en abondance et gratuitement dans les rues …)

Même si cet événement ne nous touche pas de près, n’en demeure que c’est une belle occasion pour plonger dans la culture mexicaine. Pour une amoureuse du Mexique et de ses habitants comme moi, le Cinco de Mayo est un bon prétexte pour plonger dans mes amours mexicaines. Chez moi, Chavela Vargas, Lola Beltrán et les grands mariachis pleurent avec intensité leur passion et leur douleur tandis que ça sent la guacamole, le pozole, à défaut de savoir apprécier le Mole poblano à sa juste valeur, la cholula et le cilantro à plein nez.

¡ Al Zaragoza !

Maguey espadin, Agave de laquelle on tire le jima pour la fabrication de la Mezca, près de Matatlán, Oaxaca.

Maguey espadin, agave de laquelle on tire le jima pour la fabrication du Mezcal, près de Matatlán, Oaxaca.

 

Amours mexicaines : De Acapulco à Huatulco, autre regard sur le Mexique, Como te extraño Mexico Querido¡ Cozumel me espara !, De la plume au pinceau, mise en mots de Kalho, Là où tout nait et tout s’estompe

 

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Matin de mer

Matin de mer.

Seule avec le bruissement des vagues, l’air frais et salin gorgé d’odeurs poissonneuses, le cri familier des mouettes.

Pardonnez-moi, j’ai écris quelques mots dans un carnet, mais je préfère nettement la contempler en silence.

Doux bonheur.

 

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Au-delà du tout inclus, comprendre Cuba

Roukie et moi rentrons tout juste de Cuba.  Petite escapade qui ressemblait davantage à de véritables vacances qu’à un voyage. Moi qui tenait en horreur les tout inclus et les jugeais certainement trop rapidement il y a quelques années, je n’y vois maintenant pas de mal à m’y tremper les pieds une semaine par année. Certes, je préfère bourlinguer, mais cette formule m’apparaît par moment idéal pour le repos, pour se mettre le cerveau complètement à « off » et s’offrir par le fait même une détox numérique (la connexion précaire et incertaine cubaine favorisant nettement le tout).

N’en demeure qu’à chaque tentative, je suis incapable de rester confiner à l’hôtel. Quelques jours et puis hop, je me dois d’aller à la rencontre du peuple et de l’autre, comme si j’étais incapable de demeurer avec une vision bien irréelle par rapport à ce qui se trame tout juste à côté. Ainsi, la voyageuse prend repos, mais se promet chaque fois de brèves excursions et balades photographiques dans quelques petites villes non loin. (En évitant les excursions proposées par les chaînes hôtelières, qui elles m’apparaissent vraiment comme des attrapes touristes au coût inutilement onéreux).

Cette fois-ci, petite virée à la Havane pour la seconde fois. Et pour pallier davantage à ce besoin de ne rien faire et de ne pas « bronzer idiot », j’ai traîné sur la plage des lectures en ce sens.

La Havane, Cuba

La Havane, Cuba

Dans mes bagages donc, Les veines ouvertes de L’Amérique latine de l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, un incontournable quant à l’exploitation de l’homme par l’homme et que j’adore relire, et une petite plaquette qui vient tout juste d’être publiée aux Éditions Ulysse, Comprendre Cuba par Hector Lemieux. Une centaine de pages tout au plus qui se lisent comme un charme et qui permettent de prendre le pouls sur l’histoire et la réalité actuelle d’un Cuba incertain.

On y approfondit évidemment ses origines, de la perle de l’Empire espagnol, en passant par les guerres de libération et celle hispano-américaine, jusqu’à la Révolution.  Y décortique aussi les mythes et les clichés : le Cuba actuel se promènerait plus en Lada et en voitures européennes ou asiatiques que dans des Chevrolet des années 50, environ 30 % des importations proviendraient des États-Unis de manière détournée malgré l’embargo ou encore on se défait quelque peu d’une vision encensée du Che qui semble n’être devenu qu’une icône ou un produit dérivé. On découvre un pays profondément figé depuis la Révolution de 1959 avec la libreta, un carnet de rationnement toujours en vigueur, dont on retrouvait l’équivalent ici lors de la Seconde Guerre Mondiale, et qui permet de se procurer du sucre, des haricots, du café et du picadillo* gratuitement tous les mois ; finalement, on comprend mieux la mainmise du gouvernement cubain à chaque tentative d’émancipation et qui de par son contrôle, lié notamment aux permis d’exploitation onéreux dans les paladares (restaurants cubains) et les casas particulares (gites), rend ceux-ci difficilement exploitables.

L’auteur y aborde un pays à la vie quotidienne à la fois riche et par moment miséreuse, où malgré tout personne ne meurt de faim, et où au-delà du fait que le rhum soit le meilleur des remèdes, la pelota (le baseball), les dominos et évidemment la musique occupent une place essentielle à la richesse de l’âme. On saisit mieux la présence de plus en plus notoire des cubains et cubaines dans les complexes hôteliers : pratiquant le jineterismo, une forme de tourisme sexuel où ils font davantage office de cavalier ou de cavalière, d’escorte exclusive finalement, le fait d’enregistrer leur présence dans les registres hôteliers permet au gouvernement de récupérer l’argent d’une pratique qui se faisait déjà illégalement et où c’était plutôt les gardiens qui empochaient discrètement quelques pesos. On comprend également mieux en quoi les remesas (remises en argent de familles cubaines expatriées) qui parviennent de la Floride à chaque mois et les mules, tout ce qui provient de l’Occident dans nos valises, sont actuellement essentielles afin de favoriser une économie de survie qui se débrouille et revend comme elle peut. Finalement, on constate comment la chute de l’URSS a fait profondément mal au pays et comment celui-ci a dû se tourner après le soutien soviétique vers des partenariats avec le Vénézuéla et la Chine, notamment. (Pas étonnant par la suite de faire un lien, dès qu’on se promène près de La Havane et qu’on prend conscience de l’ampleur de la présence asiatique dans les écoles, avec une ouverture états-unienne qui se trame tranquillement…). Une belle plaquette incontournable me semble-t-il et qui donnera certainement envie de découvrir cette île profondément métissée autrement…

Suffit ensuite pour le touriste moins aventureux de sortir un brin de son hôtel pour palper un Cuba en transition, et dont l’avenir semble incertain, en allant discuter avec ses habitants. Un pays qui ne sait pas lequel de ses pesos, convertibles ou cubains, disparaîtra au cours des prochains mois, où l’égalité des salaires sera bientôt abolie afin de cesser cet exode grandissant de médecins et d’ingénieurs qui se convertissent en barmans et où le droit de voyager est maintenant possible, mais où le simple coût des passeports rend le tout pratiquement inaccessible… Finalement un pays qui se prépare tranquillement à accueillir de plus en plus de touristes états-uniens en provenance de Miami en construisant ports, marinas et condos sur la pointe de la péninsule de Varadero et à La Havane…

Certainement à suivre.

Comprendre Cuba, Hector Charland

Comprendre Cuba, Hector Charland

À lire : 

Comprendre Cuba, Éditions Ulysse, Montréal, février 2014, 112 pages, 2e édition

Les veines ouvertes de l’Amérique latine, Eduardo Galeano, 1971, Éditions Terre Humaine, 446 pages (ouvrage MAJEUR sur le pillage des ressources naturelles de l’Amérique latine ; un chapitre important consacré à l’usurpation du sucre cubain par les Euuropéens)

À suivre : 

Yoani Sanchez @yoanisanchez

Une des rares blogueuses vivant à la Havane qui relate la réalité actuelle d’une génération née entre les années 70-80 cubaine sur son blogue Generacion Y et qui dénonce son pays socialiste sur le site Cuba Libre. Elle réussi à publier de La Havane, où évidemment l’accès à son blog est bloqué, grâce à l’aide de plusieurs mécènes internationaux qui financent ses sites. Plusieurs détracteurs ne comprennent pas comment elle parvient à être autant active sur le réseau social Twitter notamment et se questionne sur les intérêts dissimulés derrière ce personnage dissident.

http://lageneraciony.com/

http://blogs.elpais.com/cuba-libre/

 

 * mélange de boeuf haché et de soja

 

 

 

 

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Un guide de voyage pour enfants sur Montréal en gestation… et si vous participiez à sa création ?

J’ai tout récemment été choisie pour être l’auteure d’un super beau projet de guide touristique familial quant à Montréal et au Québec par une maison d’édition française pour leur collection Graines de voyageurs. Ce sera le premier guide canadien de ce type a être publié en France et agrandira la collection de guides de voyage pour enfants de cette maison d’édition qui compte une panoplie de belles destinations, principalement européennes, si ce n’est que de New York.

Super heureuse de porter avec eux ce beau projet, d’en être l’auteure et ayant en tête tellement de beaux endroits à partager ! Le guide sera distribué dans les pays francophones, mais également ici au Québec. Vous pourrez en jugez par vous-même, ces guides qui s’adressent aux familles et ciblent plus particulièrement les enfants de 7-12 ans sont super BEAUX et ÉDUCATIFS ! Bref, je suis conquise !

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Comme le coût de ce projet est important (pour payer notamment illustrateurs, maquettes, impression, mise en marché, etc.) et afin de pouvoir publier ce guide plus rapidement, la maison d’édition souhaite tester, et mettre de l’avant, un financement participatif (crowfunding) novateur et proposé par le site Ulule, 1ère plateforme de ce type en Europe.

Ici au Québec, nous avons fait l’équivalent avec plusieurs projets en démarrage avec certains magazines et films, comme c’est le cas notamment du magazine Nouveau Projet. Il s’agit d’un moyen à la fois d’encourager le démarrage d’un projet et de s’engager à le « pré-acheter » avant son éclosion final. Si m’encourager et si le guide Montréal / Québec pourrait vous intéresser ou intéresser vos amis, familles et proches, je vous invite à participer à l’évolution de ce projet! Évidemment en cas de non réalisation de l’objectif et si le projet ne s’avère pas financé, vos sous vous seront rembourser. Dans ce cas, le guide sera publié, mais plus tard. Il ne s’agit donc pas là de donation, mais bien de dotation en échange d’un futur produit ; il s’agit finalement de s’engager.

Comment faire : C’est très simple : découvrez le projet de guide de voyages pour enfants à l’adresse suivante http://fr.ulule.com/voyageurs-enfants/qui vous explique notamment ce que permettra de couvrir le financement participatif. Ensuite choisissez le montant de votre participation, à partir de 5€. A chaque participation correspond une dotation, et vous pouvez ainsi pré-acheter le guide Graines de Voyageurs Montréal, la collection (qui est superbe !) ou même vous réservez un espace publicitaire. (Outre l’achat du guide, vous pouvez même choisir de passer une journée moi !! ;-))

C’est également l’occasion de vivre et de suivre avec nous l’évolution de ce projet et de mieux en comprendre les rouages, défis et enjeux !

Que vous contribuez ou non, n’hésitez donc pas à partager l’info !

Graines de voyageurs

Pour en savoir plus sur le projet de financement participatif du guide de voyage Montréal et sur le Québec et l’historique de la maison d’édition.

Pour mieux comprendre la démarche, une entrevue avec Marie Lemaire, chargée d’édition.

Pour découvrir la collection, plusieurs entrevues sur le web, notamment sur Un monde d’aventures et Bouger en famille, et sur leur site.

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Fort Pierce et le Comté de Ste-Lucie

J’ai laissé décanter quelque peu l’air salin de la côte est floridienne. Le laisser reposer pour trouver une certitude : aurais-je envie de le retrouver? Moi qui ai toujours soif d’ailleurs et de nouveau, je me dis que oui, certainement, j’y retournerais.

Situé entre la familiale Space Coast* au nord et les condos plus huppés de West Palm Beach et de Boca Raton au sud, le comté de Saint-Lucie émerveillera quiconque s’étant fait une idée d’un état où les plages ne seraient que brunes, le sable sentirait trop la noix de coco et les chaises de plastiques pulluleraient sous les corps huilés. Secret bien gardé ? Du moins, les plages quasi désertes par endroits et restaurants de bord de mer à l’âme sympathique détonnent et étonnent.

Hutchison Island

Hutchison Island

Siège du Comté, Fort Pierce est une petite ville de 40 000 habitants que l’on surnomme « Sunrise City ». À l’origine village de pêcheurs, elle servit durant la Seconde Guerre Mondiale comme base d’entraînement à l’armée états-unienne. On retrouve d’ailleurs le National Navy UDT-SEAL Museum sur la partie nord de Hutchinson Island, musée militaire qui met de l’avant cette force spéciale qu’est l’armée de guerre de la mer, de l’air et de la terre (SEAL étant un acronyme de Sea, Air, And Land ). Pour les amateurs … Outre cet important musée, un aquarium et l’Institut Océanographique de Harbor Branch octroient à la région un caractère propice à l’étude du milieu marin.

L’ensemble des résidents du comté sont répartis non loin de la mer et côtoient condominiums, maisons d’hébergement, petits hôtels. Rien à voir avec les villes au sud, on se croirait davantage en Virginie, un brin plus riche tout de même, ou en Caroline, l’air frais en moins.

Inlet, Fort Pierce

Inlet, Fort Pierce

Fort Pierce Inlet, State Park

Fort Pierce Inlet, State Park

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Celle que l’on nomme Treasure Coast est l’un des endroits les moins développés de la côte est. Les plages tranquilles de Hutchinson Island en font foi ; on peut aisément y pratiquer la pêche, le surf, kit-surf ou encore l’équitation. On y retrouve aussi une Floride consciente et impliquée : entre mai et août, la luminosité près des plages est réglementée afin de favoriser la ponte des tortues. Et la végétation de bord de mer est grandement préservée, on doit constamment emprunter les accès spécifiquement identifiés à cette fin. Les gens y vivent de la cueillette des agrumes, c’est de fait un centre florissant de l’agrumiculture depuis quelques années, ou encore de la vente de produits maraichers. Quelques tours à condos, mais si peu, ont poussé ça et là et côtoient des maisons de bords de mer et petits et bas complexes. C’est une Floride pas tout-à-fait sauvage comme peut l’être la côte ouest, mais si loin de l’idée qu’on s’en fait.

Frederick Douglas Beach

Frederick Douglas Beach

Vue sur le Inlet (bras de mer), Fort Pierce

Vue sur le Inlet (bras de mer), Fort Pierce

Bluewater

Bluewater

Le bord de mer est agréable au regard, les récifs naturels et artificiels propices à la pêche et à la plongée abondent; on retrouve des ambiances latines, reggae ou typiquement costariciennes dans certains restos, comme au Bluewater où l’on déguste des calmars frits et des plats accompagnés de riz et fèves noires traditionnels, le fameux Gallo Pinto !, sur des tables en planche de surf. Cette Floride goûte oui le soleil, mais surtout elle apparaît comme dénuée de touristes. Certes, plusieurs États-Uniens y possèdent des condos et s’y passionnent pour le golf; n’empêche on ressent davantage de familiarité, d’esprit de communauté que dans bien d’autres villes plus au sud…

On y fait doucement le plein d’énergie, d’activités et de repos bien loin des gros centres urbains et des grosses chaînes hôtelières. Et qui sait, vous pourriez être là au bon moment et admirer comme moi fortuitement le ciel s’illuminer et s’éventrer au début de la nuit, attablée sur la terrasse sablée du restaurant On the Edge. Cap Canaveral étant tout près, il n’est pas rare d’assister au lancement d’une fusée…

***

Y aller …

Ce n’est pas le choix qui manque : 5 aéroports sont situés à deux heures et moins : MCO, PBI, MIA, FLL, MLB…

Pour les vols directs, j’ai essayé Allegiant, dont j’étais l’invitée, qui décollait de Plattsburgh, et qui atterrissait à Fort Lauderdale. Les départs sont également possible de Burlington. Selon mes comparatifs, et pour ce temps précis de la mi-février, le même vol direct d’une compagnie aérienne quittant YUL au même temps de l’année aurait aisément coûté le double…

Hébergement :

Plusieurs petits hôtels longent la côte ça et là, mais la location de condominium demeure sans doute ce qu’il y a de plus rentable question rapport qualité / prix et vous reviendra en général moins dispendieux la nuitée que l’hôtel.  Considérant que vous avez accès en tout temps à une cuisine, c’est nettement à considérer. Vous trouverez plusieurs condos sur le site http://fr.homeaway.ca/ .

Plogue / Coup de coeur : Néanmoins, j’ai un parti pris, et ma préférence va au condominium récemment acquis et décoré avec goût par un couple d’amis. Idéal pour les familles et retraite de golf ou d’écriture😉  Plus d’infos ici.

*Un tout récent article de Gary Lawrence dans le Devoir traite justement de la Space Coast ici.

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Prémisses de petits bonheurs floridiens

Et voilà, quelques jours passés récemment en Floride, pas suffisamment pour palier à mon besoin de longs et lents matins de mer, mais assez pour l’assagir, m’y poser et longer la côte un brin… Me tremper les orteils dans trop de choses à faire: des rencontres professionnelles, écrire un article, dormir plus de 6 heures en ligne, me reposer et sillonner la plage, grappiller ça et là les brefs moments de solitude et de lecture, faire le plein de silence et se délester d’un quotidien que je partage normalement avec une véritable pie, peindre le condo d’une copine, visiter quelques villes, rédiger pour un projet embryonnaire, tester les Piña colada américains (ben quin ?) et le vin californien à 2.57$ la bouteille et surtout, surtout, trouver le temps de jouer à la rêveuse écrivant et la photographe de petits bouts de rien salins. Mission réussie, sauf pour la correction d’un vieux manuscrit, encore une fois, je l’ai trimballé absolument pour rien…

Dès l’aurore je me réveillais, trop excitée d’aller à sa rencontre. Sa rencontre, évidemment c’est Elle. C’est toujours ainsi, je le sais d’avance : l’aube se pointe le bout du nez et je n’arrive plus à dormir, alors que je pourrais rattraper les centaines d’heures de sommeil perdues depuis les dernières années. Perdues, elles le resteront. Car je m’éveille et je vais écrire sur elle. Que sur elle. J’ai soudain l’âge mental d’une fillette de 4 ans ou encore je me retrouve jeune femme timide qui se rend à une première « date ». Devant elle, ce n’est pas mieux : je souris béatement à chaque déferlement de vagues, m’abreuve de chaque brise comme on écoute un amoureux nous dire n’importe quoi lors des premiers moments.

Pétillement et papillons dans le ventre. Peu importe, il n’y a que les pêcheurs comme témoins.

Donc, je l’ai écrite tout en la contemplant. Mais ça, c’est pour un tout autre projet …

« Il n’y a pas que la mer en Floride », me direz-vous, « reviens-en donc ». Puisqu’il le fallait, j’en suis donc revenue et je suis allée à sa rencontre … Elle, c’est maintenant l’État, plutôt la côte, et non plus la mer, vous l’aurez compris. Rapidement, j’ai pris conscience que je portais toujours en moi une tonne de jugements quant à cet endroit qu’on affuble souvent du sobriquet « Sunshine State ». État soleil, certes, mais État soleil que tel qu’on l’entend avec ses bikinis kitsch, ses corps huilés de coco et ses roulottes cordées dans de drôles d’enclos non loin de la mer ?

C’était ma cinquième fois en Floride. J’aurais voulu découvrir la côte ouest, plus sauvage et déserte, qui m’intrigue depuis longtemps. J’y retournerai. Je suis pourtant plus indulgente, dénuée de cette vision exiguë qui a accompagné mes années de backpackeuse. Depuis un moment, je ne jure plus que par mon sac à dos, l’expérience et l’aventure : j’ai aimé à deux reprises Acapulco (oui, oui, cette ancienne station balnéaire kitsch et hyper mexicaine grandement méconnue), foulé le sable blanc de Cayo Coco, déniché des forfaits cheap à Holguin et Varadero, m’insurgé devant l’escroquerie des marchands à Playa del Carmen, mangé au pied d’une fausse tour Eiffel à Las Vegas, cueilli des citrons à Hollywood, dormi dans des hôtels de luxe pour le boulot à Orlando, été plus de 15 fois au pied des Chutes Niagara, guidé les circuits touristiques conventionnels de New York, Boston, Washington et bien d’autres…

Bref, elle est par moment loin l’aventurière qui était allée camper seule dans les Rocheuses, avait dormi dans les Calanques ou dans son hamac mexicain durant des semaines. Et en a fait du chemin question snobitude. D’ailleurs, maintenant je la porte plutôt en horreur …

Néanmoins, je l’admets, je portais toujours quelque part une certaine réticence à retourner fouler la côte est. S’ajoutait au boulot un bon prétexte : Quoi, ma grande amie qui a travaillé en Angleterre, à Banff, habité l’Australie, visiter le Japon, les Iles Canari, etc. (bref pas le genre qu’à se crémer vous l’aurez compris…) s’est achetée un condo en Floride avec son mari ?!? À 32 ans !?! La connaissant, il ne pouvait que s’agir que d’un endroit bien loin de Fort Lauderdale, Hallandale et Hollywood Beach où l’on entend l’accent québécois à chaque pouce carré. Pas compliqué, chaque fois que je pense à la Floride, j’entends Rémi Girard lancer à Pauline Lapointe son épique et tout autant gracieux : «Envoye dans l’lit, maudite chanceuse ! »*.

Long préambule pour dire que je croyais m’être absous de tout jugement et que j’en portais tout de même encore quelques traces …

Je reviens donc du Comté de St-Lucie, le grand sourire aux lèvres. Le regard empli de plages blondes et brunes dénuées de chaises de plastique. De restos de bord de mer sympathiques et authentiques qui n’ont pas le goût et le prix du tourisme. De mer aux accents turquoises des Caraïbes par moment. Et oui, aussi de palmiers et de couchers de soleil. Cela va de soit.

Le tout est à suivre. D’ici là, je vous laisse entre ciel et mer écumés.

Puisqu’il qu’avant tout, il importe simplement de rêver.

Mer

À suivre …

* Cette phrase splendide et élégante est issue d’un film québécois des années 90, tourné à Hollywood Beach, La Florida.

Pour ce voyage, j’étais en autre l’invité de la compagnie aérienne américain Allegiant Airlines, afin de tester les départs de l’aéroport de Plattsburgh. J’en parlerai abondamment dans un second billet et dans un article, mais je peux d’emblée dire que je reviens très satisfaite de leur service.

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Carte postale floridienne

Fort Pierce, Floride

Fort Pierce, Floride

Une simple image de l’océan Atlantique avant de revenir ici et ailleurs avec des articles plus étoffés quant à la côte est floridienne.  Moins sauvage que ne l’est la côte ouest, elle demande tout de même par endroit à être démythifier : elle n’est pas partout bondée de « snowbirds » venus se sauver de l’hiver, qu’on se le dise !

Avant d’explorer et de revenir en écriture ici, je prends quelques jours face à la mer pour m’y perdre et m’y retrouver, l’apprivoiser dans un carnet …

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Peter Doig et activités créatives en famille à Montréal

Ma fille et moi sommes allées se perdre une petite heure au Musée des Beaux-Arts de Montréal le week-end dernier. L’exposition Nulle terre étrangère consacrée au peintre Peter Doig m’intriguait, pour ne pas dire m’appelait.

Retraçant principalement la période de sa production artistique depuis qu’il est retourné vivre à Trinidad, l’exposition du peintre écossais, mais montréalais d’adoption, est un lent cheminement au travers d’une centaine d’œuvres, dont une quarantaine de toiles.

Figures in Red Boat, 2005-2007, Private Collection, © Peter Doig

Figures in Red Boat, 2005-2007, Private Collection, © Peter Doig

Le parcours se jalonne de galerie en galerie présentant de grands formats vivement colorés et structurés. Personnages fantomatiques, évoquant le réalisme magique et rappellant l’art romantique allemand, évoluent dans des paysages exotiques, parfois sauvages ou villageois.  Plusieurs toiles montrent également la fascination du peintre pour les formes géométriques et comment il intègre son art à l’environnement trinidadien. Des esquisses et dessins permettent également de mieux saisir le cheminement propre à la réalisation de certaines œuvres.

Pelican, 2003, Michael Werner Gallery, © Peter Doig.

Pelican, 2003, Michael Werner Gallery, © Peter Doig.

Bien que l’influence de Rothko, Matisse, Much et Gauguin soit palpable, j’avoue être restée quelque peu sur ma faim, seulement deux ou trois toiles m’ayant véritablement touchées. Malgré que je n’arrive pas à comprendre l’encensement à l’égard du peintre et qu’il touche peu ma sensibilité, n’en demeure pas moins que Peter Doig est une tête d’affiche mondiale de la peinture contemporaine qui gagne à être découvert. Son univers, qui en appelle aux grands espaces, demande en quelque sorte à être apprivoisé et laisse planer quelque chose de mystérieux et de fascinant qu’on a envie d’approfondir… On y ressent une quête, un questionnement de l’homme quant à sa place dans l’environnement.  Je me propose d’y retourner prochainement et de faire le voyage plus lentement, et ce sans enfant.  Néanmoins, Doig, avec ses couleurs vives et ses atmosphères, me semblait être une deuxième bonne introduction (les sujets de Kahlo étaient certainement trop intenses….) à l’appréciation de l’art de la peinture pour une enfant.

Je suis donc repartie avec quelque part au coin du cœur cette citation de Stevenson, que j’avais oublié, et qui ouvrait de manière prometteuse l’exposition : « Il n’y pas de terres étrangères. Seul le voyageur est étranger ». Et j’en ai profité pour découvrir avec Roukie les ateliers offert par le MBAM au sous-sol de celui-ci. La réalisation d’un paysage au crépuscule ainsi que la peinture à quatre mains avec ma fille se sont avérées des activités géniales ! Une kyrielle d’enfants, dès deux ans, et leurs parents prenaient le temps de réaliser des ateliers artistiques dans les différents studios du musée. Les week-end en famille me semble constituer une excellente proposition qu’offre le musée le samedi et dimanche et permet par la même occasion d’immerger les enfants dans l’univers artistique des expositions muséales. À noter que les ateliers sont en lien avec l’exposition vedette et changent à tous les mois.

Pssiitt : Parents,  c’est gratuit !😉

**

Nulle terre étrangère, Peter Doig, jusqu’au 4 mai 2014 au MBAM

Les week-end en famille, tous les samedis et dimanches, de 10h-16h (Laissez-passer requis pour certaines activités) + d’infos par ici.

J’ai également fait un saut du côté de l’exposition « La BD s’expose au musée » où l’on retrouve 15 artistes de la Pastèque. Amateurs, ça vaut le détour, notamment pour y contempler quelques planches d’Isabelle Arsenault.  Allez y faire un tour, c’est gratuit !

En passant | Publié le par | Tagué , , , , , | 3 commentaires

Des coups de pinceaux pour mots

Quel est le chemin? «Il y a un but, mais pas de chemin», nous dit la sagesse orientale. L’aventure toujours, à traquer, à scruter l’inconnu, et au bout, la lumière.

Fernand Leduc, peintre québécois
(1916-2014)

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Foulées réflexives : écriture, voyage et maternité.

Pluralité de courriels qui me ramènent à mes silences et mes absences. J’aime ta plume, c’est une belle source d’invitation à la poésie et la rêverie, ça serait dommage qu’elle se tarisse… – Touchée, suis-je …merci.

Quand donc vas-tu retourner à l’écrit ?

Retourner à l’écrit ? Mais je ne l’ai jamais quitté ! Il est là, partout, dans les notes et courriels que je m’envoie à moi-même, griffonné sur le dos de factures, d’enveloppes, de bouts de cartes d’affaires. Dans des cahiers, épars sur ma table de travail, et dans trop de documents Word que je me plais parfois à mettre dans un fichier nommé « Épaves » lorsque le fouillis se fait trop intense et que je me dois de classer. Des bouts d’écrit comme des bouts de moi, bouts d’un vieux roman qui datait et que j’essaie de peaufiner et rendre plus cohérent, à temps perdu et bien discrètement ; encore faut-il le créer ce temps lorsqu’on se surprend à écouter cette envie qui se fait foisonnante, parfois criarde à force de l’avoir négligée, tandis qu’une autre voix en sourdine –vous savez, cette voix du doute et de la peur qui fait mourir n’importe quel projet ?, ainsi, tandis que cette voix nous chuchote avec un brin de malice qu’on devrait faire de l’alimentaire. De l’alimentaire…

Pas pour nourrir l’âme, évidemment que non. De l’alimentaire, c’est ce qui sert à calmer l’angoisse la nuit venue, qui pose un baume sur les insomnies lorsque ça fait trop longtemps qu’on fait du surplace et qu’on devient en somme automate. L’alimentaire, c’est ce qui me permet de payer un loyer, évidemment trop cher le loyer, la garderie de ma fille, remplir le frigo, de l’alimentaire, du vrai qu’on ingurgite et se met dans le ventre sans prendre le temps de déguster. Du carburant en somme pour faire rouler la routine. De payer le minimum sur une carte de crédit et d’un tant soit peu me permettre de m’octroyer quelques plaisirs. De l’alimentaire. Qui ne m’aidera en rien et sera insuffisant si ma fille tombe malade, si j’ai un accident de voiture, si je me fais voler ma caméra ou encore mon portable…

Si. Si. Si.

On devient malheureux, me semble-t-il, à vivre entre deux « et si » …

*

À l’esprit, cet essai de Nancy Huston, Désirs et réalités, où elle titrait avec justesse un chapitre traitant de cette dichotomie relative au travail créatif et au rôle de maman : « Le dilemme de la romamancière ». Écriture et maternité sont antinomiques et difficilement conciliables, ça frôle l’évidence. Il suffit de penser à Woolf et à son essai une Chambre à soi*, à cette intimité d’avec soi-même qui disparaît lorsqu’on cohabite et derechef lorsqu’on enfante. Ou au récent essai Les tranchées, chapeauté par la talentueuse Fanny Britt, qui démontre bien ce sentiment coupable qui parcourt la mère contemporaine en quête d’épanouissement. Entre la superwoman autonome avec une carrière, la femme qui souhaite s’épanouir bien simplement, l’artiste qui ressent le besoin de créer et ce sentiment d’être incompétente propre à toute mère qui n’offre pas à son enfant l’anniversaire avec LE gâteau, LE clown, L’activité pour les amis, etc., la pression me semble immense. D’autant plus qu’avec cette douceur printanière qui se pointe le bout du nez à Montréal, scindant soudain l’hiver en deux, et ma valise à roulettes qui s’empoussière dans un coin de ma chambre, je réalise que j’arrive bien difficilement à changer, ici lire à me conformer.

Car l’envie d’ailleurs est toujours là et elle culmine…

Négligerais-je mes autres besoins alimentaires ?

Ma nature aventurière se trouve donc elle aussi en proie à ce profond paradoxe, entre désirs et réalités. D’un côté, l’envie d’expérience, d’ailleurs, de découvrir. D’espaces. Boulimique, je lis et me projette dans mille et un ailleurs. Ce ne sont pas les projets de destinations qui manquent. De l’autre, la fatigue et la pression de ceux qui m’aiment, mais veulent avant tout se sécuriser eux-mêmes. Autour de moi donc, de la pression pour m’ancrer et la réalité d’un enfant qui avait besoin d’un peu plus de stabilité, et qui pourtant je sens toujours profondément prête à me suivre dans n’importe quelle aventure. Folle envie de Vietnam aussi.

Après quatre années de monoparentalité (ouf…je savoure quelques instants un sentiment furtif de fierté qui me traverse), le besoin de faire le plein d’autres se fait ressentir. Apprivoiser l’autre et sa route, aussi. La solitude propre aux premières années d’apprentissage de la vie de parent en solo est tristement bien réelle et décuplée lorsqu’on se pose un brin. Encore faut-il le vivre pour le comprendre. Beaucoup de soirées à ne pouvoir sortir, énormément de contraintes, de défis à devoir relever seule qui fatiguent, peut-être davantage lorsqu’on est du genre à aimer repousser les limites. Alors, je déambule donc depuis quelques mois dans mon bain moussant et assouvi mes envies par des voyages littéraires. Me fais raquetteuse lorsque l’occasion s’y prête. Contemplative d’arbres nus et de rivières gelées. Reprendre des forces tranquillement.

Le romancier et le voyageur qui apprivoisent la maternité ont sans doute ceci en commun que pour respecter leur essence ils doivent apprendre à se faire violence… Et ça prend beaucoup d’énergie tout ça. Un entêtement tenace pour ne pas se heurter aux jugements faciles. Combien de « enfin, elle va se caser », « avoir une vie normale », « un boulot plus payant », « se faire responsable », « avoir des REER », « se mouler à la normalité» aie-je entendu depuis les derniers mois…

Hish … j’ai beau être bourrée de contradictions, avoir flirté avec le 9 à 5, les activités extérieures et culturelles « familiales » la fin de semaine, la bouteille de vin le samedi soir (dans mon cas dès le jeudi), chasser le naturel et il revient au galop. Mon tempérament profondément rêveur, artiste et aventurier ne disparaîtra pas parce que la réalité me contraint à me poser davantage… Alors, comment jongler avec tout ça ?

Il n’y a pas de juste moitié pour le voyageur tenace qui a en horreur le compromis… ni pour l’artiste. Être individualiste, sauvage, « libre », traçant sa route… À l’antipode même de la maternité. Voilà sans doute pourquoi j’ai toujours aimé voyager en solo, éviter le compromis. Je peux enfin me permettre d’être égoïste sur la route, m’octroyer ce rare plaisir de ne penser qu’à moi, de choisir et tracer mon itinéraire sans me sentir coupable, sans m’attacher et surtout sans regard. Me gaver de ce dont j’ai réellement envie… Depuis mon premier voyage en solo en Europe, j’ai compris qu’au travers de cette expérience, je m’octroyais enfin le droit de me permettre d’être entièrement moi ; j’y ai trouvé cet équilibre qui contrecarre avec une nature par moment trop altruiste, désireuse de se faire aimer et de plaire.

Tout comme dans l’activité créatrice, il n’y a pas d’attentes auxquelles on doit se soustraire sur la route. C’est bon. Très.

*

Ainsi, pseudo ancrée depuis quelques mois, en mode recul et recharge. Pendant ce temps, ma soif de mer n’est toutefois pas étanchée… Soif de déambulations citadines, de paysages neufs pour le regard non plus. De nouvelles odeurs à apprivoiser. De tambourinements du cœur inattendus par des rencontres impromptues.

Mais avant tout, terrible soif de mer.

Pour la tarir et me satisfaire, je me fais donc rêveuse écrivant. Avec mes mots, je la peins.

Je puise à gauche et à droite, du moins comme je peux, des moments solitaires et quelques bouffées d’air. Griffonne et peaufine donc loin d’ici un plus grand projet. Et deviens, à l’instar de bien d’autres, une mère ingrate qui a profondément besoin de penser à elle. Prendre soin d’elle pour mieux prendre soin de l’autre… en théorie, ça va de soi. En pratique, ça demeure le défi d’une vie.

J’ai partagé ma solitude avec un bébé durant les premières années. C’était de l’ordre de l’apprivoisement et de l’abnégation comme il en va de toutes formes d’amour, j’imagine. Ponctuant ces années de quelques escapades pour me sentir vivre intensément mais aussi, sans doute, pour me donner furtivement l’impression d’échapper à cette abnégation. Préserver la femme sauvage en somme. Mon impatience grandissante, ma soif de moi-même et de me retrouver dans ma « bulle » me font comprendre que cette solitude je ne la partage plus tout à fait avec ce petit bout de moi. Ce petit bout de moi est devenu une petite fille bien distincte qui prend beaucoup de place. Mais voilà, j’ai fais le choix d’apprendre depuis un moment les pas de danse d’une vie à deux et j’assume (et ce n’est pas toujours moi qui mène la danse, croyez-moi). Où la nature même du rôle de mère appelle bien souvent à l’oubli. La fillette grandissant, je ne peux qu’apprendre à tenir sa petite menotte par la main et me faire guide. Faire de même avec la petite fille qui m’habite aussi et la laisser jouer avec la couleur et les mots lorsque ses envies d’ailleurs culminent. Y consentir parfois aussi. J’imagine que c’est ça bifurquer tranquillement vers le monde des adultes : apprendre à doser entre désirs et possibilités.

J’apprends donc à jongler avec toutes ces contradictions propre à tout être humain ; me disant de plus en plus que malgré toutes leurs polarités, une voyageuse, une femme sauvage, une rêveuse écrivant et une maman c’est aussi par moment une seule et même personne. Une créatrice qui avance et tâtonne l’inconnu tout en se faisant funambule afin de tracer une route qui lui ressemble…

Quint Buchholz, Giacomond

Quint Buchholz, Giacomond

*Merci Sabrina Dumais d’avoir évoqué ce petit bijou de livre cette semaine … Tu m’as donné envie d’y retourner😉

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Le son des moulins à café

J’avais envie et besoin de recul.  Du recul comme une nécessité.

Sans avoir à me justifier, ni à expliquer le pourquoi du comment.  Alors, je me suis éloignée d’ici, pour retourner vers l’intime de l’écrit ; j’ai ralenti le rythme, épousé celui qui sied à la tranquillité et la sécurité du moment présent.  Panser de vieilles plaies aussi.  Extirper la douleur.  Je porte encore en moi cette propension du mélancolique, de celui qui tient farouchement à son affliction et qui doit apprendre à s’en départir pour se permettre ultimement de rêver mieux.  Autrement. Faire de nouveaux petits pas.  Nouveaux petits pas de danse, plus légers. Peindre de blanc les couleurs parfois trop vives du tableau. Oui, je m’amuse, je peins.  Comme une gamine de sept ans, mais au bout du compte je m’en fou, j’adore ça, littéralement.

J’avais aussi envie d’apprivoiser Montréal, ma méconnue.  C’est ce que j’ai fait. Intense soif de bain de foule harmonique, où j’aime le plus souvent être seule et anonyme, pour satisfaire la mélomane en moi. Montréal si vivante et chatoyante l’été… Le Festival de Jazz, les Francofolies, Nuits d’Afrique, Le Festival de Flamenco, Quartiers Danses, le Festival international de Littérature.  Je les ai tous faits.  J’aurais pu me faire ici critique ou témoin, j’avais envie égoïstement de tout garder pour moi. De ne pas me sentir contrainte à en rendre compte quelque part. Laisser le tout me traverser.

Un besoin d’ancrage, de rivières et de terre aussi.  Un besoin plus qu’une envie. Quelques escapades dans les sentiers de pin humide ou de bouleau séché qui parsèment mon Québec ça et là.  J’ai toujours pris chaque route intensément.  En fait, mes sauts de vie sont toujours intenses. Très intenses. Prendre un réel recul nécessite j’imagine un temps proportionnel à l’intensité que j’y ai déversé auparavant.  Bien souvent, sans compter. Et disons que j’en avais en banque … Les aiguilles mouillées et l’écorce sèche ne se pouvaient plus de m’attendre.

Ainsi, j’apprends de mieux en mieux à ne pas précipiter les choses. À vivre un peu plus lentement. Et doucement. À continuer à m’exposer, tout en me faisant discrète à la fois. C’est tout nouveau.  Et réelle cette plongée en terrain inconnu. Une suite sans aucun doute.

Goûter à tout, bien autrement.

M’assumer dans mon “je-me-moi” m’est encore difficile. J’ai pourtant publié plusieurs billets ou textes ici et là qui sont davantage de l’ordre de mes réflexions personnelles et intimes que de l’écrit initiatique ou journalistique.  Du voyage littéraire. J’avais cessé, je ne sais plus trop pourquoi.  Peut-être sans doute parce que j’avais senti qu’on associait de plus en plus cet espace à un blogue que de type “voyage” et que je me suis sentie contrainte en quelque sorte d’y répondre.  Alors n’ayant pas envie de faire des listes d’incontournables et des comptes-rendus d’expériences, je me suis tout simplement éclipsée.  Plutôt qu’assumer entièrement cet espace que je souhaitais libre, je suis allée flirter ailleurs, avec la littéraire qui aime à se jouer des mots. Mais voilà, il y a un moment que j’ai choisi de ne plus répondre aux attentes. Et je me dois de le respecter. Je m’étais engagée à être ici transparente.

Je me suis donc demandé quelle voie donner à ce blogue, étant prise avec cette fameuse dichotomie d’une fille qui a faim de route mais qui doit de plus en plus se faire sédentaire.  Je suis allée à une conférence de blogueurs voyage, y ai puisé beaucoup de bon, réalisé de très belles rencontres, mais avant tout pris conscience que l’angle général qui se dégageait de cette industrie (on ne se cachera, ça en est maintenant une) ne m’intéressait pas. Avec le recul, je préfère et choisi de conserver une plume plus personnelle.  Advienne que pourra.

Des tops 5 de quoi faire à New York ou à Paris, vous en trouverez des kyrielles et de très bons sur la toile. Il y en a en abondance et d’excellents réalisés par des collègues que je respecte et estime infiniment. Moi, la seule chose que j’ai d’unique et qui m’appartient, c’est ma plume, mon ton. Pas nécessairement mes préférences, qui peuvent être partagées, mais pourquoi je me priverais d’en parler ?, ni ma feuille de route.  Ce qui me distingue, c’est aussi mes angoisses (trop), mon anxiété (hish), mes insomnies (heurk) et ma grande peur de la stabilité (ouach !)…
Pourquoi le taire et le cacher ?

Le défi est grand.  Premier pas pour sortir de l’image. Un 180 en quelque sorte. Ne pas répondre à des attentes. D’aucune sorte. Un lifting ? Pourquoi pas.

Ainsi, depuis quelques semaines, j’ai renoué avec cet écrit que j’aime.  Cette écriture au son des moulins à café dans les lieux du même nom.  En conservant cette envie, besoin et par moment nécessité urgente de pouvoir venir m’échouer ici sans avoir par la suite à me justifier de mes silences et de mes absences.  Puisque d’autres projets tranquillement sommeillent ; certains s’enracinent comme d’autres avorteront.

Intense et aventurière, je le suis tout autant tout en demeurant immobile, poète, observatrice discrète. Et je garde cette conviction : c’est toujours lorsqu’on croit qu’elle s’est éteinte, qu’on découvre que la passion était tout simplement là, endormie.

La passion de la route ainsi demeure.  Néanmoins, elle sommeille. J’ai maintenant envie d’y apprivoiser la lenteur.  Ma lenteur.

Celle qui me créer et qui me permet de créer au son des moulins à café.

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